Une drôle d’insouciance

Credit CrunchPar Ian Sénéchal,

Au Canada, le prix de l’immobilier a grimpé de 26.5% depuis 2008, 4.9% depuis l’an passé. Rappelons-nous que notre bulle immobilière n’a pas éclaté au Canada et que nous n’avions pas de rattrapage à faire. C’est ce qui fait que notre marché est 76% surévalué en comparaison des loyers et 32% surévalué en comparaison des revenus selon The Economist. Si vous lisez les actualités économiques québécoises, vous ne trouverez que très peu d’analystes qui parlent sérieusement de ce problème.

De mon côté, je trouve le tout inquiétant. Pas de quoi virer fou, mais inquiétant. Avez-vous déjà envisagé que la valeur de votre maison pourrait diminuer dans les prochaines années? Avez-vous envisagez que sa valeur pourrait stagner pour les 15 prochaines années? Voilà deux scénarios que je n’exclus pas du tout de mon côté. En fait, je les trouve tous les deux probables, très probables.

C’est sûr que si vous ne possédez qu’une maison et que son prêt hypothécaire est fort raisonnable par rapport à votre capacité de payer, vous avez parfaitement raison de ne pas vous en faire avec ce phénomène. Quand est-il par contre pour ceux qui possèdent des propriétés locatives, des maisons achetées à fort prix ou encore des condominiums  qui se retrouvent en surcapacité présentement dans les grands centres?

Plusieurs personnes vivent depuis plus d’une décennie de renouvellement hypothécaire en renouvellement hypothécaire. Ce que je veux dire par là, c’est qu’ils accumulent des dettes de consommation à taux d’intérêt relativement élevé et font une consolidation de dettes à chaque renouvellement, car la valeur de leur maison a augmenté. Après quelques mois, le party reprend de plus belle et tout se règle une fois de plus 5 ans plus tard. Comme les taux ont baissé au fil du temps, le paiement n’était même pas plus élevé. Lors du prochain renouvellement, si la valeur de la maison n’a pas augmenté, il faudra dire adieu à la fameuse consolidation de dettes. Pas de party d’après-consolidation non-plus. Les concessionnaires automobiles, de VTT, de roulottes et de bateaux risquent de ne pas la trouver drôle cette stagnation des prix de l’immobilier canadien.

Une chose est sûre, contrairement à la croyance populaire, même si le prix de vos maisons diminuent dans le futur, vos taxes municipales ne baisseront pas (je l’entends souvent!!!). Les maires ont de plus en plus de responsabilités à assumer. En effet, le budget provincial est renfloué depuis quelques années en diminuant les transferts vers les municipalités, ce qui met de la pression sur ces dernières. Comme la plupart des maires ne sont que des sociaux-démocrates incapables d’avouer que les lampadaires de leur municipalité n’ont pas besoin d’être habillés d’un pot de fleurs, la facture est directement refilé au contribuable municipal. Ce n’est pas Québec qui accuse une fois de plus Ottawa d’entretenir le déséquilibre fiscal?

Quand est-ce que nos médias vont traités de ce genre de dossier financier? Comme d’habitude, quand on sera au cœur de la tempête, entre-temps, ben on a Tony et Lise pour nous divertir à la télé.

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