Retraites : les vraies affaires

Par Ian Sénéchal,

Enfin, le Québec a une discussion qui porte sur un sujet important. M’enfin, le sujet est important, mais peu de gens apportent de quoi de sérieux sur la table mise à part un bon show médiatique qui risque de se terminer comme le printemps érable avec des syndiquées aux seins nues comme dans le bon vieux temps du « Peace and Love »…

On parle d’indexation. Très bien, il était temps. Les syndicats s’amusent à minimiser son impact. Ben voyons, ce n’est pas grand chose une petite indexation de quelques dollars par année. Les gens tombent dans le panneau, car ils ne prennent pas la peine de faire des calculs simples. Regardez celui que je vous ai préparé. Eh oui, dans cet exemple, l’indexation d’une rente de 25 ans représente environ 19% du montant nécessaire à payer la-dite rente. Dis autrement, une rente indexée vaut 23% plus chère qu’une rente non-indexée. Sur 30 ans, c’est 28%.

Indexation

Wow, Ian, c’est 19, 23 ou 28? Ouin, mais ton hypothèse d’inflation n’est pas bonne, tu devrais utiliser plus 1% que 2%.

Voyez comme c’est facile de taponner les chiffres. Comment voulez-vous que le citoyen démêle tout ça. En fait, il n’y arrive pas, mais pas du tout. Peu importe, quand le travailleur du privé regarde son propre REER, il sait que même avec des hypothèses utopistes, il n’arrivera pas à avoir un régime de la même valeur que le gars du public.

Oh, il n’est pas à plaindre, c’est en grande partie de sa faute. Il a commencé à cotiser 4% de son salaire à l’âge de 40 ans. Avant, ben, il devait payer sa maison qu’il n’avait pas les moyens de se payer, ses voyages dans le sud, le hockey de ses enfants et ah, oui… ses impôts sans oublier l’hydroélectricité trop chère, la RRQ trop chère, son lait trop cher, son fromage trop cher, son essence trop chère, sa bière trop chère, son vin trop cher… Pas pour rien qu’il a confié la gestion de sa retraite à Loto-Québec, le gouvernement s’occupe de tout de toute façon.

L’expérience du privé est un fiasco, les fonds à prestations déterminées du public sont un fiasco et la RRQ est un vol en plein jour où un fort pourcentage de la cotisation d’un adulte de 25 ans n’est qu’une taxe générationnelle. Bref, un fiasco ça aussi.

Pourquoi, parce que l’on a reporté tous les problèmes à plus tard et qu’une forte portion de la population a cessé de s’occuper de ses propres affaires. Si au moins on avait la possibilité d’augmenter nos impôts, notre dette ou notre immigration pour tout régler, ce serait simple. Seul problème, on fait fuir les entrepreneurs, les immigrants économiques et nos éléments les plus performants tout en étant les plus endettés et les plus imposés de l’Amérique du Nord. Wow, ça c’est être [insérez le mot que vous voulez], pis pas à peu près.

Je suis tombé l’autre jour sur une de mes premières interventions politiques que j’ai écrite lors d’un congrès de l’ADQ en 2006 je crois. La proposition indiquait que le Québec devait tout mettre en oeuvre pour redevenir l’économie la plus performante du Canada d’ici 2015… Merde, il nous reste 4 mois pour y arriver. Ça m’attriste. Je le sais, j’étais utopiste (drôle de mot pour un gars de droite quand même!)

Ah oui, les retraites. Bon, on va régler ça en 6 points. Merci bonsoir.

A) Suspendre l’indexation jusqu’à ce que les régimes soient pleinement capitalisés. En terme simple, faire contribuer les retraités.

B) Fermer les régimes à prestations déterminées afin d’arrêter l’accumulation d’années de service immédiatement. En terme simple, arrêtons de creuser notre propre trou sur le champs. (Si les jeunes de moins de 45 ans apprenaient à compter, ils se rendraient compte que c’est avantageux pour eux).

C) Calculer la valeur de la rente sur la moyenne ajustée du salaire de carrière en utilisant une méthode semblable à la RRQ. De cette façon, le gars qui gagnait 50 000$ en dollars constants ne recevra pas le double de ce qu’il a cotisé parce que les ti-namis lui ont donné une promotion en fin de carrière. En terme simple, soyons équitable et arrêtons de nous prendre pour des valises.

D) Diversifier la gestion des caisses en utilisant les grandes institutions de placement mondiales plutôt que le monopole étatique qu’est la CDPQ. La diversification diminuera le risque et tuera dans l’oeuf chaque projet de détournement de fonds orchestré dans le but niaiseux de favoriser le nationalisme économique. Les politicos arrêteront ainsi d’empoisonner nos rendements avec leurs achats de votes répugnants.

E) Mettre fin à la RRQ. Respecter les promesses faites jusqu’ici, renflouer la caisse en vendant tout ce qu’on peut vendre comme la SAQ, Hydro et Loto-Québec.

F) Obliger chaque citoyen à cotiser 10% de son salaire brut à son REER et le laisser choisir comment placer son argent. Peut-être que si les gens réapprennent à s’occuper de leurs affaires, on va arrêter de tout confier à des idiots qui n’auront jamais une aussi bonne job que celle de député dans la vie.