Yep, Alcoa nous tient par les…

dubal 2007

Aluminerie de DUBAL, à Dubai

Jacques Parizeau sort de son trou ce matin et demande au gouvernement de reculer et d’acquiescer aux demandes de la grande aluminerie Alcoa en gardant son tarif d’électricité à un niveau extrêmement faible. Bref, c’est une forme de subvention déguisée. Subvention, car l’électricité qu’on leur donne nous aura coûté plus cher à produire que ce qu’on leur charge.

Vous le savez, je suis contre les subventions. Tout le temps, sauf une fois au chalet… En fait, je partage l’avis de Parizeau et des libéraux. Il faut leur donner cette subvention déguisée et non sans grand enthousiasme de ma part.

On a une industrie qui s’en va dans le mur et peu de gens s’en rendent compte. S’il fut un temps où nous étions les kingpins de la planète avec notre hydroélectricité bon marché, ce temps est révolu. Plusieurs pays riches en pétrole ont compris que le pompage et l’exportation était nettement insuffisant. Ils pouvaient faire quelque chose avec ça, dont de l’électricité. En plus, certains de ces pays sont près de la bauxite et ont accès à une main-d’oeuvre peu dispendieuse et sont près de la Chine. Ce sont plusieurs raison qui expliquent qu’ils construisent des usines qui produisent plus à eux seules que le Québec tout entier. (Écoutez l’extrait audio, Jeff lit une lettre d’un pirate qui travaille dans le milieu qui nous en apprend beaucoup.)

Normalement, je dirais, parfait, on n’est plus compétitif, laissons-les crever et faisons autre chose, ou encore modifions notre code du Travail pour baisser nos coûts de main-d-‘oeuvre. Mais là, nous faisons face à un nouveau problème que nos politiciens comprennent mal. Des surplus énergétiques.

Normalement, quand tu as un portefeuille énergétique diversifié et que tu as des surplus, tu peux fermer les valves de certaines usines de production d’électricité. En fermant les valves, tu diminues grandement les coûts. Souvent même, c’est le marché qui le fait par lui-même avec la variation des prix de l’électricité. Mais nous… Nous, on pensait qu’on l’avait l’affaire avec notre hydroélectricité mur à mur. Le problème de l’hydroélectricité, c’est que même si tu arrêtes de faire passer l’eau dans tes turbines, tu ne fais pas baisser tes coûts. Tu peux temporairement laisser monter l’eau dans tes réservoirs, mais il y a une limite à ce que tu peux faire. On se ramasse donc avec des surplus et peu d’acheteurs. On doit donc « dumper » notre électricité aux États-Unis par exemple, à des prix ridicules.

Imaginez maintenant si on perd une industrie qui consomme beaucoup d’électricité comme celle de l’aluminium! Tant qu’à vendre l’électricité à 2 ou 3 sous aux américains, vendons-là à 2 ou 3 sous à notre industrie. Notre choix n’est pas de subventionner ou non, mais plutôt, comment fait-on pour perdre le moins d’argent possible avec ces surplus. Tant qu’à se faire avoir, peut-on choisir notre abuseur? Peut-on en récupérer un peu via l’impôt sur le revenu des travailleurs?

Parce que si on n’aide pas les géants de l’aluminium, on n’aura qu’à se tourner et à bien se pencher en traversant le sud de la frontière avec nos surplus électrique. Ils sont près à nous l’acheter sans difficulté!!!

Et notre PM qui maintient la ligne dure devant Alcoa en disant qu’ils ont plus besoin de nous que nous d’eux. Eh misère, peut-on se mettre à la gang pour lui payer un nouveau conseiller économique qui écrirait tous ses discours. Parce que celui qui l’enligne présentement vit sur une drôle de planète.

Ah et… peut-on mettre un foutu moratoire à tout nouveau projet électrique? Gaz, solaire, hydroélectricité, éolienne, tout!!! Merde, le Québec est vraiment rendu déséquilibré, je réclame une forme de subvention et un moratoire dans le même texte.