Blogue d’un chiqueux de guénilles

bugs-bunny-whats-up-docPar Ian Sénéchal,

2.3 milliards de déficit, bah, y a rien là! Voici l’état des finances publiques au 31 juillet 2013. Rappelons simplement que c’est cette année que le Québec devait retourner à l’équilibre budgétaire, que de nouvelles taxes et nouveaux impôts ont été implantés pour y arriver et que cet équilibre était atteint grâce à des revenus non-récurrents en provenance d’Ottawa. De plus, pour y arriver, le Québec avait produit un budget qui couvrait une période plus longue que les douze mois habituels.

Les chiffres du 31 mai indiquait une déficit de 1.2 milliards. On nous disait alors que c’était normal en début d’année, c’était comparable aux années précédentes. On mettait la table à un déficit également le mois suivait à cause de la grève dans la construction. Les chiffres du 30 juin eux indiquaient un déficit de 1.8 milliards. Là, on nous parlait plus des difficultés de l’économie mondiale, de l’inflation au plancher. Bref, ce n’était pas de notre faute. Les chiffres du 31 juillet eux indiquent maintenant que l’on a un déficit de 2.3 milliards. C’est énorme. On dit que ce sont nos revenus qui ont baissés, qu’il ne faut pas évaluer la performance du gouvernement sur les revenus qu’il ne contrôle pas, mais plutôt sur sa gestion des dépenses. La première ministre a même le culot de rejeter la faute sur l’opposition qui, par son discours alarmiste, affecte la confiance des québécois et nuit à l’économie. Désolé, mais quelle démagogue. Ce sera mon seul commentaire sur sa remarque.

On attendait une hausse des revenus de 5.2%. Ça vous semble gros, mais ça comprend une hausse liée à l’inflation, une hausse liée à l’augmentation de la population, une hausse liée à la croissance économique et une hausse liée aux augmentations de taxes. Concédons au gouvernement que l’inflation est plus faible qu’anticipée et qu’il a peu de contrôle là-dessus. Arrêtons toutefois de penser que le contexte économique mondial est difficile. Tout est en train de redémarrer partout et notre dollar canadien à diminué, ce qui aide nos exportateurs. Malgré tout, notre marché de l’emploi s’est détérioré jusqu’à septembre et notre déficit commercial se creusait. La croissance économique est anémique et le gouvernement a joué un rôle de ce côté. Il a eu plus d’impact que l’opposition sur l’économie par ses nouvelles taxes, son activisme écologique, ses fermetures d’industrie et le climat d’instabilité réglementaire qu’il a instauré, notamment du côté des mines. Qui peut bien vouloir investir quand on voit la façon dont ils gèrent le gouvernement.

L’impôt des sociétés a diminué de 11.8% par rapport à l’an passé. Ce n’est pas juste lié à l’économie mondiale. On a des monopoles d’état qui ont de la misère à tirer leur lait. Leurs revenus sont en chute de 4.4%. Les ménages dépensent moins en vins apparemment quand le contexte économique est incertain. C’est ce qui fait qu’au lieu du 5.2% de hausse de revenus autonomes anticipés, on se retrouve avec 0.6% de hausse seulement. Heureusement, nos transferts fédéraux, qui sont hors de notre contrôle, ont augmenté de 9.7% alors qu’on attendait 4.6%. Imaginez à combien serait le déficit en juillet sans ça.

Et les dépenses? On pensait que les dépenses de programme augmenteraient de 1.9% seulement. On est à 4%. On est en train de manquer la cible et les cordons de la bourse devront se resserrer avant la fin de l’année. Heureusement encore, on pensait que le service de la dette augmenterait à cause de la hausse des taux d’intérêts. Cette hausse est en cours, mais pour l’instant, elle n’est pas assez forte avoir l’impact attendu. On pensait que notre dette nous coûterait 8.9% plus cher cette année, on est à 6.3%. Ouf!!! Une chance encore que cette prévision hors de notre contrôle ne s’est pas réalisée. Mauvaise nouvelle par contre, le Québec est présentement obligé d’offrir un taux d’intérêt plus généreux pour refinancer ses emprunts qu’il y a quelques mois. Le marché obligataire a bougé depuis mai et on va s’en ressentir dans le futur.

Seule bonne nouvelle, l’emploi semble s’être stabilisé. Vous comprenez donc que le gouvernement va mettre l’emphase énormément là-dessus. Est-ce que ça va finir par se refléter dans les finances publiques. On verra, mais la tendance ne joue pas pour eux.

Si les chiffres du troisième trimestre indiquent une baisse du PIB, cela confirmerait que le Québec a été en récession en 2013, ce qui n’est pas le cas du Canada. Avec les chiffres d’emploi de septembre, il est probable que l’on ait évité la récession de peu, mais ce sera par la peau des fesses!

Il faudrait peut-être que l’on commence à réaliser que les hausses de taxes que l’on a eut récemment ont fait mal à notre économie. Il faut qu’on change de cap, car on va finir par manquer d’excuses bientôt.