Taxer le travail ou la consommation, telle est la question

VaselinePar Ian Sénéchal,

Liens avec ce texte :

Le PLQ est en grosse réflexion. Doit-on revoir notre système fiscal? Certainement. Toutefois, ne vous faites pas trop d’illusions, on ne vous promet pas de baisses d’impôt. On ne fait que réfléchir à comment on devrait vous taxer. Bref, on se demande quel est le meilleur lubrifiant pour… vous savez quoi.

En gros, on jongle avec l’idée de diminuer les taxes sur le salaire pour augmenter les taxes à la consommation. Le problème, c’est qu’on est déjà champions dans les deux catégories et non, ça ne mérite pas de trophée.

Quand on taxe le travail, via l’impôt sur le revenu, on décourage les gens à travailler plus ou, dans le cas des plus riches, on les encourage à payer de gros honoraires pour des professionnels en fiscalité qui leur permettront d’économiser grâce à des fiducies, des corporations et des investissements fiscalement avantageux. Et là, je n’ose même pas vous parler de tout le marché du travail au noir que l’on encourage via une fiscalité abusive sur les salaires.

De l’autre côté, quand on taxe la consommation, on décourage les gens à consommer et on favorise l’épargne.Entre une économie stimulée par l’épargne et une autre stimulée par la consommation, je choisis la première. Toutefois, il faut faire attention à notre compétitivité. On envie l’Europe, mais on vit dans une Amérique de Nord allergique aux taxes à la consommation.

On vit dans une fédération qui taxe la consommation à 5% via la TPS. Les provinces peuvent ensuite ajouter à ce pourcentage. Certaines ne le font pas. D’autres le font modestement et d’autres abusent déjà, par exemple, le Québec. Comme on est dans une fédération, on peut acheter des produits en Ontario, en Alberta et ainsi de suite, sans payer la TVQ. Il n’y a pas de douanes entre les provinces. Comme on vit en 2013, il faut faire attention à notre compétitivité, car sinon, le commerce électronique interprovincial va croître à vu d’œil. Il ne faut pas oublier non plus que l’on va mettre en péril l’économie locale des régions limitrophes comme Gatineau et le Bas-St-Laurent. On pourrait même ajouter les habitants de la très populeuse métropole qui pourraient être tentés de magasiner leurs gros achats en Ontario, à moins de 45 minutes d’auto. Une chance qu’ils ne se déplacent qu’en Bixi!

CE QU’IL FAUT VRAIMENT FAIRE

Premièrement, il faut simplifier notre système fiscal. Il faut faire le ménage dans la tonne de crédits et déductions qui ont été accordés en guise de bonbons électoraux au fil du temps. La multitude de crédits disponibles est contre-productive. On dépense une fortune en frais de comptabilité et en salaire de fonctionnaires pour soutenir un tel régime fiscal. Madame Blancheville est appelée à la rescousse!

Deuxièmement, il faut baisser les taxes sur le salaire ET baisser les taxes à la consommation. La courbe de Laffer, vous connaissez? Vous savez, cette vieille théorie économique toute simple qui dit qu’à un certain moment donné, si on augmente les taux de taxation, on récolte moins de recettes fiscales. Bien les amis, ça fait un bon moment qu’on dépassé le point critique. Voici un vidéo pour les débutants.

Pourquoi pensez-vous que le gouvernement est incapable d’équilibrer ses livres après toutes les hausses de taxes qu’il a effectuées. Peut-être parce qu’il a franchi le « hump » décrit dans le vidéo ci-haut depuis un bon moment.

Bref, vous voyez bien le problème du Québec. Notre élite politique est souffrante. Souffrante d’un manque de culture économique. On se demande encore comment amener plus de revenus en réorganisant nos taxes, mais personne n’est assez brillant (devrait-on dire courageux?) pour oser baisser nos taxes et stimuler ainsi notre économie. On préfère voir nos entrepreneurs et nos jeunes professionnels quitter la province. De toute façon, quand ils partent, ils le font discrètement, sans manifestations et sans grabuge, alors, à quoi bon s’en faire.