Détroit, un avant-goût de ce que pourrait être Montréal?

Par Ian Sénéchal,

Chronique radio liée à l’article disponible ici.

Motown est dans le trouble. C’est maintenant connu. Détroit est en faillite. Combien de fois les chantres de la droite ont dit que le Québec était foutu, qu’on était pire que les États-Unis et pourtant, c’est chez eux que le système pète en premier. Aucune ville au Québec ne se retrouve dans une telle situation, même pas la très défraîchie métropole. Alors, les idiots de droite nous ont encore compté des peurs.

Pas si vite. C’est normal que le bordel prenne au sud de la frontière en premier. Ce n’est pas un état, ni le pays qui est en faillite, mais bien une ville. Ça arrive parce que le système le permet. Il y a de l’imputabilité municipale aux États-Unis, chose qui fait grandement défaut au Québec. Quand Montréal a quémandé des fonds pour son fonds de pension beaucoup trop généreux au gouvernement provincial il y a quelques années, des gens de l’Abitibi ont financé la ville de Montréal via leurs impôts provinciaux. Si en plus, on ose tenir compte des immenses transferts fédéraux que reçoit le Québec, on peut même affirmer sans gêne que les Canadiens anglais, disons les Albertains pour en faire suer quelques-uns, ont financé le déficit actuariel du fonds de pension de la ville de Montréal. Ce manque d’imputabilité ne fait que reporter des problèmes à plus tard et devinez où va nous amener l’effet boule de neige qui en découlera.

Heureusement pour les Américains, quand un état ou une ville est dans la dèche, le problème demeure local et les réformes forcées arrivent plus rapidement. Car il faut bien l’admettre, les vraies réformes d’austérité arrivent seulement quand le politicien est acculé au pied du mur. Pour faire ce genre de réforme volontairement, il faudrait arrêter d’élire des incultes économiques, ce qui n’est pas prêt d’arriver.

Et des états dans le trouble aux États-Unis, il y en a. Toutefois, d’autres états se tirent très bien d’affaire. Devrait-on s’inspirer d’état comme le Nebraska ou l’Idaho. Avouez que ça fait mal au cœur de voir des états de hillbillies donner des leçons à des états comme l’Illinois, berceau du politicien prodigue Obama. Regardez ce tableau. Ce qu’un chiffre comme 241% veut réellement dire, c’est qu’il faut prendre près de 2 ans et demi de revenus de taxes pour simplement renflouer les fonds de pension de l’Illinois. On n’a pas payé d’intérêt, de services et de salaires encore. C’est ce qu’on appelle être pogné jusqu’au cou.

Pension

Nos médias québécois diront qu’on fait affaire avec la tempête parfaite, que nous sommes protégés, car Détroit est un cas très spécial, ils ont perdu 60% de leur population en 60 ans. Sur ces faits ils ont raison. Mais ça ne nous protège en rien. C’est juste normal que le problème frappe la ville de l’automobile en premier. Mais ce n’est qu’un début. Le problème va éclater ailleurs et il va frapper des villes aussi grosses que Détroit, voir même des états.

Tout ce qu’on fait au Québec, c’est cacher le problème sous le tapis en faisant payer un palier de gouvernement supérieur pour les mauvaises décisions. Heureusement que l’économie canadienne a bien performé dans le passé grâce au prix élevé du pétrole et des matières premières. Que va-t-on faire dans le futur considérant que l’économie canadienne pourrait ralentir de façon majeure avec les problèmes du secteur immobilier qui se dessinent, car oui, voilà bien un autre problème que nous aurons réussi qu’à repousser dans le temps.

On commence par quoi pour faire le ménage? C’est simple. Les fonds de pension. On les transforme en cotisations déterminées, on modifie les règles d’indexation et on modifie plusieurs règles administratives idiotes qui permettent à des retraités d’abuser du système en toute légalité (cliquez sur le logo de RP pour les détails).logo-rp.1320940095

Au Québec, il faudrait également ramener de l’imputabilité dans nos municipalités. Les obliger à emprunter avec leur nom, sans couverture du gouvernement central? Pourquoi pas. Les taux d’intérêt seraient plus dispendieux… pour les derniers de classe. Je vis bien avec l’idée. On forcerait ainsi Montréal à se réformer.

Et pour le gouvernement provincial? Si on veut que les choses changent, le meilleur moyen d’y arriver, c’est d’arrêter les transferts fédéraux. Que le gouvernement fédéral cesse de transférer de l’argent en provenance de l’ouest vers le Québec et vous verrez une pluie de réformes s’abattre, car les politico n’auront plus choix, ils vont être à sec. Imaginez, après 5 ans de crise majeure, les grecs ont encore de la misère à comprendre! Serons-nous aussi durs de la caboche?