S’INDIGNER, ÇA COÛTE RIEN

Daniel Paquet

(Contact viaTwitter, Courriel),

C’est décidé. Je m’indigne. Y a pas de raison de manquer une aussi belle occasion de réduire mes dépenses.

Je vais me trouver une cause. Des causes. Une multitude de causes.

Je vais me trouver du logement à prix très, très modique.

Je vais me procurer une tente et je vais la planter dans un parc public, en plein centre-ville, près de tous les services.  Avec des amis. Une  tente à gauche de la mienne. Et une autre tente à gauche de l’autre tente. À gauche, toutes. S’indigner, ça coûte rien.

(Une cause, si vous  me le demandez : Les vélos. C’est beau, un bycique.)

Je vais me brancher sur l’électricité du locataire actuel. S’indigner, ça coûte rien.

(Une autre cause, si vous me le demandez : Les banques. Elles font trop d’argent, et moi, pas assez.)

Je vais m’équiper de bonbonnes de propane et d’une cordée de bois de chauffage. Je vais faire comme en forêt, mais en plein centre-ville. S’indigner, ça coûte rien.

(Une autre cause, si vous me le demandez : L’environnement. C’est à la mode. Une valeur sure.)

Je vais courir les kodaks pour montrer que je fais pitié, et les gens vont venir me nourrir, comme un pigeon. S’indigner, ça coûte rien.

(Une autre cause, si vous me le demandez : Les frais de scolarités (même si je ne fréquente plus l’école depuis l’époque de René Lévesque.)

Je vais utiliser les toilettes publiques du stationnement public. S’indigner, ça coûte rien.

(Une autre cause, si vous me le demandez : L’argent. Y en a trop ailleurs, et pas assez dans mes poches.)

Je vais inviter une grande centrale syndicale à venir sur mon site pour y intimider les négativistes qui refusent de m’appuyer. S’indigner, ça coûte rien. Pas plus que le recrutement.

(Une autre cause, si vous me le demandez : dénoncer le gouvernement, pour tout et pour n’importe quoi. C’est toute de leur faute.)

Pour faire encore plus pitié, je vais accuser les méchantes radios-poubelles de tous mes maux, y compris inventer un incendie criminel et les en accuser. S’indigner, ça coûte rien.

(Une autre cause, si vous me le demandez : le transport en commun. Comme ça, j’use moins la BM de ma mère)

En bout de ligne, je vais me retrouver logé, nourri, éclairé et chauffé pour pas une cenne. S’indigner, ça coûte rien.

Quand les pompiers vont débarquer pour vérifier l’état des lieux, je vais les accuser de harcèlement. S’indigner, ça coûte rien.
Quand les policiers vont débarquer pour vérifier la sécurité des lieux, je vais les accuser de brutalité policière. S’indigner, ça coûte rien.

(Une autre cause, si vous me le demandez : le logement social. Mais dans mon cas, c’est plus un problème. J’ai toute gratos. Au nom de la démocratie.)

Quand les autorités vont me demander de rendre l’espace public que j’occupe aux citoyens,  je vais accuser le maire de tous mes problèmes et le traiter de tous les noms. S’indigner, ça coûte rien.

Et quand les médias vont me demander «quesse-tu revendiques?», je vais dénoncer l’écart grandissant entre pauvres et riches, au profit du 1% des gens les plus fortunés, l’aide financière publique récemment octroyée aux banques. Et je vais dénoncer l’augmentation du taux de chômage, l’appauvrissement relatif de la classe moyenne, et la baisse du prix des maisons. Et je vais dénoncer l’augmentation du taux de pauvreté, la hausse faramineuse du coût de l’assurance-santé, la croissance phénoménale de la dette publique. (Et je vais remercier au passage Éric Duhaime, l’ami de tous les Indignés, pour cette liste exhaustive que je n’aurais pas su élaborer moi-même).

Après tout, s’indigner, ça coûte rien.

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26 réflexions sur “S’INDIGNER, ÇA COÛTE RIEN

  1. Je suis indigné!. J’ai pensé dresser ma tente à Place d’Youville afin de protester contre le refroidissement global naturel qui nous guette pour les 2 ou 3 prochaines décennies. http://duberger.wordpress.com/2011/11/13/ca-va-cailler-2/

    La gauche ne possède pas le monopole de l’indignation – encore moins de la vérité- et pourtant on ne voit jamais des tentes de gens de droite indignés dressées dans les parcs et places publiques. Il y a plusieurs raisons à cela entre autres:

    1- ils sont occupés à travailler afin que la richesse qu’ils créent ainsi puisse être réclamée par les gauchistes qui grelottent et qui sont affamés sous leurs tentes.

    2- réclamer un partage de la pauvreté ne fait aucun sens.

  2. N’ont t’ils pas un peu raison sur le côté financier des banques etc., qui mènent la planète, et que peût être le monde est en train de s’éffronder avec un système qui ne tient pas debout. Les banques prêtent 6 fois l’argent qu’ils n’ont pas. A regarder …ce vidéo plus qu’intéressant. http://youtu.be/ZE8xBzcLYRs

    • Vidéo intéressant. Mais peut-on reprocher aux banques un système favorisé par l’hypocrisie des politiciens? Encore une fois, on frappe sur le mauvais cheval.

      • Gilles…C’est sure qu’il devrait y avoir des nouvelles règles car le système et les gouvernemenst sont corrompus in and out. Il faut agir…que la banque MNBA offre une carte de crédit qui retourne des cheques de 5% (j’en ai eu déjà pour $200, pendant que l’on charge 20% aux gens moins fortunés qui n’ont pas les moyens de payer la solde de leur carte de crédit. En autres mots, les pauvres subventionnent les dépenses des riches parce qu’eux peuvent regler `la fin du mois. Et…on Mexique on charge jusqu’à 50% d’intérêt, ca je trouve cela dégoutant. Il y a de la bonne richesse et de la mauvaise. Ce n’est pas noir et blanc! Les Occupants ont certains points valides, c’est sure.

        Voci le point de vue de Noam Chomsky….

        Noam Chomsky Announces Solidarity With Occupy Wall Street

        Anyone with eyes open knows that the gangsterism of Wall Street — financial institutions generally — has caused severe damage to the people of the United States (and the world). And should also know that it has been doing so increasingly for over 30 years, as their power in the economy has radically increased, and with it their political power. That has set in motion a vicious cycle that has concentrated immense wealth, and with it political power, in a tiny sector of the population, a fraction of 1%, while the rest increasingly become what is sometimes called « a precariat » — seeking to survive in a precarious existence. They also carry out these ugly activities with almost complete impunity — not only too big to fail, but also « too big to jail. »

        The courageous and honorable protests underway in Wall Street should serve to bring this calamity to public attention, and to lead to dedicated efforts to overcome it and set the society on a more healthy course.

        Noam Chomsky

        • Noam Chomsky es un des pires hypocrites de la gauche radicale américaine !

          Maître dans l’art de l’évasion fiscale et de la planification succesorale au maximum.

          Il parle contre les droits d’auteur et copyright et il fait absolument tout pour les maximiser au maximum. Il les étent dans le temps grâce a des combines assez croche

          Un multimillionaire qui utilise les meilleur firme fiscaliste de Boston (Palmer and Dodge !!!!)

          « Chomsky, with a net worth north of $2,000,000, decided to create one for himself. « A few years back he went to Boston’s venerable white-shoe law firm, Palmer and Dodge, and with the help of a tax attorney specializing in “income-tax planning” set up an irrevocable trust to protect his assets from Uncle Sam. He named his tax attorney (every socialist radical needs one!) and a daughter as trustees. To the Diane Chomsky Irrevocable Trust (named for another daughter) he has assigned the copyright of several of his books, including multiple international editions. »

          De plus, de toutes les jobs qu’il aurait pu prendre, Il a choisi la mieux payé … Celle qui est subventionner par le département de la Défense Américaine. Alors qu’il parle énormément contre l’armé et les USA.

          Tout le monde a le droit de manger. Même si ça veux dire faire des choix contre ces valeurs.

          Mais la … il avait l’embarras du choix … Chomsky, une vraie pute

    • L’effort ce n’est pas la banque qui le fournit, mais l’emprunteur c’est ça qui a une valeur pour la banque. Sinon qu’elle serait la logique d’épargner pour acheter un bien, s’il n’y a pas d’effort à mettre avec un emprunt. Cela à une valeur d’avoir un montant X entre les mains du jour au lendemain.

      Le principe d’égalité n’existe pas en finance, personne n’a le même effort à fournir et la même valeur.

      La problématique avec les vidéos sur l’argent dette est qu’on ne tien pas compte du facteur humain, en fin de compte la complexité de l’économie réside dans le comportement humain. En théorie ça fonctionne, mais ce qui me fatigue c’est qu’on amène notre regard sur les mécanismes que le concepteur du vidéo veut bien qu’on voit.

  3. Votre article est odieux et fumant de la puanteur forte de l’hypocrisie de vos mots. Monsieur, très bien. Indignez-vous pour sauver du cash, puisque vous ne savez résonner qu’en terme de profit et payabilité. Monsieur, avec l’argent qui restera dans vos poches, je vous suggère de vous acheter un coeur. L’avantage d’un coeur, c’est qu’on peut-être compatissant. Si vous en trouvez un à rabais, et qu’il vous revient au change, je vous suggère de vous acheter une dignité; une usagée, pas trop coûteuse, celle de quelqu’un qui aura crevé dans la pauvreté la plus ingrate…quelque part, dehors, au frette. C’est essentiel: Pour s’indigner vraiment, il faut d’abord une dignité. Et s’il vous reste quelques sous à investir, je vous propose de vous acheter un courage. Le courage, c’est quelque chose qui va vous faire vous tenir debout en exigeant qu’on arrête de vous voler; c’est être dehors, sous la pluie et le vent d’automne ou couché dans une tente, la nuit froide venue, pour protester sans peur aux yeux des pilleurs qui couchent les fesses aux chauds. Le courage, ce n’est plus seulement s’indigner, c’est s’opposer; s’opposer aux menteurs. S’opposer aux petits hommes sans abnégation aucune mais riches de mépris, le cul planté bien confortablement dans son chez-soi sans conscience, ou cachés derrière un micro, qui ne savent que verser un dégueuli acide de mots pleins de mépris, de ridicule et de haine, sur des gens simples et humbles, sur des petits qui n’ont rien mais qui sont riches de la seule vraie chose que les démons moqueurs tels que vous voudraient avoir: La foi.

    Je ne vous salue pas. Je vous plains.

    Martin Vaillancourt.

    • ….blablabla…le cul planté bien confortablement dans son chez-soi sans conscience, ou cachés derrière un micro,…blablabla…

      cachés derrière le micro! excellente description de la go-gauche qui gueule… blablabla sans créer de richesse dans les médias québécois… Monsieur Vaillancourt, votre commentaire enrichit superbement ce blogue.

    • « … blablabla… puisque vous ne savez résonner … blablabla… »

      Il aurait fallu écrire « raisonner »…

      un homme raisonne… un tambour ou un gauchiste…. résonne.

      la gauche furibarde en perd son français.

      • Bien envoyé ! J’adore l’expression « gauche furibarde ». Ça décrit très bien le délire de Martin Vaillancourt, qui fulmine, littéralement, parce qu’on OSE se moquer de ce ramassis de poseurs qu’on appelle les « zindignés ». Depuis quand est-il interdit de railler la prétention morale et la pose facile du « grand coeur » ?

        Quant à l’appui du pénible Chomsky aux zindignés, je vois mal de quelle autorité morale et intellectuelle ce grand admirateur du stalinisme peut bien se réclamer…

      • Est-ce que être socialiste signifie vraiment que l’on a un coeur plus gros qu’un non-socialiste. La chose la plus facile à faire est d’avoir des bonnes intentions peu importe les résultats à la fin. Ça me fait penser aux mille-et-un programmes universels que le gouvernement fait pour s’acheter des clientèles alors que ça donne un rapport qualité prix qui n’a aucun bon sens et ça aide même pas le 1% de la population qui en a le plus besoin.

        Puis encore, honnêtement, il y a des limites à vouloir jouer les martyrs puis à se comparer à ceux en Égypte ou en Tunisie. J’ai rien contre les «indignés» en tant que tel et leur opposition aux guerres et au corporatisme, mais honnêtement il est ironique que ceux-ci demandent une plus grande intervention de l’état alors que l’état est incapable de s’occuper de trucs primaires comme les routes ou la justice (et je ne parle même pas de la santé ou l’éducation). Où sont les indignés pour critiquer un système de santé étatisé et centralisé au maximum qui est même considéré comme indigne à la dignité humaine selon la Cour Suprême?

        La plupart des gens de mon entourage travaillent 45-50 heures par semaine et donnent presque la moitié de leur labeur en taxes et en impôts. Où sont les indignés pour critiquer cela, alors qu’une partie importante de la population ne paye pas d’impôts sur le revenu?

        Peut-être qu’après tout, faut s’«indigner» du modèle étatique. Mais bien, de ce que j’ai vu, les demandes des indignés dans certaines villes étaient rien d’autre que vouloir avoir un état encore plus interventionniste lorsque ça fait leur affaire.

    • Compatissez tant que vous voulez mon cher Vaillancourt mais avec votre argent. Permettez moi de vivre avec mon coeur de pierre. ‘ais peut-être votre compassion ne va t’elle pas jusque là. Je ne vois pas de dignité à embrigader tout le monde de force dans votre agenda. C’est de la coercition. Ça n’atteind pas votre coeur ça?
      Vous semblez bien vous y connaitre en commerce de dignité et de courage. J’espère que vous ne faites pas de profit avec ça, ça serait tellement indigne….

  4. Monsieur Du Berger,

    Merci pour ce beau témoignage:  » Monsieur Vaillancourt, votre commentaire enrichit superbement ce blogue. »
    Ce fut là mon plaisir, monsieur. Du reste, si vous avez passé à côté du jeu de mots « résonner », raison de plus pour relire mon commentaire « qui enrichit superbement ce blogue » plusieurs fois. La longue image métaphorique qu’on y trouve améliorera certainement votre capacité à comprendre un jeu de mots quand vous en lisez un.

    Meilleure lecture.

    M.V.

    • que je suis bête! Je n’ai pas su reconnaître une faute de français qui n’en était en réalité pas une! elle était déguisée en faute, mais voulue par son auteur, Piège subtil dans le dessein – et non dessin- de confondre un méchant droitiste! Je suis tombé dedans à pleines touches de clavier monsieur Vaillancourt. Je n’en taris plus d’éloges envers la go-gauche et sa maîtrise de la langue française!

    • Faut croire qu’il y a des sujets qui offensent farouchement la gauche. Et que fais la gauche quand elle est offensée? Elle se drape de la soutane des beaux principes et nous élabore des sermons lourds et culpabilisants: la droite n’a pas de coeur, la droite est indigne, la droite est incapable de compassion, la droite est « cheap » et « mean ». Tout ça parce qu’on ose remettre en question la légitimité et la profondeur d’un mouvement qui tente de s’enraciner ici.

      Et dire que c’est la droite qu’on traite de moralisatrice. C’est assez comique quand on y pense…

  5. « L’action » des zindignés leur procure de juteux bénéfices… narcissiques. À la bourse de la prétention politico-morale, « Zindignés Inc. » fait encore mieux que « Michael Moore Corporation », ce qui n’est pas peu dire…

  6. pauvre et menteur! salaire de 30,000 parent de 2 enfants,0 impôt,remboursement des tx fé,prov, admissible aux programes féd et prov. aux finales , t-4 de dépot de plus que gagnée durant l année,les pauvres sont riches au canada!

  7. De la lecture pour notre grand prêtre moralisateur:

    http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/les-indignes/201111/20/01-4469871-nuit-denfer-pour-les-indignes.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS3

    « C’est rendu trop dangereux, je m’en vais avant qu’il soit trop tard, a lancé l’un des occupants de la première heure, dimanche soir, alors qu’il pliait bagage. «On est là pour changer le système, mais on passe nos journées à faire du travail social. »…

    … »Déterminé à ramener l’ordre dans le camp, le noyau des indignés a décidé de refuser de nourrir à partir d’aujourd’hui les gens qui ne prêtent pas main-forte à l’organisation du camp. Pour recevoir leur ration, les gens devront prouver qu’ils ont participé. Si cette mesure ne suffit pas à éloigner les indésirables, certains proposent d’entourer leur tente et de les forcer à quitter le campement. »

    Ah ben, ah ben…On croirait entendre des méchants de la droite qui en appellent à la responsabilité individuelle…Où est passée la compassion? le coeur? le courage? l;a générosité? Finalement, il y a peut-être du bon à ce mouvement. Les indignés sont peut-être en train de se rendre compte qu’en voulant bâtir un microcosme d’une nouvelle société idéale, ils se retrouvent avec les mêmes problèmes de la société actuelle: il y a toujours une gang qui vient profiter des initiatives et du bon vouloir des autres….Bienvenue dans le vrai monde.

  8. Très évidemment, quand on laisse tomber un commentaire du genre au mien et qu’on le fait sur un blogue aux chroniques de droite, les « gare au go-gauchiste ! » fusent de toutes parts. Ma surprise est nulle. Quoique, je puisse bien vous demander : mais où donc avez-vous trouvé la certitude que je fus gauchiste? Je n’en dis rien, à nul endroit. Et si je ne l’étais pas? Impossible! crierez vous. Le commentaire est trop…culpabilisant. Il n’y a que les maudits gauchistes (ou devrais-je dire « grands prêtres moralisateurs ». Merci! J’ai bien rigolé!) pour culpabiliser de manière aussi « furibarde » et aussi « prétentieuse » les « analystes » de droite, sur leur terrain.

    Pas de doute possible. C’est un gauchiste. On en est sûr. Faut juste être gauchiste pour s’émouvoir sur une bande de pouilleux dopés qui font du camping en ville. Autrement, ça ne fait pas de sens. Quand on est de la droite, la VRAIE droite, on s’occupe de ses affaires. On se lave. On se lève et pis on va travailler. On ferme sa gueule. On ne l’ouvre que pour parler des VRAIES affaires parce que nous, on vit dans le VRAI monde. On descend dans la rue quand c’est important, quand ça compte vraiment. Comme la fois où on était des milliers pour « crier le nom de la liberté, partout! » pour que la liberté d’expression nous garantisse le droit de continuer à vomir à grandes gueules sur une présentatrice météo bien roulée ou sur deux trois gays « défoncés ». Ça, c’était important. La rue était à nous. Fallait faire quelque chose. Pas comme les « zindignés » qui campent dehors des semaines et des semaines, au frette – faut être caves – et qu’on n’arrive jamais à savoir ce qu’ils demandent, au juste. Y-a-t-il quelqu’un qui le sait, ce qu’ils veulent? Doivent vouloir manger gratis pis se piquer, les uns les autres, à ciel ouvert, après la soupe. S’indigner, ça ne coûte rien. Maudits punks! Allez travailler! Maurais l’a dit, à matin! Duhaime confirme, cet après-midi; so « get the fuck out of here! Sorry, bums! » (Faut savoir rajouter deux ou trois mots collés d’anglais quand on crie la gueule à droite, ça donne du toughness!). La belle lucidité. La belle affaire. Excusez ma prétention. Vous ai-je dis que j’étais à gauche?

    Ah, les lucides et leur pragmatisme qui tire à droite. Comme s’il fallait vraiment s’attendre à voir les « zindignés » arriver en veston-cravate et repartir au bout d’une heure, dans leur grosse bagnole. Comme si les indignés devraient réellement avoir « réussi » pour avoir le droit de demander aux voleurs d’arrêter de tous nous voler. Comme si les indignés devraient être n’importe quoi d’autre que des victimes, chacun à leur manière. Quand on se tient à droite, quand on se tient du bon bord, les victimes, ça n’existe pas. C’est dans la tête. Tout est dans la tête. Nous, on est des battants; des vrais winners qui se lèvent tous les matins pour gagner notre pitance…parce qu’on est forts dans notre « mental ». Mental toughness : la dureté du mental. T’es victime si t’es looser. Si t’es faible dans ta tête ou dans ton corps, ou pire, dans les deux; là, t’es vraiment looser. T’es un criss de parasite-faible de BS crotté qui vit aux dépends des forts pis qui se fait soigner la cervelle ou la bebelle…gratos. T’es une dépense inutile. Point. Faut pas se conter des salades comme les pelleteurs de nuages de la go-gauche; la vie, c’est la loi de la jungle. Seuls les forts ont le mérite de survivre. C’est ça, la vie. La VRAIE vie. Rien d’autre que ça. Ok. Le monde va mal. Mais, selon nous, deux ou trois parvenus dehors pour manifester, le temps d’une petite demi-heure, c’aurait été vachement plus crédible et surtout moins malodorant! New-York? Quoi, New-york? Quessé qui se passe, à New-York? Duhaime n’en parlait pourtant pas, tantôt. Shit! Encore une passe de loups gauchistes déguisés en brebis, on en est certains…hein, Dominic? Allez donc vous chercher une job, pouilleux!

    Chers analystes de la droite, vous n’avez rien compris. Vous pointez du doigt les indignés en vous moquant allégrement de leurs faiblesses. Vous écumez d’un plaisir sadique, et combien pathétique, à vous moquer des « poqués » de la vie. Et pourtant, s’ils sont dehors, c’est bien à cause que vous, les forts, n’y êtes pas. Vous vous moquez sans vergogne de ceux qui livrent le combat que vous devriez mener à leur place. Oh, oui, vous êtes trop occupés à les faire vivre, j’oubliais.

    N’empêche. Si vous possédiez un gramme de vrai courage, c’est vous qui prendriez la rue. La rue serait propre, non? Vous placeriez votre force vive, celle de votre bonne santé, celle de votre volonté, celle de toutes vos aptitudes et vos énergies, à réclamer un monde où une honnête répartition des richesses – seulement honnête. pas communiste. pas socialiste. seulement honnête. – serait garante d’une bien meilleure qualité de vie, pour tout le monde. Peut-être, alors, que des maudits pouilleux sans travail, il n’y en aurait plus et que vous pourriez garder tout votre argent pour vous, bien gagner à la sueur de votre front.

    Mais, non. Au lieu de ça, vous vous laissez laver la cervelle par ceux qui ne souhaitent qu’une chose, c’est de bien vous convaincre qu’il vaut mieux ne rien faire. Que le vrai courage, c’est se regarder le nombril en profitant de la vie. Qu’on est vraiment forts quand on utilise son gros bon sens pour ne rien faire, sauf pour rire des faibles, de rire de ceux qui ont le courage de se tenir debout, à notre place. Pire encore. Que le vrai courage est bien d’aller arracher des mains le maigre chèque d’assistance sociale du maudit BS, en le regardant bien dans les yeux tout en le traitant de sale voleur-parasite, pour ne pas avoir à le faire face aux puissants corrompus qui saignent à blanc toute la nation en évadant des milliards vers des paradis fiscaux inatteignables.

    Et pendant ce temps, on parle de la crise identitaire de l’homme québécois. On reste pétri d’effroi par le nombre monstrueux de ceux qui se flambent la cervelle dans la jeune vingtaine. Pourquoi? Parce que les hommes sont faits pour la grandeur. Ils sont faits pour mener la guerre noble de la justice sociale et pour porter l’étendard des grands idéaux. Je ne vous parle pas de gauche! Je ne vous parle pas de droite! Je ne vous parle pas de communisme! Je ne vous parle pas de capitalisme! Je vous parle de justice! La vérité : Les hommes sont en quête de combats. De combats édifiants qui élèveront leur âme pour quelque chose de plus grand…et il y en a des combats à mener, en ce monde, sachez le! Ils sont tout autour de nous! Je vous entends dire qu’il ne s’agit là que de foutaises de gauchistes. Je vous plains. Vous ne savez pas rêver. Vous ne savez que compter. Vous ne savez pas vous battre. Vous êtes lâches. Voilà. Vous êtes les vrais lâches et vous tentez violemment de vous convaincre du contraire, les uns les autres, en vous radotant que c’est les autres, les malades. Comme à la radio. C’est comme ça qu’un homme s’éteint. Quand on lui dit que le rêve est stupide. Que rien ne sert à rien. Que les indignés sont des fous et des malpropres. Des utopistes dont il faut se moquer sans pitié. Quand le courage est du côté du larbin et non de l’indigné.

    Je vous suggère ceci. Si, aux travers de votre vie très occupée à payer pour tout le monde, vous vous trouvez quelques heures de libres; je vous suggère de vous rendre au centre local d’emploi le plus près de chez-vous. Je vous demande d’y entrer discrètement et d’aller vous asseoir sur une des petites chaises, dans la salle d’attente. Concentrez-vous alors à regarder les visages de ceux qui y entrent pour aller faire une demande d’assistance sociale ou sur les prestataires qui viennent faire leur compte rendu mensuel à leur agent. Je vous mets au défi de trouver un seul visage souriant, contenté, fier, heureux d’être là. Je sais ce que vous y verrez car moi, je l’ai fait. J’ai même été l’un d’entres-eux. Mais vous n’irez pas. Vous êtes beaucoup trop occupés. Je vais donc vous dire ce que vous y verrez.

    Vous y verrez des visages crispés d’humiliation, qui vont et viennent en tournant en rond, dans le fond du local, en entrant, sortant, et entrant de nouveau, le temps de se trouver le courage de prendre position dans la file d’attente pour aller mendier leur gouvernement. Une fois l’interminable formulaire complété, où vous devez rendre compte de vos moindres dépenses et revenus des 12 mois précédents, vous les verrez retourner le formulaire avec dédain et appréhension. Vous ne verrez pas un seul sourire. Vous n’entendrez pas un seul cri de joie pour avoir le privilège d’avoir un nettoyage chez le dentiste, gratuitement. Rien. C’est un silence coupable qui règne. C’est à ce moment que vous auriez pu comprendre que s’ils sont là, ce n’est pas parce qu’ils le veulent. Personne ne veut vivre aux dépends des autres. S’ils sont là, c’est qu’ils ont été brisés par la vie, d’une manière ou d’une autre; dans leur corps, dans leur cœur, dans leur esprit. Peut-être était-ce de leur faute, ou peut-être que non. Peu importe. Qui ne fait pas d’erreur? La seule chose qui compte, c’est qu’ils s’en trouvent maintenant inexploitables par le grand système du citron pressé et qu’aucuns des forts, parmi lesquels vous vous placez volontiers, ne veut leur venir en aide. Oui, ils s’habillent mal. D’accord, ils ne sont pas toujours bien peignés et ils ne sentent pas toujours les roses. Peu importe, après tout.

    Ils étaient dehors, à coucher dans une tente et ils n’étaient pas des plus volubiles pour expliquer les tenants et aboutissants de l’occupation. Mais ils n’auraient pas dû, de toute façon, avoir à le faire. C’est vous qui auriez dû être là, avec eux, pour prendre la parole à leur place. Vous qui êtes encore riches de tout, vous auriez dû avoir le courage de dire à ceux qui ont brisé ces vies que c’est maintenant terminé. Dieu que vous devriez avoir honte de laisser les faibles monter seuls au combat! C’est cela, la vérité. Il n’y a pas de raison pour laquelle vous n’auriez pas dû, vous aussi, être debout et dehors, aux côtés des étudiants, des assistés sociaux, des chômeurs, des retraités, des malades et des travailleurs précaires. Vous n’êtes pas du bon côté. Le bon côté n’est pas à gauche. Le bon côté n’est pas à droite. Le bon côté est celui de la justice, du cœur et de la solidarité. Vous êtes du côté de l’égoïsme assumé. Je vous plains.

    Il ne me reste qu’à vous dire ceci : Au jour où la vie vous brisera froidement en deux et que personne ne souhaitera venir à votre aide, répondant être trop occupés à gagner leur vie et celles des autres, vous vous souviendrez qu’il y a eu une poigné de pouilleux qui ont couché dehors, pendant des semaines, dans l’espoir que vous n’auriez jamais à vous humilier comme ils ont dû le faire pour pouvoir survivre. Ce que vous n’avez pas compris, c’est que c’est pour vous, pour les vôtres, pour vos enfants, que les indignés étaient dehors à subir la répression, le froid et vos moqueries. Ils souhaitaient simplement vous éviter de devoir passer par le pire. Pour eux, c’est trop tard. Leur vie est déjà brisée. Mais cela, personne ne l’a dit à la radio.

    • Vous savez, mon conjoint est pas mal pouilleux lui aussi! Plus particulièrement lorsqu’il couche dehors au froid pendant des semaines. Trop fatigué pour se laver, trop occupé à compiler des données, à travailler son shift de soir dans la tente bureau d’un camp d’exploration minière. Son shift de soir après sa journée de terrain à marcher pendant des km et des km avec un sac de roches sur le dos. Il est comme plein d’autres travailleurs passionnés de géologie qui travaillent dur dans le grand nord. C’est fatiguant, on est loin de sa famille mais c’est bien payé.

      C’est ce que je dirais si j’irais dans un bureau de chômage. En ce moment, sachez que nous devons faire venir du personnel d’Europe pour divers projets. Du monde qui ont le coeur à l’ouvrage et qui sont prêts à s’expatrier pour gagner leur vie. Où est passé la vaillance de certains jeunes québécois? Moi aussi j’ai mal à mon pays. Je sens bien que nous assistons à un véritable déclin. Ce n’est pas en récitant des poèmes et en faisant du camping en plein centre-ville (vous m’excuserez de ne pas être impressionné par du monde qui couche dehors en pleine ville) qu’on va régler le sort du monde. En tout cas, vous en avez du temps à perdre pour écrire d’aussi longs commentaires. Votre plume est fort joli. Tentez donc d’en tirez profit.

  9. On vient de démembrer le site des zindignés de Québec. On a appris qu’il n’y avait que des itinérants et un française cheap en voyage qui avait trouvé un endroit gratis pour dormir. Tous les autres indignes, gens de courage et de coeur, étaient retournés dormir chez eux. À quoi rimait ce campement si ce n’est pour écoeurer les sans-coeurs que nous sommes? Qu’ils manifestent de jour, je n’ai rien contre. Cependant je trouve ironique qu’on bafoue des lois en exigeant que le gouvernement en fasse de nouvelles. Mais il ne faut pas demander à la gauche d’être rationnelle, ça ne fait pas partie des qualité du coeur.
    Martin Vaillancourt, quand on n’a pas d’autres arguments que des émotions ( vous savez ce que produit une poussée d’hormone ), qu’on est moralisateur, imbue de soi et qu’on pense posséder La Vérité, on est gauchiste. Pas besoin de l’écrire sur les murs pour que ça se sache.

  10. On apprend ce matin que sur les 5 porte-parole des zindignés de Québec: 2 sont des français arrivés au Québec depuis moins de trois ans, probablement venus nous greffer un peu du courage et du coeur qui nous manque, 2 ont des dossiers en matière de drogue dont un, celui chargé de la sécurité, possède un parcours comportant 36 dossiers en matière criminelle soit trafique de drogue, agression, vol par effraction etc.. Je trouve assez ironique qu’un voleur manifeste contre des voleurs. Encore une fois, les médias n’ont pas fait leur travail. Ce sont des choses qu’on aurait dû savoir et il serait très intéressant qu’on fasse le même exercice pour Montréal.
    En passant, à Montréal, les zindigés qui manifestent pour une société supposément plus juste ont décidés de ne plus fournir de nourriture à ceux qui ne manifestent pas et aux itinérants alors que dans notre société sans courage et sans coeur on donne du BS à vie à ceux qui pourraient mais ne veulent pas travailler. Apprécions l’ironie… et sourions à la lecture des textes de leurs défenseurs les plus virulents.

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