Les fameux retraits préventifs

Ian Sénéchal

(Contact via Twitter, Podcast, Facebook, Courriel),

Texte en lien avec ma chronique cette semaine.

Ah, le Québec, territoire unique en Amérique du Nord. Là où règne la paix sociale et la générosité. Là où l’on s’agenouille devant notre incroyable capacité à prioriser la justice sociale dans le débat public. Ici, on fait bien les choses. Rien a voir avec ces salopards d’américains qui laissent mourir le monde dans les rues. Rien non-plus à voir avec ces monarchistes conservateurs qui nous servent de cousins débiles à l’intérieur de notre « pays-en-attendant »!

Alors, nous autres, vous le savez, on l’a l’affaire. Pas besoin de vous faire de démonstration, tout le monde le sait. C’est pour ça que je me demande ce qui a bien pu se passer dans la tête de la ministre Thériault encore. Elle est rendu folle ou quoi? Elle veut « moderniser » le Programme pour une maternité sans danger. Un acquis social que les femmes ont obtenu suite à de difficiles combats. Un programme unique en Amérique du Nord.

En gros le programme c’est quoi? Une femme tombe enceinte, comme environ 75 000 autres dans une année au Québec. Elle travaille, mais éprouve certaines craintes quant à la dangerosité de son milieu de travail. Elle rencontre donc son médecin qui lui signe un petit papier pour que son employeur apporte des modifications au milieu de travail. S’il ne le fait pas, la femme peut retourner à la maison et recevoir des prestations de la CSST.

Où est le problème? En théorie, il ne devrait pas y en avoir. L’objectif poursuivi était effectivement très noble. Mais comme on dit souvent, l’enfer est pavé de bonnes intentions. En 1981, lorsque le programme fût créé, 1146 femmes s’en sont prévalues.

En 2008, c’est 32 532! Près de la moitié des travailleuses enceintes. 95% des réclamations sont dorénavant acceptées. La CSST a abdiqué. On approuve systématiquement les demandes envoyées. Il doit rester peut-être 3 ou 4 employés zélés, car sinon, on observerait 100% d’acceptation.

Disons que c’est surprenant de voir ce chiffre augmenté chaque année avec une économie de plus en plus terciarisée!

Imaginez-vous, le principal facteur de dangerosité figurant dans les demandes émises par les femmes enceintes est l’agression ergonomique!!! Cette « agression » représente 48% des demandes émises. J’ai une belle petite anecdote dans ma chronique hebdomadaire pour ceux que ça intéresse.

Le programme coûte désormais 213 millions de dollars. De plus, selon le rapport Camiré, on apprend qu’il n’offre pas de résultats probants quant aux divers indicateurs importants de la santé des des poupons :

Rien n’indique que le Québec se démarque des autres provinces en termes de mortalité infantile et périnatale, de prématurité ou de faible poids à la naissance. Au contraire, des données statistiques déposées au Groupe de travail mettent en évidence que le Québec n’occupe pas une situation avantageuse quant à la majorité de ces questions, même s’il est la seule province à administrer un tel programme.

Donc, on a un programme coûteux, entièrement payé par les employeurs et qui n’offrent pas de résultats probants. La logique voudrait qu’on le coupe. On va peut-être le moderniser. Mais ou pourra toujours compter sur les syndicats pour dénoncer cette atteinte aux droits des femmes!

Désolé, mais je ne vois qu’un beau programme socialiste de vacances pour femmes enceinte. Je dois être trop bouché pour comprendre ce qui se passe. De toute façon, on le sait, les chiffres, ce n’est pas important. Les résultats? Encore moins!

PS : On rapporte que l’hystérie collective de la grippe A(H1N1) a engendré des coûts supplémentaires pour le programme de 23.2 millions et 2718 réclamations supplémentaires.

 

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6 réflexions sur “Les fameux retraits préventifs

  1. Et oui nous sommes bien nantis.A force de tout gérer a grand cout de millions socials,allons nous finir a ressembler a la Grece??????????

  2. J’ai 60 ans et je viens tout juste de prendre ma retraite après 40 années de travail. J’ai occupé différents postes en administration, parfois dans des locaux où l’ergonomie était grandement déficiente. J’ai donné naissance à 3 enfants au début des années ’70 et à cette époque on avait droit à l’assurance chômage durant 14 semaines, soit 8 semaines avant la date prévue de l’accouchement et 6 semaines après l’accouchement. La situation était la même pour toutes les femmes qui étaient sur le marché du travail et dans une grand majorité de cas tout se déroulait très bien. Pour certain(e)s cette façon de faire peut sembler extrême mais quand on voit comment ça fonctionne aujourd’hui, je constate qu’on se dirige vers l’autre extrême. Ou bien on est devenu un peuple de « moumounes » (et je ne parle pas nécessairement des femmes enceintes) et on laisse les syndicats gérer notre vie, ou bien l’employeur et/ou la CSST ont une peur bleue de représailles et préfèrent payer même si le programme pour une maternité sans danger est extrêmement coûteux et n’offre pas les résultats escomptés.

    • … on est un peuple de profiteurs… de ‘free loaders’… c’est l’aboutissement du socialisme… mais il est aussi vrai que le degré de lâcheté que l’on retrouve au Québec est dur a battre!

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