La foutaise

Stéphane Lessard

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Quelle sacré époque nous voyons défiler devant nos yeux. Si l’histoire est destinée à être répétée, je plains mes decendants… Je commencerai donc par me désoler du spectacle attristant que nous offre Jean Charest et ses sbires. Nous, naïfs citoyens, qui croyaient que la farce de la commission Bastarache ne pouvait être accotée tant il était grossier de voir un bon libéral, nommé juge à la cour suprême par un bon libéral pour ensuite servir de commissaire dans une commission théâtrale (à l’exception de la diction et du calibre de la prose des procureurs) mise sur pied par des libéraux et pour les intérêts libéraux! Et bien, il semble que Jean Charest aime se dépasser. Il vient de mettre sur pied une commission d’enquête où les filous devront s’inscrire volontairement pour aller témoigner! Rembourse-t-il aussi l’essence et le poulet? Si c’est ça qu’il appelle faire la lumière, ça ne doit pas lui coûter cher d’électricité… Dans n’importe lequel pays normalement constitué, un tel affront se terminerait par des élections hâtives suite au renversement du gouvernement. Il semble que nous carburons à l’indignation « lite ». Il reste que cette commission sera un gaspillage d’argent et de temps. Deux choses qui manquent déjà au Québec…

Mais, réjouissons-nous. Le Québec est en mouvement: nous avons une foule de gens qui campent dans un parc en s’imaginant que le système va changer avec des pancartes et une douche par semaine. Je suis flabergasté. Les citoyens sont dégoûtés, nul n’en doute. Et avec raison. Je ne peux pas croire que mes taxes (eh oui, même les citoyens Canadiens ont pompé du fric pour palier à l’incompétence de ces crétins) ont servi à renflouer ces banques. Inutile de vous dire que moi, je les aurais laissé crever. Le capitalisme n’existe qu’à travers la sélection naturelle.

Il est à noter que dans ces pauvres gens privés de leur maison et qui supposément campent sur Wall Street, il y en a un nombre non négligeable qui croyaient qu’ils pouvaient vivre dans des maisons de dix fois leur revenus bruts… Une bonne compréhension du système (qui a nourri leur rêve, en passant) aurait été plus utile qu’une bonne grosse intervention étatique telle qu’ils la réclament aujourd’hui. Un citoyen informé et responsable en vaut deux.

Je sais, je délire. A part les commentateurs médiatiques habituels, d’un gauchisme risible, qui y voient une révolution et une prise de pouvoir par le peuple et patati et patata, il reste que ce sont encore les mêmes squatteurs habituels qui s’y adonnent. Au lieu de squatter les mamelles de l’État et les devants d’édifices gouvernementaux avec des pancartes, ils sont venus quémander plus d’État et blâmer l’État d’avoir répondu au quémandage  de Wall Street.  Quémander  l’État, pauvre ou riche, est un aveu d’échec. Et les échecs ont une magnifique propriété: en les analysant ont en tire des leçons. Il semble que ce dernier échec ait encore plein de leçons latentes…

En terminant, qu’ont donc en commun ce mouvement populaire et les commissions de Charest?  Ils ne sont que foutaise, un spectacle pour éviter d’affronter la réalité et pelleter par en avant des problèmes qui exigent des individus d’importantes et douloureuses remises en question.

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10 réflexions sur “La foutaise

  1. La manifestation « Occupy Wall Street » n’est pas le premier signe d’une révolution naissante. Les mentalités changent vraiment. Ça prend du temps, mais c’est déjà beaucoup mieux qu’il y a 5 ans! Le 2 mai passé, le Québec votait orange, à la grande surprise de plusieurs! Qu’on ait une opinion politique divergeante ne change rien au fait que pour une fois, les québécois sortaient de leur pantouffles. Ça faisait des années que ça n’était pas arrivé. Et si on délaisse la politique et qu’on se concentre sur les gens, simplement, on se rend compte que même dans leur tempéremment, leur comportement, leur façon de penser… les choses changent. Oui, du positif, mais à travers une agressivité ambiante, une atmosphère peu heureuse, stressée. Les gens savent bien au fond d’eux que cette société ne pourra pas toujours fonctionner comme elle le fait. Ils sentent, malgré eux, malgré leur mode de vie, que cette façon de vivre a une date limite.

    Du côté de la commission d’enquête, effectivement, c’est de la foutaise. ;)

    • Le surprise dans le vote Orange, c’était l’abandon du souverainisme. Sur l’axe gauche-droite, le Bloc est le NPD sont très proche.

      Il me semble que la révolution au Québec ça va être: remplacer PLQ par CAQ et PQ par QS. Le status-quo, mais avec d’autres gens, quoi!

  2. Malheureusement, je suis de nature naïve et je voyais plutôt la commission Charbonneau d’un bon oeil – en tout cas, c’était mieux que le statu quo, à mon avis ! Mais je me dis que vous n’avez sans doute pas tort et que les citoyens doivent en effet s’éduquer davantage plutôt que de blâmer nos gouvernements pour des erreurs de jugement personnel (pour certains qui ont perdu leurs maisons, je veux dire).
    Je reste positive – il faut que quelque chos ressorte de cette commission – svp !

  3. Autant les indignés de Wall Street que Jean Charest pourraient appliquer la solution miracle à tous nos problèmes : le néo-libéralisme. Si le Québec était une société néo-libérale, les problèmes de corruption ou d’économie déficiente disparaîtraient comme par magie.

    Mais les Québécois, actuellement, s’y opposent par ignorance. Il reste encore beaucoup d’éducation à faire pour en arriver là.

  4. Jean Charest est le personnage politique le plus vicieux et retord qu’il m’est été donné de voir et son gouvernement et ses ministres et députés sont tache honteuse sur nous tous.

  5. La manière dont je vois cela, Jean Charest sait très bien comment la joute fonctionne. Il a compris qu’il peut rester au pouvoir assez longtemps pourvu qu’il s’achète le plus de groupes d’opinion possible tout en évitant de déplaire à d’autres groupes. À ce titre, il est comme la grande majorité de ceux que l’ont précédé dans les dernières decennies. Dire non, ça n’existe pas dans le vocabulaire du Complexe G?

    Puis encore, je suis farouchement contre les bailouts aux banques mais le problème est plus profond que cela, On remplit le crâne que chacun devrait s’attendre à avoir n’importe quoi de l’état. Puis encore, faut absolument vivre selon ces moyens et se responsabiliser quitte à parfois faire des sacrifices. Cela s’applique à tout le monde.

  6. Mettre Jean Charest et les indignés dans le même sac pour discréditer ces derniers, faut le faire; le jupon dépasse. Mais bon, la pauvreté de l’analyse vient de l’ignorance de ce qui se passe réellement présentement sur le Square Victoria. Ce n’est pas une question de gauche ou de droite, c’est une question d’humanisme. Faire dire aux gens ce qu’ils n’ont jamais dit frise la malhonnêteté, et le réseau Libarté n’a pas le monopole de la vérité quant aux «problèmes» que nous devons affronter.

    La réalité c’est que les idéologues de la droite au Québec sont incapables d’incorporer de l’humanisme dans leurs idées, qu’ils confondent trop souvent avec des valeurs de gauche.

    • Merci de votre commentaire. Pour votre gouverne, c’est la gauche syndicale Québécoise qui confond ses valeurs avec de l’humanisme, elle qui pratique le corporatisme le plus inégalitaire et parasitaire de l’occident. Rien à voir avec, e.g., la gauche Scandinave, vaillante et pragmatique et que je connais fort bien.

      Si l’on regarde bien, la gauche Québécoise est au prise avec de vieux squelettes marxistes-léninistes et des réflexes de bidouilleux à pancartes comme le CEGEP des années ’70 en pondait. Allez voir le passé de tout ce qui grouille à gauche au Québec, et cela constitue l’essentiel de leur pensée et de leur CV.

      La droite au Québec est naissante et se forme une identité. Elle le fait devant l’urgence de la situation laissée après le passage de générations d’attardés de gauche qui, eux, se sont constitué une identité devant le rêve, le fantasme de l’abondance, l’utopie et la pensée magique évacuant ainsi l’évaluation des actes sur les lendemains de leur passage.

      Je n’ai pas vu d’absence d’humanisme comme vous au RLQ. Si vous définissez humanisme par « État qui vide les poches de tout le monde et endette ses enfants pour pallier aux manques et aux petits rêves de chacun », je crains qu’il vous faille plus qu’un dictionnaire.

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