La banlieue honnie

Pierre Simard

(Contact via Twitter, Courriel),

Nos planificateurs urbains s’acharnent contre les pauvres gens.

Sans la densification urbaine, point de salut. Voilà la belle affaire! Les experts en planification urbaine sont unanimes: les bungalows doivent disparaître au profit des condos. Il faut développer les transports en commun et freiner l’étalement urbain.

Nos spécialistes de la planification urbaine n’aiment pas les banlieues. À leurs yeux, l’étalement urbain est une pandémie, le résultat d’un déficit de planification qui permet la vente de terrains et la construction des maisons en fonction des préférences des citoyens. Quelle aberration! Comment a-t-on pu vivre si longtemps sans cette horde de planificateurs s’acharnant à gérer nos vies?

Imaginez notre vie sans planificateurs urbains. Nous n’aurions sans doute peut-être jamais connu les bulles immobilières… ou, en tout cas, elles auraient plafonné plus bas. Car voyez-vous, il suffit de confier le développement d’une ville à un planificateur pour faire augmenter le prix des habitations.

D’abord, il interdira la construction domiciliaire dans tel ou tel secteur au nom de l’étalement urbain, du réchauffement climatique, du patrimoine agricole, de la protection d’une espèce de grenouille et j’en passe. Une fois qu’il aura créé une rareté dans l’offre de terrains, il obligera l’entrepreneur à lui demander une autorisation ou un permis qui prendra des mois, voire des années à être délivré. Finalement, ce même entrepreneur devra se conformer à une panoplie de normes, de règlements et de procédures. Tout ça, évidemment, pour conforter quelques groupes de pression et augmenter les recettes fiscales de la grande ville.

Par la magie de la planification, la maison de 100 000$ que vous convoitiez coûte désormais… 250 000$. Consolez-vous! On vous a protégé contre vous-même. C’est connu, un agent immobilier aurait pu vous forcer à acheter une maison de banlieue contre votre gré.

Nous vivons dans un monde où les planificateurs urbains se concertent pour décider où et dans quel type d’habitation les gens doivent vivre. Un monde où ce sont des technocrates qui décrètent qu’une famille à faible revenu vivra dans un HLM ou un logement multifamilial du centre-ville.

Comme si plus personne n’aspirait à s’offrir une maison avec un petit bout de terrain pour jouer avec ses enfants, faire du jardinage ou… laver sa voiture. Parce que, voyez-vous, cette damnée voiture, celle que nos planificateurs veulent bannir, c’est aussi elle qui a permis à beaucoup de familles d’accéder à leur rêve de propriété. Alors qu’auparavant l’auto était réservée aux mieux nantis, à peu près tout le monde peut maintenant s’en procurer une, ne serait-ce que pour aller vivre dans un bungalow de banlieue pour échapper aux coûts faramineux de la planification urbaine.

On a beau dire, mais ceux qui prétendent se soucier des gens à revenu modeste sont aussi ceux qui privent plusieurs familles des joies de la propriété. En s’acharnant contre l’étalement urbain, nos planificateurs s’acharnent aussi contre les pauvres gens.

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5 réflexions sur “La banlieue honnie

  1. Donc, je peux construire n’ importe où, et l’État va construire une route jusqu’à ma maison? Génial!

    Sérieusement, toutes les infrastructures pour les banlieues loin de Montréal coûtent beaucoup d’argent. Le but de l’exercice, c’est d’augmenter l’efficacité de ces infrastructures.

    Peut-être que ce n’est pas important dans une petite ville comme Québec, mais dans les grandes villes du monde, il faut planifier un peu. D’ailleurs, vous trouvez ça inacceptable que les propriétaires des maisons du 17ieme siècle dans le Vieux-Québec ne peuvent pas les détruire et mettre des condos? Faites-le, et il n’y aura plus d’activité économique à Québec. Sauf le gouvernement provinciale, mais sûrement vous voulez le détruire.

  2. Vous avez frappé dans le mille, il y en a qui délire sur les maisons du 17ième.
    Plus sérieusement, ce sont surtout les gens à faible revenu qui sont attaqués par ces planificateurs. Ces gens n’ont pas les moyens de se payer le condo en ville ou le nouvel appartement vert. Ils doivent donc s’expatrier en banlieue ce qui leur occasionne des augmentations de frais de transport.
    D’un autre côté, les gens qui sont à la recherche d’une qualité de vie se déplacent aussi vers les balieues et plus les gouvernements vont planifier ces banlieues plus les gens vont aller loin parce qu’ils en ont les moyens.
    Les tenants de la planification à outrance, une manie comuniste, devraient s’interroger sur l’engouement des gens pour Sainte-Julie et plusieurs autres villes de la rive-sud de Montréal ainsi que sur Saint Nicolas et plusieurs autres villes de la rive-sud de Québec.

  3. L’État va construire des routes en fonction des taxes perçues, ce qui fait que si tu vies dans un coin perdu tu payes la route en entier, bonne chance. Le G veut freiner l’étalement urbain et en même temps gaspille notre argent pour les régions éloignées. Que tu vives dans une métropole ou à campagne, ya des avantages et inconvénients, à toi de les accepter. Dans certains endroits, pour respecter le cachet du coin tu ne peux construire n’importe quoi, par respect des voisins. Alors, comme je ne peux construire un type de maison dans le vieux Québec, il est normal que je la construise ailleurs. Et encore là, les bureaucrates ne sont pas nécessairement des sommités du bon goût.

  4. Le plus ironique c’est que souvent la planification urbaine amène des conséquences inattendues.

    Dans les années 60, la mode est aux projets d’habitations de type «homme nouveau» qui sont devenus avec le temps des ghettos.

    Aujourd’hui, je dois admettre que certains éléments de la planification urbaine ressemblent à un trip de planificateurs voulant créer LEUR ville parfaite. Or, autant dire une chose, je crois que sans planification urbaine, il n’y aurait pas nécessairement les mêmes structures urbaines qu’aujourd’hui.

    Je vais vous donner un exemple, dans ma ville où j’habite (Ottawa), il y a une ceinture de verdure qui a été faite dans les années 50 dans le but bien-pensant de servir de «ceinture» de verdure pour entourer la ville. Or, le résultat a été qu’aujourd’hui à cause de cette ceinture qui fait plusieurs kilomètres de large, les gens doivent se bâtir à des dizaines de kilomètres du centre-ville avec une expansion qui a commencée il y a 30 ans au-delà de cette même ceinture de verdure vers l’est, l’ouest ou le sud. Conclusion, je crois même qu’il y a maintenant un nombre égal d’habitants habitant dans la ceinture de verdure qu’à l’extérieur de cette même ceinture.

  5. Je comprends que vous en avez contre les planificateurs. Êtes-vous aussi contre les planificateurs dans l’entreprise privée? Si non, pourquoi l’un sans l’autre?
    ….Moi, j’en ai contre le fait que, j’ai eu à prendre jusqu’à 4 heures par jour pour aller et revenir du travail; parce que je n’avais pas les moyens de demeurer à Montréal. Je crois que « le calcul vaut le travail ». Je vais être dur dans ce qui va suivre.
    ….Les communistes créaient des raretés de pain pour obliger les gens à attendre en file devant les boulangeries. Pendant ce temps, ils ne pouvaient pas être à des réunions pour contester ce qui n’allait pas dans la société. Ici, est-ce que le 4 heures dans l’auto sert la même fin? Plus efficace, ça nous sert aussi à vendre des autos, du pétrole, des assurances, des services d’entretien.

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