Un document fallacieux, partie 1

Ian Sénéchal

(Contact via Twitter, Podcast, Facebook, Courriel),

Fallacieux : qui est destiné, qui cherche à tromper, à induire en erreur.

Je suis en train de préparer ma chronique pour Maurais Live, ce mardi. Je parlerai de la hausse des frais de scolarité, notamment. Maudit que je déteste consulter les documents gouvernementaux. Voici celui que je suis en train de regarder. J’ai décidé d’arrêter un peu pour vous faire part de quelques frustrations.

Je suis d’accord que le gouvernement exige 325$ de plus par session aux étudiants. C’est la seule décision intelligente que ce gouvernement a pris au cours de tous ses mandats. Ce que je déteste, c’est quand on tente de me remplir comme une cruche!

Effort équitable?

Dans le document, le gouvernement tente de démontrer, dans les premières pages, que l’effort pour augmenter le financement est réparti équitablement entre lui-même, les étudiants, les entreprises et les universités. En bout de piste, dans le budget 2016-2017, 850 millions supplémentaires seront investis. Notons que le déficit accumulé des universités en 2009 s’élevait à 483 millions.

Or, voici le tableau de l’augmentation du financement ventilé selon la source pour chacune des années.

Dans la dernière colonne à droite, j’ai placé l’augmentation du budget de la part du gouvernement. Que remarquez vous? Et oui, lorsque l’on dépasse le dernier budget possible de l’administration Charest (2013-2014), la part du gouvernement se met soudainement à augmenter plus rapidement, sans raison apparente, alors que l’augmentation pour les autres colonnes est plutôt stable! Donc, Charest annonce que lui et son gouvernement feront un effort, il promène son chiffre de 850 millions dans son petit ensemble du parfait « peddler » et en réalité, il a refilé la facture à la prochaine administration gouvernementale. Si on garde une augmentation de 40 millions, ce qui est raisonnable selon les budgets de 2012-2013 et 2013-2014, on découvre que le manque à gagner est de 160 millions de dollars!

De plus, que représente ASRU? Cela veut dire « Autres sources de revenus des universités ». Bref, on pense que les universités vont augmenter leurs revenus connexes de recherche, de formation continue et quelques autres revenus auxiliaires. Comment? Peu importe, on ne le dit pas vraiment dans le document, le gouvernement ne fait que changer ses attentes et place ce montant dans ses tableaux! Pratique quand tu sais que les journalistes qui lisent plus que le sommaire exécutif sont plutôt rare! De plus, qui va réellement valider que les hypothèses se sont réalisées dans 5 ans?

Et DPE, c’est quoi? Retenez vous pour ne pas rire, mais ce chiffre représente l’augmentation du financement généré par… les dons des particuliers et des entreprises grâce à Placements Universités! Ça y est, je suis plié en deux! En gros, le gouvernement augmentera sa subvention de contrepartie pour stimuler les- dons et croit donc que les revenus augmenteront. Comme c’est une dépense du gouvernement, l’augmentation de 30 millions de la subvention est déjà comptabilisée dans la première colonne du tableau. Je vous épargne les détails de Placements Universités, je vous sens déjà commencer à bâiller.

Bref, sur le 850 millions annoncés, on peut dire que 315 (160 + 101 + 54) relèvent de la manipulation des chiffres. C’est quand même 37% du montant. Vous pouvez être sûr d’une chose par contre, les chiffres en provenance des étudiants vont se réaliser!

Au lieu de nous prendre tous pour des épais, peut-on simplement dire que l’on va augmenter le financement universitaire, principalement sur le dos des étudiants, ce qui est, à mon sens, une très bonne chose!

Demain, je vais publier un autre texte sur le reste du document, car ce n’est pas fini!

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8 réflexions sur “Un document fallacieux, partie 1

    • Je le sais, je me fais souffrir chaque fois que j’ouvre leurs satanés documents. Heureusement que ça demeure une activité plaisante que de faire une chronique radio!

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  4. « En bout de piste, dans le budget 2016-2017, 850 millions supplémentaires seront investis. Notons que le déficit accumulé des universités en 2009 s’élevait à 483 millions. »

    Pardonnez-moi cette opinion discordante…

    Mais… Les 850 millions de financement supplémentaires ne sont pas un investissement, comme dans « investi ». C’est une dépense. Puisque l’état de fait est d’alléger l’ampleur des déficits des opérations. Et non d’augmenter la valeur des services ou des actifs.

    Le mot « investi » est utilisé seulement dans les cas ou ce montant sera affecté à des biens ou services durables, dont les bénéfices se feront sentir ou seront récoltés sur plusieurs années ou périodes fiscales.

    Avec l’usage de ce mot, de façon inapproprié, l’auteur des documents que vous lisez, vous a bien placé dans la pose de la « cruche ». Hein !…

    Toutefois. Vous avez ratez le principal objet. Hé oui !…

    Les principes généralement reconnus d’une saine gestion fiscale responsable exigent que les déficits soient résorbés, les budgets équilibres. Avant que le financement soit augmenté.

    En augmentant le financement maintenant, avec un déficit cumulé de 483 millions, le responsable de ces documents ne fait que céder à et entretenir la culture du déficit, imbécillisant. Qui a terme, veut ou ne veut pas, exige des financements supplémentaires qui seront gaspillés et sans fin. C’est un trou noir ou l’extorsion, quoi.

    Reculez et regarder un peu de loin, voyez-vous l’astuce ?… Regardez plutôt l’inverse ou le remède.

    Disons… Si face à ces déficits, le gouvernement refuse d’augmenter son financement, les directeurs des universités seront-ils, forcés d’équilibrer leur budget pour en recevoir plus ? Ou bien forcés à emprunter ou ajuster leurs dépenses au niveau de leurs revenus ? Oui ou non ?…

    Vous voulez poser comme condition sine qua non l’équilibre des budgets universitaires ?… Il faut auparavant châtier les directeurs incompétents, responsables des déficits.

    Dites à votre copain, Maurais Envie, qu’il faut au préalable geler et couper dans le financement étatique des universités. Non pas l’augmenter.

    L’augmentation du financement survient seulement après, lorsqu’il y a équilibre vérifié. Sinon, c’est niet. Laissez-les crever, un peu. S’il vous plait !…

    Les seuls en équilibre en ce moment sont les HEC et la John Molson scool de Concordia, semble-t-il. Pas étonnant !…

    CH

  5. Septembre a été le mois « Farhat » au blogue des Analistes. Nous avons eu droit à trois tableaux pour le prix d’un. Quel bonheur !…

    Le tableau qui a le plus animé les conversations à la pause café des vérificateurs de la Place Alexis Nihon, a été celui-ci.

    La répartition du financement…
    En résumé, au bout de six ans… Les portions…

    Du Gouvernement du Québec… 1,390 millions ou 47,1 %
    Des étudiants… 964 millions ou 32,7%
    Des autres… 409 millions ou 13,9%
    Des dons… 187 millions ou 6,3 %
    Total… 2,950 millions

    Comme vous pouvez le voir, les socialistes soviétiques du PQ Marois et des syndicats communistes, FTQ CSN CSQ, ont gagné la bataille de la répartition de la richesse au Québec.

    Les hausses et les niveaux stratosphériques des impôts et des taxes font, qu’il n’y a plus assez de riches philanthropes pour atteindre un famélique 7 % de dons, au financement des universités publiques d’administration privée, du Québec.

    Ça fait vraiment pitié !… C’est comme ça une société gouvernée par des oligarques communistes, multimillionnaires FTQ CSN CSQ.

    Vraiment formidable ce garçon, Ian.
    Une de ses admiratrices m’a glissé à l’oreille… Qu’il faudrait collusionner quelqu’un pour lui trouver une place d’opinioniste à l’émission de la commère anglo-américaine, Brasso TV. Elle n’est «pu capable» d’entendre le bol de spaghettis et ses niaiseries, Facal.
    Eh eh eh !… Elle est bonne !…

    SP

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