L’été des guignols

Stéphane Lessard

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

J’espère que vous avez passé un bel été, loin du danger de nos infrastructures… Je me sens un peu comme il y a 30 ans, au primaire lors du retour en classe: « Écrivez-moi ce que vous avez fait cet été » disait la prof avant de lire à voix haute nos compositions engourdies de souvenirs encore trop récents d’un été toujours trop court. Eh bien, moi, mon été, il a été meublé de divertissements et de leçons. J’ai été, comme nombre d’entre vous, divertis par les hordes de guignols qui sont censés diriger et penser la société qu’on leur a confiée lors des élections. D’ailleurs, j’utilise le terme « divertis » mais je ne suis pas sûr; Je transpire d’ambivalence entre le divertissement ou la tristesse… Enfin, allons-y pour le divertissement. Après tout, on a eu droit aux formulations hybrides à répétition de Sam Hamad et ça, c’est divertissant.

J’ai donc appris cet été que l’on peut faire du treillis pare-soleil en béton et l’accrocher à chaque bout, sommairement, et qu’il tiendrait 30 ans. Je savais que le lobby du béton était fort au Québec, mais à ce point… C’est fou ce que l’on semble réussir à faire ici avec une règle de trois, une enveloppe et un don aux partis politiques.

Quel spectacle aussi de voir Sam Hamad défendre son ministère tentaculaire, ses fonctionnaires incompétents, sans imputabilité et les rapports oubliés, cachés ou je ne sait trop. Les guignols en folie. Depuis ce point de presse,  lorsque je me surprend à demander un peu de vision et de compétence au gouvernement, je me remémore ces paroles et ces images afin de cesser de me couvrir de ridicule en espérant: L’État Québécois est un mammouth. Archaïque, lent et centré sur lui-même.

Sur une note tout aussi distrayante, le PQ a une fois de plus confirmé que c’est une bonne chose que le référendum de 1995 n’ait pas passé. Au moins, il n’a que lui qui ait l’air d’un asile sans serrures. Comment peuvent-ils encore croire en ce véhicule, alors que François Legault en a reformé un autre simplement sans préciser d’échéancier pour un référendum? Ça aussi, ça m’a divertis de voir les Québécois encore épris du sauveur qui formulera la solution sans douleur à la préservation du modèle Québécois. Le gouvernement dans vos culottes sauce PQ++, sociale-démocratie Québécoise ré-étiquetée afin de changer la date de péremption. Nos débiteurs vont trouver le fumet corsé lorsqu’ils vont déballer le poulet…

Bref, ce fut un été marqué par un trop grand nombre de rappels que le Québec n’est toujours pas sur la bonne voie et que, pire, il ne discerne toujours pas ceux qui l’enfoncent dans le trouble de ceux qui veulent l’en sortir.  Au fond, on ne veut pas de vraies solutions ni de sacrifices; ce que l’on cherche c’est encore le sauveur qui mourra pour nous,  sur la croix politique, pour nous laver de notre sociale-démocratie et de notre dette. Quelqu’un qui prendra sur lui le poids des erreurs et de la pensée magique. On risque de vivre l’apocalypse bien avant…

Advertisements

4 réflexions sur “L’été des guignols

  1. « Quel spectacle aussi de voir Sam Hamad défendre son ministère tentaculaire, ses fonctionnaires incompétents, sans imputabilité et les rapports oubliés, cachés ou je ne sait trop. Les guignols en folie. »

    Absolument sidérant. On se croirait à l’émission « Rires et délires… ».

    Voila l’essence même du public syndiqué, au Québec.

    CH

  2. Les politiciens au Québec ne craignent que les artistes et les syndicats, le peuple quand a lui, tout au plus, les fait bien sourirent. car ils peuvent s’en moqué allégrement. Aller payer vos impôts exorbitant pendant qu’ils endettent vos enfants et petit enfants.C’est ce qui arrive quand une nation n’a pas de cran.

Les commentaires sont fermés.