Baby-boomers, il est encore temps d’agir.

Ian Sénéchal

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Notez, je m’attends à me faire tirer des tomates avec la conclusion de mon texte sous le tableau, mais vous savez quoi? I’m used to it! Si vous prenez le temps de lire sans prendre les nerfs, vous verrez que je m’inquiète pour la génération du baby-boom, c’est pour ça j’essaie de voir s’il n’est pas possible d’en réveiller quelques-uns avant qu’il soit trop tard.

J’ai souvent soutenu par le passé qu’il fallait, pour rééquilibrer le régime des rentes du Québec, utiliser le carotte et le bâton et surtout, en dernier recours, utiliser une hausse des cotisations.

J’ai retrouvé un fichier aujourd’hui que j’avais monté pour illustrer une proposition que j’avais élaborée. Je vais le vous partager plus bas.

Avant les changements proposés par le gouvernement Charest, le régime payait pleine pension à 65 ans, la bonifiait de 6% par année supplémentaire d’attente (donc 130% du montant pour une retraite à 70 ans) et la pénalisait de 6% par année d’anticipation de la rente (donc, 70% de la rente pour une retraite à 60 ans).

On dit parfois que l’espérance de vie augmente d’un mois par année. Comme on indexe les rentes pour l’inflation, ne serait-il pas justifié de les indexer pour la longévité? Nos « vieux » d’aujourd’hui sont en bien meilleur état que leurs prédécesseurs et ils prennent leur retraite relativement tôt par rapport à leur condition physique si on fait des comparaisons avec le passé.

Bref, je proposais de faire un rattrapage, avant que les baby-boomers ne prennent leur retraite trop vite. Je proposais de monter l’âge normal de la retraite à 67 ans (pleine pension) et de modifier le facteur de 6% par 8.4%. Voici ce que ça donne. Il ne serait plus possible de retirer la RRQ avant 62 ans.

Je pense fortement que les prochains retraités devraient être en faveur de ce genre de mesure et rester un peu plus longtemps sur le marché de l’emploi pendant qu’ils sont dans la fleur de l’âge.

On ne peut pas continuellement augmenter les cotisations de jeunes. Si vous le faites, le sentiment d’injustice ne fera qu’augmenter, et qui sait, peut-être que nous couperons ces bénéfices lorsque notre province sera décotée, notre endettement insoutenable et nos infrastructures en décomposition d’ici 20 ou 30 ans.

Pas sûr que vous allez apprécier quand vous aurez 80 ans. Parce que mine de rien, va également falloir payer les services de santé et tout indique que nous aurons des choix difficiles à faire plus tard. Et ce ne sera pas si on coupe ou non, mais bien qu’est-ce qui est le moins pire et le plus humain entre couper vos CHSLD, vos soins de santé ou votre pension de la RRQ?

Les employés du secteur public devraient également réfléchir. Leur fonds de pension est faiblement capitalisé. Pensent-ils réellement que l’on va honorer les promesses qu’ils se sont faites eux-mêmes si on est cassé dans 30 ans. Ce sera plus facile renier cette promesse que d’essayer de faire des surplus budgétaires. On renie la promesse et abracadabra, des milliards disparaissent en passif actuariel.

On dit souvent que ce sont les jeunes qui se font avoir dans notre société. Je suis de moins en moins sur de ça. J’ai l’impression que ceux qui vont réellement souffrir, ce sont nos futurs vieux, ceux qui ont créé le modèle québécois. Ceux qui vont l’avoir rendu invivable et ceux qui auront tout pressé le jus du citron. Ils auront oublié de se garder un peu de jus pour leur vieux jours. Parce qu’après tout, si le bordel prend ici, on pourra toujours partir, on sera bilingue.

Vous direz peut-être que moi et ma génération, on est une méchante gang de sans coeur si on fait ça ou si on dit ça. Mais voulez-vous réellement prendre la chance de « guesser » que l’on va encore avoir un peu de compassion dans 30 ans?

Publicités

19 réflexions sur “Baby-boomers, il est encore temps d’agir.

  1. Il y a quelques choses que j’aimerais apporter a ton billet Ian, qui ne plaiera pas à tout le monde… mais…dans mon temps, nous devions payer $380 (converted to current currency) ou $2,542.00 par mois pour avoir quelqu’un à la maison pour mes enfants pendant que nous étions au travail. Aujourd’hui, c’est $7 Québec dollars pour vous les pauvres avec 2 autos à la porte, nous une pour les deux, 4 télés, nous une, ipad, ipod, iphone, zero, des vacances, congés de maternité, de paternité, medicaments couverts, hopital couvert, pour nous c’était le plein prix. Pour accoucher, c’était $1,826 payer comptant en argent courant. Alors, avec tout ces services que vous reçevez, je pense qu’une augmentation pour vos pensions ne vous privera pas de grand chose. J’en suis sure. Les services que vous reçevez gratuitement aujourd’hui nous ont coûté très chers et nous devions faire très attention à chaque « sous ». En plus, on max les cartes de crédit et on achète, on achète et on achète…pas vrai? Les derniers jeux, les meilleurs ordis…etc. Pour les travailleurs en général, le problème aujourd’hui c’est qu’aussitôt qu’une personne a atteind un certain âge, on lui fait la vie dure pour qu’elle parte d’elle même. Ce n’est pas si facile que çela garder son emploi après 55-60 ans et souvent, plusieurs sont brûlés… On veut des petits jeunes qu’on paiera la moitié du salaire….plusieurs ont connus ce scénario. Il faut être très prévoyants et voir à ses finances avec un acharnement assidu…si on ne veut pas se retrouver à court pour nos vieux jours. Il faut épargner. Un sage m’avait dit autrefois qu’il fallait avoir en épargne éventuellement ton salaire annuel….

    • JE suis bien d’accord Renée. On se paye également des programmes sociaux (qui n’en sont pas) dont on n’a pas les moyens.

      C’est quelque chose que je dénonce souvent. RQAP, garderies, procréation assistée, toutes des bébelles pour acheter des votes.

    • Mais pourtant c’est vous qui nous donner cette gigantesque dette, c’est vous qui n’avez pas tout payé….
      De plus vous avez eu la chance de vendre votre maison que vous avez payé 2500$ pour 150 000$ ou plus… tandis que les jeunes d’aujourd’hui n’arrivent pas a s’en payer une et que ceux qui ont acheté verront la valeur de leur maison se couper en 2….
      Vous avez aussi eu la chance de voir vos REER faire du 1000% et plus alors que les jeunes commencent aujourd’hui avec pertes apres pertes, des -25% a repetitions dans ce qu’on va bientot apeller une depression economique…. pendant que vous leur dites de la fermer et de payer pour vous…!? Non mais ca va pas l’arrogance?

      • Bien d’accord avec vous Éric! Je ne vois rien dans le commentaire de Mme Edwarth qui me ressemble. Ou ça les 2 voitures? Une Saturn 2000 qui menace de me lâcher d’un jour à l’autre! Je travaille avec un Mac et croyez moi, c’est un IMac 2007 acheté sur Kijiji à 350$. Et pour l’investissement immobilier, on repassera. Le mien mange plus que la moitié de mon revenu mensuel. Rien à voir avec l’époque ou un bungalow coûtait moins qu’une Toyota Yaris. Vous n’aviez peut-être pas les garderies à 7$ chère madame, mais faite juste le compte de ce que vous pouviez vous payer et vous verrez que vous n’êtes peut-être pas perdante au change.

        J’en ai assez d’entendre les gens cracher sur les générations plus jeunes en prétextant les 2 chars, les 4 ordinateurs, les 2 iPad et les iPhones… ce n’est PAS VRAI. Ce n’est PAS la réalité! Ce sont des préjugés pré-fabriqués. En tout cas, montrez-moi les gens de 25-45 ans qui ont ce que vous décrivez…

        • voyons Blink tu es comme une majorité de gens qui pense que les cpe a 7 sont une aubaine , quand j’ai élevé mes enfants je payais 25$ par jour pour les deux enfants et a l’impot selon mon année il en revenait bon an mal an de 13-18 dollars par jour pour un total 7-12$j/2 enfants alors que maintenant tu paies 7$ directement de ta poches +43$ de ton autre poche car faut pas croire ca tombe du ciel et pourquoi au juste? pour se battre pour etre placé sur une liste d’attente , alors un nombre controlé de place et si toi et ta conjointe etes sur les chiffre de nuits et la rotation bien même si elles sont illégales(pas vendu par un ministre)tu n’as pas le choix car les gardienne de l’état ca ne travaillent les week end et la nuit alors pour deux enfants c’est 100$/jour. si tu es cassé c’est par ce que le gv t a le nez fourré partout pour tout contrôler et faire vivre ses tinamis c’est ca qui mange ton pouvoir d’achat.

  2. Je suis complètement d’accord avec vous. Je vois venir ma retraite dans 5 ans (j’en aurai 65) et je n’ai pas vraiment envie de partir du monde du travail.

    1. PARCE QUE J’AIME MA JOB ET MA CLIENTELE
    2. Parce que j’ai vraiment l’impression de participer positivement à notre société
    3. Parce que financièrement, il serait préférable pour moi de retarder encore la retraite si je continue d’être en bonne santé.
    4. Parce que j’ai vu plusieurs de mes anciens confrères (et consoeurs) de travail, après avoir pris leur retraite à 55 ans, avoir profité de la vie comme ils disent, retourner à temps partiel sur le marché du travail, parce qu’ils s’ennuient ou ne se sentent plus utiles à la sociét.

    Alors, je vous dis merci pour ce texte et je rajoute qu’évidemment, je fais partie des privilégiés de notre société en ce sens que je ne travaille pas en usine avec des conditions de travail misérables. Peut-être que ces baby-boomers-là n’aspirent qu’à une chose: vivre un peu avant de mourir…

    Merci

    Denise Groulx.

    • J’aime bien le point #1. Je ne m’imagine pas prendre ma retraite, quoique j’ai juste 36. Si j’aime mon travail, l’ambiance, les amis, la réalisation, les clients, … pourquoi je voudrais tout d’un coup ne plus faire ça? J’admire des dirigeants d’entreprise, ou d’état, qui sont souvent bien dynamiques, bien en haut des 65 ans. Un type comme Stephen Jarislowsky, tu ne pourrais pas le ramener à la maison il aime trop son job pour ça, du haut de ses 85 ans. Jean Chrétien était bien âgé lorsqu’il a quitté. Ceux qui quittent plus tôt se lance à fond dans autre chose qui les occupe tout autant et rapporte à la société. Et je ne parle pas de bénovolat.

  3. « peut-être que nous couperons ces bénéfices lorsque notre province sera décotée, notre endettement insoutenable et nos infrastructures en décomposition d’ici 20 ou 30 ans. »

    Heu, ne sommes-nous pas déjà à 2 points sur ces 3? (Et le 3e ne saurait tarder!) ;)

  4. Les premiers à brailler dans la rue pour qu’on ne touche pas aux avantages sociaux, ce sont vous les jeunes, pas les retraités. Il faudrait peut-être se garder une petite gène quand on veux culpabiliser les boomers.
    Je suis entièrement d’accord quand vous dites qu’il faut mettre au régime l’État obèse mais c’est à vous à initier la mouvement. Si les jeunes sont trop aveugles pour réaliser vers quoi ils s’en vont, j’espère qu’ils en paierons aussi le prix.
    De toutes façons, avec la loi 101, il y en a beaucoup qui ne pourrons se sauver ailleurs et les USA risquent de ne plus être une option si Obama reste trop longtemps au pouvoir.

    • Tu sais Gilles, le but n’est pas de savoir c’est qui le pire, j’ai souvent dénoncé les programmes des jeunes (RQAP, frais de scolarité… name it).

      Le but, c’est que les plus vieux réalisent que les promesses qui ont été faites ne seront peut-être pas tenu si le ménage ne survient pas. Augmenter les frais de scolarité à un jeune, il n’y a rien d’inhumain là. Mais couper les pensions des gens alors qu’ils ont à la retraite, ça c’est complètement fou. Si on a un gun sur la tempe dans 20 ans, qu’est-ce qui garanti aux baby-boomers que ce n’est pas ce qui va arriver?

      On n’a plus de marge de manœuvre aujourd’hui et c’est dans 20-30 ans qu’on en aurait besoin.

      Les fonds promis ne sont même pas capitalisés. Les dépenses de santé augmentent à plus de 6% par an.

      • Je ne cherche pas à savoir c’est qui le pire mais qui est le plus en mesure d’exiger des réformes et qui ne doit pas s’opposer systématiquement à ces réformes.
        Au printemps 2010, j’ai été manifester sur la colline parlementaire pour que le gouvernement se mette au régime.
        Plus jamais je ne participerai à ce genre de manifestation car quelques mois plus tard encore plus d’individus ont manifestés pour que le gouvernement gaspille nos taxes dans un Colisé pour pouvoir continuer le party. Ce ne sont pas majoritairement des retraités qui veulent un nouveau Colisé.

    • En tant que « jeune », je ne braille pas quand me coupe, je braille quand j’en ai trop.
      C’est épouvantable que je payes $7 pour 1 garderie que le gouvernemt paye $42. quand dans les faits ça devrait coûter $30.
      Ca n’a aucun sens qu’on ne voie pas les factures des coûts réels d’hopitaux avec un système pour contrôler un peu les accès ou conscientiser les gens que la gratuité, ça n’existe pas.
      Je n’accepte pas que les universités refusent tout système de publicité venant du privé qui pourraient remplir les coffres un peu, en plus avec des frais de scolarité trop bas.
      C’est une blague que j’ai pu faire un bacc avec pas de dette avec un salaire de pompiste 15 heures / semaine.

  5. Pingback: lacapitaleblogue.com | Baby-boomers, il est encore temps d’agir. « Les analystes

  6. « Pensent-ils réellement que l’on va honorer les promesses qu’ils se sont faites eux-mêmes si on est cassé dans 30 ans? »

    J’aime particulièrement ce passage… je ne me sens aucunement responsable de la capitalisation du RREGOP. On va demander à des gens qui voient fondre leur petit REER personnel et leurs cotisations au RRQ augmenter de payer des retraites dorées aux employés de l’État? Non f****** way!

    Je ne peux pas croire que dans une société où on a érigé l’égalité sociale au rang de valeur, on va accepter de créer une telle classe de privilégiés.

    Du reste, moi j’ai déjà commencé à en parler avec mes deux frères que peut-être, si on ne veut pas que nos parents finissent leurs jours dans un CHSLD pourrit, il faudrait qu’on s’y prépare dès maintenant. Je me propose même pour être celui des trois qui n’aura pas d’enfants afin d’être plus disponible pour s’occuper des « vieux ».

    Pas de progéniture pour moi. Je fermerai la lumière en mourant.

    Bon… à savoir si ma blonde est du même avis que moi, ça c’est une autre question :)

  7. Ça me touche ce billet. C’est vrai qu’on a l’air d’un gros sans coeur quand on dit que le plan de retraite des boomers ne se déroulera peut-être pas comme ils l’ont imaginé. Mais ce n’est pas ainsi qu’il faut le voir.

    Moi par exemple, mon père est rentier d’une société d’État. Il a prit un peu une pré-retraite quand le dernier de la famille a quitté le petit patelin familiale pour aller à l’université. Pas que mon père est paresseux. Loin de là. Juste qu’il voulait déménager pour se rapprocher de ses enfants. Il a fait ses calculs et s’est dit qu’il en aurait assez pour vivre raisonnablement sans grands projets de retraite.

    Et là la crise financière qui arrive, les états qui s’en vont vers la faillite et tout le kit… on réalise qu’au fond, tout ce système là qu’on s’est bâtit n’est pas à l’épreuve de toutes les intempéries. Ce n’est que d’être responsable que d’envisager un scénario plus pessimiste selon lequel les états seront éventuellement placés devant des choix difficiles.

    Au moins, mon père est assez prévoyant pour avoir comprit qu’il doit travailler encore un peu. Grâce à la tendance émergente des semaines de quatre jours, il s’est trouvé un emploi pas pire une ou deux journées par semaine et moi je l’encourage fréquemment à ne pas lâcher tant que la santé lui permettra. Je vous raconte ça juste pour dire qu’on peut encore agir si on accepte de voir les embûches qui se dressent devant nous et de changer un peu nos plans.

    Je souhaite me tromper et que tout se passe comme les politiciens nous le disent. Mais dans le cas contraire, disons que la belle solidarité québécoise, qui est souvent à sens unique comme les rues de mon petit ghetto francophone d’Hochelaga, je ne lui fait pas trop confiance. Il serait plus sage à mon avis de prendre des mesures dès maintenant.

  8. Les employés de l’État n’ont jamais eu le choix entre cotiser au RREGOP, au RRQ ou à un REER personnel. Ce sont le gouvernement et les syndicats, déteneurs des valeurs québécoises, qui ont pris cette décision. Je pense que vous visez le mauvais cheval en vous en prenant aux retraités. Le Québec est la société la plus syndiquée au Canada. C’est ce que les électeurs veulent, société distincte oblige, à moins qu’ils n’aient pas trop trop réféchis avant de voter, qu’ils aient au moins le courage d’assumer.

Les commentaires sont fermés.