ADQ: volée de Boisvert

Stéphane Lessard

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Comme il est désolant et attristant à la fois de voir la junte journalistique égrainer sa crédibilité au grand jour avec des affirmations à l’emporte pièce et un militantisme réprobateur. M. Yves Boisvert, chroniqueur bien connu et que j’apprécie personnellement, est tombé sur son blogue dans cette propagande risible et désormais répandue chez nos journalistes Québécois qui sont en guerre contre tout ce qui pourrait à long terme miner leurs avantages de syndiqués. La convention collective d’abord, les faits ensuite. Ou devrais-je dire, les faits, peut-être.

Dans une intéressante diatribe, M. Boisvert pourfend l’ADQ de vouloir que les cotisations syndicales ne servent qu’à la représentation des travailleurs et non à l’action politique et à la propagande pseudo-progressiste, nationaliste et pro-tout-ce-qui-fait-entrer-des-cotisations. Selon lui, « Si les syndiqués s’estiment mal représentés, ou si les syndicats disent trop de choses qui leur déplaisent, ils peuvent se choisir d’autres représentants. ». Ah oui, et comment? Avez-vous déjà regardé les modalités et la procédure de désaccréditation? Quasi-infaisable. Avez-vous déjà pensé que la formule Rand était liberticide? Oui, je sais. Vive les libertés, tant qu’elles sont dans le sens des centrales syndicales et du bien commun tel qu’elles le définissent, bien entendu.

Yves Boisvert s’enfonce encore plus dans sa confusion lorsqu’il établit que « Dans une démocratie digne de ce nom, l’État n’a pas à dicter les modes d’interventions des groupes légalement organisés. ». Alors, M. Boisvert, dites-moi pourquoi les syndicats signent des conventions collectives et non des programmes politiques avec leurs membres? Comment font-ils, dans une structure d’où aucun ne peut sortir, pour prétendre parler au nom de leurs membres (et, en purs mégalomaniaques, de la société au complet!!!) sans jamais les consulter? Démocratie vous dites? Ça sent tellement la fausse représentations que l’on pourrait presque demander à l’OPC de sévir. Lorsque le patronat et e.g. l’Association des manufacturiers prennent la parole au nom de leur membres, ils le font comme un lobby, au grand jour. C’est leur fonction première.

Il faudrait un jour que l’on cesse  d’invoquer la liberté d’association et à la liberté d’expression chaque fois qu’un item de notre dictatoriel code du travail est discuté. Il n’est pas question ici d’empêcher l’association ni la liberté d’expression; tout le monde (sauf quelques-uns) le sait. Toujours inquiétant de constater que des journalistes se font les courroies de transmission, directement et indirectement, de demi-vérités. Surtout lorsqu’elles contribuent à perpétuer le statu-quo dans sa forme nocive. Bizarre que les médias du reste du Canada ou des États-Unis ne demandent jamais l’avis des syndicats sur tel ou tel enjeu. C’est le modèle Québécois, le consensus unidirectionnel (et non scandinave, comme en bavent certains péquiste) auquel nous avait habitué le Clergé qui reprend du service. Comme M. Parizeau à sa manière.

L’Europe, berceau du syndicalisme, a déjà découplé mouvement syndical et mouvement politique. Ceci dans un premier temps. Les syndicats y sont pourtant fort actifs. Il y a cependant une différence fondamentale et je citerai un passage de M. Michel Kelly-Gagnon: « Ainsi, les employés non syndiqués des 47 pays membres du Conseil de l’Europe n’ont aucune obligation d’adhérer à un syndicat ni de payer de cotisation syndicale à des fins autres que la négociation collective. Cette situation découle de deux jugements de la Cour européenne des droits de l’homme rendus en 2006 et 2007 dans lesquels elle déclare que ces deux mécanismes violent la liberté d’association. »

Les petites élites bienpensantes des médias comprennent-elles que les lois et les formulations des chartes ont des corolaires? Que la liberté de s’associer implique celle de ne pas s’associer et que de choisir de ne pas s’associer et de ne pas participer avec ses deniers à un épanchement idéologique contraire à ses convictions relève aussi de la liberté d’expression?

Quant à l’assertion voulant que l’application de telles règles soit « impraticable sans une main-mise étatique inacceptable », je me dis que ça ne peut être pire que ce que l’État Québécois, maternisant, fait déjà subir entres autres à ce qui a trait au code du travail.

Au demeurant, critiquer l’ADQ (et elle mérite de l’être, c’est indéniable) en affirmant qu’elle fait une « petite poussée totalitaire » la maintenant dans la marge relève aussi de la farce quand on voit qu’elle veut justement rétablir l’équilibre entre les individus, leurs syndicats et le reste de la société. Ce n’est certainement pas en adoptant l’attitude de collabo et de sous-fifre soumis du gouvernement Charest que ces syndicats, ces courtiers d’inertie omnipotents vont êtres remis à leur place -légitime je tiens à le préciser- pour le bien des générations à venir.

Les centrales syndicales feront de la politique quand elles auront l’aval et le mandat clair de ceux qu’elle représentent (avec des cotisations déductibles d’impôt, on se rappellera) et que ceux qui ne s’y reconnaissent pas auront le choix de quitter. Les leçons de droit pourront donc attendre. Et de croire que l’ADQ, dont je ne suis pas membre, prenne ces positions par crainte d’être confrontée aux syndicats est d’un risible consommé. Par contre, de dire que les syndicats pourfendent l’ADQ dans la crainte d’être critiqués comme partie prenante du modèle Québécois est fort à propos…

Il n’y a pas que M. Boisvert: Quand je vois la clique mediatico-nationaliste crier au simplisme et aux méthodes liberticides, je me souviens… Je me souviens qu’ils ont endoctriné sans retenue des pans entiers de la société au mythe du veau d’or, le modèle Québécois, qu’ils ont méprisé les entrepreneurs, les PME en soutenant un modèle syndical qui les servaient, eux, et qu’ils ont utilisé depuis quarante ans et comme l’Église avant eux les enfants comme cobayes de leurs réformes et de leurs visées sociales. Améliorer la réussite scolaire par les CPE!!!! Vous voulez-rire? La réussite scolaire, ça passe avant tout par le milieu familial. Mais en appeler à la responsabilisation des parents, ça ne crée pas de jobs syndiquées.

Et après cela, ces olibrius vont se permettre de critiquer l’ADQ en la qualifiant de « simpliste »? Chers amis, revenez vite sur terre.  L’atterrissage sera moins brutal.

Advertisements

29 réflexions sur “ADQ: volée de Boisvert

  1. Pingback: ADQ: Un recentrage de l’ADQ? « Le blogue de Joanne Marcotte

  2. Dans le secteur public, la formule Rand est liberticide. Cependant, dans le secteur privé, on peut très bien négocier des formules Rand locales, et il n’y a rien de liberticide là-dedans!

    • Peut-être, mais combien de form. Rand locales sont négociées chaque année? Essayer de demander ça à votre embauche dans une « shop » affiliée à un local de gros bras. C’est bien beau sur papier dans une étude d’avocat mais sur le terrain… Je viens d’une ville industrielle: j’ai grandi au milieu des usines, des travailleurs et de leur familles. Verdict: l’environnement syndical est liberticide dans sa forme et son essence, quoiqu’on en dise. Mais il a aussi son utilité, c’est aussi indéniable. Une remise à niveau s’impose.

  3. Curieuse cette prétention à l’effet que les représentations dites politiques des centrales et des syndicats se font sans mandats. Les organisations syndicales tiennent toutes des instances qui déterminent les orientations des organisations. Ces instances en ont l’autorité conformément à leurs statuts et règlements et, bien sûr, à la loi. Elles réuniront à ces occasions 100, 500, 1000, voire 2000 membres pour décider de ces orientations et les dirigeants n’auront d’autre choix que de s’y conformer.
    Contrairement à ce que vous pouvez croire. quand le président de la CSQ, la présidente de la CSN ou le président de la FTQ s’exprime sur un enjeu de société, la grande majorité de leurs membres s’y reconnaissent. Je le sais, je l’ai vu, et je connais le syndicalisme. Quand les medias, dont vous vous plaignez tant, décrient l’ADQ ou le RLQ, ils reflètent l’intérêt que suscitent ces organisations dans la population et, désolé, mais vos idées libertariennes n’intéressent pas grand monde. Il faudra vous en rendre compte un jour.

    • Les médias se foutent de l’intérêt de la population: ils ont décrié l’ADQ qui était fort populaire et qui a malgré tout elle a fini par faire élire 41 députés. Devant la mauvaise performance de l’équipe, 800000 personnes ne sont pas allées voter à l’élection suivante plutôt que de voter pour les partis de centre-gauche et vous dites que ça n’intéresse personne? Legault présente certaines idées qui tassent le mouvement syndical, est littéralement dans les limbes politiques et ramasse 39% de faveur alors que vos alliés du PQ, du PLQ et de QS vivotent à 5, 15 ou 20% et ça n’intéresse personne?

      On connaît la démocratie syndicale: les votes de grève avec 25% de participation et autres. Vous ne pourrez jamais prétendre parler au nom de la majorité des membres d’un syndicat de 150000 membres avec des conseils même à 1000-2000 personnes (qui sont d’habitude les représentants des ailes militantes des partis…) Désolé, on connaît aussi très bien les syndicats. Merci de me lire!

      • J’ai bien dit que vos idées libertariennes n’intéressaient pas grand monde… Dans le sens de s’y intéresser pour les appuyer. Ce n’est pas une opinion, c’est la réalité, n’en déplaise aux Marcotte de ce monde. Par ailleurs, il est intéressant que vous rameniez Legault dans le débat car c’est un des deux éléments retenus dans la population du conseil général de l’ADQ de la fin de semaine avec la charge anti-syndicale de monsieur Delltell. Pas riche.

        • charcoal52 vous dites: « Contrairement à ce que vous pouvez croire. quand le président de la CSQ, la présidente de la CSN ou le président de la FTQ s’exprime sur un enjeu de société, la grande majorité de leurs membres s’y reconnaissent.  »

          Si ce que vous dites est vrai, les centrales syndicales n’ont donc rien à craindre de l’abolition de la formule Rand et du vote secret!

        • @jf_david

          La décision Rand fait en sorte que les personnes qui bénéficient des efforts de négociation, de conclusion et d’application de convention collective d’une association de salariés doivent cotiser à celle-ci, qu’ils soient membres ou non. Autrement, ils resquilleraient le droit d’être représenté. Je ne crois pas avoir parlé de ça nulle part.

        • Je ne veux pas vous faire faire des cauchemars, mais il n’y a pas un chat qui va sortir dans la rue (à part les syndicats, qui y sont sans arrêt de toute façon) si un parti resserre le code du travail. Oubliez pas que Bourasssa a déjà gagné une élection en promettant de rasseoir les syndicats et il a eu un plébiscite…

          La seule raison pour laquelle vous avez pu prendre autant de place, c’est que vous avez rapidement pris la place du clergé! Les Québécois n’ont véritablement jamais goûté à la liberté. Je connais une foule de gens qui voyagent et qui voient le contraste de richesse avec les voisins immédiats.

          Il voient maintenant la nocivité de la syndicalisation mur à mur. Ils votaient PQ, ont voté ADQ et voteront pour Legault que vous ne trouviez ça fort ou pas. Les beaux jours du modèle Québécois sont derrière et la désintox se fera par étapes. Simplement.

        • Ces campagnes joueraient donc d’un vaste consensus au sein des membres des syndicats. Ou bien cette affirmation est vraie, ou bien elle est fausse. Si elle est vraie, les syndicats n’ont alors absolument rien à craindre d’un changement législatif qui rendrait volontaire le paiement de cette portion de la cotisation syndicale (pas la portion qui couvre les frais de représentation mais celle qui est utilisée pour d’autres fins) car leurs membres ne seront que trop heureux de faire une telle contribution. Si elle est fausse, il est alors urgent de changer la Loi applicable en cette matière car cela voudrait dire nombreux travailleurs doivent actuellement financer, obligatoirement, des cabales idéologiques qu’ils désapprouvent.

        • @ Charcoal52
          La formule Rand est la différence entre une cotisation volontaire ou obligatoire.

        • @ jf_david

          Je viens d’entendre encore Éric Duhaîme réduire la formule Rand à ce que vous dites. C’est vrai, mais incomplet. La formule Rand est directement liée à la négociation de convention collectives. Je vous invite (monsieur Pouliot aussi) à prendre connaissance du texte suivant pour vous en rendre compte.

          http://fr.wikipedia.org/wiki/Formule_Rand

          Le fondement de cette décision est ceci:

          « Selon le juge Rand, puisque l’ensemble des gens tire bénéfice des conditions négociées par le syndicat tous ceux qui sont couverts par le contrat de travail (unité d’accréditation) doivent verser leur cotisation. Le corollaire de cette décision c’est qu’une personne qui ne signe pas sa carte d’adhésion n’est pas membre du syndicat mais devra quand même payer la cotisation parce que le syndicat lui a obtenu des avantages. »

          2e corollaire, inscrit dans le code du travail du Québec: le Syndicat doit quand même donner des services à cette personne.

          Éric Duhaîme connaît probablement tout ça, mais ça ne sert pas son propos de le dire.

        • @charcoal52: Les privilèges et les prérogatives des syndicats québécois sont enchâssés et garantis par la loi. Le Code du travail force le travailleur québécois à cotiser à l’association syndicale qui le représente, même s’il n’est pas membre de ce syndicat. Son employeur est obligé de retenir une partie de sa paie au bénéfice de son syndicat et la contribution syndicale est déductible d’impôt. Dans plusieurs secteurs de l’économie, dont la construction et la fonction publique, l’adhésion syndicale et même le choix du syndicat sont obligatoires. On comprendra donc pourquoi les syndicats québécois génèrent des revenus de plus 800 millions $ par année.

          Puisque les syndicats québécois bénéficient de manière fondamentale de l’intervention de l’état, il est tout à fait légitime de demander, en contrepartie, qu’ils agissent avec plus de transparence et de démocratie que la plupart des autres associations privées et qu’ils limitent l’utilisation des cotisations obligatoires aux fins de la représentation et de la négociation de la convention collective. Cela n’empêche aucunement la contribution volontaire et facultative (et toujours déductible d’impôt) de chaque travailleur aux campagnes politiques de son syndicat. Si certains croient que cette idée est totalement ridicule et impraticable, il faudrait peut-être prendre le temps d’expliquer pourquoi elle a été adoptée dans la plupart des autres pays industrialisés. Les États-Unis, les pays de l’Union Européenne et l’Australie reconnaissent et appliquent tous le principe que la contribution syndicale ne peut être obligatoire si elle sert à des fins autres que celles de la représentation. En fait, la Cour Suprême des États-Unis et la Cour Européenne ont reconnu que l’utilisation des cotisations obligatoires d’un travailleur pour financer des initiatives politiques avec lesquels il était en désaccord enfreignait sa liberté d’expression et d’association. La Cour Suprême du Canada a reconnu le même principe dans l’arrêt Lavigne c. SEFPO mais a tout de même soutenu que cette enfreinte pouvait être justifiée pour des raisons d’état.

          C’est donc le modèle syndical québécois qui est l’aberration et il est tout à fait juste, légitime et responsable pour un gouvernement de l’Action démocratique de vouloir la corriger et de protéger ainsi les droit et libertés des travailleurs syndiqués québécois tout en continuant de permettre aux syndicats d’exercer leur liberté d’expression avec des contributions volontaires et facultatives de leurs membres.

        • M. Pouliot

          Je comprend parfaitement ce que vous dites et j’appuie le principe derrière la proposition de l’ADQ.

          Cependant, par curiosité, que répondriez-vous à la question posée par André Pratte:

          « Quel est le problème que l’ADQ cherche à régler en proposant l’imposition du vote secret et la publication des états financiers des syndicats? »

          Débattons-nous uniquement d’une question de principes ou l’ADQ espère-t-elle que ces réformes mèneront à des changements positifs concrets dans le paysage politique québécois?

    • J’imagine que les syndiqués qui ne veulent simplement pas que leurs boss syndicaux utilisent leurs cotisations pour faire du militantisme ne veulent pas avoir à se pointer à ce genre d’assemblées. Ils veulent juste qu’on leur foutent la paix et qu’on n’utilise pas leur argent pour faire du lobbying politique.

      Et si ce que vous dites est vrai, alors pourquoi les syndicats s’oppose-t-ils farouchement à ce que la « cotisation pour militantisme politique » soit versée sur une base volontaire ou à ce que les votes soient secrets?

  4. @ Stéphane Lessard

    « Oubliez pas que Bourasssa a déjà gagné une élection en promettant de rasseoir les syndicats et il a eu un plébiscite…  »

    De quelle élection parlez-vous? J’ai beau chercher, je ne trouve pas.

    Pour le reste, vous avez raison, les organisations syndicales ont l’habitude de lutter pour faire avancer leurs idéaux et ça va continuer car rien n’est gratuit, rien n’est acquis. C’est ainsi depuis 150 ans.

    Je vois aussi que vous avez la foi en votre cause. Grand bien vous fasse.

    • Reformulation: Bourassa a gagné une l’élection de 1973 après avoir solidement rabroué les syndicats et il a eu un plébiscite…. Merci de me le pointer. Toujours un plaisir d’échanger avec vous. Je suis de ceux qui croient que l’équilibre vient des luttes entres les tendances et les opinions. Quelle société ennuyante si tout le monde pensait de la même façon. Ce fut le cas pour le Québec pendant 50 ans (en fait, 350…), ça commence à changer. Au plaisir!

      • 1973? Ouais. Un lien bien rapide à mon avis. Il est vrai qu’il y avait eu des débordements en 1972, l’emprisonnement des chefs syndicaux. Il n’y avait presque pas d’opposition, non plus: des relents de créditisme, un reste d’union nationale (rayée de la carte à ce moment) et un PQ émergent. Y voir un plébiscite est effectivement un peu rapide. ;-)

        http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_g%C3%A9n%C3%A9rale_qu%C3%A9b%C3%A9coise_de_1973

        Pour se racheter, monsieur Bourassa a fait d’importantes concessions au cours de la négociation suivante, qui a abouti en 1976. Ça n’a pas suffi à empêcher la population de le renvoyer chez lui en novembre, battu à plate couture.

        • Pas vraiment un lien rapide: il a fait campagne notamment en disant qu’il continuerait à tenir tête aux syndicats. Si la population avait été si sympathique, ils auraient fait payer Bourassa. Or, si vous regardez le résultat de l’élection, les chiffres (102 députés sur 110 sièges) ressemblent pas mal à un plébiscite ;-)

          Pour les concessions, je suis d’accord. N’oubliez pas que le PQ montait et qu’il avait la faveur des syndicats, très nationalistes, dèjà à l’époque. Bourassa sentait peut-être le tapis lui filer sous les pieds…

        • @Stéphane Lessard

          Je vous concède volontiers que Bourassa ait fait campagne sur son attitude face au mouvement syndical de l’époque. Je ne suis pas convaincu qu’il ait été plébiscité à cause de çà. Comme je le rappelle, il n’y avait presque pas d’opposition constituée et la PQ peinait à s’affirmer. Mais, on ne refait pas l’histoire.

          Bonne journée.

  5. @ Adrien Pouliot

    Quelques remarques sur votre texte :
    « Les privilèges et les prérogatives des syndicats québécois… (cotisations obligatoires prélevées par l’employeur et code du travail) »

    Voilà bien l’application de la formule Rand telle qu’appliquée dans la Code du travail du Québec. J’ajouterais que celles-ci sont également autorisées par l’article 68 du Code canadien du travail. C’est aussi permis par le National Labor Relations Act des États-Unis, qui est toujours appliqué dans 28 États, soit la majorité des États américains et inclus dans 7200 conventions collectives au Québec. Enfin, de telles mesures sont également compatibles avec la Convention de l’Organisation internationale du travail, une institution spécialisée des Nations unies. D’autre part, il est plutôt risqué de comparer le syndicalisme pratiqué au Québec de celui pratiqué ailleurs dans le monde sur un seul élément, la cotisation syndicale. Aux Etats-Unis, par exemple, les syndicats, comme les patrons, participent au financement des partis politiques sans aucune limite! Et ne vous trompez pas, ils appuient rarement les candidats républicains. En France, tous les travailleurs – syndiqués ou non, bénéficient de cinq semaines de vacances payées, les syndicats participent à des négociations nationales qui touchent des travailleurs syndiqués ou non, les salariés ont droit à un avis de quatre semaines avant d’être licenciés, les employeurs n’ont pas le droit au lock-out et les syndicats sont subventionnés par l’État. Ainsi, 43% du budget de la Confédération générale du travail (CGT) provient de subventions. En Belgique et en Suède, les syndicats gèrent l’assurance-chômage.

    Vous êtes sûr que vous voulez qu’on s’inspire de ces modèles?

    « Puisque les syndicats québécois bénéficient de manière fondamentale de l’intervention de l’état, il est tout à fait légitime de demander, en contrepartie, qu’ils agissent avec plus de transparence et de démocratie que la plupart des autres associations privées »

    Dans votre esprit, j’imagine, au même titre que toutes les autres associations professionnelles dont la cotisation est déductible d’impôt, comme la FMOQ, la FMSQ, les Ordres professionnels de toutes sortes, les Chambres de commerce, les associations de détaillants, et ainsi de suite. Bien d’accord. Cela dit, les états financiers des organisations syndicales sont habituellement disponibles sur internet.

    Et vous ajoutez : « qu’ils limitent l’utilisation des cotisations obligatoires aux fins de la représentation et de la négociation de la convention collective. »

    C’est là que ça devient fatiguant… En dehors de ça, c’est le « tout et le rien » dont parlait votre chef? Il serait inconvenant pour un syndicat ou une centrale dont les membres travaillent en éducation, en santé, en fonction publique, dans les mines, la construction ou le commerce de traiter d’enjeux de société qui les regardent? Et ce, malgré les demandes pressantes de leurs membres? Vous trouvez ça démocratique?

    « donc le modèle syndical québécois qui est l’aberration et il est tout à fait juste, légitime et responsable pour un gouvernement de l’Action démocratique de vouloir la corriger et de protéger ainsi les droit et libertés des travailleurs syndiqués québécois »

    Vous me permettrez de compter plutôt sur mon syndicat que sur l’ADQ pour sauvegarder mes droits et libertés.

    • Quand l’intérêt d’ouvrir une entreprise ne sera plus de faire du profit. Alors d’autre intérêt vont naitre comme blanchir de l’argent, vous verrez si vos droits et libertés seront protégé par le syndicat.

  6. @charcoal52: Je vous saurais gré de m’indiquer quels syndicats ont leur états financiers sur le web et l’hyperlien. Ceux de la CSN l’étaient mais je ne suis plus capables de les retrouver (ont-ils été enlevés?) et ce qui était divulgué, de mémoire, ne rencontrait pas les normes comptables généralement reconnues par l’Ordre des comptables agréés du Canada. L’ADQ protègerait les droits et liberté d’expression de tous les citoyens, incluant ceux des syndicats, et ils peuvent donc de traiter d’enjeux de société qui les regardent. Là n’est pas la question. La question, c’est de savoir s’ils vont le faire avec des revenus obtenus de façon coercitive ou avec des revenus obtenus librement et volontairement.

  7. et ensuite on essaie de nous faire croire que La Presse est un journal « de droite ». quelle mauvaise blague.

Les commentaires sont fermés.