Jouez aux bois, raisonnez Muguette…

Stéphane Lessard

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Comme tout le monde, j’éprouve une énorme sympathie pour les chômeurs, les gens qui peinent à se retrouver un emploi, qui doivent subvenir aux besoins de leur famille. Vraiment, ce sont des situations souhaitables pour personne et s’il y a un rôle minimal que l’État doit jouer c’est bien celui d’aider et d’épauler avec mesure ceux qui vivent ces situations.

Il semble par contre avoir une catégorie de gens pour qui la fin des prestations ne semble pas moduler de réaction d’urgence ou de réflexion. Muguette Paillé, la star du débat des chefs en français, a ému nombre de gens en décrivant sa situation le soir du débat. Dans les jours qui suivirent, notoriété faisant, nous apprîmes qu’elle avait reçu une offre d’emploi intéressante de Shawinigan. Problème: Mme Paillé ne veut pas faire quarante-cinq minutes de voiture entre son petit patelin de Mauricie et la métropole des pâtes et papiers.

Si je comprends bien durant toute la durée des prestations, Mme Paillé qui se définit elle-même comme une travailleuse âgée, n’a pu se dénicher un emploi selon ses critères et ses paramètres. Qu’espère-t-elle? Que son héros, Gilles Duceppe et son aéropage de députés soumis et astreints à tout jamais du pouvoir fassent allonger les prestations d’assurance-chômage? Qu’ils fassent débloquer des fonds pour créer un programme pour les travailleurs âgés ne voulant pas faire plus que dix minutes de déplacement?

La réalité, c’est que la durée moyenne de prestation d’assurance sociale est de 9 ans au Québec et de 4 ans dans le reste du Canada. Je n’ai pas les chiffres pour le chômage, mais qu’il y a quelque chose de définitivement distinct au Québec.

Petite anecdote: Pendant mon baccalauréat j’ai croisé un ingénieur chômeur, fin quarantaine, qui venait de la Côte-Nord et qui voulait enseigner la physique au secondaire. Il s’est rassis sur les bancs d’école et voyageait des heures par semaine entre Chicoutimi et Baie-Comeau. Loin de sa famille. Je me rappelle combien nous trouvions le type courageux. Je ne l’ai jamais oublié. Une véritable leçon au jeune que j’étais. Le gars n’avait pas la pensée magique et avait les deux pieds sur terre.

Ainsi, madame vote Bloc. Vive la démocratie et la liberté d’opinion. Mais quant on voit qu’elle ne veut pas se plier aux conditions imposées par l’économie de sa région, on se questionne. Surtout quand on se farcit 1h20 de voiture par jour pour aller travailler et remplir les coffres d’une caisse semblée servir à aider dans une situation passagère. Elle veut de façon évidente que les autres fassent quelque chose pour elle. Alors, madame, vous pouvez remercier le ciel de ne pas résider en Allemagne ou en Suède. Votre refus vous aurait coûté vos prestations bien avant.

Il semble qu’au Québec nous soyons nés pour le cirque. Outre les succès commerciaux, nous avons chaque semaine des exemples de gens qui font de la voltige pour garder et profiter du sofa placé dans nos filets sociaux.

La tradition veut que l’on nomme des avenues aux noms de gens connus par devoir de mémoire. Nous devrions avoir un boulevard Muguette Paillé pour nous rappeler notre réflexe presque atavique du refus d’assumer et de dépendance avilissante.

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17 réflexions sur “Jouez aux bois, raisonnez Muguette…

  1. Madame Paille vote pour le Bloc quelle surprise. Les medias en general l’ont presenter comme une Quebecoise ordinaire et neutre, mais voila qu’elle ne l’etait pas. C’est une autre tentative des medias « neutre » de promouvoir le Bloc.

  2. Jouez Haut-bois, Résonnez Muguette… pour ce qui est du QI de Madame Paillé on repassera, elle n’était pas a la distribution des prix.
    Elle n’a pas de travail et elle vote pour le bloc ça lui fait une belle jambe!

  3. Cette dame est pitoyable et on en fait une héroïne. Combien y en a-t-il dans la population des Mugette? Peut-on s’étonner après cela de la classe politique dont on hérite?

  4. bien moi je viens de l’abitibi, pis a l’ados il y avit rien et le choix c’Métait rester pis crever de faim ou mover et gagner ma vie , j’ai choisi de gagner ma vie, si Muguette ne veux pas voyager, ni se réorienter, autrement dit aucun effort alors qu’elle fasse comme les personnes motivées comme elle et qu’elle se contente du Bs alors. elle n’a pas a en rougir car des jeunes de 20 ans s’y trouve tres bien pourquoi pas elle

  5. Mme Paillé ne veut pas faire quarante-cinq minutes de voiture entre son petit patelin de Mauricie et la métropole des pâtes et papiers.

    Mme Paillé a une voiture ?…
    Elle est logée comment ?… Apart, condo, bungalow ?…
    sp

    • C’est le point: si il n’y a pas de job à portée de résidence, peu importe les conditions, ce n’est pas à l’État de prendre les impôts de ceux qui s’adaptent pour s’ajuster aux individus. Il y a des limites à la dépendance étatique.

      Au fond, ça devrait réjouir beaucoup de gens de gauche: je prends parti pour la collectivité et contre l’individualisme!

    • La question de Serge est bonne: A-t-elle une auto (en bon état ?) et auras-t-elle un salaire assez élevé pour se payer l’essence à 1.40$/l. pour aller à son travail (45 min.=grosso 60km x 2 allées-retour par jour x 5jours = 600 km/semaine @ disons 8 l./100km (elle a une Civic disons) 48 litres x 1.40$ = $67.20 / semaine.

      Disons qu’elle travaille au Rona de Shawinigan à 11.00$/h @ 40h semaine = 440$ brut. Après impôt, que lui reste-t-il ? Disons un taux marginal de 28%. Il lui reste $317 net.
      Elle doit donc prendre 21% de son salaire pour utiliser son auto (et je n’ai compter que l’essence!!!)

      Donc après essence, il lui reste 317 – 62 = $255/semaine.
      Et on peut continuer l’exercice avec le logement et les autres dépenses pour finalement se rendre compte qu’elle serait bien mieux de se trouver un emploi à proximité, sinon l’assurance-chômage est la voie de garage en attendant le BS.
      C’est facile de juger les autres mais il vaut mieux essayer de se mettre dans leur peau pour mieux comprendre leurs problèmes.

      • À 11$ de l’heure, on ne paye à peu près pas d’impôt au Québec. La fiscalité est orientée favorablement vers les bas salaires. On est plus pauvre. C’est une réalité.

        Il semble que le point ne passe pas: si elle ou n’importe qui ne peut travailler dans une localité, peu importe le salaire, le but est de s’ajuster voire déménager pour aller travailler. Ce n’est pas aux autres de casquer, peu importe la situation personnelle de chacun. Ça n’a rien à voir avec le salaire. Je suis allé travailler dans une autre province parce qu’il n’y avait rien ici. Je suis revenu plus tard. Je n’en suis pas mort. Je critique cette mentalité de dépendance et de passivité, simplement ;-)

        • Vous dites: « Ce n’est pas aux autres de casquer, peu importe la situation personnelle de chacun. »
          Belle exemple du chacun pour soi des gens de la droite. T’es dans la dêche, débrouille-toi hostie de pas bon. Vraiment inhumain comme attitude. C’est pas parce que vous avez été privilégié dans votre histoire personnelle qu’il faut cracher sur les autres qui ont été moins chanceux.
          La droite me dégoûte parfois

        • M. Larose, vous n’y êtes pas. Je n’ai pas critiqué la présence de filets sociaux. Rien d’inhumain là-dedans. Je critique le fait qu’elle et nombre d’autres s’attendent à ce que la collectivité casque pour répondre à leurs exigeances.
          Rien à voir avec le fait d’être privilégié. Ni avec le chacun pour soi: au contraire c’est son attitude à elle qui est individualiste!

          Je comprends ici que vous avez le même réflexe que nombre de Québécois: dès qu’une personne peut-être identifiée à une victime, elle n’a plus de devoirs ni de torts et toute critique est écœurante. Ce n’est pas mon point de vue.

          Se prendre en main est une responsabilité individuelle. Merci pour l’échange, ça me donne l’occasion de préciser certains points. ;-)

      • a 11$/H cela lui donne 22k par en dessous du seuil critique de 26k soit la base de l’impot mimimum alors la meudame ne paie pas d’impot sur le revenu et a même droit a un supplément de revenu garantie par le fédéral.En plus le printemps elle se voit remettre un cheques de tout son année en impot PLUS un beau cheque de la solidarité chôchial. Et bien des gens font plus de trois heures de traveling chaque jours et on ne les entend jamais se plaindre et ceux ci sont fier et contant d’avoir une job alors qu’elle ne voit rien sauf le gvt qui devrait la faire vivre artificiellement aux dépens des autres naturellement. sans vous connaitre M.Larose je gagerais que vous etes le nez fourré dans une centrale syndicale de pres au pire de loin! vous en avez l’attitude et le discour.

        • @papajohn, je vous avais déjà dit que vous aviez un français digne d’un ado mais vous m’avez dit être plus âgé. Alors vous avez beau vouloir dire ce que vous voudrez, si la qualité du français n’y est pas, vous faire « patate » dans votre argumentation. En tout cas, moi je vous boycotterai dorénavant pcq. vous m’avez vraiment l’air d’un pauvre type avec votre langage d’ado « gnangnan ».

        • a l’âge d’etre grand père, votre pseudo insulte me remplis de joie, quel bonheur de passer pour un ados a mon âge. Vous faire «patate» ne serait pas plutôt ‘faites’patate et votre pcq au lieu de parce que fait pas mal texto d’ados, alors vos insinuations stupides sur mon francais me laisse de glace au plus haut point car moi quand j’écris il en ressort un argument qui étaie mon commentaire et vous comme tout bien-pensant gauchiste faute d’argument, vous tirez sur le commentateur au lieu du commentaire.
          Et pour finir avec mon francais en tant qu’anglo de père et mère mais élevé partiellement au québec, mon francais est de beaucoup meilleur que celui de bien des souchiens qui n’ont seulement jamais vu une ville anglaise de leurs propres yeux et qui sont incapable d’aligner deux phrases de suite sans avoir 15 fautes. mais comme vous etes un bon-chrétien mon cher Larose , vous finirez par accepter mon francais somme toute pas pire que le vôtre.

  6. Stephane Lessard dit : 2 mai 2011 à 17:29
    C’est le point: si il n’y a pas de job à portée de résidence, peu importe les conditions, ce n’est pas à l’État de prendre les impôts de ceux qui s’adaptent pour s’ajuster aux individus. Il y a des limites à la dépendance étatique.

    Si vous venez à savoir, si Mme Paillé a ou non une voiture. Comment elle est logée en ce moment.
    Ce serait gentil de nous en avertir. Merci
    CH

    • Qu’elle ait une Ferrari ou une paire d’espadrilles, qu’elle ait un manoir ou un 1 1/2, ça n’a rien à voir. Si elle n’a pas de travail à sa portée, ce n’est pas à la collectivité à lui fournir le forfait qui lui convient. C’est à elle, comme à nous tous, à s’adapter au marché de l’emploi. Pas de job à proximité? C’est désolant mais c’est comme ça: tu déménages. Je viens du Saguenay et 50 personnes par mois le font depuis des décennies. Au plaisir ;-)

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