Y’en a marre

Ian Sénéchal

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Note : si en lisant ce texte, vous vous rendez compte que le chapeau ne vous fait pas, ne le mettez pas.

Hier, je me questionnais. Comment faire, nous, acteurs du milieu, pour intéresser les gens à la politique? Je le réitère, autant la classe politique que médiatique doit faire une introspection pour régler ce problème.

Toutefois, ce ne sont pas les seuls. Monsieur et Madame Tout-le-Monde, vous aussi faudra vous regarder dans le miroir. J’en ai marre de vos excuses poches justifiant votre manque d’intérêt pour la chose politique, les taux de participation anémiques, les votes de protestation… Je peux bien croire que la classe médiatique et politique doit réviser son approche, mais non, vous n’êtes pas sans reproches.

PAS LE TEMPS

Première excuse facile. Pas le temps. Je n’ai pas le temps de m’informer. On a les enfants, l’épicerie, le travail, le soccer, la piscine, la maîtresse… euh, non, pas de maîtresse. Quand même!

Je compatis. Je vous comprends. Je sais exactement ce que vous vivez. On a des méchantes vies de fous. Vous demander de comprendre les enjeux politiques de la même façon qu’un initié serait impensable.

Par contre, ne venez pas me dire que vous êtes incapables de suivre ça un petit peu, même entre les élections? Aux dernières nouvelles, le Banquier a de très bonnes cotes d’écoute. Vous devez bien avoir un peu de temps pour écouter ces niaiseries-là. « Quossé-tu dis là Sénéchal, c’est le seul moment de la semaine que je mets mon cerveau à off ». Faux, tu te tapes Occupation Double après le Banquier (pour ne pas être sexiste, car la CSQ me surveille, vous pouvez remplacer Banquier par match de saison du CH et OD par l’Antichambre).

SONT TOUS PAREILS

Celle-là, pu capable. Paresse, paresse, paresse. Que rajouter de plus. Sont tous pareils, car vous ne vous donnez pas la peine d’essayer de comprendre leurs différences.

C’EST PLATE

C’est vrai. Faire les efforts pour mettre son enfant propre aussi c’est plate… et salissant. Vous le faites quand même, car c’est important pour lui. Par contre, quand vient le temps de décider qui prendra des décisions pour l’avenir de cet enfant, vous vous en foutez. Vous souhaitez élire un gars avec qui vous considérez que ce serait le fun d’aller prendre une bière. Très conséquent.

PENSEZ PAR VOUS MÊME, UN PEU, SVP!

Je le répète, une fois de plus, tous les médias sont biaisés, y compris le présent blogue. Quoi, je vous l’apprends? Eh ben!

C’est à vous d’essayer de comprendre ces biais. De vous faire votre propre idée, en prenant le temps de comprendre les deux côtés de la médaille. Et non, Tout le Monde en Parle n’est pas une émission d’informations. Vous croyez dur comme fer que Harper veut rouvrir le débat sur l’avortement, la peine de mort et le mariage gai? C’est ce que je disais, informez-vous un peu mieux, s’il-vous-plait.

LES SONDAGES

On l’entend souvent de la part de plusieurs organisateurs politiques :  » Maudits sondages, faudrait les abolir, ça influence les gens et ça créé des vagues ».

Mauvais argument. C’est comme dire : « Maudite boisson, faudrait bannir tout ça, il y a des gens qui abusent ».

Je suis peut-être utopiste, mais si les gens comprenaient mieux les enjeux, les sondages ne créeraient pas de vagues et les intentions de vote ne chavireraient pas du tout au tout en peu de temps afin d’appuyer un parti au programme et à l’équipe fragiles.

VOTRE RESPONSABILITÉ

On dit souvent que c’est notre devoir d’aller voter. Faux. Avoir le sens des responsabilités, c’est d’abord et avant tout de s’informer et de diversifier ses sources d’informations. Il ne faut pas avoir peur non plus de lire. La télé, c’est bien, mais c’est trop souvent incomplet. Et si vous comprenez l’anglais, pourquoi ne pas regarder un peu de côté anglophone? Sinon, nos cousins français aussi font de bonnes choses. Ça fait du bien de voir ce qui se passe ailleurs, surtout quand la diversité d’opinions dans nos médias de masse est plutôt faible au Québec.

Bref, pour conclure, il vous reste deux jours pour réfléchir et vous informer. Prenez le temps et surtout, allez voter.

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24 réflexions sur “Y’en a marre

  1. Ian…tu as tellement raison, c’est incroyable et triste qu’içi au Québec on ne peut pas toujours discuter de politique entre amis(es) ou avec la famille car il y a toujours des séparatistes et si on ose, ils grimpent dans les rideaux…alors tout le monde dise « pas de politique » …résultat… il y a rarement des échanges d’idées et d’analyses politiques et alors beaucoup moins d’intérêt, genre « je veux rien savoir »… c’est de la propagande…alors tout le monde est mélangé, on bloque (Bloc) ou on bloque pas!

    Deuxièmement tant que les Québecois nageront dans la crème fouttée il s’en fout de la politique et de l’économie…arrête les Milliards qui nous proviennent des provinces riches, là ça va en jaser tout un coup. Les gens voudront s’informer quand, pourquoi, comment ça? Les Québecois ont de besoin de la misère noire pour s’ouvrir les yeux.

  2. Bon texte d’opinion. Je suis d’accord avec les arguments proposés.

    Sur une autre note, je voudrais seulement dire que cette situation est directement liée au fait que nous avons un suffrage universel.

    Il y a des gens qui n’ont aucun intérêt en la chose, et d’autres qui sont chroniquement mal informés. Il y a les jeunes, fraîchement endoctrinés par le multiculturalisme (oh, excusez, L’INTERCULTURALISME…) du système scolaire (ECR quelqu’un?) et les souverainistes purs et durs qui votent sans penser pour ces partis.

    Quoique le suffrage universel possède l’avantage de donner une voix à tous (tout en excluant environ 40% de la population du pays en excluant les enfants, prisonniers et non-citoyens…ça donne une nouvelle définition à « universel »), il a aussi une grande faiblesse: Celle de laisser des ignares avoir un mot sur la formation qui devrait créer le gouvernement.

    Je ne dis pas que je suis contre le suffrage universel, mais nous devons avouer que ce système, aussi louable soit-il, comporte des failles gigantesques.

    Pour utiliser (sans citer) une philosophie de Robert Heinlein exposée dans Starship Troopers (dont le contenu n’a rien à voir avec le film du même nom):

    Le suffrage universel confère à un citoyen un grand pouvoir – celui de choisir qui va règner sur lui et le reste de la population. S’il vote sans considérer les conséquences probables, l’impossible deviens donc possible et une erreur monumentale aux conséquences excessivement graves peut être commise.

    Sans vouloir insérer un point Godwin ni faire aucune comparaison, je veux seulement faire un rappel que le NSDAP, mené par Hitler, a été élu démocratiquement et je suis certain que la majorité de ceux qui l’ont supporté, s’ils savaient ce qu’il allait en devenir (sans connaître le résultat final de la chute du Nazisme) auraient voté autrement.

    • correctif M.Boiteau les détenus fédéraux ont droit de vote!et cela même si théoriquement ceux ci ont sentence a vie et ne devraient pas revoir la liberté alors forcément ceux ci ne voteront jamais pour un parti qui prône le durcissement des peines. il y a eu «tout le monde dehors» et la on va avoir tout le monde a gauche!

      • Ah, je n’étais plus sûr après avoir posté et j’ai simplement assumé que c’était la même chose qu’aux USA, ou les prisonniers perdent leur droit de vote (dû au fait qu’ils ne peuvent s’enregistrer, ce qui est obligatoire à chaque cycle électoral aux US)

        • hahaha non ici tu gagnes des droits quand tu deviens invité de l’état.contrairement a nos ainé(ceux d’avant les baby boomers)

    • Quarante pourcent, 40 %, c’est exagéré là là là ! Disons 20 %. Voici un tableau qui explicite la constitution de notre électorat. Le Québec ne compte tout de même pas environ 1,5 million de condamnés à plus de deux ans.

      Le 31 octobre 2002, la Cour suprême du Canada statue que l’article de la Loi électorale du Canada interdisant le vote aux détenus purgeant une peine de deux ans ou plus va à l’encontre de la Charte. Tous les électeurs incarcérés peuvent dès lors voter par bulletin spécial aux élections générales et partielles et aux référendums fédéraux, peu importe la durée de leur peine. » Élections Canada, renseignements généraux.

      Le droit de vote n’a pas été accordé par les intéressés du temps, hommes généreux, guerriers, riches ou instruits en vertu de l’intelligence des citoyens mais en vertu du fait que chacun de ceux-ci se doivent à la défense de leur territoire et des propriétés qui s’y trouvent. Ainsi, quelques femmes ont eu le droit de vote avant l’émancipation de ces dernières.

  3. « Vous croyez dur comme fer que Harper veut rouvrir le débat sur l’avortement, la peine de mort et le mariage gai? C’est ce que je disais, informez-vous un peu mieux, s’il-vous-plait. »

    Le débat sur l’avortement est déjà ouvert. Le Parti conservateur s’est engagé en ce sens dans un Congrès en 2008 pour « Protéger les femmes enceintes », suite à la mise sous le tapis du projet de loi C-484 (Loi sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels). De plus, l’ACDI (suite à une décision controversée, puis à une fourberie de la ministre) exclue maintenant l’avortement dans les plans de santé maternelle pour les pays visés par l’aide.

    Le Parti conservateur s’oppose au mariage de conjoints de même sexe (sans toutefois s’opposer à l’union civile). Le caucus conservateur a pris des positions homophobes durant ses mandats dans les médias et dans ses actions.

    Quant à la peine de mort, Stephen Harper, plusieurs ministres et députés, ainsi qu’une bonne parti de sa base militante (pro-vie…) sont en faveur. Stratégiquement, ce serait une sottise pour Stephen Harper d’ouvrir le débat. Il ne faut toutefois pas exclure qu’il passe par un député évangéliste pour présenter des projets de lois favorisant la répression sévère des criminels, pouvant aller jusqu’à la peine de mort.

    « On dit souvent que c’est notre devoir d’aller voter. Faux. Avoir le sens des responsabilités, c’est d’abord et avant tout de s’informer et de diversifier ses sources d’informations. Il ne faut pas avoir peur non plus de lire. La télé, c’est bien, mais c’est trop souvent incomplet. Et si vous comprenez l’anglais, pourquoi ne pas regarder un peu de côté anglophone?  »

    110% d’accord. Mais il faut distinguer la bonne information de la scrap.
    – Scrap: Sun News
    – Bonne info: Real News

    • @dernier recours

      Ben oui! De toute évidence, vous êtes la sommité de l’information crédible malgré le fait qu’en 2011 les Conservateurs ont dit qu’ils ne toucheraient pas à cette question et le fait que vous dites que Sun News est de la scrap…

      Vraiment, je suis impressionnée par votre rigueur et votre « objectivité »!

      Êtes-vous sur que vous n’habiter pas le plateau ou faites partie de l’association des journalistes gauchiste du Québec?

      (soupir…)

      • Le billet de blogue de M. Senecal est posé et sympathique, mais il ne vise pas à être consensuel. Ma réponse est du même registre. Si je lis des blogues sur la politique, c’est surtout pour confronter mes convictions: soit pour les consolider, soit pour les remettre en question. J’ai répondu à ce billet de blogue pour confronter vos convictions, et je vous invite à saisir cet occasion!

      • Ce ne sont pas les conservateurs qui disent qu’ils ne rouvriront pas le débat sur l’avortement ‘,est Stephen Harper…La porte est donc grande ouverte à un backbencher de présenter un projet de loi privé…

    • Simple remarque…

      Toujours trouvé intéressant de voir les pro-avortement (qui se disent pro-choix pour que ça sonne plus cute) défendre bec et ongles le droit d’une femme de détruire (lire: tuer) son foetus sur demande, aux frais des contribuables, mais qu’ils se battent bec et ongles pour empêcher d’exécuter des meurtriers, parce que peut-être qu’il serait innocent et on ne voudrait pas exécuter quelqu’un qui n’a rien fait.

      Le bébé, lui, qu’à t’il fait pour mériter de mourir? Ah oui, il s’est créé dû au coït ininterrompu de ses parents et est une nuisance à leur qualité de vie et refusent de prendre leur responsabilités…

      J’ai tout compris maintenant…

      • Avant qu’on me targue de Masculiniste et de vouloir « opprimer »(voir la définition plus haut dans ce billet :P ) les femmes, je veux juste dire que je suis pas totalement contre l’avortement…mais il y a certainement des zones qui devraient être regardées et réévaluées…tel que l’obligation du père de supporter l’enfant avec aucune possibilité de renier sa responsabilité envers ce dernier, alors que la mère peut se faire avorter sans même que le père aie été mis au courant de la grossesse, ou s’il s’est farouchement opposé à ce que la mère commette cet acte…

      • L’argument de base des « pro-vie » (ça fait plus cute aussi) est qu’il faut attribuer au foetus les mêmes droits qu’aux humains nés. Vous trouverez des débats bien tranchés sur internet sur ce sujet. Les arguments de Peter Singer (philosophe du courant utilitariste) sont, selon moi, particulièrement intéressants, et l’article suivant (en anglais) pose très bien les enjeux:
        http://www.utilitarian.net/singer/by/1995—-03.htm

  4. Je comprends votre frustration mais je crois que vous avez identifiez le mauvais problème. Regardez la diminution de l’intérêt pour la politique et vous verrez que c’est probablement proportionnel à la sortie constante de scandales politiques ; pot-de-vin, fraudes, mensonges, hypocrisies, abus de pouvoir, arrogances, detournement de fonds, promesses non tenue et j’en passe.

    Je suis, comparativement à la moyenne, très politisé. Je lis beaucoup d’articles, en français, en anglais, d’ici et d’ailleurs et c’est toujours la MÊME chose ; pot-de-vin, fraudes, mensonges, hypocrisies, abus de pouvoir, arrogances, detournement de fonds, promesses non tenue et j’en passe.

    Tout le monde à planter Gerald Larose mais soyons honnête, il a seulement dit ce que tout le monde pense.

    Le pire dans tout ça c’est que les politiciens s’efforcent, avec un acharnement surprenant, à confirmer ce que m. Larose a dit.

    Les gens, je crois’ lisent et sinforment plus que vous croyez et c’est là le problème. En sinformant

    • Je continue, j’ai envoyé par erreur le texte incomplet!

      En s’informant on tombe inévitablement sur tout ces scandales, mensonges, abus de pouvoir. En lisant, sur la France, l’Italie, Israël, les États-Unis, la Grèce et tout autre pays on s’aperçoit que ces du pareils au même.

      Ce qui a pour effet de dégoûter le citoyen parce qu’on constate que m. Larose a raison.

      Plus on s’informe plus ça ce confirme. C’est pour ça que les citoyens ne votent plus.

      Sylvain Plourde

    • Les scandales politiques ont toujours existé. Ça devrait motiver les gens à choisir quelqu’un d’autre, voir même fonder un autre parti! Mais non, ils s’en foutent!

      Puis promesses non tenues, hypocrisie, arrogance: vous n’avez pas ça au bureau? C’est beaucoup exageré. Tu penses que Charest ou Marois sont dans la politique pour devenir riche? Puissant? Je ne le crois pas. Je pense qu’il sont convaincu tous les deux qu’il faut un meilleur Québec, mais ils voient ça différement.

  5. Je vois à vos deux textes que vous êtes fortement insatisfait de la tournure qu’à prise la présente campagne électorale fédérale. Votre appel à un questionnement chez la classe qui voit à ses intérêts et chez les médias qui voient aussi aux leurs présentés sous l’angle des nôtres me surprend un peu à ce moment-ci mais mieux vaut tôt que tard.

    Avec le remplacement des perrons d’église par les journaux puis par la radio, la télévision, Internet et les cellulaires, le procédé électoral a perdu son sens initial. Ce n’est plus une question de représentation locale. La campagne nous amène à devoir choisir entre quatre chefs et programmes, images après images, plutôt que le meilleur de candidats dans chacun de 308 comtés. Sauf dans Portneuf !

    À notre époque où l’on recherche l’efficience, vous allez avoir du mal à me convaincre que notre procédé de sélection de nos représentants parlementaires à cette qualité, c’est-à-dire qu’il aboutit à un résultat satisfaisant au prix d’un minimum de travail. Pour qu’un électeur pose un geste éclairé, il lui faut mettre plus de temps que pour faire son rapport d’impôts. Quelle perte d’un temps que de plus en plus de citoyens jugent préférable de passer à autre chose. À l’aube d’un manque de main-d’oeuvre pour notre croissance économique, pensons-y.

  6. Très juste M.Sénéchal par contre, faut dire que la population a eu droit à pas mal d’élections ces dernières années pouvant favoriser un certain ras-le-bol….

  7. Sachant bien que je ne suis pas tout à fait sur le bon blogue, j’y vais quand même de ce commentaire métaphorique alors, des tomates ça pourra aller mais SVP pas de bouteilles……

    Vague orangiste, ras-le-bol ou gestation trop longue ?…..

    D’où vient en fait cette idée  »folle » de pays du Québec ?…..La plupart sinon plusieurs avanceront que cette idée provient du temps de la révolution tranquille, une période particulièrement effervescente pour le Québec, une sorte de montée laiteuse, nationaliste, indépendantiste, émancipatrice de la société québécoise à travers un important boum démographique. Une période témoin du passage de Canadien-français au terme, au qualificatif de Québécois aboutissant avec une certaine surprise, à l’élection du Parti Québécois de René Lévesque en 1976…..

    Même si depuis des décennies voire des siècles l’idée d’indépendance du Québec avait provoqué auparavant à quelques occasions quelques soubresauts ou quelques  »wet dream », en résumant fortement, on peut penser que l’érecti….je veux dire l’élection du Parti Québécois en 76 en a été la concrétisation démocratique, l’esprit géniteur…..

    Puis un premier référendum en 1980, période de gestation difficile et agitée, tourmentée, crise économique, taux d’intérêt directeur de 22%, beaucoup de citoyens perdent leur maison, mauvais contexte, contractions pénibles. Déception, résultant à une fausse couche……
    Une bonne partie du Québec est politiquement en deuil et part offrir sa chair en pâture au Rapatriement de la Constitution de Trudeau de 1982 et à la trahison de la nuit des longs couteaux……Ti-Poil ne s’en remettra jamais totalement…..

    Puis, une alternance au pouvoir s’ensuit avec le Parti Libéral de M.Bourassa avec l’échec de Meech et de Charlottetown où Boubou lui-même est venu près de dire aux Québécois que le ROC ne voulait rien savoir de la spécificité du Québec. Le Parti Québécois de M.Parizeau reprend le pouvoir, une seconde phase fécondatrice s’annonce. Le contexte dont économique étant meilleur, la période de gestation est moins pénible qu’en 1980 malgré de grandes  »agitations perturbatrices » aux alentours et des haut-le-cœur. Puis arrive la période intense de contractions, le référendum de 1995. Les contractions sont houleuses, difficiles, suintantes mais les pronostics sont bons. Mais, alentour, trop d’excitation, trop de perturbations, en 80 ce fut une fausse couche, en 95 tout prend l’apparence d’un avortement planifié, organisé. On connaissait l’omnipraticien mais semble-t-il, celui-ci avait son prix…..

    En banalisant quelque peu, la naissance d’un pays de façon démocratique, c’est un peu ça, un élément déclencheur géniteur, une période de gestation plus ou moins longue et une inévitable période de contractions ( que bien des femmes connaissent….)….référendaires…..

    À tous les jeunes couples du Québec, la prochaine fois que vous exprimerez de façon responsable le désir d’avoir un enfant et que quelqu’un alentour agite sur le coup l’épouvantail des contractions…….questionnez-vous, puisse cette personne avoir le plussssse beau sourire du monde, simplement, questionnez-vous tout en écoutant votre instinct et votre désir……

  8. Ce qui se passe, tout simplement, c’est que les allégeances politiques constantes ne sont plus le fait que d’une minorité. Bien des individus peuvent voter bloquiste à une élection, conservateur à la suivante puis néo-démocrate pour suivre la vague. Depuis une dizaine d’années, je n’ai pratiquement jamais voté deux fois de suite pour le même parti. Je vote selon mon humeur, ou la répulsion plus ou moins grande que m’inspire tel ou tel politicien. Et je ne suis sans doute pas le seul… C’est irrationnel ? Peut-être. Mais je fais davantage confiance à mon instinct (si la tête d’un tel ou d’un tel ne me revient pas, c’est qu’il y a une raison) qu’à des discours prévisibles et pétris de bien-pensance…

    Ce côté de plus en plus « volage » de l’électorat n’a pour moi rien de dramatique. C’est même un signe de santé : les individus qui ne sont pas aveuglés par la partisannerie (et ils sont de plus en plus nombreux) ont compris les limites de l’action politique et ne ressentent plus d’affinité définitive pour tel ou tel parti. Tout ce qui contribue à confondre les politiciens et à les faire suer me semble très positif.

    D’autre part, on peut bien essayer de démoniser les conservateurs en les accusant de vouloir interdire l’avortement, ou de rétablir la peine de mort. Il reste que pour la majorité des individus, ces questions restent marginales. C’est la situation économique qui les préoccupe, et ils ont parfaitement raison. Se dire opposé à la peine de mort est, plus souvent qu’autrement, une façon de bien paraître en se donnant le beau rôle, sans plus.

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  11. Si les gens commençaient par voter intelligemment, peut-être seraient-ils moins déçus après. Au Québec, depuis plus de vingt ans, on entretient un climat de confrontation au parlement et après on se plaint qu’il y a un climat de confrontation.

  12. Très intéressant comme billet. Effectivement, on a l’impression qu’au Québec les gens sont moins politisés qu’ailleurs. Il ne faut pas discuter politique, ça risque de créer des chicanes, et c’est tellement beau l’accordéon!

    D’un autre côté j’ai l’impression que cette ignorance sert les partis politiques, car l’électorat devient ainsi plus facile à manipuler.

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