M. Duceppe, mon choix c’est pouvoir

Daniel Paquet

(Contact viaTwitter, Courriel),

Cette  campagne a ceci de particulier que les médias sociaux y prennent une place prépondérante. Et par le biais des médias sociaux, c’est le citoyen qui s’exprime. Fini la campagne où seuls les chefs, les candidats et les médias avaient la parole.

Un texte circule sur Facebook depuis ce samedi. Et il y fait fureur. Ce n’est pas le discours d’un politicien. Ni la savante analyse d’un scribe.
C’est un cri. Un simple cri du coeur d’une citoyenne qui a choisie de s’exprimer, de parler plus fort que les candidats qu’on nous présente. La politique? Comme bien des citoyens, elle en mangerait pour son petit déjeuner. Et si on l’invite, elle ira vous donner un coup de main.

Elle s’appelle Louise Malaison, et elle habite Jonquière, au Saguenay. En ce samedi, elle avait envie de se faire entendre, envie de se faire lire,  sans plus.

Voici le magnifique texte qu’elle me permet de reproduire ici:

Un texte de Louise Malaison, Jonquière, samedi 23 avril 2011.

M. Duceppe, mon choix c’est pouvoir

Je suis québécoise. Je suis Saguenéenne, je suis de ma ville, de mon quartier, de ma famille, ce sont mes amours. Le Québec j’y ai droit aussi, j’y suis légitime. J’y suis quelqu’un. J’ai mon identité.

Mon aventure est patriotique, mon voyage est culturel, mon parcours est hors des sentiers battus et je ne voyage pas seule. D’une belle majorité silencieuse, je navigue entre deux océans.

Depuis que le Bloc prend la place, depuis que le débat est faussé, depuis que je suis enclavée dans le piège du Bloc, depuis 20 ans, dans mon propre pays que j’aime, je voudrais me voir ailleurs.

Je souscris à un gouvernement qui puisse compter sur la force du nombre. Je souhaite un gouvernement qui ait un élan de quatre ans. Je soutiens un gouvernement qui agit pour le bien commun de tous. Oui, pour le pouvoir des régions et de toutes les régions. Non seulement la mienne.

Je voudrais un pays entier. Deux mers, des iles, des plaines et des montagnes. Du coude à coude et des vrais échanges. Une vraie fréquentation de couple entre deux cultures. Une ouverture sur le monde, une volonté de faire ensemble, une avancée économique, un épanouissement canadien. Un grand pays de mosaïque.

Je voudrais voyager chez moi, parler à mes compatriotes, être fière d’eux, savoir que je suis la bienvenue partout. Le Bloc brise mon rêve, isole ma région, freine mon patriotisme.

Profondément je suis vexée. Pas en colère mais vexée. J’ai parfois l’impression que ma parole reste silencieuse, que mes mots ne portent pas, que le Bloc étouffe ma voix. Qu’il déforme les choses, insidieusement, malencontreusement. Que ma province attend sur le quai de la gare. Que ma radio, ma télé, mon journal ne prend pas la photo du voyage. Mon pays est libre, mon pays est prospère, mon pays exporte, mon pays est multiculturel, mon pays est naturel. Je veux faire ce voyage.

Je veux ce Canada… Je veux boire ce vin de la Colombie Britannique, je veux me faire influencer par cette mentalité de l’ouest, je veux fréquenter ces amis qui m’aideront à parler anglais, qui aimeront le Québec plutôt que le craindre, qui comprendront mieux nos différences. Qui adhéreront à notre complexité.

J’ai un idéal. Pouvoir.

Avoir la capacité, le droit, la faculté, la possibilité, la puissance de ma région.

Ma région au pouvoir. Notre région au pouvoir.

Louise Malaison, Jonquière, samedi 23 avril 2011

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20 réflexions sur “M. Duceppe, mon choix c’est pouvoir

  1. C’est étonnant comme ce texte semble planté par un (peut-être même faux) partisan du PCC… J’aimerais bien en connaître plus sur cette dame, car la finale et le fait que ce texte semble trop bien rédigé pour être un élan du coeur me fait douter de sa véracité. Dans le médias sociaux de notre époque moderne, il est facile de prendre un objet brillant pour de l’or…

    • 30 secondes sur internet, troisième lien dans Google:

      Louise Malaison
      Adjointe principale
      Bureau de l’honorable Jean-Pierre Blackburn

      La page…

  2. Le citoyen(ne) du monde n’est habité en fait que par lui-même, il se gonfle et se dit universel sans aucunement le transcender et inévitablement, inexorablement, à travers cette fausse illusion, son ego profond, sensible, recherchera l’humble racine, l’humble branche qui l’aura bercé dans son enfance sous un feuillage dense à l’abri du vent et de la pluie……Joyeuses Pâques…..

  3. superbe texte rien a ajouté vraiment bien

    ont peux voir que la dame n as pas été a l école apres la réforme marois hahahaha

  4. Voilà un excellent texte qui rejoint une très grande majorité de gens. MERCI Madame Malaison.

  5. Le Québec fait parti d’un pays bilingue! Et le Canada, lui, est un pays qui ne veut pas être bilingue…je ne crois qu’il soit de bon ton d’exigé au Canada anglais qu’il s’exprime en français…pourtant nous, Canadien-français, devons parler anglais.

    Je ne crois pas qu’il faille généraliser sur les attitudes plutôt xéno du Canada anglais envers le français, mais plutôt s’interroger sur cette langue ici même au Québec, à Montréal, se faire dire; hi how are you today, de répondre; fine thank you, pourrais-je être servi en français j’aime mieux…sorry i don’t speak any french.
    Un évènement très cordial, poli, pas du tout offensant, quoi qu’il puisse l’être, mais qui révèle tout de même, assez bien je crois, que le problème se situe très loin du Saguenay et des régions, aussi bien que de Québec.

    Le bloc sert s’en doute maintenant de police d’assurance à la cause souverainiste, une bien mauvaise raison d’être selon moi, mais un gouvernement conservateur aiderait-il le fait français au Québec ou contribuerait-il plutôt à son inexorable dégradation?
    Les régions ne sont pas le champ de bataille de cette lutte pour la santé du français au Canada, pour l’instant les régions m’apparaissent plutôt comme des endroits non contaminés par cette furieuse envie, presque désespérée, de faire partie de la gang et, speak white oblige, s’assimiler de bon gré au lieu d’exiger la réciprocité dans les échanges culturels et commerciaux avec nos bons voisins anglophones du Canada.

    D’accord pour évacuer le Bloc mais au profit de quels intérêts…l’Alberta?, l’Ontario?, le Canada ne sera pas viable tant et aussi longtemps que nous Québécois, parlerons cette langue désuète qu’est le français.
    Je pose la question; le français ou le Canada?

    Pour le reste l’humanité est pour tout le monde, il ne faut pas confondre survie politique et culturelle avec l’amour pour son prochain, l’un pouvant très bien s’accommoder sans l’autre! Je crois que Harper a compris ça…
    Pourtant je ne crois pas que le vin de la Colombie Britannique ait une quelconque saveur multiculturelle et ma vie en français a prise son élan avant même que je découvre l’existence d’un océan ou d’une montagne.
    Découverte suffisante pour risquer d’en modifier le cours?…Stephen et Louise me dise de ne pas m’en faire..peut être que je devrais aller enseigner le français en Alberta?

    Merci pour la belle candeur de vos propos madame Louise je vais aller discuter avec mes trois enfants maintenant, au revoir.

    • Alexis,

      Si tu demande « Le français ou le Canada? », je vais répondre « Un bon enseignement de la langue au Québec ». Avant de mettre la faute d’une assimilation sur le dos des Anglais, qu’on regarde comment les francophones du Québec malmènent notre langue maternelle.

      Marc Grégoire

  6. Oui mais:
    Vous nous parlez de votre pays. Le mien c’est le Québec. Qu’est-ce qu’on fait ? On se tire dessus comme au Moyen-Orient ou on essaie de vivre ensemble ?
    Je n’ai rien contre le Canada mais mes valeurs sont très loin de celles de Stephen Harper. Même si j’étais un vrai canadien, je ne voterais pas pour eux car ils n’incarnent plus les valeurs canadiennes: démocratie, paix dans le monde, protection de l’environnement, laïcité.
    Votre texte est plutôt naïf quand on connaît qui nous gouverne.
    Prenez donc une petite pilule de Prozac pour vous soulager de vos angoisses concernant le Bloc. Ca vous permettra de voter pour le PC avec un bon petit buzz. Mais attention au lendemain de veille qui pourrait s’avérer un cauchemar.

    • @M. Paul

      Moi je ne suis pas souverainiste, mais j’aime profondément le Québec. J’aime la beauté de ses paysage, son histoire et la culture qui s’est développé ici.

      Dans votre pays souverain, que feriez-vous d’un fédéraliste qui, advenant un pays de Québec, déciderait malgré tout de rester? Est-ce que les nationalistes purs et durs apposeraient une feuille d’érable rouge sur les fédéralistes?

      Serions-nous obligés de vivre dans des ghettos? Y aurait-il des camps de ré-éducations ou, selon les tendances bolchéviques de M. Duceppe, des goulags?

      Étrangement, je n’ai encore jamais entendu aucun chef souverainiste ou bloquiste dire ce qui arriverait aux fédéraliste souhaitant vivre au Québec. Pouvez-vous éclairez ma chandelle je vous prie? Et, si le pays de Québec avait un siège à l’ONU, est-ce à dire que le pays de Québec aurait une armée?

      Oui, j,aimerais vraiment vous entendre à ce propos. Mais, de grâce, évitez les sophismes ad nauseam que nous servent les chefs Péquiste et Bloquistes!

      • Comme dans tout pays démocratique, c’est la majorité (50%+1) qui décide. Ceci n’est pas un sophisme. Le sophisme c’est la « loi sur la clarté » de Stéphane Dion.
        Que dire de plus ? Si j’étais fédéraliste dans le pays du Québec, et bien il serait libre à moi de déménager mes pénates dans le pays que je veux. Et le Canada serait sans doute heureux de m’accueillir (du moins j’espère mais en tant que francophone, je risque d’être stigmatisé assez vite). Je choisirais donc un pays francophone qui respectera ma langue, ce que le Canada ne fait pas pour les hors-Québec.

        • J’aime profondément le Québec et j’aimerais y résider.

          Vous faites un sophisme comme le reste des indépendantistes purs et durs en me suggérant d’aller vivre ailleurs. Pourtant, mes ancêtres sont ici depuis l,arrivé de Jean-François Robert dès le tout début de la Nouvelle-France… J’ai même une arrière-arrière-grand-mère Huronne. Comme quoi, je suis un québécois de souche!

        • L’argument de Paul Larose n’a rien d’un sophisme, ça n’a rien à voir! Pour comprendre ce qu’est un sophisme, voir ici:

          http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme

          Monsieur Larose ne traite pas, non plus, de « québecois de souche ». C’est vous, Patrice, qui introduisez cet argument. On peut très bien être en désaccord avec l’orientation politique d’une pays, l’aimer, et continuer d’y vivre. Et même, au Québec, on peut travailler à changer cette orientation. C’est parce que nous vivons dans un pays civilisé et que nos relations y sont civiles.

          Mes voisins sont d’origine mahgrébine, allemande, jamaïcaine et, bien sûr, québecoise « de souche » comme vous dites, et pour moi, ils sont aussi québecois et canadiens que moi.

  7. Le pouvoir? Mais lorsque deux pieds différents se disputent la même bottine, ça ne marche pas bien du tout avec 50% de pouvoir et de dépendances, on n’appelle cela un gros handicap. Vive les québécois, inuits, han, tlingit, etc., libérés de la tutelle colonisatrice. Avoir des besoins de fuite ou de se cacher la réelle face du problème comme la madame de Jonquière, ce ne sont pas des convictions, c’est de la naïveté ou lâcheté. Madame de Jonquière, ça vous prend du courage en bloc pour résoudre vos et nos problèmes d’organisation et de cultures. Un seul pied par bottine, ça marche beaucoup mieux…

  8. Paul, Réjean et Zitouni, je vous conseil, à vous surtout fiers Québécois, la lecture Le rêve de Champlain, oeuvre biographique de notre père spirituel écrite par le fameux historien Américain David Hackett Fischer.

    Un document colossal sur les véritables motivations et circonstances ayant eues comme effet (entre autre) le fait français en Amérique.
    Y’a même un ‘tit boutte qui parle du Saguenay Madame Louise!

    • @Alexis

      Ça semble intéressant. Voici un lien où on en parle:

      http://lelecteur.ca/?p=4708

      Le texte de Louise est très beau et il a suscité de bons textes en réplique, des textes intelligents, argumentés. Bravo à tous.

  9. À Patrice…
    J’ai un fondement souverainiste, friable, pourquoi? Peut être parce que dans le fond j’ai un peu peur moi aussi de ce que serait un Québec indépendant!
    Est-ce même possible d’être un pays indépendant?! Et les provinces des maritimes ont leurs dit quoi; chacun sa marde!?…
    Il me semble à moi aussi, souverainiste, que ça pas de bon sens, aucune commune mesure, ça sonne presque méchant et cruel comme projet!
    Pourtant, j’ai un fondement souverainiste, pourquoi? Peut être parce que dans le fond j’ai un peu peur de ce que serait un Québec sans les pleins pouvoir sur son développement culturel et social…
    Nous sommes francophones et il faut, je crois, pouvoir se prémunir de toute les mesures possibles pour rester efficace face aux pressions extérieurs (voir culturelles, anglophones).
    C’est un peu comme si je ne nous faisait, ne me faisait, pas confiance pour défendre notre langue avec notre seul volonté!

    Je me désole de donner un ton quelque peu pessimiste à mon texte, mais voilà ce qui me fait souhaiter un pays souverain!
    Malgré tout, comme tout le monde, ou presque, je crois venu le temps pour un autre discours, un discours plus concordant, plus mobilisateur, un projet qui plairait autant aux Canadiens anglo que franco, Québécois ou non…
    Est-ce seulement possible d’imaginer la question souverainiste comme étant une cause pan-canadienne!!
    L’Ontarion, indépendant!
    Le Québec, indépendant!
    Les provinces de l’ouest et des Maritimes, indépendantes!
    Chacun son jeu de billes et un peu d’unité sur les questions qui seraient toujours d’intérêt national (affaires étrangères, défense, environnement, etc)

    Le projet souverainiste, comme nous l’entendons revendiqué par le bloc et le PQ, fait mal à entendre, mais reste, selon moi, justifié pour la sauvegarde du Français à long terme, le Français n’est pas moins beau et important pour le Québec qu’aucun de ses paysages.
    C’est un peu, encore, la peur de l’échec du Français, comme langue prépondérante au Québec, qui me fait adhérer aux ferveurs souverainiste…mais suis-je séparatiste, non!
    Je ne crois pas que quoique ce soit de durable puisse être édifier dans la division, ni dans le dénie d’ailleurs!
    Notre mode de vie est en péril, j’ai la chienne à chaque fois que je visite Montréal, à chaque fois que j’entend un jeune me dire qu’il préférerait vivre en anglais tout le temps parce que ça flash plus!

    Il faut laisser les questions qui divisent et doter chaque provinces Canadiennes des moyens que les-dites provinces jugerons nécessaire à la promotion de leurs cultures, sans en faire une question national…déjà je crois que le moment serait venu pour qu’un leader politique se propose à la réouverture de la constitution Canadienne à laquelle le Québec ne fais même pas encore partie!!!!
    Ça suffit de faire comme si de rien n’était TABA….!
    Le premier qui me propose un projet comme celui-là a mon vote!
    Pour l’instant je reste insatisfait et…peureux, comme un bon ‘tit white trash!

  10. @charcoal42

    Mon erreur concernant le sophisme. Mais pourquoi obligé un fédéraliste à s’établir ailleurs advenant un pays de Québec? N’aurais-je pas le droit d’y demeurer même si je n,ai pas voter pour un pays de Québec. Et pourquoi les souverainistes tiennent toujours le même discours: dire aux fédéralistes d’aller vivre ailleurs?

    Je suis né au Québec et j’aime le Québec. Pourquoi irais-je vivre ailleurs?

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