Hi, I’m a groupie

Daniel Paquet

(Contact via Twitter, Courriel),

« Hi, I’m a groupie ». C’est ainsi qu’un beau brin de fille s’était présenté à notre porte quand je faisais de la musique avec un groupe de New York.

Nous nous sommes poliments désistés, et lui avons fermé la porte au nez. Jamais plus entendu parler. C’est bien d’avoir des fans, mais pas simplement parce qu’on a l’expression «Rock Musician» écrit dans le dos. On veut être reconnus pour ce qu’on fait, que notre musique soit jugée sur sa qualité. On s’attend à ce que le public fasse preuve de sens critique. Et tant pis si on passe à côté de quelques heures de bon temps avec la dame.
(That’s a true story, Kate)

Je repensais à cette histoire, ce matin, en écoutant et en lisant le concert d’éloges et de compliments à l’endroit des messieurs Labeaume et Péladeau. Éloges pleinement méritées, à n’en pas douter.

Mais je me demandais : Où est passé notre sens critique?

Je fais mon gros possible, je cherche, mais je ne trouve pas.

Si vous entendez un animateur, un observateur ou un chroniqueur, ce matin, qui a encore un petit brin de ce sens critique, pourriez-vous me le faire savoir?
Si vous lisez une  interrogation, une toute petite remise en question concernant le gros lot qu’on vient de gagner collectivement, pourriez-vous me les montrer?

On dirait qu’on a tous foutu le gros bon sens dehors pour laisser la chaise libre à MM Labeaume et PKP.

Et pour agrémenter le tout («tous ensemble pour les haïr» disent les meneuses de claque), en filigrane, on a l’impression d’assister à des téléthons pour acheter du goudron et des plumes en vue du lynchage public des élus qui émettent des réserves. Mais ça, c’est une autre histoire.

Pas une critique, pas une question. Y en n’aura pas de dépassements de coûts. Y en aura pas de projets déficitaires.

Cibole, le maire Labeaume a révélé en pleine radio ce matin que Gary Bettman l’a appelé (pas le contraire, l’appel venait de Bettman) pour lui rappeler qu’aucune promesse n’avait été faite à la Ville de Québec.
Ça sonne pas une cloche, ça?

Les gens qui se sont manifestés dans le cadre de cette grande marche écarlate pour que les gouvernements cessent de prendre notre petit change dans nos poches? Ils sont où?
Et les animateurs critiques, toutes stations confondues, ils critiquent quoi, ce matin, à part le silence du fédéral?

Nos savants analystes? Nos éditorialistes, qui sont tellement éclairés qu’ils nous indiquent quoi penser. Où sont-ils tous, ce matin? C’est à croire que les points d’interrogation ont soudainement disparus de leurs claviers!

Taboire, quand c’est trop beau pour être vrai, ça ce peux-tu que ce soit trop beau pour être vrai?

N’y aurait-il pas une ou deux questions à poser, ne serait-ce qu’au nom du «droit sacré du public à l’information», comme on nous le répète si souvent?

Où apparaissent les possibilités de dépassement de coûts, dans le plan présenté?

Qui va payer 150.00 $ pour aller voir Madona en janvier quand elle aura été annoncée gratos au prochain festival d’été?

Pour un contrat comme vient de le signer la ville, est-on allé en appel d’offres?

On parle d’engagements de 25 ans. L’inflation, dans tout ça?

Et la syndicalisation mur à mur pour tout ce qui touche le municipal, hein?
C’est pas parce que monsieur Péladeau vient de gagner une bataille qu’il pourra leur fermer la porte. Au Québec, il y a des lois qui appuient les centrales syndicales qui veulent s’imposer.
Ça va coûter combien de plus? Et s’ils font la grève, on retourne Céline sur les Plaines? En plein mois de mars?

Juste pour la forme, quelques questions, est-ce trop demandé?

Le Bon Dieu sans confession, avec ça?

PS.: Bonne nouvelle – On m’informe que sur RadioPirate, ce matin, on a posé de bonnes questions. Si vous trouvez l’audio, je vais le publier ici.

 

« Hi, I’m a groupie ». C’est ainsi qu’un beau brin de fille s’était présenté à notre porte quand je faisais de la musique avec un groupe de New York.

 

On l’a laissée jouer avec le lecteur de cassettes 8-pistes (on est en 1973, après-tout) et on l’a foutue à la porte sans autre forme de procès. C’est bien d’avoir des fans, mais pas simplement parce qu’on a l’expression «Rock Musician» écrit dans le dos. On veut être reconnus pour ce qu’on fait, que notre musique soit jugée sur sa qualité. On s’attend à ce que le public fasse preuve de sens critique. Et tant pis si on passe à côté de quelques heures de bon temps avec la dame.

(That’s a true story, Kate)

 

Je repensais à cette histoire, ce matin, en écoutant et en lisant le concert d’éloges et de compliments à l’endroit des messieurs Labeaume et Péladeau. Éloges pleinement méritées, à n’en pas douter.

 

Mais je me demandais : Où est passé notre sens critique?

 

Je fais mon gros possible, je cherche, mais je ne trouve pas.

 

Si vous entendez un animateur, un observateur ou un chroniqueur, ce matin, qui a encore un petit brin de ce sens critique, pourriez-vous me le faire savoir?

Si vous lisez une  interrogation, une toute petite remise en question concernant le gros lot qu’on vient de gagner collectivement, pourriez-vous me les montrer?

 

On dirait qu’on a tous foutu le gros bon sens dehors pour laisser la chaise libre à MM Labeaume et PKP.

 

Et pour agrémenter le tout («tous ensemble pour les haïr» disent les meneuses de claque), en filigrane, on a l’impression d’assister à des téléthons pour acheter du goudron et des plumes en vue du lynchage public des élus qui émettent des réserves.

 

Pas une critique, pas une question. Y en n’aura pas de dépassements de coûts. Y en aura pas de projets déficitaires.

 

Cibole, le maire Labeaume a révélé en pleine radio ce matin que Gary Bettman l’a appelé (pas le contraire, l’appel venait de Bettman) pour lui rappeler qu’aucune promesse n’avait été faite à la Ville de Québec.

Ça sonne pas une cloche, ça?

 

Les gens qui se sont manifestés dans le cadre de cette grande marche écarlate pour que les gouvernements cessent de prendre notre petit change dans nos poches? Ils sont où?

Et les animateurs critiques, toutes stations confondues, ils critiquent quoi, ce matin, à part le silence du fédéral?

 

Nos savants analystes? Nos éditorialistes, qui sont tellement éclairés qu’ils nous indiquent quoi penser. Où sont-ils tous, ce matin? C’est à croire que les points d’interrogation ont soudainement disparus de leurs claviers!

 

Taboire, quand c’est trop beau pour être vrai, ça ce peux-tu que ce soit trop beau pour être vrai?

 

N’y aurait-il pas un ou deux questions à poser, ne serait-ce qu’au nom du «droit sacré du public à l’information», comme on nous le répète si souvent?

 

Où apparaissent les possibilités de dépassement de coûts, dans le plan présenté?

 

Qui va payer 150.00 $ pour aller voir Madona en janvier quand elle aura été annoncée gratos au prochain festival d’été?

 

Pour un contrat comme vient de le signer la ville, est-on allé en appel d’offres?

 

On parle d’engagements de 25 ans. L’inflation, dans tout ça?

 

Et la syndicalisation mur à mur pour tout ce qui touche le municipal, hein?

C’est pas parce que monsieur Péladeau vient de gagner une bataille qu’il pourra leur fermer la porte. Au Québec, il y a des lois qui appuient les centrales syndicales qui veulent s’imposer.

Ça va coûter combien de plus? Et s’ils font la grève, on retourne Céline sur les Plaines? En plein mois de mars?

 

Juste pour la forme, quelques questions, est-ce trop demandé?

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15 réflexions sur “Hi, I’m a groupie

  1. Il n’y a pas que des naïfs. Le sens critique existe au Québec. Pierre-Yves McSween, chargé de cours des HEC qui a de l’expérience dans ce genre de dossier a clairement mis en lumière ce marché de dupes pour Québec, ville et province, hier soir au 24/60 de Radio-Canada.

    http://www.radio-canada.ca/emissions/24_heures_en_60_minutes/2010-2011/Entrevue.asp?idDoc=137853&autoPlay=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/RDI2/24HeuresEn60Minutes201103011902_3.asx

    Et puis sur un ton moqueur, il y a cette vidéo de Black Taboo « pourquoi sans privé »?

  2. le pire est que nous apprenons que les frustrés de la région de Québec ne voteront pas pour les Conservateurs a cause de leur Colisée qui rime très bien avec COLONISÉ ils voteront pour qui? le parti libéral inventeur des commandites et diriger pâr Michael Ignatieff, le Stéphane Dion Anglophone ou pour Jack Layton, le jovialiste en chef des gauchiste et des enverdeurs ou pour le Bloc qui collecte leur chèque de paie et n’auront jamais de pouvoir et qui sont de toute évidence contre le durcissement des peines de prison, Gilles  »Duceptre »Duceppe préfêre remettre le plus tôt possible en liberté les criminels et les pédophiles hors des prisons afin qu’ils aient tout le loisir de s’occuper de vos enfants.
    P.S. les Conservateurs ont dit non également pour le stade des Rough Riders
    on ne vote pas par frustration mais par conviction si le non financement du Colisée par les conservateurs vous trouble au point de voter contre les conservateurs et bien vous ne valez pas grand chose intellectuellement, allez les caves on s’émotionne tous ensemble dans le bureau de vote et on vote contre les conservateurs youppi!

    • Tu pourrais te garder une petite gène. Je suis de Québec et je vais continuer à voter conservateur. Je trouve, et je ne suis pas le seul, que c’est le seul gouvernement qui s’est tenu debout devant les mongols bleus.

  3. « Qui va payer 150.00 $ pour aller voir Madona en janvier quand elle aura été annoncée gratos au prochain festival d’été? »

    Je comprends l’idée mais le festival d’été de Québec fait payer environ 75$ pour la passe hebdomadaire pour les shows (un coût subventionné j’avoue mais qui porte à la hausse par choix des amateurs) et je doute que Madonna aille au festival d’été de Québec. De toute façon, c’est assez has been Madonna. C’était hot en 1987 mais en 2011, elle en a reperdu au fil des années.

    Loin de moi l’idée de défendre le financement public du colisée mais pour avoir vécu les deux, ce n’est pas la même chose un show en plein air d’un show en salle. L’artiste n’est pas con et sait que vous avez payé beaucoup plus pour venir en salle et en mettra davantage que dans sa prestation estivale sur une scène extérieure. Sur les scènes extérieures, nous avons droit à des prestations souvent écourtées et destinées justement à amener le client en salle tel un teaser pour un plus gros show parfois plus intimiste également sachant que dans les shows en plein air, toute sorte de monde se pointe alors que si tu as payé une centaine de dollars, tu es assez fan de l’artiste pour cela et c’est des gens comme cela que tu rencontreras au spectacle.

  4. Il y a au moins des questions qui se posent:

    Telle cette intéressante découverte de Martin Paquet (CHOI) qui a parlé avec des gens du cabinet du maire. On lui confirme que ce qu’on a présenté mardi n’est qu’une entente de principe. Ce n’est pas un contrat coulé dans le béton et signé, Cette simple principe tient sur quelques pages, et il reste beaucoup de choses à éclaircir avec les avocats des deux groupes, selon lui.

    Dans le même exposé radiophonique, Paquet révèle qu’une fois que la Ville aura perçu son loyer, la majorité des profits, du hot-dog à la location d’espaces de bureaux, en passant par les concessions des restaurateurs, iront à Quebecor. Une grande partie des profits des stationnements leur iront aussi.

    Selon le maire Labeaume aujourd’hui à la SRC, les seuls profits de la Ville seront la taxe de 10% par billet jusqu’à un maximum de 4.00$, et il s’en dit très satisfait.

    Belle job de Martin Paquet (CHOI)

    • Dans le dossier du Colonisée,oups! excuser, le Colisée de Québec c’est comme d’habitude, en sociale démocratie tout les risque sont public et tout les profits sont privé c’est comme ca dans le Québec soviêtisé.

      • Quand les gros clubs de football ou de baseball américains demandent aux
        différents paliers de gouvernements américains d’investir dans la construc-
        tion de stade, quand ils demandent des congés de taxes, quand ils annoncent leur d
        départ si ca ne se passe pas, est ce que ca veut dire que les États-Unis sont une soc
        sociale-dmémocratie ou soviétisé?Je ne dis pas que vous n’avez pas raison de dénoncer ce marché de dupes mais quand je repense aux Loria disons je ne pense pas qu’ils étaient de méchants collectivistes.Avec tout votre respect monsieur Martin et sans vouloir déclancher une polémique je pense que vous avez une mauvaise compréhension du mot sovietisé, mais je
        vous ai peut-être mal compris, c’est bien possible

        • @ Robert Laplante:

          Je trouve que vous amenez un angle intéressant…

          Voici comment je vois ça (résumé grossièrement):

          « Corporatisme-nationalisme » = collusion ou « fusion » des grandes entreprises + état = fascisme = (en grande partie), système de B. Mussolini ou celui d’Hitler ou celui de Francisco Franco (Espagne) ou celui de Salazar (Italie), pour favoriser des entreprises ou de « puissants intérêts ».

          C’est une sorte de collectivisme…

          Il y a un collectivisme de gauche et un collectivisme de droite ET parfois, un mélange des 2…

          Le Qc + l’Amérique au grand complet = de plus en plus collectivistes de droite ET de gauche = le pire des 2 mondes !!!

          La plupart de nos politiciens pensent en collectivistes (de gauche Ou de droite).

          ***

          « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

          – Frédéric Bastiat, 1848

  5. croisons nos doigt pour que le projet sois une reussite sinon ca va encore nous couter cher et encore plus pour les residents de quebec alors priont pour ne pas avoir de depassement de cout je sais je reve en couleur dringgggggg en a oui nous sommes au quebec

  6. Dans dix ans, quand ça va aller vraiment mal, vous allez pouvoir vous consoler, vous l’aurez votre colisé. En tk, me semble que c’est une évidence que le divertissement et la culture c’est la première dépense facile à couper « quand té cassé comme un clou » pour le particulier et le gouvernement.

  7. @ Daniel Paquet:

    Malgré toutes mes/vos critiques/questions (et nos appréhensions concernant les éventuels dépassements de coûts… pour ne nommer que ça), j’avoue que je suis quand même assez agréablement surpris par l’entente de principe entre M. Péladeau et M. Labeaume.

    ***

    Là, il faut absolument que le gvt provincial donne aux municipalités des « outils » pour pouvoir avoir plus de poids vis-à-vis des syndicats municipaux…

    M. Péladeau et M. Labeaume (et bcp, bcp d’autres personnes), devraient s’allier pour inciter le provincial à faire les réformes nécessaires dans ce domaine…

    Ou M. Charest pourrait faire une consultation populaire concernant les pouvoirs des syndicats -et autres corporatismes?(où on retrouverait plusieurs questions touchant ces corporatismes). Avec des réponses favorables, il va -enfin- avoir la légitimité démocratique (et le courage?), de faire sa fameuse « réingénierie »…

  8. Bon commentaire M.Paquet

    Bien sûr peu importe, peut-être que Mme Kate aurait mérité quelque part avec tact à se faire aiguiser les patins pour quelconques arabesques……qui sait…..Bon……
    Nous vivons actuellement à l’ère du  »glammer », de la sacro-sainte image, de la parure, du contenant plus souvent que le contenu…..On verra bien si tout cela nous mènera à une certaine  »superficialité » des choses ou encore à un besoin plus proche de l’essentiel……comme la pierre philosophale ??? Oups!……

  9. @Sébas

    Bien d’accord avec vous sur le corporatisme de gauche et de droite et le Québec est aussi a mon avis tres corporatiste et trop souvent on oublie cet élément d’analyse, merci de nous le rappeller.

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