De l’arrogance au nom du peuple

Pedro Rodriguez

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),
Je ne vous apprends rien en vous disant que nous vivons des temps invraisemblables au Québec. L’actualité nous renvoie une bouffée de cynisme à chaque semaine gracieuseté d’un gouvernement fragilisé par un mécontentement généralisé et qui, en plus, utilise couramment et sans aucune gêne un double discours : pendant que l’on s’endette encore et encore, vous, payeurs de taxes, payez jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Il est surprenant de constater que, malgré l’assombrissement du contexte économique du Québec, il existe encore des voix qui appuient sans questionnements cette façon de faire de l’État. Il est aussi effrayant de voir comment certains de nos élus adoptent un ton clairement arrogant lorsque l’on remet en question leurs pratiques douteuses en ce qui concerne l’utilisation de fonds publics.

Soyons clairs, il ne s’agit pas ici de faire un procès criminel pour des bouteilles de vins à 200$ ou des quelques soupers superflus payés avec de l’argent public. Il est plutôt question de dépenses pharaoniques comme celle annoncée il y a quelques jours par le charmant duo Charest-Labeaume concernant le projet d’amphithéâtre à Québec.

Lors de l’annonce concernant le nouveau Colisée de Québec, nous avons eu droit à une scène atroce pour n’importe quel contribuable qui tient aux milliers de dollars qu’il doit débourser en taxes et en impôts chaque année. D’une part, le marasme d’un premier ministre qui s’accroche au pouvoir en insultant l’intelligence de ses électeurs et, d’autre part, un maire égocentrique qui cherche désespérément quelque chose qui peut ressembler à une réalisation pour pouvoir garnir son bilan parsemé d’erreurs très dispendieuses.

Une scène qui avait comme toile de fond un pari dantesque de 400 millions de dollars fait au nom de « ce que le peuple veut ». Bref, un nouveau chapitre mettant en vedette l’infatigable mamelle étatique qui, cette fois-ci, vient à la rescousse de deux élus pour qui le baromètre de la dignité n’a plus aucune signification dans leur plan de vol.

Pour compléter le tableau, le ton du discours : de l’arrogance à volonté provenant principalement du petit Napoléon de Québec, tout puissant seigneur de la Grande-Allée. Comme si le fait d’oser poser des questions concernant cette démarche risquée était une stupidité crasse impardonnable.

Voyons monsieur le journaliste, nous avons le droit de flamber votre argent, s’il vous plaît, taisez-vous et payez, next!

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30 réflexions sur “De l’arrogance au nom du peuple

  1. Pingback: Tweets that mention De l’arrogance au nom du peuple « Les analystes -- Topsy.com

  2. J’aurais aimé écrire de quoi sur votre article mais malheureusement, vous avez tout fait dérapé avec la phrase suivante:

    « […]du petit Napoléon de Québec, tout puissant seigneur de la Grande-Allée[…] »
    (*** En passant,vous n’êtes pas obligé d’insérer le mot petit avant « Napoléon » car tout le monde le sait qu’il est petit. À moins que vous ne vouliez mettre de l’emphase sur l’insulte?)

    Quel est le commentaire que vous entendez le plus souvent venant des tenant de la droite versus ceux de la gauche?

    Ne serait-ce pas quelque chose du genre: « Pas moyen de faire un commentaire sans se faire insulter… » ou bien: « Bon parce que nous pensons pas comme eux, on nous « démonise »… »

    À tous les jours sur plusieurs blogues de droite, des individus dénonce ces comportements malsains et que faites vous, vous insultez le Maire de Québec tout en le « démonisant ».

    Je veux être bien clair, tout le monde à droit à son opinion mais est-ce que l’on peut garder cela dans la dignité, le respect et avec civisme? Est-ce trop demandé?

    Sans quoi, nous ne sommes pas mieux que les gauchistes qui nous démonisent et tentent de nous faire taire.

    Merci et bonne soirée,

    • Pour ce qui est des insultes…

      Ma propre opinion sur la chose est que nous avons autant le droit de les insulter (les gauchistes) quand ils commettent des gaffes avec NOTRE argent.

      Il faut simplement s’assurer d’avoir bien argumenté sa position. Des attaques Ad Hominem sans arguments seraient une imitation des gauchistes.

      J’ai lu Rules for Radicals de Saul Alinski à plusieurs reprises durant mon militantisme de Gauche et il est excessivement important pour les gens de la Droite de comprendre ces règles.

      Pour l’éducation de tous, voici les 12 règles d’Alinski…

      RULE 1: « Power is not only what you have, but what the enemy thinks you have. » Power is derived from 2 main
      sources – money and people. « Have-Nots » must build power from flesh and blood. (These are two things of which there is
      a plentiful supply. Government and corporations always have a difficult time appealing to people, and usually do so almost
      exclusively with economic arguments.)

      RULE 2: « Never go outside the expertise of your people. » It results in confusion, fear and retreat. Feeling secure adds to the backbone of anyone. (Organizations under attack wonder why radicals don’t address the « real » issues. This is why. They avoid things with which they have no knowledge.)

      RULE 3: « Whenever possible, go outside the expertise of the enemy. » Look for ways to increase insecurity, anxiety and
      uncertainty. (This happens all the time. Watch how many organizations under attack are blind-sided by seemingly
      irrelevant arguments that they are then forced to address.)

      RULE 4: « Make the enemy live up to its own book of rules. » If the rule is that every letter gets a reply, send 30,000
      letters. You can kill them with this because no one can possibly obey all of their own rules. (This is a serious rule. The
      besieged entity’s very credibility and reputation is at stake, because if activists catch it lying or not living up to its
      commitments, they can continue to chip away at the damage.)

      RULE 5: « Ridicule is man’s most potent weapon. » There is no defense. It’s irrational. It’s infuriating. It also works as a key pressure point to force the enemy into concessions. (Pretty crude, rude and mean, huh? They want to create anger and fear.)

      RULE 6: « A good tactic is one your people enjoy. » They’ll keep doing it without urging and come back to do more.
      They’re doing their thing, and will even suggest better ones. (Radical activists, in this sense, are no different that any other
      human being. We all avoid « un-fun » activities, and but we revel at and enjoy the ones that work and bring results.)

      RULE 7: « A tactic that drags on too long becomes a drag. » Don’t become old news. (Even radical activists get bored. So to keep them excited and involved, organizers are constantly coming up with new tactics.)

      RULE 8: « Keep the pressure on. Never let up. » Keep trying new things to keep the opposition off balance. As the
      opposition masters one approach, hit them from the flank with something new. (Attack, attack, attack from all sides, never
      giving the reeling organization a chance to rest, regroup, recover and re-strategize.)

      RULE 9: « The threat is usually more terrifying than the thing itself. » Imagination and ego can dream up many more
      consequences than any activist. (Perception is reality. Large organizations always prepare a worst-case scenario,
      something that may be furthest from the activists’ minds. The upshot is that the organization will expend enormous time and energy, creating in its own collective mind the direst of conclusions. The possibilities can easily poison the mind and result in demoralization.

      RULE 10: « If you push a negative hard enough, it will push through and become a positive. » Violence from the other
      side can win the public to your side because the public sympathizes with the underdog. (Unions used this tactic. Peaceful
      [albeit loud] demonstrations during the heyday of unions in the early to mid-20th Century incurred management’s wrath,
      often in the form of violence that eventually brought public sympathy to their side.)

      RULE 11: « The price of a successful attack is a constructive alternative. » Never let the enemy score points because
      you’re caught without a solution to the problem. (Old saw: If you’re not part of the solution, you’re part of the problem.
      Activist organizations have an agenda, and their strategy is to hold a place at the table, to be given a forum to wield their
      power. So, they have to have a compromise solution.)

      RULE 12: Pick the target, freeze it, personalize it, and polarize it. » Cut off the support network and isolate the target from sympathy. Go after people and not institutions; people hurt faster than institutions. (This is cruel, but very effective. Direct, personalized criticism and ridicule works.)

      • À mon avis, la vraie insulte vient du fait que vous vous adressez à un lectorat francophone – si ce n’est de « renee » qui est ambidextre parce qu’ayant les deux parties du cerveau développées de manière égale – en nous gratifiant d’un long copié/collé en anglais. Faites un effort pour résumer votre pensée; vous n’en serez que plus pertinent :-)

        • La raison pour laquelle je n’ai pas pris 15 minutes pour transcrire en français était que je devais partir pour le travail – mais je ne voulais pas attendre à plus tard pour ce faire. Vous savez probablement ce qui se passe quand on a une idée et qu’on la remet à plus tard…on l’oublie. Je cherchais donc à publier ceci avant que j’oublie de le faire alors que je trouvais très pertinent de communiquer les Règles d’Alinski.

          Je suis au courant des règles pour les commentaires et je sais que ce dernier était très « borderline ». Je remercie M. Sénéchal de l’avoir approuvé quand même (je présume que c’est lui qui l’a fait) pour que vous puissiez me châtier sur ce sujet :P

    • ‘Pamphlet’

      Ça vous dit quelque chose? Ça s’est jamais vu dans l’histoire du Québec et de la France?

      C’est rien de neuf, rien d’anormal, rien de condamnable… un peu de culture ne ferait pas de tord:

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Pamphlet

      Il y a différents styles de commentaires autres que celui de Claude Ryan, bien qu’il ait été mon préféré… mais il manquait souvent de mordant… parfois, c’est nécessaire.

      Mais on est devenu tellement PC!

    • Soit dit en passant, évitez de mettre les mains sur le journal français ‘Le Canard enchaîné’… vous risqueriez d’être traumatisé!

    • Serait-ce plutôt que vous n’aviez rien à dire que vous détournez le sujet sur une bénigne « insulte »? Vous offusquez-vous à chaque fois qu’on caricature le Maire en Napoléon ou est-ce correct quand il s’agit d’un dessin?

  3. SVP…. pas encore le colisée… :(

    Je crois que tout le monde a eu le temps de comprendre les enjeux et les buts après tous ces mois de débat. C’était écrit dans le ciel que ça allait se passer comme cela comme c’est écrit dans le ciel que ça va être le bordel.

    Je suis désolé pour tous les contribuables mais Labeaume et Charest sont majoritaires et on ne peut rien y faire.

    • En effet, c’était écrit dans le ciel que l’arrogance de l’un et l’entêtement de l’autre à ne rien vouloir entendre mènerais au bordel. En tout cas à une décision unilatérale et sans appel.

      Sauf que là ou je suis moins d’accord, c’est qu’une majorité = un chèque en blanc de 4 ans. Il y a toujours moyen de se faire entendre et de faire reculer un gouvernement. Il y beaucoup de gouvernements qui étaient majoritaires, voire uniques, qui ont reculés dernièrement dans le monde.

  4. Pingback: lacapitaleblogue.com | Suggestions du jour 02/15/2011

  5. Plusieurs sympathisants de la gauche et de la droite sont en désaccord avec cet investissement (dépense). Preuve que nous pouvons être d’accord sur quelques enjeux. Je crois cependant que Charest et Labeaume ont calculé leur coup car la majorité des gens de Québec appuient le projet, non ?

    En fait, seul le Parti Conservateur et Québec solidaire sont contre le financement public du Colisée. Gérard Deltell, de son côté, a préféré partiner sur la question en soutenant qu’un investissement public à 87% est acceptable.

    Et il est fort à parier que Stephen Harper trouvera le moyen de mettre un peu d’argent dans le projet. Surveillez bien les conservateurs lors de la prochaine campagne électorale…

    • Vous êtes de mauvaise foi envers M. Deltell. Il a toujours tenu le même discours, et ce depuis le début.

      Il a été clair, précis et « straight to the point ». Il veut du privé, et ce en majorité sur ce projet. encore une fois vous tentez de démoniser un parti de droite par votre manque d’information sur le sujet.

  6. Le bon peuple de Montréal est d’accord avec votre prise de position. On n’a pas à payer pour un aréna qui sera au trois-quart du temps vide si ce n’est la présence de quelques péquenots assis sur une banquette à attendre la venue d’une équipe de hockey professionnelle.

    • Bien que vous ayez le droit d’être contre ce projet, cela sera pertinent de votre part d’être au moins cohérent avec la réalité de vieux Colisée et son taux actuel d’occupation. Un peu de rigueur svp dans vos commentaire sera apprécié. Vous n’avez qu’à lire le rapport d’équipe Québec pour voir que le Colisée est occupé à près de 40% à l’année. Et considérant que plusieurs évènement passe par-dessus Québec à cause de l’État de l’Aréna, ce pourcentage sera appelé à monter avec la venue de ce nouveau Colisée.

      Est-ce que je veux du privé dans ce projet, OUI. Mais tenons-nous en au faits et à la RÉALITÉ et non pas à nos petit « oui dire » et peut-être et j’ai entendu dire par le cousin du voisin du beau-père, etc.

      Merci et bonne journée,

  7. Si au moins Jean Charest avait un peu de respect pour les citoyens du Québec, il aurait peut-être pu mettre ce 200 millions dans la caisse de dépot pour rembourser le 40 milliard perdu… Je suis extrèmement déçu de voir comment le gouvernement dépenses l’argent des Québecois … j’en ai honte même… j’aimerais tellement qu’on manifeste comme en egypte pour faire partir Jean Charest… Il est carrément irresponsable et j’ai honte d’être représenté par ce gouvernement qui gère vraiment mal les fonds publics.

    • Le gouvernement ne dépense pas l’argent des Québécois… le gouvernement DILAPIDE l’argent des Québécois! Pour ce qui est de manifester, oubliez ça… les Québécois sont des lâches! J’ai essayé moi-même de partir une cabale dans ma municipalité mais PERSONNE n’a voulu suivre… et ici j’insiste… par lâcheté! J’ai été hurlé (littéralement) aux bureaux de la ville, mais seul, ça ne m’a pas mené loin. Mais moi, j’ai fait ce que j’avais a faire… il fallait leur dire leur quatre vérités.. et c’est moi qui l’a fait. Le gouvernement nous vole éhontément (voyez le dernier budget… et en plus il ment en disant qu’il fait le plus grand effort!) car il sait pertinemment que les bons Québécois vont se laisser tondre en bêlant… invitant par le fait même, d’autres tontes encore plus profondes… et ca va se faire! Il n’y aura pas de limites… il n’y a plus de limites.

  8. @Marc-André Parizeau, diaboliser M. Deltell ? Pas du tout. Voici ce que rapportait le journaliste Paul Journet du Soleil le 11 février dernier:

    Quelle somme le privé aurait-il dû contribuer ? Un minimum de 50 millions de dollars, répond M. Deltell. C’est seulement avec un tel investissement, qui représente le huitième de la facture prévue, que l’implication du gouvernement provincial aurait été justifiée.

    Si je me rappelle bien les principes fondamentaux des matéhmatiques, 50 millions sur 400 millions, c’est 12,5%. Donc, pour M. Deltell, une participation publique de 87,5% est acceptable. Connaissant un peu les rougaes de l’électoralisme, je dirais que c’est un coup bien calculé pour M. Deltell. Qu’on appelle ça de l’audace me laisse toutefois un peu perplexe.

    Je crois que Mme Marcotte et M. Sénéchal sont contre toute intervention de l’état dans la construction du Colisée. Voilà donc une position qui est en ligne avec leurs convictions. Pour ce qui est de M. Duhaime, il est tout à fait normal que son dernier billet sur la question cherche plutôt à donner de l’importance à la participation de Quebecor sans clairement rejeter la participation des gouvernements:

    Même si Pierre-Karl Péladeau dit être prêt à mettre des dizaines de millions $ dans le Colisée et que le fédéral veut prêter l’oreille, le maire préfère agir pratiquement seul. La présence d’un partenaire privé aurait eu avantage de non seulement réduire la facture refilée aux contribuables mais aussi d’augmenter les chances d’assister au retour des Nordiques. Quebecor aurait eu un incitatif financier majeur à s’assurer de ramener une équipe de hockey professionnel, sans quoi elle courrait le risque de perdre son investissement.

    Finalement, je demeure convaincu que le Parti Conservateur trouvera le moyen d’annoncer de bonnes nouvelles aux citoyens de Québec si des élections sont déclenchées. Si les conservateurs tournent le dos à Québec, ils risquent d’y perdre gros.

  9. Oh, si! On vous comprend! Votre manifeste se nomme Rules for Radicals. De droite ou de gauche, on est parfaitement capable de comprendre que vous désirez radicaliser le mouvement de droite en publicisant ce modus operandi à la con. D’ailleurs, les mouvements antiavortements et le Tae Party américains ont déjà compris ces enseignements depuis longtemps.

    Or, ici, sur ce blog, je ne vois pas de militants du « Black Block » se manifester. Que des gens qui tentent de se convaincre l’un et l’autre de la justesse de leurs points de vue. Des gens avec qui je partage souvent les constats, mais rarement les solutions.

    Qu’est-ce que vous tentez de faire? Qu’est-ce qui nous dit que vous n’êtes pas toujours un gauchiste qui s’est donné pour mission de discréditer la droite en intoxiquant le débat sur ces pages?

    Vous voyez ça d’ici vous, à la prochaine réunion du RLQ, les trottoirs, en face du Bonaventure, bordés de manifestants cagoulés prêts à jouer du bâton de baseball avec en prime, la police entre les deux groupes?

  10. @Andrée Rainville…Bravo…exactement ce que je voulais dire à propos de ces commenteux, mais qui sont ces gens qui envahissent le blogue avec plein de sotises et d’insultes et qui se trouve le plus fin. Vraiment désagréable. D’ou viennent-ils? Des amis de M. Parent?

    Les commentaireunistes sont en ville or « whatever »…. bizarre bunch!

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