La montée de la droite selon Bazzo et Dumont

Ian Sénéchal

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Ygreck.ca

Cette semaine, Marie-France Bazzo et Mario Dumont réagissent au dernier texte de Joseph Facal qui commente l’état de la droite québécoise. J’analyse leurs arguments, mais avant, un extrait du texte de Facal :

C’est la droite libertarienne qui fait le plus parler d’elle ces temps-ci, parce qu’elle s’est dotée de porte-paroles allumés et dynamiques, comme mon collègue Éric Duhaime ou Joanne Marcotte, et de lieux de rassemblement comme le Réseau Liberté Québec. La droite économique modérée, qui s’incarne dans les organisations qui parlent au nom des gens d’affaires, me semble stationnaire. La droite morale, incarnée par un Mgr Ouellet, ne va nulle part. La droite nationaliste voit bien que le PQ et le Bloc restent fermement ancrés à gauche.

Dumont : les Québécois plus à droite qu’ils ne le pensent

Selon Dumont, les québécois sont à priori plus réfractaires à l’étiquette de droite, mais quand on leur parle de moins de réglementations, moins de taxes… ils sont plus ouverts. Je suis d’accord avec lui. C’est d’ailleurs un des buts que nous vous visions en créant le Réseau Liberté-Québec. Mettre des gens à l’avant-scène qui s’affichent très ouvertement à droite et qui en sont fiers. Il y en avait 460 de ces gens à Québec le 23 octobre et il y en aura plus à Montréal le 16 avril. Il faut démystifier cette étiquette trop souvent galvaudée par nos médias par le passé.

Dumont : la montée de la droite, d’abord et avant tout un phénomène médiatique

Il pense cela, car le Québec est gouverné à gauche, l’ADQ a été rejetée et les syndicats sont encore trop puissants. Bien que je partage ses constats, je pense qu’il a tort. D’ailleurs, cette affirmation va à contresens de sa première.

Mario est un ex-politicien. Son analyse ne me surprend donc guère. Il analyse encore comme un politicien, en fonction du pouvoir politique et des médias. Il oublie l’opinion publique qui bouille de plus en plus. J’ai l’impression qu’il a, avec les années, tranquillement perdu son flair de l’opinion publique qui lui a été longtemps reconnu. On sent la population de plus en plus intéressée par le débat gauche-droite. Les gens comprennent de plus en plus les enjeux. Incidemment, les gens prennent donc position dans un camp ou dans l’autre. On ne parle plus que de souveraineté au Québec. Marois s’est essayée cette semaine et on a entendu le Québec ronfler jusqu’au plus profond de la Baie James. De plus, la chute de l’ADQ n’est nullement due à la mauvaise presse des médias, ni d’une baisse de popularité des idées de droite. C’est de la faute à l’ADQ elle-même. Un parti qui s’était éloigné justement de ses idéaux en cours de route. Elle y revient timidement et jusqu’ici, ça semble lui rapporter. Deltell aura d’ailleurs tout intérêt à durcir son discours envers les lobbys de la gauche. Ça pourrait lui rapporter gros.

Bazzo : la droite plus représentée que jamais

Selon elle, la droite n’a jamais été aussi présente. Elle fait d’ailleurs une liste des intervenants qu’on entend de plus en plus : Duhaime, Dumont, Bock-Côté, Facal, Deltell, Bombardier…

Elle a raison de dire que l’exposition médiatique de la droite s’est grandement améliorée. Elle déplore que certains disent que la droite est absente et s’en plaignent. Je lui accorde ce point également.

Par contre, en terme de rapport de forces, elle aura beau faire la plus longue liste exhaustive possible de tous les chroniqueurs de droite qu’elle connait, elle ne trouvera pas suffisamment de chroniqueurs qui rejoignent un auditoire aussi large que la seule émission de Tout le monde en Parle. Signe qu’on a bien des progrès à faire de notre côté, même si on s’améliore. On est encore bien loin de l’équilibre dans le débat. On ne peut nier la main-mise de la gauche sur les médias québécois, bien que je reconnaisse qu’on est en cours de métamorphose depuis le début du lockout au Journal de Montréal.

Bazzo : la droite médiatique modifie l’opinion publique et le futur appartient au centre-droit

Peut-être que Marie-France s’excite rapidement ici, mais j’aimerais que sa vision futuriste se réalise. Peut-être aura-t-elle été une visionnaire en 2011. Peut-être également qu’elle est dans le champ et que le Québec va continuer fredonnant tout bonnement vers les abîmes infinis de la dette publique et la socialisation excessive de sa vie collective. Qui sait?

En attendant, on va continuer notre chemin et on prépare tranquillement un second événement du RLQ. Restez des nôtres, les premières annonces dans moins de 14 jours maintenant.

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30 réflexions sur “La montée de la droite selon Bazzo et Dumont

  1. Je partage vos propos et en particulier,ceux que vous évoquez sur la débandade de l’ADQ au dernière élection, a vouloir plaire a tout le monde on fini par ne plaire a personne surtout en politique.
    Présentement sur la scène politique provinciale, les principaux acteurs nous déçoivent, Jean Charest qui tiens le rôle titre de sbire du parti libéral, Pauline Marois qui dès que nous l’apercevons,nous avons la désagréable impression de la voir en noir et blanc a l’époque du numérique, tant qu’a Gérard Deltel ce dernier tiens un rôle de doublure, en attendant l’arrivé sur scène de Legault.

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  4. « Deltell aura d’ailleurs tout intérêt à durcir son discours envers les lobbys de la gauche. Ça pourrait lui rapporter gros. »

    Je ne crois pas. Je crois que Deltell doit proposer du concret au lieu de lancer des constats. Tout le monde peut lancer des constats. On l’a vu hier sur le plateau de Bazzo TV, il n’a rien proposer de concret pour se différencier des politiques actuelles.

    « Le décrochage scolaire, ça n’a pas de bon sens, il faut que ça arrête ». OK, bien compris. Et vous proposez quoi M. Deltell ?

    Et lorsque vous faites référence aux lobbies de gauche, vous faites référence à quoi ? Aux syndicats ? Je ne crois pas que l’ADQ fera des gains en s’attaquant aux syndicats. Elle doit proposer du concret pour permettre aux gens de choisir entre x et y.

  5. Ce qui est malheureux avec tous ces débats binaires et simplistes, c’est qu’on oublie que c’est 2 sortes de collectiviste qui nous menacent tous. Le collectivisme autoritaire socialiste (presque tout le monde ici sait à quoi je fais référence et est d’accord) et le fascisme autoritaire économique (la droite gestionnaire qui veut rendre « efficace » les « sévices » et qui veut « privatiser des monopoles » (LOL) et qui veut imposer le principe débile d’utilisateur-payeur dans des services payés par tous ou obligatoires). Là, à part Lutopium et quelques autres, presque tous ici ne seront pas d’accords.

    Selon moi, les véritables enjeux sont ailleurs.

    Il faudrait cesser de vouloir IMPOSER à tous des trucs (socialiste ou fasciste) et nous devrions revenir à la base.
    Nos droits sacrés (dans presque tous les domaines) ne sont pas/plus respectés, ni par les « penseurs » de la gauche, ni par la plupart des « penseurs » de la droite actuelle.

    Selon moi, il faut se baser sur l’humain pour élaborer une nouvelle direction à prendre:

    http://libertariens.chez-alice.fr/mythe.htm

    Les questions importantes (selon moi en tout cas):

    Dans quelle sorte de société l’humain est le plus heureux ?
    Dans quelle sorte de société l’humain fonctionne le mieux ?
    Dans quelle sorte de société l’humain est le moins drogué, solitaire, etc ?

    Et si vous êtes honnêtes, vous allez voir qu’en ce moment, presque personne se pose se genre de questions.

  6. p.s.

    Que vous n’aimiez pas ce fait, ne change rien à rien:

    Le poids média suit de TRÈS près la popularité -médiatique- des partis/chefs. Ce n’est pas uniquement la faute à l’ADQ… ou de Mario Dumont.

    https://lesanalystes.wordpress.com/2011/01/27/au-revoir/#comment-6245

    p.s.
    Je suis quand même d’accord avec plusieurs idées de votre texte. Mais pour ne pas faire capoter les « peaux sensibles », je vais m’arrêter ici. ;-)

  7. On s’en sortira jamais… vous n’avez qu’a lire Lutopium ci-haut. Quand on ne voit pas du tout le monstre étatique qui bouffe les revenus des Québécois pour les dilapider sans vergogne et les syndicats d’état qui siphonnent les revenus des employés du secteur privé par l’entremise de leur potes du gouvernement… et l’état qui sabote tout ce qu’il touche comme l’éducation, la santé, la procréation assistée, les routes, alouette! Les pires obstacles sont les politiciens lâches et les citoyens aveugles, bonasses et complaisants qui, après tout, sont très bien avec leur petit pains.

  8. J’aime la droite. Elle rêve d’un monde meilleur où les plus forts survivent. Moins de gouvernements, plus d’intérêt privé. Qui a besoin d’un gouvernement de nos jours? Ne vote-t-on pas mieux en achetant? Et l’écologie, c’est tellement 2009! Ce qui est bon pour les Québécois, c’est de connaître le juste prix de chaque chose : le prix du gaz, le prix de l’éducation, le prix de l’électricité, le prix du riz, le bon prix du développement routier, le prix de leur santé; en fait, de savoir exactement ce que leur vie vaut. Ensuite, s’ils veulent vivre, qu’ils travaillent des heures supplémentaires, comme disais Lucien-Lucide-Bouchard. Toute une gagne de paresseux, de collectiviste, de flanc mou, efféminé, qui ne savent même pas tirer du gun. Moi je dis : « moins d’états ». Donnons le pouvoir à la main invisible du marché, qui est là, disponible comme le Saint-Esprit.

    • Euh….c’est pas sérieux comme commentaire???
      Ça sonne violent…
      Lire ce genre de réflexions me donne un grand coup…je pensais pas que notre société pouvait être aussi agressive et de parler de gun..c’est impressionnant..

      J’imagine qu’il y a d’autre façon de vendre vos idées de droite, sans les imposer de force…

      • Le gauchiste appeuré par la droite, qui suit tous les blogs de droite pour « surveiller l’ennemi », se détecte facilement dès qu’il associe « moins d’état » à « avoir chacun un arsenal de destruction massive dans son sous-sol ».

        Mais leurs anciennes stratégies anti-droite commence à s’épuiser, c’est à dire instaurer la peur de la droite par des préjugés. Les gens voient bien que la droite québécoise n’est ni pro-armes, ni pro-religion, ni anti-aide-aux-nécessiteux, ni anti-gai, … C’est fini instaurer la peur de la droite par ces vieux préjugés, ça ne passe plus.

      • … quand j’ai vu le mot ‘gun’ j’ai failli m’évanouir!!! Je suis un QUÉBÉCOIS!!! Et Rose a part ça!

        Avec bien sur le lien vers le catholicisme… ça fait encore plus ‘droite pernicieuse’.

    • J’aime la gauche. Elle rêve d’un monde meilleur où tous le monde a sa chance, gracieuseté des riches à qui on se doit de piger à l’infini dans leurs grosses poches sans fond. Moins d’intérêt prive et plus d’État. Qui a besoin de compagnies privés et d’entrepreneurship de nos jours? L’état n’est-il pas là pour répartir la richesse de tous les travailleurs de façon uniforme et égalitaire? Et le rendement et l’efficacité, ça fait tellement 2009!

      Ce qui est bon pour le québécois se sont les taxes et les cotisations : taxes de vente, taxes sur l’essence, taxes sur la santé, cotisations syndicales, hausse des cotisations sur la RRQ, sur le programme d’assurance médicament. Comme ça, en prélevant le tout sur le chèque de paye, ça évite de savoir combien tout ça leur coûte. Ensuite, si ils veulent survivre, ils ne penseront pas à travailler des heures supplémentaires (à quoi bon, puisque le taux d’imposition devient prohibitif?) mais se tourneront vers le marché noir pour arriver. Et ceux qui malgré tout, opte pour la première solution, eh bien on va les tondre ces énergumènes. Toutes des maudits riches qui ne font rien pour la société à part créer des jobs et offrir des services avec un peu trop de zèle!

      Donnons le pouvoir aux syndicats puisque eux défendent réellement l’intérêt de tous les québécois et québécoises et propagent la bonne parole de la sociale-démocratie.

      ;-)

    •  »J’aime la droite. Elle rêve d’un monde meilleur où les plus forts survivent.  »

      Ouais!!! Nous la gauche égalitaire, ce qu’on veut, c’est des Tricofil!!!

  9. Je suis démasqué! Je suis un gauchiste qui s’est introduit chez les bien pensants… L’aventure m’a quand même bien fait rire.

    Tout d’abord, pour vous prouver ma bonne foi, je laisse tomber les clichés sur la droite : elle n’est pas nécessairement religieuse, xénophobe, pro-armes, anti-gai, etc.. Je ne veux pas tomber dans la propagande et la démagogie, d’ailleurs personne ne devrait utiliser ces outils peu gracieux. Il est certain que lorsque nous regardons vers le sud, chez les Américains, leur droite semble être tout ça. Ceci étant dit, la droite québécoise n’est pas la droite américaine. Peut-être même, laissons-lui le bénéfice du doute, qu’elle ne s’en inspire même pas!

    Je fais même un pas de plus, et j’ajoute que je suis d’accord avec l’exaspération totale que plusieurs d’entre nous éprouvent face aux différents syndicats. Les syndicats, malgré une rhétorique parfois gauchisante, sont devenus des corporations qui ne s’intéressent à rien d’autre que le bien de leurs membres. Cette situation est désastreuse pour une société qui doit partager une couverture déjà petite : alors que ses citoyens sont divisés en domaines et professions, chacun tente de tirer la couverte sur lui pour s’y réchauffer et s’y enrouler.

    Ce que la droite défend, au Québec, c’est donc : l’efficacité, la richesse, la création d’emplois, l’entrepreneuriat, un état plus petit, une déréglementation, des baisses d’impôts, le principe d’utilisateur-payeur. N’est-ce pas? Parce que je peux me tromper. Il semble que ce soit tout cela. Des mesures concrètes peuvent être mises en branles afin d’atteindre ces objectifs : augmenter les frais de scolarité, augmenter les frais de santé, augmenter les frais d’électricité, augmenter les frais des garderies, réduire la taille de l’état, privatiser le transport en commun, etc. Et, avec tout cet argent, il sera possible de baisser les impôts! Ça, c’est vraiment génial pour quelqu’un qui ne va plus à l’école, qui a une assurance privée, qui possède une voiture, qui n’a plus de jeunes enfants et qui peut éponger une augmentation de l’électricité. Mais qui peuvent bien être ces gens?

    Je crois avoir trouvé… et en même temps, je crois que ça expliquerait pourquoi les Québécois sont plus à droite qu’ils ne le pensent… Ce groupe, que je vous laisse deviner, ne pense pas être de droite puisqu’il a fait une « révolution » de gauche dans sa jeunesse idéaliste; ils pensent encore être entichés de la social-démocratie, mais la réalité c’est qu’il ne veut profiter que de « la jouissance paisible de l’indépendance privée »; il est rendu un peu vieux; les enfants ne vont plus vraiment à l’école; il est confortablement assis sur sa retraite (quoique ce ne soit pas si confortable quand la Caisse joue à la roulette russe. Ah! Profit, quand tu nous tiens!); il ne croit plus vraiment à l’indépendance, mais il aime encore se faire croire que oui. Que le gouvernement et la société les laissent en paix, ils ont donné. N’est-ce pas?

    Ce que cela donnera, nous le savons : des riches plus riches, des pauvres plus pauvres, une population moins éduquée, plus endettée. Ça donnera une main-d’œuvre bon marché, une masse manipulable, une démocratie tronquée. La vielle histoire que la droite nous raconte, vous savez, celle où les riches offrent des jobs aux pauvres, qui deviennent riche à leur tour à force d’entrepreneuriat et qui en retour créer plus de jobs; le capitalisme performant quoi! Cette histoire, dis-je, ne se réalise pas. Ce qui se réalise, c’est que la richesse reste coincée en haut. L’exemple américain nous le confirme. Il existe un autre exemple dans le monde actuel qui indique ce qui arrive si l’on sacrifie la jeunesse…

    Personne ne pense au Québec dans cette histoire. Le concept de « citoyen » est périmé. La droite me fait rire quand elle dit penser au Québec. Mais de quel Québec parle-t-on? D’une machine à faire du fric ou d’une culture en marche, d’une mémoire en marche, d’une histoire en marche?

    • @ bascloxe:

      J’aime pas mal votre message.

      Et s’il y a avait une 3e voie…?

      Les grandes inégalités sont en grande partie causées par le monopole étatique sur la monnaie.

      Les périodes de grande augmentation de la masse monétaire, coïncident avec les périodes où les écarts de richesse augmentent de façon vertigineuse. (années 20 et années 70 à aujourd’hui)

      http://elsa.berkeley.edu/~saez/piketty-saezOUP04US.pdf

      • Il semble que ce soit grâce aux mesures de déréglementation amorcées dans les années 80 que les principales fortunes américaines ont pu rattraper le retard qu’elles avaient contracté à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale. Le boom vertigineux des inégalités des dernières années semble être expliqué par une « deuxième révolution industrielle » du à l’électronique et par la progression des « working riches » qui remplacent les rentiers du début du siècle. Le texte semble suggérer que le phénomène se stabilisera de lui-même.

        Pour ce qui est de votre exemple de masse monétaire, je ne vois pas le lien. Ce que je vois surtout, c’est que les mesures prises après la grande dépression (impôts progressifs, programmes sociaux) ont bénéficié à réduire les inégalités et augmenter drastiquement le pouvoir d’achat des Américains « normaux ». Ce que laisse présager le texte, c’est que même si la masse monétaire augmente, elle restera concentrée entre les mains du 1% le plus riche. L’effet pervers, c’est que si la masse monétaire augmente, les prix aussi… alors que le salaire des 99% stagnent.

        Mais où est l’état dans cette analyse? L’état n’a pas le monopole de la monnaie. Tout ce que l’état peut faire, c’est jouer sur les taxes, ce qui d’après le texte ne fait qu’opérer des changements à court terme et non à long terme. Mais quelque chose m’a peut-être échappé…

  10. Facal raconte n’importe quoi quand il dit « La droite morale, incarnée par un Mgr Ouellet, ne va nulle part » et qu’il complète quand on lui demande qui sont ces gens que ce sont ceux qui « veulent réévangéliser le Québec ».

    Or, il y a plein de gens qui sont conservateurs, traditionalistes sur le plan des moeurs, des valeurs familiales sans être plus pratiquants qu’un Jean-Pierre Proulx qui se dit catholique, a imposé le cours ECR et est un étatiste bon teint. Ils forment quoi, ces conservateurs pas particulièrement croyant, encore une autre droite ? Deux droites morales ?

    Facal répand simplement des clichés dans ce cas-ci et trouve une cible facile, « Ouellet ». Pas fameux. Mais que dit-il de ces près de 40 % au Québec qui pensent qu’il y a trop d’avortements au Québec ? Ils sont quoi ? Il y a en fait beaucoup de gens qui ne sont pas d’accord avec les valeurs sociales ou morales des médias, des artistes subventionnés et du MELS.

    http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2010/08/avortement-les-quebecois-vraiment-plus.html

    Enfin, Facal fait l’universitaire qui adore distinguer et peu unir de façon pratique comme un politicien doit le faire.

    Car contrairement à ce qu’il laisse penser sur un ensemble de sujets être pour moins d’État, pour moins de dépenses du gouvernement, pour des positions conservatrices plus centrées sur la famille (plutôt que l’État) c’est la même chose.

    On a affaire à des positions parallèles et l’État actuel qui se veut un vicaire des consciences, dépensier, mêle-tout et qui distille un discours de gauche irrite beaucoup des gens à droite : libertariens, droite économique et droite sociale.

    Moins d’État quand l’État est de gauche (voir ECR, cours d’histoire, sexualité) c’est très bien quand on est conservateur, c’est toujours bien pour un libertaire, ainsi que la droite économique « modérée » qui veut réduire les dépenses d’un État gaspilleur.

    • Je ne comprends pas tous les arguments exposés ici. Je crois que ce que vous essayez de dire, c’est que la droite morale catholique rejoint la droite morale séculaire dans ses principes généraux? Au fond, que le Québec est moralement à droite, qu’il soit catholique ou pas. C’est bien ça?

      Mais alors, pourquoi s’attaquer au cours de ECR? Je veux dire, pour quoi vouloir enseigner absolument le catholicisme aux étudiants si, de toute manière, qu’ils soient athées ou religieux, ils peuvent devenir de véritables défenseurs des valeurs familiales?

      Ensuite, vous parlez des « clichés » que Facal répand, et vous allez en répandre de très bons sur l’opinion des artistes subventionnés et du MELS. Les artistes sont des êtres humains aussi, et leurs opinions ne sont pas à dédaigner. Ce qui paraît injuste c’est qu’ils ont une tribune que les simples mortels n’ont pas.

      Facal fait très bien d’opérer des distinctions, parce que dans le texte ironique que j’ai écrit plus haut, c’est justement le mélange de tout les « ingrédients de droite », dans une même soupe (ou dans le même sachet de thé) qui fait l’idéologie débilitante que nous connaissons. Je crois que les gens sur ce blogue ne veulent pas être associé à toutes les valeurs que la droite-fourre-tout offre. D’ailleurs, c’est la même chose pour les gens de « gauche », qui ne veulent certainement pas être associés à Marx éternellement.

      Si vous êtes contre l’avortement, n’allez pas mélanger vos arguments sur la taille de l’état avec des principes pro-vie! Si vous êtes pour la famille, d’ailleurs, je vous conseille fortement de réviser votre point de vue sur l’État, car ce n’est pas l’entreprise privée qui offrira des aides aux parents. C’est bel et bien l’État qui a les pouvoirs et les moyens de mettre sur pied des programmes sociaux encourageant la famille. Ce n’est pas MOINS d’états, ça, c’est RÉORIENTER l’état.

      Et si vous pensez à des mesures d’allègement fiscal pour les familles,il faut s’assurer que l’allègement fiscal proposé par le parti de droite « X » ne sera pas distribué aux revenues supérieurs, mais bien à la classe moyenne.

  11. Salut bien M.Sénéchal

    Au cours de ma  »courte » vie il m’est arrivé ce cotoyer des gens de gauche, des gens de droite, des gens favorables à la sociale-démocratie……Je dirais que chaque  »effluve » politique si l’on veut, a ses points forts et ses points faibles au point de rêver de penser qu’un gouvernement peut-être idéal serait celui capable de foncer de la main droite, de temporiser de la main gauche et d’essayer d’équilibrer le tout dans un sage et judicieux jugement social , équitable et démocratique…..peut-être dans une autre vie……ou dans un autre monde…..
    Mais de la droite, qui de par le monde je crois s’est beaucoup plus politiquement exprimée dans le dernier siècle, j’ai cru remarquer plus souvent qu’autrement, une tendance non perfectible, une tendance souvent vindicative à se prendre pour le moyeu du système humain au niveau planétaire alors que NOUS sommes nous les humains au même titre que tous les écosystèmes, que des rayons, qu’une composante……

    Je trouve que le RLQ apporte de très bonnes substances comme l’ADQ d’ailleurs il y a quelques années mais je me souviens de ce parti ayant mis le feu aux poudres avec les accommodements raisonnables, ayant parti un feu d’herbes où la grange a failli y passer sans moindrement oser présenter un mémoire à la commission Bouchard-Taylor……

  12. Je crois que Facal est complètement décroché de la réalité – c’est vraiment du n’importe quoi.

    Tant qu’à madame Bazzo, on s’apperçoit vite qu’elle fait parti de ces gens à idéologie gauchiste CONTRARIÉ de devoir présenter des arguments moins gnangnans devant les arguments beaucoup plus réalistes présentés par la droite.

    Toutefois, si elle croit que la présence des Duhaime, Marcotte, Deltell etc. est dérangeante aujourd’hui j’aimerais pouvoir lui dire: « Ce n’est que le commencement ma chère… » ;O)

  13. Bascloxe dit: « Ce que cela donnera, nous le savons: des riches plus riches, des pauvres plus pauvres, une population moins éduquée, plus endettée. »

    Wow! Et dire que cette réalité actuelle, est sous un ‘régime gauchiste’ au Qc. Fascinant quoi!

  14. Je vais dans le même sens que Françoise D.

    D’ailleurs, j’en ai déjà parlé sur mon blog (le 4 novembre dernier) :

    http://esolaris.wordpress.com/2010/11/04/rlq-erreur-a-ne-pas-faire/

    Aux coordonnateurs du RLQ : SVP, tendez la main aux droitistes sociaux québécois. Ne devenez pas un deuxième Québécois Libre, qui, malgré leurs positions économiques parfois intéressantes et leurs intervenants de qualité, s’est auto-clôturé dans son idéologie anti-étatiste à tout prix, et qui a déjà procédé à des purges virtuelles à l’interne.. si vous aviez le malheur de ne pas penser exactement comme ses leaders.

    40% des Québécois veulent rouvrir le débat sur l’avortement ? Sincèrement, c’est plus que je l’imaginais. J’imagine sans grande difficulté qu’on puisse obtenir des taux similaires sur les enjeux comme le mariage gai, l’euthanasie et la prostitution.

    Pourquoi ne pas faire place à deux grands courants à même le RLQ, où souvent, ces courants se rejoignent dans des zones communes (e.g économie) ? Par expérience, les gens s’identifiant comme droitistes sociaux sont habituellement réceptifs aux valeurs économiques libérales. Il y a possibilité de faire une pierre deux coups, ici, messieurs dames.

    Vous avez l’occasion, avec votre équipe et votre nom social pour réunir des conservateurs et des libéraux du Québec. Ne manquez pas cette chance !

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

  15. « C’est de la faute à l’ADQ elle-même. Un parti qui s’était éloigné justement de ses idéaux en cours de route. »
    Le parti s’était-il éloigné de ses idéaux tant que ça? Au point de provoquer la défection massive de l’élection 2008? Jamais de la vie. Outre la job de bras des médias (mensongères accusations d’incompétence attribuées aux élus de l’ADQ), le côté capricieux de trop de sympathisants adéquistes a causé notre perte.
    Curieusement aujourd’hui alors que Deltell flirte avec Legault, entend-t-on des voix à droite qui s’élèvent contre?

    Pourtant se fondre dans le futur parti de Legault, voilà ce qui pour l’ADQ risquerait fort de s’eloigner de ses idéaux!

    • « Pourtant se fondre dans le futur parti de Legault, voilà ce qui pour l’ADQ risquerait fort de s’eloigner de ses idéaux! »

      Entièrement d’accord avec vous.

      • Mais est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un qui la connaît la fameuse position de Legault?

        Si il est aussi à droite que Facal, il y en a une gang qui seront déçus…

  16. Pardonnez mon étonnement. Mais «Bazzo», ne connais vraiment pas. Que fait-il dans la vie ?

    Par contre, l’incontournable du blogue c’est qu’on peut y lire des ninjas de la politique, Isabelle et Lorraine. Quel bonheur !…

    CH

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