Où couper? FSTQ!

Ian Sénéchal

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),


Sur le même sujet, il ne faudrait pas que vous manquiez cet excellent article de David Descôteaux.

Au sein de la compagnie où je travaille, j’ai accès au Fonds de solidarité FTQ (FSTQ). Si je cotise, mon employeur met le même montant que moi jusqu’à concurrence d’un certain montant. En plus, j’obtiens un crédit d’impôt de 30%. Encore plus, je peux déduire ma cotisation de mon salaire, car le la place dans un REER. Wow, quel placement!

À chaque année, on nous rappelle qu’il est temps de cotiser. On discute alors de ça entre collègues. Chaque année, je fais, une fois de plus, bande à part.

Depuis que je suis chez cet employeur, je n’ai jamais cotisé au FSTQ. Je vous entends déjà : « Bon, il va nous achaler, encore une fois avec ses maudits principes de dré-drette antisyndicale. Le gars, y feele pas ben, y refuse de faire de l’argent facile par principes!!! »

Et si je vous disais que si jamais je considérais ce placement comme rentable, j’investirais dans le fonds. Vous me diriez : « Ben, pourquoi tu ne le fais pas? ».

La raison est simple, c’est qu’à 26 ans, je ne considère pas ce placement rentable. Le FSTQ fait, année après année, un rendement catasrtrophique par rapport à ses concurrents, soient les Jarislowski Fraser de ce monde :

Quel est le rapport de mon âge là-dedans? C’est que si je cotise, ils vont geler mon argent jusqu’à mes 65 ans. 39 ans de gel dans mon cas!!!

C’est ce qui nous a amené, moi et un collègue, à nous amuser un peu (que voulez-vous, sous ma carapace de politicien, je demeure un actuaire et ce genre de calculs m’amuse encore).

Nous avons calculé de combien un fonds de placement devrait-il battre le FSTQ année après année pour annuler l’effet « bénéfique » des crédits d’impôts et de la cotisation de mon employeur en supposant que je peux placer un montant équivalent dans un REER sans crédit d’impôt et sans cotisations de mon employeur. Impossible direz-vous, on ne peut pas battre ça. Ça prendrait au moins 10% de plus par an? Non, c’est impossible! Vraiment?

Si nos calculs sont exacts (on n’est quand même pas des fiscalistes) 2.25% est amplement suffisant.

Le FSTQ est considéré comme un fonds équilibré, or à mon âge, en prévision de la retraite, il peut être recommandé d’opter pour un fonds d’actions à 100% ou au pire, 70% actions avec 30% obligations. Aurais-je de la facilité à trouver un meilleur fonds de placement que le FSTQ afin de le battre en moyenne de 2.25% par année? La réponse est oui.

Depuis 10 ans, le Fonds a procuré un rendement de 0,3% à ses actionnaires, comparativement à 4,1% pour un fonds équilibré comparable. – Hélène Baril

Imaginez maintenant le même calcul sans la cotisation supplémentaire de mon employeur. Le crédit d’impôt ne devient donc qu’un argument d’investissement que pour les personnes s’approchant rapidement de la retraite, à condition qu’elle décaisse leurs sommes dès qu’elles le peuvent à partir de 65 ans.

Et tes principes?

Finalement, voici pourquoi, en plus, je n’investirais pas dans ce fonds pour des considérations éthiques :

  1. Le crédit d’impôts octroyés privent les gouvernements de près de 300 millions en revenus.
  2. Je trouve imbécile que les impôts de petits travailleurs qui ne mettent pas un sou dans leur REER faute de moyens servent à financer le REER de gens mieux nantis.
  3. Le FSTQ concurrence des entreprises de placement plus performantes grâce au crédit d’impôt.
  4. La sous-performance chronique du fonds amène une baisse des revenus des futurs retraités.
  5. Il n’est pas prouvé que ce type de fonds contribue au développement économique de la province.
  6. Les gestionnaires du fonds ont parfois quelques comportements douteux.
  7. Notre ministre des Finances est passé par le FSTQ avant de rejoindre le gouvernement. On voit quel genre de personnes l’administrent maintenant!
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13 réflexions sur “Où couper? FSTQ!

  1. J’ai tendance à détester votre mouvement, mais je crois que ce texte est plus qu’intéressant. Vraiment, vous allez devoir trouver un autre mot que « droite » pour vous définir parce qu’en fait, vos positions sont souvent ambiguës entre la droite et la gauche sur l’échiquier politique à deux dimensions.

      • Étatique est un mot qui se prête autant à la droite qu’à la gauche. « Qui relève de l’état » et ce, peu importe la nature de l’état.
        C’est en ce qui a trait au mouvement en général que je qualifiais de « gauche » quelques unes de vos prises de position. Ici, vous présentez une réalité que vos collègues semblent ignorer dans le but qu’eux, travailleurs normaux, puissent s’ouvrir les yeux sur une aberration du système de cotisation qui leur est culturellement quasiment imposé. Est-ce s’intéresser à leur sort ? Leur bien-être COMMUN ? Par eux, j’entends aussi vos lecteurs qui gitent dans une situation semblable. Est-ce de la vraie droite que de démontrer un certain souci pour les autres sans leur imposer sa vision ? Je ne crois pas. Ce n’est pas de la droite et ce n’est pas tout à fait de la gauche. C’est pour cela qu’il devient urgent de trouver un autre patronyme afin de vous définir car les mots importent beaucoup et encore plus lorsqu’il s’agit de qualifier un nouveau mouvement qui utilise le même qualificatif qu’un certain mouvement du 20ième siècle ayant commis des atrocités immondes.
        Bref, vous n’êtes pas totalement la droite et que vous le veuillez ou non, il y a un peu de gauche dans vos idéos. Quel est le mot juste ? Aucune idée.

  2. Dans les années 80-90 le Fonds de Solidarité FTQ avait bonne réputation ( création et relancement d’entreprise…..parfois en difficulté….) en plus d’une performance de placement disons acceptable sans compter bien sûr des économies d’impôt particulièrement avantageuses……Mais depuis quelques années, effectivement, avec toutes les allégations de collusion, favoritisme et piètre performance de l’actionnariat, le Fonds a perdu quelques plumes au niveau de ses actions et ce qui est peut-être un peu plus inquiétant au niveau de sa crédibilité….Un exercice s’impose, aux gestionnaires de ce Fonds de bien cibler lequel….sinon…..

  3. « Je trouve imbécile que les impôts de petits travailleurs qui ne mettent pas un sou dans leur REER faute de moyens servent à financer le REER de gens mieux nantis. »

    Devrait-on qualifier ce genre de programme de programme pour la gau-gauche caviar? En tout cas, ça va faire plaisir à Léo-Paul Lauzon qui ne manque pas une occasion pour planter les REER les qualifiant d’évasion fiscale pour « riches ».

    Be careful what you wish for Léo-Paul, tu pourrais faire de la peine à tes amis syndicaleux de la FTQ.

  4. Effectivement, vos points 1 et 2 rejoignent une des propositions de Québec solidaire (http://tinyurl.com/2g3ece2) visant à augmenter les revenus de l’état ! Et ça ne s’applique pas seulement aux REERs du FSTQ mais à l’ensemble des REERs… En fait, selon des calculs préliminaires effectués lors des élections de 2008, réduire le plafond des investissements dans les REERs à 10,000$ par année (par citoyen) permettrait au gouvernement du Québec de récupérer 300 millions par année. Et ça ne pénaliserait qu’une minorité (ceux qui achètent plus de 10,000$ de REERs par année).

    Je suis donc d’accord avec votre proposition en autant qu’elle s’applique à l’ensemble des REERs et non seulement ceux du FSTQ.

  5. Je ne suis pas d’accord avec ta comparaison Ian. Tu le sais très bien qu’un des buts des Fonds CSN et FTQ est d’investir dans des entreprises québécoises. Même si je ne suis pas d’accord avec le fait que des fonds publics servent à investir et, dans certains cas, à sauver dans des entreprises moribondes qui n’auraient pas survécues autrement, il demeure qu’on ne peut comparer ces deux types de placement sous le seul regard du rendement car ce ne sont pas des fonds comparables.

  6. Vous avez raison de vous tenir loin de cette arnaque. J’ai honte de l’avouer mais j’ai investis dans ce fond et dix ans plutard, quand j’ai eu le droit de reprendre mes billes, mon capital n’avait pas augmenté de 1$ et si on calcule l’inflation et la dévaluation du dollar j’y ai perdu malgré le retour d’impôt supplémentaire. Si je n’avais que ce REER pour financer ma retraite, je serais dans la misère. Les travailleurs qui investissent là-dedans vont le payer cher un jour.

    • Moi aussi, j’ai honte d’avoir financé le fond des syndical-eux.

      sorry!! Mme Marcotte

      J’espère qu’ils vont couper le crédit d’impôt.

      Même si sa cause la perte du fond et que je perds de l’argent, je dirais comme m. Bachand « l’important c’est d’être heureux » si les syndical-eux perdent leur fond, je vais être heureux donc fuck mon cash$$$$ De toute façon cet argent était un mauvais investissement, il est perdu d’avance, d’ici 45 ans, il va avoir coulé de l’eau sous les ponts.

  7. Tes hypothèses de placements me semblent bonne. J’ajouterais que sans la peur du risque et la déduction régime enresistrer d’épargne retraite que rien vaux fiscalement des dividentes et du gain en capital, mais hors REER et ou CELI.

    Le dividente ordinaire d’une société canadienne est majoré à 125% puis déduit d’un crédit d’impôt très intéressant.
    Le gain en capital est imposable seulement à50 % du gain.
    Les intérêts, soit d’une obligation, d’un CPG ou d’un fond distins sont impôsés à 100 % au taux .marginale.

    Claude chiasson du Devoir disait dernièrement que les actions avec leur dividentes donnait un rendement minimal de 4 % et que seul les obligations émises par les banque centrales d’un pays voulait la peine.

    Donc consulte un représentant en valeur mobilière et monte toi un portefeuille divertifié de 35 titres pour maximizer l’effet de divertification et réduit le risque.`La règle de 100 moins ton âge peut être appliqués pour savoir la quantité d’obligation qu’il doit contenir. Tu n’aura pas différé l’impôt comme te permeterait ton reer, mais tu garderais ton autonomie en gagnant de la propriété.

  8. Je me sens un peu obligé de commenter.

    Je suis un professionnel de la finance, libéral classique, et je dois avouer que j’ai déjà travaillé pour le Fonds il n’y a pas si longtemps de ça. C’était surtout par curiosité je l’avoue. Mais tout de même, je n’ai fais qu’un mois, après ça on m’a mis dehors avant même que j’ouvre mon ordinateur un mardi matin, ça m’a surpris un peu lol. Oui, principalement parce que je ne suis pas très bon pour me pointer à l’heure (ça ne marche pas très bien avec les centres d’appels faut croire) mais aussi parce que apparament, je « dénigrais » le fonds, en disant que mis à part les économies d’impôts, ce dernier n’offrait pas beaucoup d’avantages aux investisseurs.

    Même si cela m’a couté mon emploi à l’époque, je reste toujours derrière ce que j’avançais (et à titre indicatif, les employés du fonds gagnent facilement 25 à 40% de plus qu’un poste similaire sur le marché, donc ça m’a couté cher en terme de coût d’opportunité).

    Ce que je déplore principalement du Fonds, et c’est probablement la même chose pour celui de la CSN, c’est que ses distributeurs, des représentant syndicaux principalement, ne sont pas formés en finance et n’ont pas de permis comme les représentant en épargne collective (réglementé par l’AMF et la CSF). Bref, c’est des gars de shop, qui te font cotiser au fonds en même temps que tu signe ta carte de membre.

    Le problème avec ça c’est que ce sont des gens qui n’ont aucune idée de ce qu’on appelle la « convenance » d’un placement. C’est un principe éthique qui dit grosso modo que tu ne refiles pas comme ça un placement en petite capitalisation gelé pour 30 ans à un kid de 26 ans, parce que fort probablement qu’il va avoir besoin de ses billes d’ici là. Le nombre d’appels de gens dans la schnout qui n’avaient que leurs investissements aux fonds comme ressources mais qui ne pouvaient pas les retirer avant de produire la tonne de paperasse et attendre les X nombres de mois réglementaires et qui se sont fait avoir…. dégoutant.

    C’est surtout ça que je n’ai pas aimé. Ça et le fait que bien sûr, avant de prêter de l’argent aux entreprises, ils vont s’assurer de pouvoir faire rentrer le syndicat. Oh pardon, ce n’est pas comme ça qu’on dit ça, on dit « S’assurer que l’entreprise a des pratiques socialement responsables ». C’est plus beau.

    Et puis bon, je ne rentrerais même pas dans le rendement médiocre, le capital non garanti, l’absence totale de liquidités ou de revenus de placement. Ni non plus l’innefficacité du protectionnisme économique en terme de stratégie d’investissement.

    Donc finalement, mis à part les économies d’impôts hummm… pas grand chose.

    Toutefois, à titre de professionnel de la finance, et ceci n’est pas une recommandation, je me dégage de toute responsabilité, je me dois de vous informer que ce type de placement peut être intéressant pour les gens qui approche la retraite, qui ont une situation financièere stable et qui n’ont pas un profil d’investisseur très risqué. Cela peut être très intéressant en terme de stratégie financière pour sauver de l’impôt si vous ne prévoyez pas avoir besoin de cet argent avant la retraite. Je vous invite à consulter votre conseiller financier ou votre comptable pour en savoir plus.

    Mais si vous avez en bas 30 ans, une situation instable ou peu de ressources, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

    Mais bref, si le Fonds fonctionnait sous les mêmes lois que les autres (parce qu’il découle d’une loi spéciale en passant), de 1, ils auraient l’AMF au derrière, de 2, je ne suis pas sûr qu’ils auraient autant de cotisants.

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