Le député invisible de 2010

Guillaume S. Leduc

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Par Guillaume S. Leduc,

L’an dernier, suite au bilan annuel de la firme Influence Communication du poids médiatique de différentes personnalités québécoises, je vous expliquais en quoi le Parti  Québécois avait été le parti invisible de 2009. Cette année, suite à la publication du bilan 2010, nous avons droit à un député invisible.

Incontestablement, la palme du député ayant été le moins présent dans l’actualité politique alors qu’il aurait dû être un des plus présents va à Nicolas Marceau, le député de Rousseau.

Qui est Nicolas Marceau

Je sais que les lecteurs de ce blogue sont de grands connaisseurs de la politique. Mais le bilan médiatique de Marceau est à ce point désastreux que je me dois de le présenter car j’ai l’impression que bon nombre de personnes ne savent même pas qui il est. Pourtant, vous allez voir, il serait supposé jouer un rôle extrêmement important dans la politique québécoise.

M. Marceau est le critique de l’opposition officielle en matière de finances publiques. Rien de moins. Lorsqu’il s’est lancé en politique, c’était pour remplacer nul autre que François Legault. On nous avait dit que ce professeur d’économie était le candidat sur mesure pour chausser de tels souliers. Il serait supposé être le numéro 2 du Parti Québécois et être sur toute les tribunes pour dénoncer le pire gouvernement de l’histoire en matière de finances publiques. Mais non. Avec 0,58% du poids médiatique en politique québécoise, M. Marceau se situe au 33e rang, soit dans la même catégorie que Lise Thériault, Nicolas Girard ou Yvon Vallières.

Un symbole

La question que tout le monde doit se poser est « pourquoi » ? La réponse est simple et peu surprenante. Le Parti Québécois ne s’intéresse pas aux finances publiques. Dans son bilan de fin de session, Gérard Deltell a rappelé aux journalistes qu’il avait fallu 110 questions au Parti Québécois avant d’en poser une seule sur les finances publiques. Voilà le cœur du problème. L’absence de Nicolas Marceau symbolise parfaitement ce triste constat.

Paradoxalement, celui qui a cédé son siège au député invisible de 2010 a réussi à faire davantage parler de lui cette année, alors qu’il n’était même plus député et que tout ce qu’il a fait est d’annoncer la possible mise sur pied d’un groupe qui possiblement pourrait devenir un parti politique peut-être de centre-droite.

Pour les citoyens, il s’agît d’une nouvelle inquiétante. Le PQ gaspille sont temps de parole à l’Assemblée Nationale. Pendant ce temps, le tandem Bachand-Charest est entrain d’accumuler une dette si énorme que les seuls intérêts sur cette dernière sont en voie de devenir la deuxième dépense la plus importante du gouvernement après la santé (l’éducation est présentement le deuxième, mais la hausse des taux d’intérêts à venir pourrait faire grimper le service de la dette considérablement).

Pis encore, l’année 2010 a été celle du pire budget depuis des décennies ! Non seulement nous a-t-on annoncé qu’on allait piger dans les poches du contribuable et qu’on allait continuer à endetter le Québec, mais on a décidé de ne pas réduire les dépenses et de plutôt atténuer la HAUSSE des dépenses ! La porte était grande ouverte pour que Nicolas Marceau s’acharne sur le budget Bachand et il a complètement loupé l’occasion.

Pendant ce temps, le critique en matière de finances publiques de l’Action démocratique fait un travail remarquable. L’animateur de CHOI-FM, Jérôme Landry, lui a même décerné sa deuxième étoile politique de l’an 2010 cette semaine. François Bonnardel, dans un parti qui n’a même pas droit à une question par jour, a réussi à se hisser devant Nicolas Marceau, soit au 27e rang du palmarès. Grâce à des questions efficaces sur l’organigramme tentaculaire du Ministère de la Santé ou encore sur le 13 milliards de dollars d’argent neuf que le gouvernement va piger dans les poches du payeur de taxes, Bonnardel a clairement dépassé les attentes cette année. Son bilan médiatique en témoigne.

Je ne sais pas si l’année 2011 sera aussi mauvaise pour Nicolas Marceau et aussi bonne pour François Bonnardel. Une chose de sûre, par contre, c’est que si 2011 ressemble à 2010, les Québécois risquent de réaliser assez rapidement lequel des deux partis d’oppositions fait le véritable travaille d’une opposition officielle.

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3 réflexions sur “Le député invisible de 2010

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  2. Définitivement, le PQ n’est pas une alternative souhaitable.

    Cependant, il y a de l’espoir pour la droite et le centre-droit. En envoyant une forte quantité de députés adéquistes à l’assemblée nationale en 2013, le centre-droit pourra s’assurer d’avoir la balance du pouvoir pour empêcher le PQ ou le PLQ qui s’échangent la pelle aux 10 ans pour creuser le trou des finances publiques en véritables assassins de notre économie de faire trop de conneries et de dépenser notre argent à tout vent. En 2013, les comptes à rendre seront au rendez-vous et l’ADQ ne devra pas répéter ses erreurs d’amateur de 2007-2008 afin de maximiser son efficacité et je suis convaincu que l’on aura appris de ces dites erreurs et qu’on mettra tout en oeuvre pour éviter de les commettre à nouveau.

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