Gilles Vaillancourt : une carrière marquée par les soupçons

Guillaume S. Leduc

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

L’histoire se répète pour Gilles Vaillancourt. Serge Ménard a été élu le 13 décembre 1993, lors d’une élection partielle dans Laval-des-Rapides. M. Ménard affirme que pendant la campagne électorale qui a précédé le scrutin, Gilles Vaillancourt l’aurait invité à son bureau et aurait tenté de lui donner une enveloppe contenant 10 000$ en argent comptant. De la part du maire d’une ville comme Laval, si cela est vrai, Jean Charest ne peut plus refuser une commission d’enquête publique dont le mandat porterait au moins sur le financement des partis politiques. Mais ces allégations de tentative de financement illégal méritent une remise en contexte. Attachez-vous!
 
Le maire Vaillancourt n’en est pas à ses premiers déboires avec de telles allégations. Un mois avant l’élection de Serge Ménard, il était lui-même réélu au terme d’une campagne électorale haut en couleur dont l’enjeu central a été l’éthique. Durant la campagne municipale de 1993, le maire Vaillancourt a effectivement essuyé d’innombrables critiques à propos d’allégations de favoritisme dans l’octroi de contrats municipaux :
 
« Pratiquement chaque semaine a amené son lot de révélations sur les moeurs particulières qui sévissent au nord de la Rivières-des-Prairies: intervention directe du cabinet politique, octroi de contrats professionnels à des proches du régime, multiplication des contrats sans appel d’offres, baux profitables consentis aux branchés de l’immobilier, conflits d’intérêts à la CODEL, transactions douteuses dans le parc industriel, laxisme dans l’administration de la STL. » (Le Devoir, 6 novembre 1993)
 
En fait, même avant la campagne municipale, le maire Vaillancourt était aux prises avec des accusations similaires :
 
« De nouvelles allégations sur les présumées interventions politiques de la mairie de Laval dans la distribution des contrats du futur Camp spatial ont amené Québec et Ottawa à scruter à la loupe l’utilisation des fonds publics promis à cette corporation privée. » (Le Devoir, 8 septembre 1993)
 
« Des proches du maire de Laval obtiennent des contrats de 13 millions$ sans appel d’offres » (Le Devoir, 28 septembre 1993)
 
« 97 millions de contrats sans appels d’offres » (La Presse, 8 octobre 1993)
 
Et ça continue…
 
En fait, même après la campagne, une simple recherche de presse permet de constater qu’il y a continué à avoir toutes sortes d’allégations pesant sur Gilles Vaillancourt :
 
« Laval favorise le plus haut soumissionnaire […] Pendant plus de 15 ans, jusqu’en 1991, M. Daviau a même travaillé étroitement avec Lucien Demers, propriétaire de Jacluc. M. Demers et sa conjointe, Lise Dussault, contribuent fidèlement à la caisse électorale du Parti du Ralliement officiel du maire Gilles Vaillancourt. Depuis 1990, ils ont versé chacun le montant maximal autorisé par la Loi, soit 750$ par année » (La Presse, 8 février 1995)
 
Les accusations ont été tellement nombreuses qu’en mars 1995, Gilles Vaillancourt a accusé La Presse de mener une « croisade injuste » contre lui.
 
Mais les allégations ont continué. En juillet 1995, on apprenait que la SQ allait enquêter sur le transport adapté à Laval. C’est qu’un important contrat avait été alloué à un entrepreneur qui, avec sa femme, avait contribué le montant maximum permis par la loi au parti du maire durant les cinq dernières années. Et que son entreprises n’était même pas enregistrée au moment de l’appel d’offre. (La Presse, 7 juillet 1995)
 
Puis, en décembre 1995, un vérificateur mandaté par le Ministère des affaires municipales pour enquêter sur tout ça révèle que l’administration de Gilles Vaillancourt s’est placé à plusieurs reprises dans des positions « d’apparence de favoritisme ». (La Presse, 23 décembre 1995).
 
Je pourrais continuer comme ça longtemps. En fait, j’ai l’impression que je pourrais trouver des histoires douteuses d’octroi de contrat et d’apparence de favoritisme gravitant autour de Gilles Vaillancourt pour toute la durée de son règne sur Laval.
 
Ce qui est important de comprendre, c’est que les allégations de Serge Ménard, une fois remises en contexte, s’inscrivent dans la lignée d’un nombre incroyable de cas potentiels de favoritisme, de contrats sans appel d’offres et de récompenses accordées aux amis du régime. Ce faisant, elles paraissent encore plus plausibles.
 
À quand une commission d’enquête sur le financement des partis politiques ?
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10 réflexions sur “Gilles Vaillancourt : une carrière marquée par les soupçons

  1. Est-ce à dire que le contrat accordé à Bombardier pour les voitures du Métro de Montréal devrait-être ‘annulé’ ??? OU, devrait-il y avoir « exception » dans le cas de Bombardier ???

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  3. Pathetique .. le maire est intègre j’en suis sur. Les ministres essaient habituellement de soudoyer les maires et non pas le contraire. Vive Vaillancourt!

  4. Je commence à penser que certains politiciens Québecois ont besoin de psychiatres et d’être analyser, pour un manque d’équilibre, on se croirait dans une asyle avec tout ce qui se passe, et je pense que çela vient de commencer…Ah! le modèle Québecois!..La société distincte, le peuple….je veux me cacher en dessous du sofa. C’est çela lorsqu’on se pense plus fin que les autres et que l’on veut se distinguer des autres. Et…dire que le Canada nous fait des cadeaux de milliards de dollars, ils doivent en avoir assez de cette nation.

  5. Après avoir la couverture complaisante de TVA de la part de Pierre Bruneau & Paul Larocque envers monsieur le maire de Laval, Vaillancourt, d’interwiewer dans un vox-populi & surprise?! ce sont majoritairement les petits vieux-vieilles qui apprécient votent en majorité pour ce maire peu scrupuleux.

    Les cheveux bleus !! élisent ce politicien vèreux élection après élection ! à se demander si on ne devrait pas limiter qu’à 2 ou mieux 3 mandats les maires (?)

    • Je suis d’accords avec votre proposition. Après 12 ans, un Conseil municipal et son maire a NORMALEMENT eu amplement le temps de mettre en exécution ses idées… Pour que ces idées s’exécutent, il faut d’abord avoir des idées puis les pousser au Ministère.

      Si les idées des élus municipaux sont en ligne avec celle du partie du Ministre, normalement il devrait être possible en deux ou trois mandats de les exécuter.

  6. Rajoût,

    J’ai oublié de souligner que l’on devrait songer jaser ici SI on ne devrait pas limiter l’âge pour le droit de vote ???? limiter qu’à 75 ans le droit de vote, les libéraux & les politiciens vèreux opportunistes à la Gilles Vaillancourt vont chercher par la main les personnes âgées qui en ont perdues un brin de lucidité ou trop influençables parce que monsieur le maire est bien fin,bien beau & se souvient de notre nom. _

    • Ici je ne suis pas d’accord. Les personnes âgées ont de tout temps été respecté pour ce qu’ils sont, des gens d’expérience.
      Au niveau des élections municipales, provinciales et fédérales, ce sont les 45 ans et moins qui ne vont pas voter.
      On ne peut quand pas blâmer ceux qui vont voter de le faire. Et si ils votent pour celui qu’ils connaissent ça veut peut-être dire que les opposants n’ont pas fait leur devoir.
      Mes conclusions viennent d’observations suite à ma propre campagne à la mairie de ma petite municipalité et aux dernières élections provinciales alors que j’étais VP du comité ADQ de mon comté.
      Si l’idée me venait de me présenter au scrutin ou bien de m’impliquer dans un partie politique, avec la volonté ferme de remporter les élections, les premières places où je focusserais serait chez les personnes âgés. Et bien avant de me présenter aux élections, je les rencontrerai pour connaître leur opinion et bâtir mon programme. Puis durant la campagne je les rencontrerai de nouveau pour discuter du programme, leur expliquer les nouveaux éléments qu’ils ne connaissaient pas et les remercier pour leurs idées retenues au programme.

  7. @Coroner Da Vinci…Revenez en avec les personnes agées, je suis sûre qu’ils ont beacucoup plus de connaissances que vous pouvez penser. La sagesse vient avec l’âge.

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