Rétro : Le débat n’est pas réservé aux Montréalais

Éric Duhaime

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

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Cet article est paru dans Le Devoir le 22 janvier 2007,

Selon la ministre québécoise de l’Immigration et des Communautés culturelles, madame Lise Thériault, les positions de l’Action démocratique du Québec sur l’accommodement raisonnable s’expliquent parce que « Mario Dumont n’a pas eu le loisir ou le plaisir d’être en contact régulièrement avec des immigrants ».

En voulant ainsi attaquer le projet de l’ADQ de doter le Québec de sa propre constitution afin d’encadrer les accommodements jugés de plus en plus déraisonnables et de définir nos valeurs communes, la ministre commet d’abord une grave erreur de fait. Mario Dumont, par sa vie personnelle et professionnelle, connaît très bien la réalité multiethnique du Québec. Des membres de sa propre famille sont venus d’ailleurs dans le monde s’installer et s’intégrer à la société québécoise. Il a lui-même étudié à l’une des universités les plus diversifiées du pays, l’université Concordia pour ne pas la nommer.

Mais ce qui est encore plus inquiétant et méprisant dans les propos de la ministre libérale de l’Immigration est qu’elle semble penser qu’il faut être Montréalais ou en contact quotidien avec les communautés culturelles pour avoir une opinion sur ce sujet. Madame Thériault ouvre ainsi un débat qui risque de s’imposer comme l’un des thèmes de la prochaine campagne électorale : l’accommodement consenti à nos minorités est-il un débat réservé aux seuls Montréalais ? Allons-nous laisser Montréal devenir une « société distincte » par rapport au reste du Québec ? Les valeurs communes partagées par la majorité des Québécois doivent-elles se folkloriser et n’être réservées qu’aux régions éloignées ?

Le nouveau clivage

Si, à une certaine époque, le débat sur la différence montréalaise portait sur la langue, il se déplace aujourd’hui clairement vers des clivages culturels et religieux. Certains Marocains ou Algériens maîtrisent aussi bien sinon mieux que nous la langue de Molière. Là n’est plus la question et l’objet du litige.

Il aurait été inacceptable d’affirmer à l’époque des débats sur les lois 22 ou 101 ou 122 que seuls ceux qui sont en « contact régulier » avec des anglophones peuvent émettre leurs opinions ou que celles-ci ont plus de valeur. La même logique s’applique aujourd’hui au sujet du délicat débat sur les accommodements raisonnables. Tous les Québécois sont interpellés et doivent participer aux débats. Montréal fait encore partie du Québec, Madame la ministre !

Finalement, en désespoir de cause, la ministre Thériault a aussi blâmé l’ADQ de ne pas avoir envoyé un parlementaire à la commission chargée de consulter la population sur cette question. Alors là, on ne tombe plus dans les erreurs de faits, ni le lancement d’un débat mais dans la pure mauvaise foi. Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois ont quotidiennement, depuis près de quatre ans, tout fait pour empêcher l’ADQ d’être un groupe parlementaire reconnu. Dans un des gestes les plus antidémocratiques de notre histoire politique et malgré les précédents, libéraux et péquistes ont bâillonné les représentants de près d’un Québécois sur cinq à l’Assemblée nationale.

Par quelle logique peut-on aujourd’hui accuser les bâillonnés de ne pas s’être exprimés, sans même leur avoir consenti « d’accommodements raisonnables » ?

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6 réflexions sur “Rétro : Le débat n’est pas réservé aux Montréalais

  1. Le PLQ est un parti fédéraliste, naturel qu’il empêche l’ADQ de faire son projet. Pour ce qui est du PQ, il est très loin d’être philosophe et encore moins pratique car pour un parti qui veut faire du Québec un pays, empêcher un projet d’immigration qui l’aurait bien servi dépasse l’entendement. De toute façon, le PQ ne fera jamais l’indépendance parce qu’il est trop démocratique. Depuis ce temps, la ministre a été dégommée de son poste. Mais, je me demande ce que fait la ministre James maintenant.

    • Est-ce à dire que pour faire l’indépendance le Qc devrait-être ANTI-Démocratique ???

      Remarquez que moi je crois sincèrement que ces intentions ont toujours faits parti des croyances de certains « supporters » de l’indépendance/souveraineté etc..

      Même que, selon certaines informations, les fidèles du socio-communisme sont déjà « en contrôle » dans certains « Partis » politique -QS étant d’idéologie d’extrême droite alors – je ne serais pas du tout surprise que dans un Qc indépendant, un système Communiste s’y installe pas longtemps après une sécession.

      C’est d’ailleurs pour cette raison que certains disent: « Faisons l’indépendance PUIS, on organisera notre pays après… ».

      En d’autre terme: « Donnez CARTE BLANCHE pour que l’on puisse ‘instaurer’ un système Communiste… » On va vous faire croire qu’on est encore plus « démocratique » que ce qui existe présentement; on va « se battre » pour les prolétaires – déjà commencé avec tous les pouvoirs qu’ont les syndicats aujourd’hui grâce au PQ de l’époque.

      Le R.I.N. est, semble-t-il en train de se réorganiser et ils ont déjà « l’appui » de petits cons qui ignorent à peu près tout de la politique etc. etc.

      Le Qc EST, avec sa population francophone insécure et son problème identitaire, un BERCEAU IDÉAL pour les manipulations politique d’arnarchistes, de révolutionnaires frustrés, de Communistes etc.

      Le pire dans tout ça, c’est que la plupart de ces gens – qu’on retrouve souvent dans le/les mouvements nationalistes ‘Québécois’ et ce n’est pas d’aujourd’hui, ne s’apperçoivent même pas qu’ils sont « manipuler » d’une manière, il faut l’avouer, absolument géniale.

      Mais bon! Si ces francophones sont assez cons pour se laisser ’embobinner’ par toute cette démagogie dite « socio-démocratique » dû en grande partie à leur ‘syndrôme de grande victime’ alors, bien leur soit!

      On a toujours ce qu’on mérite n’est-ce pas ?!

      • René Lévesque fut un grand démocrate, c’est d’ailleurs ce qu’il l’a perdu à son rêve d’indépendance comme à la chefferie. On sait également que M. Lévesque ne voulait pas appeler son parti le Parti Québécois, mais en bon démocrate il a laissé ses compagnons le choisir. Quand un chef n’a même pas le pouvoir d’expulser un indésirable qui nuit au parti par ses prises de positions, qu’il doit avoir l’aval de son conseil, c’est plus que démocratique, vous croyez pas?

        Le Québec n’est pas entré dans la Confédération par un référendum,d’ailleurs, ce sont les mots propres de M. Jacques Parizeau. Alors où est la pertinence d’un référendum? Je suis de ceux qui auraient préféré que lors d’un référendum sur l’indépendance du Québec, que seuls les Québécois de souche puisse avoir le droit de vote. Ce n’est pas aux immigrants rapidement devenus citoyens du Canada pour pouvoir voter non en retour, à décider pour nous. Vous allez dire que c’est injuste? Peut-être, et peut-être pas car on a bien vue la tricherie du Fédéral.

        Mettre le Québec dans une situation d’État communiste est un peu de la projection, mais faut dire que le socialisme aiderait à mettre les choses en place. De toute façon, nous sommes loin de là et le Canada ne va jamais laisser le Québec devenir indépendant.

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  3. Avec cette astuce raciste, l’ADQ avait réussi à devenir l’Opposition Officielle, mais de gens comme Duhaime à l’ADQ ont trahi leurs supporteurs « fiscal conservatives » par tentative d’opportunisme politique. Mais on a vu ce que ça a donné…

  4. pour les gens un peu plus a droite, nous sommes perçu a tord comme raciste mais dans les faits nous sommes juste méfiant et croyons que le privilège d’etre reçu ici comme citoyen relève d’une bonne conduite pour se le mériter, tandis que selon la gauche tout le monde est la bienvenue sans conditions et sans égard a leurs vies passées, ou leurs antécédant moraux ou judiciaire sinon religieux et quand ceux-ci nous chient dessus, la gauche joue la carpet dans le plus bel APLATVENTRISME LE PLUS TOTAL et nous disent pour ne pas avouer qu’ils se sont trompé, qu’ils ont des DROITS alors qu’ils ne sont même pas citoyens RECUS et que ces droits les citoyens nés ici n’oseraient pas les invoquer. sachez faire la différance entre méfiance et aplaventrisme aveugle. a la place des Villanuevas en fin de semaine je me serait caché le plus loin possible des caméras, au lieu de fanfaronner le futur déporté devrait se confondre en excuse devant sa mère pour avoir été a l’origine de la mort de son frère au lieu de crier au scandale et au racisme de la police. si le bouffon avait fait la même chose dans son pays d’origine, deux paragraphe dans le journal et plus jamais rien, ici on va finir par donner son nom a un parc avec un bronze disant que c’est du a un policier qui a fait sa job que l’on a un autre martyr.

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