La route vers le G8

Par Guillaume S. Leduc,

Voici mon article du jour sur les sommets du G8 et G20 publié sur branchez-vous.com.

Plus que quelques heures avant mon départ pour Muskoka, petite ville au Nord de Toronto qui accueillera les plus grands leaders de cette planète cette semaine. Je crois que je ne réalise pas encore la chance inouïe qui m’est offerte de faire partie de cet événement. Cette chance, je la dois à Vision Internationale, un organisme fondé en 1991 par l’ancien député conservateur Terry Clifford. Voici un bref retour sur les étapes ayant menées à ma sélection au sein de la délégation jeunesse du Canada, de même qu’un retour sur une job de bras journalistique au mois de mai dernier.

Vision Internationale est un organisme sans but lucratif qui offre l’opportunité à des jeunes de participer à des missions commerciales à l’étranger et à différents événements internationaux. C’est le Premier ministre Stephen Harper qui a personnellement mandaté cet organisme pour former la délégation jeunesse officielle du Canada lors des Sommets du G8 et G20.

Le processus de sélection s’est déroulé en trois étapes. Tout d’abord, il y a eu des rencontres dans les villes les plus importantes du pays, de Vancouver à St-John, en passant par Yellowknife. Des 3000 participants à ces rencontres, seuls 14 par province étaient retenus pour participer à la deuxième étape de sélection, le caucus national des jeunes ambassadeurs. Ce dernier événement s’est déroulé à la mi-mai à Ottawa.

UNE DÉLÉGATION DIVERSIFIÉE

J’anticipe que plusieurs d’entre vous êtes entrain de vous méfier de tout ça. Un premier ministre conservateur qui mandate un organisme fondé par un conservateur, vous devez vous dire qu’il ne devait y avoir que des conservateurs à cet événement. Mauvaise déduction ! Il y a des gens associés au Parti Libéral du Canada au sein même de Vision internationale et il y avait des militants d’à peu près tous les partis politiques lors du caucus à Ottawa. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de discuter avec des jeunes du NPD, du PLC ou encore du Saskatchewan Party!

Cette diversité d’allégeances politiques était doublée d’une diversité culturelle impressionnante. Au Québec, on a souvent tendance à s’isoler des autres canadiens pour faire ressortir notre caractère unique. Mais il serait faux de croire que le Rest of Canada (ou ROC, expression encore plus monolithique) ne forme qu’un tout inodore et incolore. Quoi qu’en disent les souverainistes convaincus, la différence culturelle s’exprime autant entre un acadien et un albertain qu’entre un québécois et un ontarien. Elle s’exprime également à travers nos premières nations et nos peuples inuits.

Bref, les quelques 130 participants à ce caucus étaient autant diversifiés culturellement que politiquement. Afin de sélectionner les 14 privilégié(e)s qui allaient former la délégation jeunesse (un représentant par province/territoire et un des premières nations), il fallait se démarquer du lot lors des différentes activités organisées (conférences, simulation de négociation, rencontre avec le premier ministre, etc.). Tout cela s’est donc déroulé dans un esprit très compétitif avec des manoeuvres et des stratégies de toutes sortes pour se faire valoir. Par moment, on se serait crus dans une émission de télé-réalité du type Loft Story ou Occupation double.

UNE FAUSSE CONTROVERSE

Les organisateurs avaient demandé à tous les participants de soumettre une question qui serait posée à M. Harper. Environ 8 ou 9 jeunes ont eu la chance de lui poser une question directement. Ma question portait sur l’endettement public inquiétant dans les pays du G20 et sur les solutions concrètes qu’il mettait de l’avant pour alléger ce fardeau qui pèse sur les générations futures.

J’ouvre ici une parenthèse pour démentir une controverse inventée de toutes pièces par les journalistes de la tribune parlementaire à Ottawa. Peut-être que certains d’entre vous êtes tombés sur cette nouvelle le mois passé. Plusieurs journalistes ont affirmé que le bureau du Premier ministre avait modifié les questions des jeunes afin d’éviter des controverses, notamment sur l’avortement. Sur place, une journaliste de la presse canadienne m’a questionné à ce sujet et j’ai démenti cette allégation. Ma question n’a jamais été modifiée. Pourtant, la presse canadienne a rapporté que les questions avaient été réécrites. Ce genre de sensationnalisme est déplorable, car il est basé sur de fausses allégations et passe à côté de l’essentiel. Plutôt que de rapporter les préoccupations véhiculées par les jeunes, on a voulu embêter le premier ministre avec une fausse controverse.

L’INFLUENCE DES JEUNES

Si les journalistes ne se sont pas intéressés à la question que j’ai posée au Premier ministre, je crois que les organisateurs l’ont appréciée. On m’a contacté 24 heures après mon retour à Québec pour m’annoncer que j’étais sélectionné pour être le représentant du Québec. Dans les dernières semaines, j’ai travaillé avec le reste de la délégation à la rédaction d’un communiqué qui servira de base à nos négociations avec les jeunes des autres pays. C’est suite à ces négociations que nous rédigerons un communiqué final qui sera présenté aux Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel de ce monde. L’influence de cette prise de position commune à tous les jeunes des pays du G8 n’est pas à négliger. Si nous parlons tous d’une seule et même voix, les leaders du G8 n’auront pas le choix de prendre en considération nos préoccupations dans leurs propres délibérations. C’est la première fois que des jeunes ont une opportunité aussi forte d’influencer le cours des choses sur la scène internationale.

Quand on y pense, il parait tout à fait normal que l’on offre cette opportunité à des jeunes. Les défis qui attendent les générations futures sur une multitude d’enjeux sont peut-être les plus importants que nous ayons connus. Que les leaders du G8 aient accepté l’offre de Stephen Harper d’écouter ce que les jeunes ont à dire sur les enjeux du sommet est un pas en avant important. J’espère que d’autres auront la même opportunité lors de sommets futurs.

Je reconnecte demain soir pour vous décrire mon arrivée à Muskoka et vous expliquer quel sujet j’entends mettre de l’avant en tant que représentant jeunesse du Québec.

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3 réflexions sur “La route vers le G8

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  2. Très intéressant Guillaume. Tu es vraiment un Citoyen du Monde et nous sommes fiers que tu nous representes.

    Be proud and ignore all those stupid comments on Branchez vous. Some people do not even deserve an answer.

    C’est tellement ennuyant ces commentaires de jaloux et d’envieux, mais je constate que c’est le sport favori des Québecois sur les blogues, pas une très bonne qualité d’échange.

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