Les coïncidences douteuses

Par Guillaume S. Leduc,

J’ai l’impression que nous n’avons pas fini d’entendre parler du Bureau canadien d’investigation et d’ajustements (BCIA). La semaine dernière, nous avons appris que le président de cette firme de sécurité, Luigi Coretti, avait offert une carte de crédit de sa compagnie à son bon ami Tony Tomassi. C’est la goutte qui a fait débordé le vase et Jean Charest a congédié son Ministre de la famille. En fin de semaine, on apprenait que le cabinet de Jacques Dupuis aurait peut-être lui aussi quelque chose à se reprocher dans cette affaire. Qu’en est-il vraiment ? Regard sur une firme de sécurité aux prises avec de nombreuses coïncidences douteuses.

Coïncidence #1

Le nom de Luigi Coretti a fait jasé pour la première fois il y a un an, lorsque François Bonnardel de l’ADQ a révélé que quatre Fonds d’Investissement Économique Régionaux (FIER) avaient servis à financer pour 4 millions de dollars BCIA. Bonnardel s’insurgeait alors que l’argent de régions comme l’Estrie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean serve à subventionner l’entreprise lavalloise d’un généreux donateur au PLQ.

M. Coretti s’est défendu dans un communiqué où son relationniste niait l’existence de lien entre les dons au PLQ et les subvention. Dans le même communiqué, BCIA se disait étonnée de la sortie de Bonnardel, étant donné que l’ADQ avait fait appel à eux pour vérifier les antécédents de leurs candidats avant les élections de 2007 et 2008.

Coïncidence #2

Cet épisode des FIERs a permis au journaliste Denis Lessard de faire un lien un an plus tard entre Coretti et Pietro Perrino, un libéral de longue date qui détient des liquidités dans des FIERs qui ont investi dans BCIA. Perrino est également sur le conseil d’administration de la Société des Alcools du Québec (SAQ), alors que cette dernière fait affaire avec BCIA pour des contrats de sécurité.

Coïncidence #3

On a également appris récemment que BCIA a de nombreux contrats avec la Ville de Montréal. L’administration Tremblay ne semble pas s’en faire avec cette situation, puisqu’elle a affirmé qu’elle n’allait rien y changer. On sait aussi que la femme de Tony Tomassi, à qui Coretti a donné une carte de crédit payée par BCIA pour ses dépenses personnelles, est conseillère municipale pour Union Montréal.

Coïncidence #4

Luigi Coretti est un généreux donateur au PLQ. En 4 ans, il a lui-même contribué pour 7900$ à ce parti. Des convictions très fortes, ce M. Coretti.

Coïncidence #5

Luigi Coretti s’était fait refusé un permis de port d’armes par la SQ. Il a rencontré Jacques Dupuis, dont le chef de cabinet a ensuite appelé la SQ. Coretti a par la suite obtenu un permis de port d’armes, mais il n’y a pas eu d’intervention indue de la part du Ministre ou de son personnel, a dit Dupuis.

Coïncidence #6

Jusqu’à tout récemment, les bureaux de BCIA étaient situés sur le boulevard St-Elzéar à Laval dans un immeuble qui appartient à… Tony Accurso. Et selon La Presse, « un des actionnaires de B.C.I.A. est toujours situé à cette adresse ».

Coïncidence #7

En fin de semaine, on apprenait que l’entreprise qui actuellement veut racheter BCIA est Construction Gamarco. Or, cette entreprise est située au 3845 boul Leman à Laval. Étrangement, l’entreprise de Giuseppe Borsellino, Construction Garnier, est située au 3980 boul Leman, à Laval. Je vous invite d’ailleurs à aller sur google maps entre les boulevards Leman et Lite à Laval et à tapper le mot-clé « construction ». Là aussi, vous trouverez pas mal de coïncidences.

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5 réflexions sur “Les coïncidences douteuses

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  2. Lorsqu’un patron demande à un subalterne de s’occuper d’un  »client », on se doute bien qu’il le fera de façon à satisfaire ledit client.

    C’est ce qu’à fait Jacques Dupuis en demandant à son chef de cabinet Jocelyn Turcotte de répondre à Luigi Coretti. Coincidence, Coretti à obtenu son permis de port d’arme après deux refus.

    Non mais on nous prends pour des caves ou quoi ?

  3. Comme le disait André Arthur… « si vous croyez au hasard, allez au casino! ».

  4. J’appuierai sans réserve tout politique et tout parti politique qui aura, à l’instar de Vaclav Klauss, le courage de dénoncer l’imposture climato-alarmiste aux coûts sociaux et économiques monstrueux. À date, seul Maxime Bernier a fait son coming out climato-sceptique officiel et je salue son courage. L’arnaque climatique constitue un des nombreux dossiers dans lesquels tout politique de droite doit avoir le courage d’aller à contre-courant, le courant allant toujours « vert » la gauche et la rectitude politique. Je ne crois pas au centre pas plus qu’au centre-gauche ou centre-droite. Quelqu’un a déjà dit « les tièdes, je les vomirai! » Les gens en ont marre des politiques qui veulent plaire à tous et respectent plutôt ceux aux opinions tranchées et franches avec les gestes concrets et courageux qui les accompagnent.

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