Le livre d’or

Par Guillaume S. Leduc,

À quoi sert le livre d’or de l’Assemblée nationale ? Rassurez-vous, ce billet n’a pas comme objectif de remettre en question le protocole du parlement. Pas du tout. La raison pour laquelle je me pose cette question est plutôt liée à une photo intéressante que j’ai découverte dans un magazine italien. Le genre de photo qui semble traduire la reconnaissance d’une personne envers une autre. Un ministre et un entrepreneur en construction. Tous les deux ont fait la manchette dans les derniers mois concernant des histoires d’éthique et des allégations de toutes sortes. Vous voulez la voir ?

Génial comme photo n’est-ce pas ? Vous connaissez tous le type d’en arrière. Tony Tomassi, Ministre de la famille du Québec. Ce n’est pas la première photo de lui qui risque de faire jaser.

Mais qui est l’autre individu, celui à qui le Ministre Tomassi fait signer le livre d’or de l’Assemblée nationale ?

Giuseppe Borsellino.

Et là je vais faire attention. Car il y a trois Giuseppe, Joseph ou « Joe » Borsellino qui oeuvrent dans le domaine de la construction au Québec. Il y a le président du Groupe Petra et il y en a un qui dirige B.P. Asphalte. Celui que vous voyez sur la photo est plutôt le président de Construction Garnier.

Ce personnage vous dit quelque chose ?

Je vous cite ce que rapportait La Presse le 26 août dernier :

Selon ce qu’ont appris La Presse et Radio-Canada, Robert Marcil, directeur de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal, a voyagé en Italie du 15 au 24 octobre 2008 à l’invitation de Joe Borsellino, président de Construction Garnier, une entreprise pour laquelle il a approuvé plusieurs contrats ces dernières années.

Joe Borsellino avait également invité Yves Lortie, vice-président de la firme GENIVAR, et Jocelyn Dupuis, alors directeur général de la FTQ-Construction (il a quitté ses fonctions en novembre). Les conjointes de ces personnes étaient aussi invitées. Le groupe a notamment visité Rome, Sienne et Florence.

Depuis ce temps, Robert Marcil fait l’objet d’une enquête de la Ville de Montréal. Le journaliste lockouté Fabrice de Pierrebourg a fait un travail remarquable récemment et nous a révélé qu’après avoir démissionné de la ville de Montréal, M. Marcil s’était retrouvé un emploi chez SM, une importante firme de génie-conseil qui fait de nombreuses affaires avec la ville de Montréal.

M. Borsellino, lui, continue de faire jaser. Entre 2005 et 2009, son entreprise a reçu 55,9 millions de dollar de contrats avec l’administration Tremblay. En octobre, La Presse nous révélait que selon plusieurs sources, notamment policières, il aurait été sauvagement tabassé l’été dernier.

Mais revenons à Tony Tomassi et son livre d’or.

La question qu’il faut se poser ici est qu’est-ce que quelqu’un doit accomplir pour qu’un député lui fasse signer le livre d’or de l’Assemblée nationale ? La signature de ce livre est un honneur que seulement certains citoyens privilégiés reçoivent. Le fait que Tomassi offre cette chance à Borsellino semble traduire un geste de reconnaissance envers quelque chose, mais quoi ?

Qu’est-ce que M. Borsellino a fait pour avoir cet honneur ? Pourquoi M. Tomassi lui a-t-il fait signé ce livre d’or ?

Si la rumeur voulant que trois ministres libéraux aient été sur le bateau de Tony Accurso a fait autant réagir les gens, c’est que la plupart des citoyens considèreraient inacceptable que les responsables des deniers publics et les entrepreneurs de construction soient aussi proches.

C’est exactement la même chose qui s’est passée entre Borsellino et Marcil.

S’il veut rassurer les gens, M. Tomassi doit faire le point sur ses relations avec ces mêmes personnes.

Après avoir été photographié tenant amicalement la taille de la fille de Tony Accurso, voilà maintenant une photo de lui qui semble démontrer un geste de reconnaissance hautement importante envers Giuseppe Borsellino.

M. Tomassi, vous devez faire la lumière sur ces relations.

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5 réflexions sur “Le livre d’or

  1. Ça explique peut-être pourquoi il est un des seuls politiciens qui avant d’être ministre, avait les moyenes de conduire une luxueuse Cadillac Escalade qui vaut près de 100 000 $…

    Cinq enfants et un salaire de député….

  2. Et on se demande pourquoi Jean Charest refuse de faire une enquête publique sur la corruption dans la construction…

    Ça va fesser quand on découvrira le pot aux roses. (Et on va le découvrir un jour)

  3. Guillaume,

    Grâce à vous je viens de découvrir qui dirige le comté auquel j’appartiens: Bourassa-Sauvé.
    Au fédéral, on a Denise Coderre… j’ai pas trop fouillé pour trouver ces liens… mais y en a sûrement.

    par contre: ma députée provinciale est Madame Line Beauchamp, conjointe de Pierre Bibeau, de Loto-Québec et je crois, fils du collecteur de fond libéral et grand ami de Jean Chrétien… corrigez-moi si je me trompe…

    Quand à celle qui se présente toujours dans mon comté et à date, elle ne gagne pas: c’est Madame C. Teti-Tomassi, épouse de Tony Tomassi… Soupir!!!!!! chu ben mal prise!

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