Radio-Canada et le gaspillage

Par Ian Sénéchal,

Vous aimeriez vous envoler pour Shanghai ce printemps? Et bien participez au concours suivant de la radio de Radio-Canada. Un magnifique voyage de 11 jours pour 2 personnes pourraient vous être offert. Le tout pour une valeur approximative de 6 000$.

Bon, vous allez me dire que la droite québécoise « chique encore de la guenille ». Après tout, toutes les stations de radio font un tas de concours ces temps-ci puisque c’est le temps des BBM. On s’arrache le marché à grand coups de concours pour augmenter ses parts. Tout ça dans quel but? Évidemment, celui de vendre les publicités un peu plus chères si on obtient de bons résultats BBM. Où est le problème donc?

Le problème est que la radio de Radio-Canada ne diffuse pas de publicités commerciales. Elle dispose d’un auditoire qu’elle ne peut rentabiliser.  Alors, à quoi bon prendre toutes les mesures pour développer leur auditoire si elle ne le rentabilise pas.

Sachant cela, la société d’état effectue un pur gaspillage de fonds publics. Certains diront qu’il est temps d’abolir cette société. Peut-être, mais là n’est pas la question. D’autres diront qu’elle devrait cesser d’offrir ce genre de concours. Peut-être. Pourquoi ne pas simplement donner la possibilité à la radio d’état de rentabiliser son auditoire. Ces concours deviendraient peut-être rentables au moins (ça, ça restera à prouver). Combien d’entreprises aimeraient pouvoir s’adresser aux consommateurs de la radio de Radio-Canada? La publicité radiophonique est un outil très efficace. Or, une partie de tout l’auditoire ne peut pas être rejoint par les annonceurs. Je ne vois qu’un mot pour décrire la situation, stupidité.

J’ai déjà visité les studios de la Radio-Classique à Québec. Je connaissais bien le gars de la promotion. J’ai été impressionné de leur professionnalisme. Je lui ai demandé si son travail était difficile puisque leur auditoire était très restreint. Il m’a répondu ceci (de mémoire) :

Tu sais, tu serais surpris. On ne tire pas des chiffres aussi gros que les autres radios comme CHOI, le 93.3 ou NRJ, mais notre auditoire possède beaucoup de moyens (un auditoire plutôt riche) et est très bien ciblé. On peut donc vendre nos publicités de Mercedes ou de BMW beaucoup plus chères que les publicités de Honda sur une autre chaîne, par exemple.

Sans être un expert en marketing, je peux m’avancer en disant que Radio-Classique et Radio-Canada doivent posséder des auditoires plutôt semblables.

Alors, qu’on commence donc à leur permettre de rentabiliser leur auditoire. Imaginez si Tout le monde en parle ne diffuserait aucune publicité commerciale. Ce serait scandaleux. Les équipes de Radio-Canada ont besoin d’argent pour payer leurs nombreux employés (trop nombreux?). Est-il possible de s’arranger que la part du contribuable soit moindre en allant chercher d’autres sources de revenus. Et je ne parle même pas encore de couper certaines dépenses ou de leur couper les vivres au complet. Ça, c’est un autre sujet.

Finalement, je sais que plusieurs auraient souhaité me voir discuter de l’émission de Tout le monde en parle enregistrée en France hier, mais je n’écoute plus cette séance de « flattage de bédaines » depuis quelques années déjà.

D’autres auraient voulu m’entendre sur le financement de la société d’état. Je vous laisse à la plume de François Pouliot si le sujet vous intéresse. Il a écrit un articles à ce sujet le 2 avril.

Note, Stéphane Gasse de CHOI Radio X m’a donné l’idée de fouiller l’histoire des concours à Radio-Canada lors d’une de ses récentes et excellentes émissions.

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16 réflexions sur “Radio-Canada et le gaspillage

  1. Pour votre plus grand plaisir, je vous colle la liste des gens qui travaillent pour réaliser l’émission de René Homier-Roy le matin à la radio :

    Animation: René Homier-Roy
    Collaborateurs: Marc Laurendeau (revue de presse), Rebecca Makonen et Danièle LeBlanc (culture), Claude Quenneville (sport), Véronique Mayrand ( météo), Yves Désautels (circulation)
    Chroniques:
    Pierre Verville (caricature politique)
    Michèle Boisvert (économie)
    Chantal Hébert, André Pratte, Don Macpherson et Michel David (politique)
    François Cardinal (environnement)
    Pierre Gingras (horticulture)
    Guy Bertrand (langue française)
    Nathalie Collard (chronique municipale)
    Nancie Ferron (système D)
    Recherche: Julie Brunet , Monique Lapointe et Patrice Parent
    Adjoints à la réalisation: Mathieu Beauchamp et Nadine Viel
    Réalisation: Nadia Peiellon
    Technique et site Internet: Pierre Rainville

  2. Je suis un adepte de l’autonomie, c’est connu, donc de la rentabilité responsable. Nous serions évidemment tous gagnants à ce que Radio-Canada puisse être compétitif et qu’elle s’affranchisse de sa dépendance aux fonds publics.

    D’autres s’insurgeront alors devant l’injustice du fait que les sociétés d’États sont «subventionnées» – si on peut appeler ça comme ça – et bénéficient d’un législateur comme propriétaire…

    Pourquoi ne pas la transformer en entreprise d’économie sociale? Elle serait rentable, ne coûterait pas un sou à quiconque d’autre ne l’écoute pas, bénéficierait des mêmes avantages que ses concurrentes (à part le fait d’être publique et à buts non lucratifs, accordant des réductions ici et là)…

    Je prêche pour ma paroisse et nous en sommes tous conscients. Mais vous me connaissez et c’est qui je suis. Je suis aussi un amoureux de mon peuple et je veux pour lui la capacité de continuer à bénéficier du confort de la vie sans jeter son argent par la fenêtre.

    Or, sans extrémiser d’un côté ou de l’autre, des solutions sont disponibles au centre. Si on est capable de modérer son orgueil…

  3. « Les équipes de Radio-Canada ont besoin d’argent pour payer leurs nombreux employés (trop nombreux?).  » Comme je fréquente à l’occasion les studios de la société d’état aussi bien que ceux de la télé privée, je peux confirmer cette remarque.

  4. J’exige la possibilité d’avoir une consultation populaire (comme en Suisse), sur cette question.

    La question pourrait contenir votre idée, à savoir, est-ce que la radio de radio canada peut recourir à la pub ?

    … et celle de Jean-François Néron;

    Pourquoi ne pas la transformer radio canada en entreprise d’économie sociale?

    (c’est effectivement incroyable qu’une entreprise autant subventionnée, vienne jouer dans les plate-bandes du privé.)

    Je ferais le même exercice avec Télé-Québec, t’se la télé que personne ou presque écoute. Je ne suis vraiment pas inquiet pour les Marie-France Bazzo de ce monde. Les individus aussi bons, trouveront toujours un endroit pour exercer leur métier.

    :-)

    Je vais être franc avec vous, à partir de maintenant, je vais toujours me demander ce que le peuple veut, comme en Suisse ou dans certaines élections européennes ou américaines.

    Je suis tanné de ces débats entre « experts » et entre « intellos » (moé tanné, tanné, même de moi).
    ;-)

  5. Je suis vraiment outrée ce matin du titre du blogue de l’édito de cyberpresse, signé par M. François Cardinal: Climat : le nerd à lunettes riposte

    Je m’excuse de mon intrusion qui a plus ou moins rapport avec votre sujet mais celui que M. Cardinal qualifie de « nerd à lunettes » n’est nul autre que …M. Claude Allègre, un climato-sceptique français bien connu.

    C’est quand même incroyable d’insulter et de déprécier quelqu’un ainsi, sous la bénédiction du rédacteur en chef de la Presse.

    M. Cardinal décrit son « nerd à lunettes » comme un ancien ministre, omettant (sciemment?) de mentionner qu’il avait d’abord connu une très grande carrière en tant que scientifique.

    Voilà un exemple crasse de partisanerie et de propagande qui pollue le volet environnement de la Presse et, par extension, celui de Radio-Canada.

    Si quelqu’un a une suggestion du meilleur endroit pour se plaindre (l’ordre professionnel des journalistes?), ce serait grandement apprécié.

    En vous remerciant à l’avance.

  6. Je me demande des fois si le gouvernement conservateur ne devrait pas abolir la Société Radio-Canada. J’ai souvent l’impression que le SRC est devenu un outil de propagande de la gauche. L’émission Découverte est une émission de propagande pour les réchauffistes. L’émission Six dans la Cité ou on voit six zartistes gauchistes parler de culture aux frais de la population, évidemment. Surtout, Tout le monde en parle est la grande messe du dimanche soir des gauchistes québécois. Il est scandaleux que les contribuables payent de leurs poches, une émission de propagande gauchiste comme Tout le monde en parle. C’est quand la dernière fois que Guy A. Lepage a invité un représentant de la droite québécoise? Je ne m’en souvient pas. Je crois que cette émission devrait être retiré des ondes télévisuelles, point à la ligne.

  7. A la radio, il y a aussi ‘Les Années Lumières’ qui est une émission de propagande réchauffiste.

    Je crois que le gouvernement conservateur voudrait abolir la Société Radio-Canada, mais étant minoritaire c’est impossible. Il serait immédiatement pris d’assaut par le gargantuesque et très vocal lobby ‘artistique’, les média et toute l’opposition sans oublier les syndicats. Ils seraient encore taxés de barbares arriérés et sans culture.

    Je me souviens quand Radio-Canada était réellement culturelle mais ce n’est plus le cas. Radio-Canada compétitionne maintenant le privé dans les domaines populaire, du divertissement et des sports qui n’ont aucune raison d’être subventionnés par les taxes des contribuables. C’est une honte que l’État compétitionne le privé avec l’argent des payeurs de taxes. Mais oubliez ca! Radio-Canada est une autre vache sacrée étatique. Et encore ici, on parle de milliard.

  8. « liste des gens qui travaillent pour réaliser l’émission de René Homier-Roy le matin à la radio : »

    Bon, ont est encore reparti avec René Homier-Roy ceci et cela

    Je veux un billet intitulé
    « René Homier-Roy a des Lunettes Gauchistes! »(crrrak)
    Suivit de
    « La calvicie de Rene Homier-Roy est de la propagande Leniniste! »
    (crrrak)

    blague a part, je suis d’accord que des concours de voyages autour du monde ne devrait pas avoir lieu, c’est exagéré

  9. @Isabelle
    Claude Allègre a été un Ministre de l’éducation nationale contesté car il a brassé la cage aux fonctionnaires et aux paresseux. Il a été à l’origine de réformes importantes. Fidèle à lui-même, il ne porte pas de gants blancs avec les verts climato-alarmistes. Allègre est un des rares géoscientifiques français respecté par toute la communauté scientifique américaine. J’en ai été le témoin privilégié grâce à mes abonnements à Journal of Geophysical Research et Geophysical Research Letters de l’American Geophysical Union aux conférences de laquelle Allègre était souvent cité comme référence. Ses travaux en volcanologie et géochimie sont universellement connus et reconnus, toujours cités en références dans la littérature scientifique, contrairement aux articles verts pales et insipides de M. Cardinal qui n’intéressent que la galerie gauchiste du Plateau.

    • Merci pour les précisions!

      Durant les années 1980, à l’époque où je faisais mon cours de géologie, on entendait beaucoup parler de M. Allègre. J’avais acheté (et lu!) ses premiers livres « l’Écume de la Terre » et « Écologie des villes, écologie des champs ». Je savais aussi qu’il avait été le directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris. Mais je ne suis que très peu au courant pour la suite des choses…C’est en fouillant le sujet du climategate que son nom m’est réapparu.

      Je n’en reviens pas comment on le dénigre à cause de ses positions (et peut-être, comme vous me l’avez appris, à cause de certaines réformes?). Incroyable.

      Mais je dois dire que je suis tombée dans le piège à con de celui qui a fait le titre du blogue de l’édito de la Presse. Le nerd à lunettes, c’était en fait la communauté scientifique qui riposte à la lettre de M. Allègre. Avouons tout de même qu’avoir mis la photo de M. Allègre (qui porte des lunettes) juste sous le titre prêtait à confusion. D’ailleurs, dans les commentaires du blogue, on voit que je ne suis pas la seule à m’être fait prendre (fiou!).

      N’empêche, le reste du billet de M. Cardinal transpire le dédain et le mépris pour M. Allègre et les climato-sceptiques.

      En terminant, je serais bien curieuse de savoir quelle formation scientifique a ce M. Cardinal!

  10. L’analyse ne peut pas être correcte quand les faits ne le sont pas.

    Voici les faits : la radio de Radio-Canada ne diffuse pas de publicité par ordre du gouvernement fédéral. La demande avait été faite par les radiodiffuseurs privés qui dénonçaient la concurrence de Radio-Canada.
    Bref, les diffuseurs privés voulaient et ont obtenu le monopole de la publicité sur les ondes radiophoniques.

    Dire ensuite que Radio-Canada « dispose d’un auditoire qu’elle ne peut rentabiliser. Alors, à quoi bon prendre toutes les mesures pour développer leur auditoire si elle ne le rentabilise pas » est absurde.

    Ce n’est pas Radio-Canada qui ne veut pas « rentabiliser son auditoire », c’est le gouvernement qui a décidé de l’empêcher de le faire pour aider les diffuseurs privés.

    Comme quoi, l’analyse ne peut être correcte quand les faits ne le sont pas!

    • Merci pour l’info, par contre, votre ajout ne change rien à l’analyse.

      Je souhaite que le gouvernement les laisse rentabiliser leur auditoire. Cela diminuerait la part de contributions publiques. Je sais parfaitement que c’est le parlement canadien qui doit changer la loi.

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