Rétro : Professeur de démocratie en Irak

Par Éric Duhaime,

Voici un article écrit par Ian Bussières le 6 juillet 2009 à mon retour suite au travail que j’ai effectué en Irak.

(Québec) Après avoir été le conseiller politique de Mario Dumont de 2003 à 2008, Éric Duhaime vient de s’attaquer à une tâche politique colossale, alors qu’il a participé, depuis le printemps, à la transition de l’Irak d’une dictature vers un pays démocratique.

«J’avais déjà travaillé comme consultant en développement démocratique au Maroc et en Mauritanie durant deux ans et demi, mais l’Irak, c’est mon plus grand défi en carrière. C’était vraiment fascinant», explique-t-il.

Celui qui s’est envolé pour le Moyen-Orient après le dernier scrutin provincial devait préparer les élections du 25 juillet au Kurdistan et les élections générales qui devraient avoir lieu en janvier 2010.

«J’étais directeur du programme des partis politiques pour un organisme sans but lucratif voué au développement de la démocratie à travers le monde», poursuit celui dont la mission était d’aider les partis à s’organiser en vue des prochains scrutins.

«Là-bas, les gens ne connaissent pas la démocratie! Quand un pays sort d’une dictature, il faut savoir que les organisateurs politiques sont davantage habitués à poser des bombes qu’à amener le monde à aller voter!», illustre Éric Duhaime.

Pour assurer la transition vers une société démocratique, les partis politiques irakiens ont donc besoin d’une aide technique. «On leur demande de faire un pas de géant en matière démocratique, et de le faire dans un temps record. Le progrès démocratique réalisé en deux ou trois siècles au Québec, ils doivent le faire en quelques mois!», poursuit-il.

Comment préparer le matériel électoral, comment rejoindre les électeurs, comment s’y prendre pour faire du porte-à-porte, comment réaliser les sondages et les focus groups et comment monter une publicité télévisée sont autant d’aspects qu’Éric Duhaime a contribué à démystifier pour les membres de la douzaine de partis nationaux d’Irak.

«Le contenu des programmes de ces partis politiques n’est pas universel, mais la technique, elle, l’est. Il faut savoir comment faire un budget et préparer des élections», explique-t-il. De plus, malgré les différences marquées entre les deux sociétés, Éric Duhaime a tout de même vu en Irak certaines similitudes avec le Québec.

«Certains débats s’apparentent aux nôtres, par exemple celui sur la langue et la question de l’autonomie des Kurdes. L’ex-premier ministre d’Irak Ibrahim Al-Jaafari, qui croyait que j’étais Américain, m’a même parlé du Québec comme d’un exemple dont il souhaitait s’inspirer pour la décentralisation des pouvoirs!», conclut-il.

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Une réflexion sur “Rétro : Professeur de démocratie en Irak

  1. « L’ex-premier ministre d’Irak Ibrahim Al-Jaafari, qui croyait que j’étais Américain, m’a même parlé du Québec comme d’un exemple dont il souhaitait s’inspirer pour la décentralisation des pouvoirs!» »

    Québec… Décentralisation des pouvoirs… C’est sûr que du point de vue d’un Irakien… peut-être…

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