La vérité sur Pauline et le SPQ-Libre

Par Guillaume S. Leduc,

Actuellement, Pauline Marois est difficile à saisir. Après avoir donné de l’espace à François Legault et adopté un discours un peu plus « lucide », elle a fait un 180 degré la semaine passée, comme je vous le décrivais ici, à propos des demandes syndicales dans les négociations avec le gouvernement. Jeudi, elle a donné son appui à nulle autre que Martine Ouellet dans le cadre de l’élection partielle de Vachon.

Qui donc est Martine Ouellet ? Rien de moins qu’une ancienne tête dirigeante du SPQ-Libre. Elle a laissé tombé ce rôle pour devenir vice-présidente de la coalition écologiste Eau Secours! L’appui que Pauline Marois lui donne dans Vachon est très révélateur: le SPQ-Libre a toujours sa place avec le PQ de Pauline Marois et il continuera à pouvoir manifester son influence. En 2006, dans un « débat » entre le SPQ-Libre et Québec Solidaire organisé par le site Presse toi à gauche!, Martine Ouellet affirmait, en compagnie de ses amis Pierre Dubuc et Marc Laviolette, que le PQ permettrait facilement à la gauche de s’exprimer étant donné ses instances démocratiques. Il faut croire qu’elle avait raison. Pauline Marois a donc placé quelqu’un de clairement identifiée au SPQ-Libre dans un comté sur pour le PQ. Ce geste vise à rassurer l’aile gauche radicale du parti.

Du copinage qui ne date pas d’hier

Je vous ramène à la course à la direction du PQ en 2005. En octobre, Denis Lessard de la Presse révélait une entente secrète entre Pauline Marois et les dirigeants du SPQ-Libre. Entre autre, afin d’obtenir leur appui, Pauline promettait de modifier l’article 45 du Code du Travail qui ouvre la porte à la sous-traitance dans la fonction publique, une demande traditionnelle du SPQ-Libre.

Une question à Pauline aujourd’hui : Est-ce que cet engagement tient toujours ?

Nous aurons peut-être la première un nouveau député représentant le SPQ-Libre à l’Assemblée nationale d’ici l’été et ce grâce à une relation intime et de longue date de Pauline avec ce club politique. Le caucus du PQ penchera encore un peu plus vers la gauche. Celles et ceux qui croient encore que le PQ peut devenir un parti lucide sont mieux de se désillusionner. Pauline Marois est fondamentalement une femme de gauche, près des syndicats. C’est comme ça depuis des années et ça ne changera pas.

Publicités

9 réflexions sur “La vérité sur Pauline et le SPQ-Libre

  1. Le PQ est un parti politique de gauche et cela ne changera pas de sitôt. Si Mme Marois prend le pouvoir en 2012-2013, va-t-elle gouverner pour les syndicats ou pour la population? Je crois que la question se pose.

    • Ironiquement, le PQ a été probablement moins tendre envers les syndicats que les libéraux.

      Si jaimais ils prennent le pouvoir en 2012, il y a de fortes chances qu’ils aient, une fois de plus, à leur taper dessus.

      Vous rappellez-vous en 2003 quand la CSN organisait des manifestations contre ce gouvernement : « Je n’ai jamais voté pour ça ».

      Avec du recul, on se rendra compte que les libéraux ont été le gouvernement le plus tendre envers les syndicats des 20 dernièrs années.

  2. Vous avez ici le plus grand problème d’une coalition souverainiste: demeurer au centre sans trop vexer la gauche tout en s’assurant que vous ne déplaisez pas trop aux gens de la droite. Cette atmosphère a commencé a se pointer le nez après le premier référendum lorsque le PQ s’est montré enthousiaste face à l’accord de l’ALENA et, un peu plus tard, avec l’arrivée de Lucien Bouchard et son objectif de déficit zéro…

    En passant, le SPQ-Libre n’est pas une aile radicale… vous essayez de faire peur au monde!

    Messieurs Laviolette et Dubuc savent très bien dans quelle situation ils se retrouvent, ne vous en faites pas. Mais ils ne sont pas prêts à quitter le navire du PQ car c’est beaucoup trop avantageux pour eux. Depuis quelques années, les syndicats ont remis en question leur affiliation « naturelle » avec le PQ. Tout dérapage de Mme Marois pourrait lui coûter des appuis importants.

  3. Pingback: Bulletin des @nalystes : Février 2010 « Les analystes

Les commentaires sont fermés.