Le centre-droit doit redoubler d’ardeur

Par Ian Sénéchal,

Joanne Marcotte y allait hier d’un texte témoignant de son optimisme pour la droite et le centre-droit au Québec pour les prochaines années. Bien que ce courant d’idée semble avoir vu son principal véhicule politique au Québec affaibli grandement (remarquez, il n’est pas complètement impossible que l’ADQ se redresse) elle démontre bien que le discours du conservatisme fiscal a de plus en plus de résonnance dans la population.

Mais, il faut le dire, rien n’est acquis. Il suffit de lire les critiques de ce texte sur le carnet d’Antoine Robitaille dans le Devoir pour s’en rendre compte. Sans oublier les multiples interventions de Jean-François Lisée sur son blogue pour nous rappeler comment la méchante Alberta et le méchant Canada font tout pour maintenir le Québec dans la misère. Le discours étatiste au Québec est encore très fort. Mais la population générale commence tranquillement à s’en lasser. Pierre Morin le dénote d’ailleurs assez clairement sur son blogue ce matin.

Les attaques habituelles consistent généralement à une démonisation des auteurs de commentaires ne réflétant pas le consensus québécois. On les dit « à la solde des entreprises », ou encore on les traite de « riches qui ne cherchent qu’à payer moins » ou tout simplement « d’endoctrinés » de la « radio-poubelle » de Québec. Quand je vois un travaile journalistique d’une belle qualité effectuée par un gars comme Dominic Maurais, j’en arrive vite à la conclusion que les endoctrinés ne sont malheureusement pas nécessairement qu’à Québec!

Que voulez-vous, tout le monde n’a pas la même ouverture d’esprit que Marie-France Bazzo qui ne peut pas être qualifiée de droite. Je lève d’ailleurs mon chapeau à cette dernière qui refuse de tomber dans la facilité. Une classe que Christiane Charette ne semble pas avoir avec son émission qui organise des attaques à trois contre un face à Michel Kelly-Gagnon. Michel fait d’ailleurs un travail remarquable pour la droite en offrant du contenu de qualité et en « allant au bat » comme on dit.

La droite a énormément évolué au Québec. Elle était généralement populiste, facilement attaquable, peu référencée et extrêmement désorganisée. Il y a eu du progrès, personne ne peut le nier. Elle se fait maintenant plus facilement entendre, elle utilise un discours plus nuancé qui attaque beaucoup moins de façon personnelle ses « ennemis idéologiques ». Elle oeuvre d’une manière de moins en moins anonyme, ce qui est une excellente chose.

Aujourd’hui, il est temps que les gens qui embrassent les idées de droite, ou de conservatisme fiscal, prennent la parole. La série « Le Québec dans le rouge » démontre or de tout doute qu’une vague de fonds s’apprête à déferler sur le Québec. Cette série donne un excellent momentum à tous ceux qui veulent un amaigrissement de l’état québécois se fassent entendre, ils se rendent maintenant compte qu’ils ne sont plus seuls dans le désert idéologique du Québec.

J’encourage fortement les gens à utiliser toutes les tribunes qui leur sont offertes pour se faire entendre d’une manière courageuse, c’est-à-dire, en dehors de l’anonymat. Et il ne faut pas le faire simplement en territoire ami comme sur Facebook ou tous nos « amis » pensent un peu de la même façon que nous. Il faut le faire sur les autres tribunes, créer des débats d’idées. Il faut également le faire d’une manière intelligente. S’attaquer gratuitement à nos adversaires risquent bien plus de nuire à la cause que l’aider.

Également, il faudra que tous les acteurs se rendent compte que leur ennemi n’est pas assis à leur côté, mais en avant d’eux. Ce que je veux dire, c’est qui si vous voulez réellement le changement au Québec, il faut arrêter de se tirer dessus nous-mêmes quand on joue dans la même équipe. Les libertariens, adéquistes, libéraux classiques, conservateurs, pro-vies, minarchistes, droitistes, conservateurs fiscaux, promotteur du gros bon sens, adeptes de Fillion ou de Jeff Plante doivent se rendre compte qu’ils ne s’entendront jamais sur tout ce qu’il faut faire pour changer le Québec. Mais il est hors de doute qu’ils jouent tous dans la même équipe. Ils veulent généralement tous venir à bout du faux consensus établit au Québec et véhiculé par nos médias de masse.

La crise budgétaire actuelle que vit le Québec ainsi que la série « Le Québec dans le rouge » donne du momentum à tous ces groupes pour se faire entendre.

Les gens d’affaires devront embarquer dans la danse un jour. PKP a d’ailleurs très bien ouvert le bal récemment. Le Québec inc. devra lâcher ses activités de lobbying et cesser de demander toutes sortes de crédit d’impôt ou de subventions. Ils devront prôner une plus grande responsabilité individuelle dans la société et tout cela commence pas eux-mêmes.

Bref, souhaitons que le Québec continue à se métamorphoser et accepte finalement une remise en question de son modèle sans tomber dans la démonisation. Le débat est serein et c’est à nous de le créer.

 

P.S. : Vous êtes vous déjà demandé pourquoi autant de médias sont en difficultés financières? Ils essaient tous de se disputer la même clientèle et en viennent tous à dire la même chose. Il y a présentement un marché de gens qui veulent entendre un discour différent. Les radios de Québec l’ont compris. Est-ce que le Journal de Montréal l’a finalement compris après un an de lockout? 

P.S.2 : Un groupe de droite organise un événement à Québec bientôt. Pour en savoir plus.

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3 réflexions sur “Le centre-droit doit redoubler d’ardeur

  1. Tu viens d’illustrer parfaitement mon point Jacinthe. À quoi sert de tapper encore sur l’ADQ en janvier 2010 plus fort que sur n’importe quel autre groupe. Ils sont pas mal plus dans notre équipe que les péquistes et les libéraux, les solidaires et le socialistes, les souverainistes, les verts indécrottables, les étatiststes et les artistes.

    Tous les groupes de droite mettent parfois trop de temps à se démarquer idéologiquement de leurs alliés qu’à talonner ou tapper sur sur leurs VRAIS adveraires.

    Je ne demande à aucun des groupes de la droite de renoncer à leurs convictions. Je leur demande juste de se tolérer mutuellement.

    Les énergies doivent être bien investies et ce, dans le meilleur intérêt de la réforme du Québec.

    Je me fais demander très fréquemment de revenir à l’ADQ ces temps-ci. Je refuse tout le temps, car je n’y crois plus vraiment. Mais pourquoi je m’amuserais à leur taper dessus. J’ai plein d’amis qui y sont encore et ils se battent également pour réformer le Québec.

    Guillaume est encore dans le parti et il a pleine liberté d’écrire tout ce qu’il veut sur ce blogue, même si c’est partisan.

    Va falloir que l’ADQ vire à gauche en maudit pour que je me mette à leur tapper dessus. J’ai été déçu certes, mais pourquoi tomber dans l’émotif.

    PS : Par le passé, je ne dis pas que j’ai moi-même respecté ce que je dis dans mon texte, juste comme ça. J’ai été partisan, comme bien des gens à l’ADQ.

  2. Il n’y a pas de droite au Québec, encore moins d’extrême droite. La frilosité des Québecois en matière politique est légendaire. Centre droit, représente l’extrême limite de l’audace politique. Et au moindre courant d’air, on se recentre…

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