Les parasites (AJOUT)

Par Guillaume S. Leduc,

Au moment où Jean Charest s’adonne au tourisme international, Pauline Marois avait l’occasion d’occuper toute la patinoire la semaine dernière. Les péquistes ont probablement amorcé la semaine avec optimisme, car le caucus des députés et leur Assemblée générale d’en fin de semaine constituaient deux tribunes importantes pour faire passer leur message. À l’issu de la fin de semaine, tout ce dont ils ont réussi à faire parler est du triple-boucle-piqué de Pauline sur les revendications syndicales.

Pour connaître ce dont les péquistes veulent parler dans les jours subséquents, il ne suffit que d’aller faire un tour sur le blogue de Jean-François Lisée, qui est incapable de s’empêcher d’écrire tout ce dont il discute avec Pauline et ses acolytes. En entrevue ce matin aux coulisses du pouvoir, le député Nicolas Marceau a repris presque textuellement le message que Lisée avait écrit cette semaine. En gros, les péquistes ont décidé de faire le lien entre finances publiques et corruption : vu l’ampleur du montant investi en infrastructures, la corruption dans la construction devient un enjeu de finances publiques (encore une fois, les péquistes reprennent un argument que l’ADQ martèle depuis plusieurs mois).

Finances publiques, corruption. C’est ce qui était planifié.

Mais les parasites du PQ ont infecté les deux événements de la semaine.

Une stratégie planifiée

C’était une évidence que Pauline allait se faire questionner sur les négociations entre les syndicats et le gouvernement. Ça allait de soi que les demandes de 11,25% d’augmentation sur trois ans étaient inacceptables pour celle qui depuis quelques mois tente de recentrer son parti de gauche. Le SPQ-Libre sentait venir le coup et il a probablement planifié cette sortie depuis belle lurette. Quand la chef a très timidement qualifié les demandes syndicales « un peu élevées », il était déjà trop tard. Laviolette et Dubuc étaient prêts. Ils sont décidés à ne pas laisser leur parti abandonner leurs amis du mouvement syndical.

Les médias, eux, ont eu ce qu’ils voulaient. Après tout, ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu de guéguerre interne au PQ et ils devaient s’en ennuyer. Résultat, on n’entend à peu près pas parler de finances publiques et de corruption, mais on assiste à une dispute sur la place publique entre Marois et Laviolette, qui n’est pas allé de main morte : « Si tu tires sur tes amis, il ne faudrait pas te surprendre à un moment donné qu’ils ne soient pas là quand tu en as besoin »!

Marc Laviolette, président du SPQ-Libre

Et le plus extraordinaire dans tout ça, c’est que leur stratagème a fonctionné, Pauline a reculé : « J’ai simplement dit que ça (les exigences syndicales) m’apparaissait à première vue un peu élevé, a rappelé Mme Marois. Il y a sûrement du rattrapage à faire pour les travailleurs de la fonction publique. L’offre gouvernementale est sans doute insuffisante« . Quand j’ai lu ça tout à l’heure, je n’en croyais pas mes yeux!

Non seulement les parasites du PQ sont loin d’être éliminés, mais ils réussissent encore à en affecter son chef. Tant et aussi longtemps que ce parti va tolérer leur présence en leur rang, il ne réussira pas à tenir un discours lucide. C’est à cause d’eux que les meilleurs éléments de leur formation sont partis. Est-ce que le PQ perdrait plus d’appuis en les mettant dehors qu’il en perd actuellement en s’empêchant d’être cohérent en matière de finances publiques ?

Cette formation a toujours été une coalition qui regroupe des gens de gauche et de droite autour de l’idée de souveraineté. Le hic, c’est que ceux de gauche sont beaucoup plus puissants, notamment grâce au SPQ-Libre dont le seul rôle est de se servir du PQ pour diffuser un message syndicaliste.

AJOUT : Joseph Facal y va de ses états d’âmes sur le SPQ-Libre.

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4 réflexions sur “Les parasites (AJOUT)

  1. La seule solution, c’est de créer un LPQ-Libre (les Libertariens pour un Québec libre) au sein du PQ! Je crois que Pauline Marois devient, de plus en plus, lucide avec l’âge, mais qu’elle est muselée par la gang à Laviolette dont la place est…

    [le reste du commentaire a été censuré par les auteurs du blogue]

  2. Pingback: La vérité sur Pauline et le SPQ-Libre « Les analystes

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