Pierre-Karl Péladeau isolé?

Par Ian Sénéchal,


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Cette semaine, Pierre-Karl Péladeau n’y a pas été avec le dos de la main morte avec les syndicats comme nous dirait notre bon ami Jean Perron. Serait-ce un de ces derniers « vrais hommes » encore présents au Québec selon Joanne Marcotte? Cette dernière prend d’ailleurs la défense de M. Péladeau dans un texte magnifiquement bien écrit et transmis aux médias.

Dans ce dossier, Raymond Bachand y a d’ailleurs été d’une autre de ses perles dont lui seul est capable : « Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a jugé que le syndicalisme responsable était un bénéfice, notamment dans un contexte de mondialisation. » Depuis quand le syndicalisme peut être qualifié de responsable au Québec? Sûrement depuis que la coalition syndicale réclame une hausse salariale de 11.5% sur trois ans dans le secteur public! Ou bien, peut-être que cette responsabilité s’est acquise lors des nombreuses manifestations organisées par nos centrales syndicales.

Il est vrai que tout n’est pas tout noir dans le syndicalisme. Il est parfois même nécessaire principalement dans les milieux où la main-d’oeuvre est facilement remplaçable. Également, certains syndicats et entreprises cohabitent très bien. Je travaille d’ailleurs dans une entreprise dont une bonne partie des employés sont syndiqués et je considère les relations de travail très saines à l’intérieur de l’entreprise.

Toutefois, je suis persuadé qu’au Québec, trop d’entreprises et organismes sont syndiqués. Plusieurs employés incompétents sont protégés par leur syndicat et l’ancienneté, ce qui nuit à notre productivité, alors qu’ils oeuvrent dans des milieux où la compétence est primordiale. Sans compter que cela rend plus difficile l’accès des jeunes employés aux postes permanents, peu importe leur niveau de compétence. Il ne faudrait pas oublier également, que plusieurs jeunes sont forcés de travailler sur des horaires variables et en dehors des heures normales de bureau. Pourtant, c’est généralement à un jeune âge que les familles se fondent et que le besoin d’un horaire sur les heures de bureau est nécessaire pour avoir une place dans notre joyeux système des garderies nationalisé et syndiqué, évidemment.

Je considère comme une atteinte à la liberté des gens le fait que tous les employés d’une cohorte syndiquée soit obligés de payer leurs cotisations. Le droit de non-association devrait être reconnu. Mais là, j’idéalise, on est encore bien loin, au Québec, de réussir à renverser le jugement qui a amené la formule Rand.

Si au moins, on demandait simplement aux syndicats d’effectuer leur accréditation d’une manière démocratique par vote secret. Leur refus à cette simple proposition illustre parfaitement le peu de confiance qu’ils ont de syndicaliser autant de cohortes d’employés s’ils n’ont pas accès à des techniques peu conventionnelles pour obtenir la signature de cartes d’accréditation. Ce processus est anti-démocratique et pourtant, les syndicats sont considérés comme de grands sociaux-démocrates. Allez comprendre!

Je suis très content de ne pas être forcé de me syndiquer. Ma profession me permet de garder cette liberté et la possibilité de me démarquer simplement avec mes propres compétences, non par l’ancienneté. Pourtant, je suis quand même perdant à cause de l’hyper-syndicalisation du Québec :

  1. Je paye certains services publics plus chers à cause du trop grand pouvoir qu’ont les organisations syndicales.
  2. Les syndicats sont indirectement subventionnés via les crédits d’impôts accordés par le gouvernement sur les cotisations syndicales.
  3. Les grévistes sont indirectement subventionnés via exemptions d’impôts accordées par le gouvernement sur les revenus de fonds de grève.
  4. Je risque de n’avoir aucun recours si mon enfant se retrouve avec un professeur incompétent et démotivé à l’école primaire parce que celui-ci sera protégé par son ancienneté.

Ce ne sont que des exemples, je suis persuadé qu’il y en a d’autres. Je n’arriverai jamais à concevoir qu’un taux de syndicalisation dépassant les 40% ne soit pas, ne serait-ce que minimalement, en partie responsable de la sous-performance du Québec par rapport à ses compétiteurs. Et non, M. Bachand, je ne considère pas le « syndicalisme responsable » comme un bénéfice à la province de Québec, et ce même dans un contexte de mondialisation. Mais vous avez raison, je m’en fais trop pour rien, l’important, c’est d’être heureux comme peuple!

 

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7 réflexions sur “Pierre-Karl Péladeau isolé?

  1. Bon texte qui donne a réfléchir et je suis d’accord avec vous que les effets de taux de syndicalisation dépassant les 40% soit en partie responsable de la sous-performance du Québec par rapport à ses compétiteurs. C’est un probleme complexe et de trouver une solution bien équilbrée est difficile.

    • On pourrait simplement commencer par des choses très simples :

      1) Vote secret pour les décisions importantes
      2) Augmenter la transparence des syndicats à l’aide de leur rapport financier.
      3) Vote secret pour s’accréditer
      4) Arrêter les subventions déguisées en crédit d’impôts.

      Ainsi, on respecte le droit d’association et le droit de grève. On rétabli simplement un peu l’équilibre, on améliore la transparence et on cesse les subventions.

  2. Tout ce que tu dis Ian est vrai. Malheureusement, le fait que le message vienne du fils de Pierre Péladeau enlève de la crédibilité puisque l’empire Quebecor s’est construit justement en utilisant les syndicats pour foutre le bordel à la Presse et au Montréal Matin, en octroyant aux employés du Journal de Montréal des conventions beaucoup trop généreuses. Ces mêmes conventions qui viennent aujourd’hui miner les héritiers de Péladeau. Quand on joue copain-copain avec des organisations anti-démocratiques mafieuses, on finit toujours par en payer le prix…

    Cela étant dit, le texte de PKP cette semaine était extraordinaire et je suis d’accord avec chacune des idées avancées. Simplement dommage que son père n’ait pas eu la même lucidité!

    • Je suis pas mal moins familier avec Pierre Péladeau, mais je me suis pas mal consacré à cette simple lettre pour juger de la situation.

      Combine ça avec la job qui a été faite par Quebecor avec le Québec dans le rouge et on obtient une bonne base pour enfin brasser un peu le Québec.

  3. Pingback: Bulletin des @nalystes : Janvier 2010 « Les analystes

  4. Fort possiblement, tout des gens qui vote libéral aux élections! Y’a toujours deux côtés à la médaille donc je dis pas que le mileu syndical n’est pas sans faille. Par contre, pour tous ses gens non syndiqué, cadre et non cadre, c’est en partie grâce à ces mêmes syndicats, que vous aimez tant détester, que vos salaires sont plus intéressant. Heureusement pour vous car sans ces belles conventions, ces belles échelles salariales, ces beaux avantages sociaux, il aurait été fort possiblement plus difficile pour vous tous, du moins pour le commun des mortels, de réussir à obtenir tous ces conditions qui vous rendent la vie si agréable. C’est fini l’attitude Teamsters, les syndicats évolues, des relations de travail saine ça existe et il n’est pas nécessaire de crisser une claque à la partie patronale pour y arriver. La façon de pensée de PKP montre qu’il n’a absolument aucunes ouvertures d’esprit et que ce dernier ne veut absolument pas travailler avec les différents syndicats de ces différentes compagnies. C’est déguelasse quand tu penses que c’est avec de l’argent des syndicats qu’il a fait l’achat de Vidéotron et que ces mêmes syndicats étaient prêt à lui prêter encore de l’argent pour l’achat du CH.

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