Un peu de modestie SVP

Par Guillaume S. Leduc,

Cela a pris une bonne décénie aux médias avant de commencer à parler de l’enjeu des finances publiques et de l’endettement. Quand l’ADQ a commencé à parler de la dette, en 1994, tous les observateurs ont regardé Mario Dumont comme un jeune politicien inexpérimenté qui était dans le champ. En 2003, quand l’ADQ a décidé de faire campagne sur la dette, on nous a dit qu’on se tirait dans le pied. Aujourd’hui, certains médias semblent se trouver vraiment avant-gardistes d’avoir amené le sujet.

Voici deux passages que l’on peut lire ce matin dans la chronique de J. Jacques Samson du Journal de Québec.

« Jean Charest sent qu’il a une marge de manoeuvre pour procéder à des coupures dans les dépenses du gouvernement, à la suite de la série Les Québécois dans le rouge, publiée ces deux dernières semaines par le Journal. »

« Il est permis de souffler dans notre trompette à l’occasion, quand un coup remarquable est marqué. Les médias de Quebecor ont ouvert aux Québécois un large échange sur les finances publiques. Du jamais vu. La paternité de cet important dossier journaliste appartient à Dany Doucet, rédacteur en chef du Journal de Montréal. Je suis honoré d’y avoir été associé à Québec. »

Évidemment, je ne peux que me réjouir du dossier Le Québec dans le rouge monté par les journaux de Quebecor. Il s’agît d’un énorme pas en avant si l’on compare à ce qui s’y disait il y a quelques années. Mais qu’on ne vienne pas nous faire croire que c’est grâce à eux qu’on parle de finances publiques aujourd’hui. Est-ce qu’il y a un seul média ce matin qui rappelle aux gens que l’ADQ est le seul parti à avoir mis cet enjeu de l’avant alors qu’il était impopulaire ? Non, aucun! Au lieu de ça, on préfère nous baragouiner à quel point le Journal est beau et fin, alors qu’ils commencent à parler de finances publiques à un moment où la situation est tellement catastrophique que ça va de soi.

Si on avait écouté l’ADQ plutôt que de la démoniser durant toutes ces années, si on avait fait plus attention à un parti qui a fait milles sacrifices en se battant à contre-courant durant 16 ans, nous n’en serions pas au point où nous sommes aujourd’hui.

M. Samson, un peu de modestie ça n’a jamais fait de mal à personne. Et est-ce si difficile de dire que l’ADQ a eu raison toutes ces années ?

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10 réflexions sur “Un peu de modestie SVP

  1. L’ADQ avait eu raison, c’est juste, sur l’enjeux dangeureux des finances du Québec. Le père Péladeau était un séparatiste, alors je ne crois pas qu’il aurait osé dévoiler en détails ou encourager de l’édito sur l’état critique à venir des finances du Québec. Etat qui a dégringolé à une vitesse sur le bouton « fast-forward ».

    Je crois que, la raison pourquoi L’ADQ n’avait pas été pris au sérieux à cette époque, était dû, je pense, au scenario qu’ils avaient joué au debut de leur naissance, en suggérant au fédéral, qu’on donne au Québec presque tout les pouvoirs. En autres mots, un Québec pas separé du Canada mais avec la main sur la poignée de la porte. Cela a fait beaucoup de dommage au parti. C’était du séparatisme déguisé et peu raisonnable.

  2. Pingback: Et l’ADQ dans tout ça? « ÉCRAN RADAR

  3. Tu as raison de te réjouir des récentes publications effectuées par le journal récemment. C’est une avancé majeure pour la cause des générations futures au Québec. Jamais autant d’importance n’a été autant accordé à la vulnérabilité de nos finances publiques.

    Par contre, je crois que ta critique réflète très bien une des faiblesses de l’ADQ par le passé. La difficulté à se trouver des alliés de combat.

    Je veux dire, je comprends que cela peut être frustrant que le journal ne fasse aucune mention de l’ADQ comme père fondateur du combat contre la dette du Québec. Malgré tout, aujourd’hui, l’ADQ et le Journal sont dans la même équipe.

    La sortie de PKP est d’ailleurs une balle que l’ADQ doit s’empresser de rattraper, sans oublier toutes les énergies déployées dans la série Le Québec dans le rouge.

    C’est pourquoi je ne pense pas que ta critique, bien que compréhensible, serve très bien la cause du parti. L’ADQ, surtout depuis la dernière année, n’a pas fait avancer la cause des finances publiques autant que Québecor vient de la faire avancer au cours des dernières semaines.

    Il faut, si on veut vraiment que les choses changent, que l’ADQ apprenne à travailler avec les autres qui embrassent sa cause et ne pas réclammer la paternité de chacun de ses combats. Le débat sur la paternité ne fait malheureusement pas avancer la cause.

    Ta réaction est à mon sens, un vieux défaut que l’ADQ devra corriger si elle veut se remettre d’aplomb.

    Héhé, faut bien avoir des vues différentes de temps en temps sur ce blogue!

  4. Ian, je comprends que c’est important de se trouver des alliés pour mener un combat politique. C’est un geste qui doit être posé pour avoir gain de cause. Cependant, je n’irais pas jusqu’à dire que l’ADQ n’a rien fait pour rallier les gens. De nombreuses entrevues ont été faites sur cet enjeu et même toute la campagne électorale de 2003. Mais les médias ont préféré nous démoniser. C’est facile d’aller cogner à la porte des gens, encore faut-il qu’ils l’ouvrent. Dans ce cas-ci, ils nous ont chassé du seuil de leur porte à coup de 12…

    Durant les nombreuses années où Mario Dumont était seul à l’Assemblée nationale, il pouvait se satisfaire que ses idées soient reprises par les autres. Son parti était encore jeune. Mais un parti politique mature ne peut pas accepter que ceux qui l’ont tant critiqué s’approprie son discours sans la moindre reconnaissance. Oui, j’écris tout cela sous l’influence de la frustration, mais dans les circonstances, je crois que c’est normal.

    • Je comrends que tu sois frustré, mais dit toi que tu peux également y voir une victoire si le coeur t’en dit.

      Même si je ne milite plus à l’ADQ, je suis content d’avoir été parmi ceux qui disent qu’il faut se réveiller depuis longtemps. Je suis juste content de voir qu’une partie des autres commencent à sortir de leur hibernation.

      Un réveil plus précoce de Quebecor nous aurait sûrement faciliter la tâche du redressement qu’on aura à faire d’ici très peu de temps.

  5. À l’émission de Mario Dumont,hier, Gilles Proulx a proclamé que nous étions un peuple de lâches et l’animateur l’a laissé dire sans répliquer,ce qui lui donne doublement raison. Le mépris de la population est injustifiable.

      • Je croyais que s’il est correct de reconnaître les bons coups de Mario Dumont, il est honnête de dire aussi ses faiblesses. Laisser dire, comme animateur à la télévision,que nous sommes un peuple de lâches sans réagir,ça me semble important.

  6. Pingback: Continez M. Hébert, ne lâchez pas le morceau « Les analystes

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