Rétro : L’affaire De Koninck

Par Éric Duhaime,

Voici un texte que j’ai écrit en réponse à la chronique de Gilbert Lavoie que vous pouvez trouver ici. Celui-ci y va également de sa réplique à la fin de l’article.

Le Soleil, 19 décembre 2009, page 53

Le journaliste Gilbert Lavoie n’apprécie pas que j’informe les contribuables sur le fait que Jean-Marie De Koninck reçoive des dizaines de milliers de dollars du ministère des Transports du Québec (MTQ) pour défendre publiquement les libéraux. Il appelle cela « une sale job » (Le Soleil, 17 décembre).

Jean-Marie De Koninck jouit certes d’une réputation et d’une crédibilité enviables. C’est justement pour cela que les libéraux lui ont versé autant d’argent pour en faire leur porte-parole, notamment sur la fameuse baisse du taux d’alcoolémie à 0,05. Monsieur De Koninck choisit de vendre sa crédibilité et sa réputation, bâties au fil des ans, pour se faire le vulgaire perroquet de la plus faible ministre du gouvernement libéral, Julie Boulet. C’est son choix.

Monsieur De Koninck commet cependant l’inacceptable en mentant sur son salaire. Pendant des années, des journalistes rigoureux couvraient les conférences de presse du président de la Table québécoise en sécurité routière en croyant qu’il agissait comme bénévole et se voulait le chien de garde des automobilistes vis-à-vis du gouvernement.

Lorsque questionné sur son salaire le 1er décembre dernier sur les ondes de CHOI-Radio X, Monsieur De Koninck prétendait n’empocher que 800$ pour chacune des réunions de la Table, pour un maximum de 10 réunions par année. Trois jours plus tard, je rendais public un contrat de 30,000$, signé le 21 juillet dernier, entre Monsieur De Koninck et le MTQ. Questionné à nouveau cette journée-là, Monsieur De Koninck avouera avoir effectivement signé un contrat de 30,000$ qu’il avait oublié de mentionner mais, avant cette date, il ne touchait que 800$ par réunion, pour un maximum de 8000$ par année.

Le 16 décembre dernier, je rendais cependant public un autre contrat en date du 25 septembre 2008, au montant de 24,500$, pour l’année 2008-2009. Pris la main dans le sac, Jean-Marie De Koninck décide finalement de se mettre à table et fait transmettre aux médias l’ensemble des contrats qu’il a signé avec le MTQ au cours des 4 dernières années (un total de plus de 100,000$!). On ne parle certainement plus d’un bénévole non-partisan.

Puisqu’on sait aujourd’hui que Monsieur De Koninck est un contractuel du MTQ, on peut se questionner si les chiffres qu’il présente pour justifier les politiques libérales sont aussi peu crédibles que ceux qu’il nous donnait encore récemment sur son salaire. Peu importe son louable passé d’initiateur d’Opération Nez Rouge, on peut légitimement se demander s’il est payé pour tripoter ou interpréter les statistiques afin de louanger sa patronne.

Il n’est peut-être pas élu mais il avoue lui-même être payé pour effectuer plusieurs des fonctions de la ministre pour défendre le bilan libéral (tournées d’information, conférences de presse et entrevues dans les médias). Rappelons que la Table, de son côté, ne reçoit pas un sou pour effectuer des recherches sur, par exemple, le 0,05.

Maintenant que les masques sont tombés et la vérité connue de tous, Jean-Marie De Koninck doit décider s’il veut faire de la politique active sous la bannière libérale ou démissionner pour rentrer dans ses terres. Il ne peut continuer d’être à la fois chien de garde et employé de la ministre des Transports. Même Gilbert Lavoie devrait en convenir.

RÉPONSE DE GILBERT LAVOIE:

Je n’ai rien contre le dévoilement des cachets touchés par M. De Koninck. Je dénonce le fait que vous attaquiez la réputation d’un homme, qui a fait de la sécurité routière sa mission personnelle depuis un quart de siècle, donc bien avant Julie Boulet, et bien avant que le ministère des Transports lui octroie un contrat annuel de 30 000 $ pour sensibiliser nos jeunes aux dangers de la conduite automobile.

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2 réflexions sur “Rétro : L’affaire De Koninck

  1. Les omissions (pour être poli) de M. De Koninck sont impardonnables. Pourquoi avez-vous douté de sa parole en premier lieu?

  2. Je pense que personne ne doutait initialement de sa parole. C’est par accident qu’on est tombé sur son salaire au Ministère des Transports. L’ADQ fouillait sur les contrats donnés par le MTQ sans soumission en lien avec les noms qui circulent sur le scandale de corruption et de collusion dans l’industrie de la construction. La liste a été donnée aux médias afin de démontrer comment les entreprises qui faisaient de gros dons au Parti libéral reçevaient en retour de généreux contrats. Par hazard, en regardant la liste, j’ai trouvé le nom de De Koninck. La veille, il disait sur les ondes de CHOI Radio X qu’il ne reçevait rien, sinon des jetons de présence pour un maximum de 8000$ par année. Ainsi commença la saga…

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