Étudiants, réveillez-vous !

Par Guillaume S. Leduc

Ça y est. Le temps des fêtes et bel et bien terminé et c’est le retour au travail pour tous. Même si la rentrée politique ne se fera qu’en février, on sent que la question des finances publiques sera à l’avant-plan. Après le Journal de Québec et de Montréal, voilà maintenant La Presse qui en parle. Alors que plusieurs lancent des signaux d’alarme depuis 15 ans, ce n’est que maintenant que l’enjeu de la dette publique est pris au sérieux au Québec. Pris au sérieux dans certains médias, certes, mais il y a un groupe de la société – le groupe qui est pourtant le plus interpellé – qui refuse toujours d’accepter l’évidence. Ce groupe, c’est le mouvement étudiant.

Cette période de retour au travail est vraie aussi pour les étudiants. Les différentes associations étudiantes du Québec doivent déjà avoir commencé à préparer leur stratégie hivernale pour réclamer une baisse des frais de scolarité, ou encore que cesse la promotion d’un idéal hétérosexuel standardisé dont celui modelé par le marché capitaliste et patriarcal. Cette dernière revendication est une des perles que l’on retrouve sur le site officiel de l’ASSÉ, que je vous invite cordialement à consulter.

Trève de plaisanterie.

Si l’on consulte les derniers communiqués émis par la Fédération Étudiante Universitaire du Québec (FEUQ), on constate facilement que le discours de cette organisation n’a pas évolué dans les dernières années. Dans le cadre des présumées consultations pré-budgétaires du Ministre Bachand, ils l’ont rencontré pour l’inciter à ne plus hausser les frais de scolarité. Tout le Québec cherche des solutions pour atteindre l’équilibre budgétaire et la FEUQ n’a absolument rien à proposer pour éviter que les milliers de travailleurs de demain qu’elle représente aient à rembourser une dette infiniment plus menaçante pour leur niveau de vie que leur dette d’étude.

Faisons un petit calcul.

Si l’on prend uniquement les intérêts que l’on a à payer sur la dette en 2009-2010 (6,1 milliards) et que l’on divise ce chiffre par le nombre de québécois en emploi (pour être généreux, je vais mettre 4 millions) on obtient une facture individuelle de 127$ par mois. Si l’on prend la moyenne de l’endettement des étudiants québécois en 2009 (13 000$) et que l’on imagine un remboursement sur dix ans, on obtient une facture individuelle de 108$ par mois.

Ça, c’est la situation actuelle. Je vous laisse imaginer ce que ce sera quand la population active va commencer à diminuer. Ce scénario ne prévoit pas, non plus, de remboursement de la dette publique, uniquement le paiement des intérêts. L’endettement public est plus affligeant que l’endettement étudiant et aura tendance à le devenir encore plus. Dès lors, comment peut-on continuer à défendre une baisse des frais se scolarité sans rien proposer pour réduire la dette publique ?

En faisant de telles revendications, les associations étudiantes travaillent contre les intérêts de ses propres membres. Nos bas frais de scolarité sont peut-être le meilleur exemple de programme luxueux que le Québec se paie alors qu’il n’en a pas les moyens. Il est plus que temps que l’on se débarrasse de cette vache sacrée et que l’on rejoigne la moyenne canadienne.

Lorsque la Commission des jeunes de l’ADQ a proposé une hausse des frais de scolarité l’été dernier, il y a eu une vraie campagne de démonisation de la part de ces associations. Il est grand temps que le mouvement étudiant se désillusionne et commence à défendre les jeunes; il est le principal regroupement qui les représente. S’il ne le fait pas, alors il faudra conclure que les associations étudiantes sont bel et bien le club-école du PQ.

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9 réflexions sur “Étudiants, réveillez-vous !

  1. Article interessante Guillaume…je me demandais quels sont les frais par etudiant quebecois pour aller a l’universite? Et quels sont les frais pour les etudiants etranges?

    • Bonsoir Renée,

      C’est une bonne question à laquelle je n’ai pas la réponse détaillée. Je peux vous confirmer que les frais sont beaucoup plus élevés pour les étudiants étrangers que les étudiants québécois. Pour ces derniers, à partir de ce que j’ai payé depuis 2004, les frais sont d’environ 325$ par cours, incluant les frais matériels.

  2. Je n’ai aucun problème à ce que le gouvernement se plie aux désirs des jeunes. S’ils n’ont pas encore compris les effets néfastes de l’endettement ils vont le comprendre plus tard, quand ils vont devoir payer. Le gouvernement emprunte à leur place pour payer leurs cours; hors quand le gouvernement s’occupe de nos affaires, il y a un frais de fonctionnaire de 40% à payer, c’est plus que ce que les banques demandent.

  3. « Les associations étudiantes travaillent contre l’intérêt de leurs propres membres. » Amen to that. Je dirais même qu’ils devraient comprendre que les droits de scolarité sont le moindre de leurs problèmes…

  4. En lisant les infos de Radio Canada que tu as posté, je dois avouer que j’ai cru qu’il y avait un erreur à propos de l’augmentation des coûts pour un MBA à McGill de $1,750 a $30,000, ce n’est vraiment pas raisonnable. Cela m’apparait tres exagaré.

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