Des élections à saveur olympique ?

Par Guillaume S. Leduc,

Je sais que c’est hasardeux de s’aventurer au jeu des prédictions, mais en cette fin d’année 2009 je ne peux m’empêcher d’essayer de prédire ce qui se passera sur la scène fédérale en 2010. Surtout qu’une nouvelle très révélatrice est sortie ce matin, du moins si on l’analyse du point de vue stratégique.

On apprend en effet que le gouvernement Harper a l’intention de nommer cinq sénateurs dès le début janvier afin que le Parti conservateur retrouve la majorité au Sénat pour la première fois depuis l’ère Mulroney. Dans cet article du Devoir, Alec Castonguay nomme Pierre-Hugues Boisvenu et Andrée Ruffo comme étant ceux qui ont le plus de chances d’être nommés. Il mentionne également Benoît Bouchard, qui je crois a plus de chances que certains le pensent, du moins si je me fie au changement d’attitude qu’il a démontré au Club des ex depuis plusieurs semaines.

L’article évoque également, comme c’est le cas à chaque fois que Harper est sur le point de nommer des sénateurs, Jean Allaire le fondateur de l’ADQ. Je ne sais pas pourquoi les journalistes le mentionnent toujours – c’est vrai qu’il aurait été excellent – mais M. Allaire a plus de 75 ans et ne peut malheureusement plus accéder à cette fonction.

Au-delà de l’identité du prochain sénateur québécois, cette nouvelle vient renforcer le sentiment que j’ai depuis quelques temps que Harper veut des élections immédiatement après les olympiques de Vancouver.

Je m’explique…

Afin que la composition des comités du Sénat puisse être changée, il faut que la session parlementaire soit prorogée. Pour avoir une majorité effective au Sénat, Harper doit donc demander à la Gouverneure Générale la prorogation du Parlement. La raison qui sera évoquée par le Premier ministre sera probablement qu’il veut une stabilité politique et aucune possibilité d’élections durant les Jeux de Vancouver qui se dérouleront dans la deuxième moitié de février. Dans les faits, les Jeux Olympiques donneront une très belle visibilité au Premier ministre, qui n’hésitera pas à se faire photographier auprès des athlètes canadiens et des chefs d’état étrangers.

La prorogation pourrait donc entraîner l’ouverture d’une nouvelle session vers le début mars et un vote sur le Discours du Trône. Avec des intentions de vote qui frôlent la majorité, j’ai bien l’impression que les conservateurs vont s’arranger pour élaborer un discours que les partis d’opposition ne pourront pas accepter sans perdre la face. Michael Ignatieff, dont la crédibilité est déjà entachée, ne voudra plus faire un Stéphane Dion de lui-même. Jack Layton, qui a appuyé le gouvernement à condition d’une bonification des primes d’assurance-emploi l’automne dernier, se rendra vite compte que les conservateurs ne feront aucune concession cette fois-ci. Je ne peux pas concevoir que Gilles Duceppe appuie le gouvernement, à moins d’un « acquis » majeur pour le Québec ou de chiffres vraiment désastreux pour le Bloc.

C’est également à ce moment de l’année que le gouvernement doit déposer le budget, donc il y aura un deuxième vote de confiance très rapidement si jamais un parti d’opposition décidait d’appuyer le discours du trône.

Des élections fédérales printanières, ça vous dit ?

UPDATE : Plusieurs médias rapportent que la session sera effectivement prorogée jusqu’au 3 mars et que le budget sera déposé le lendemain.

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2 réflexions sur “Des élections à saveur olympique ?

  1. Hmmm, la prorogation semble être un choix logique, à mon avis.

    Je ne serais pas surpris que les conservateurs soient prêts à y aller. Avec l’économie qui prend du mieux, ils auront réussis à passer au travers d’un gros défi pour tous gouvernements : une récession.

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