Rétro : Paul Gérin-Lajoie

Voici un autre ancien texte qui fût publié sur le blogue de la CDJ-ADQ sous ma plume. Je sais que plusieurs n’aiment pas ce que Gérin-Lajoie représente, car il fût un grand social-démocrate, mais le texte traite plus de courage politique que d’idéologie politique. À vous d’en juger.

Je viens tout juste de terminer une lecture extrêmement intéressante sur l’histoire politique québécoise. Il s’agit d’une biographie d’un ancien révolutionnaire tranquille : “Paul-Gérin Lajoie, l’homme qui voulait changer le monde” de Mario Cardinal. Cette biographie mérite d’être lue par un adéquiste. Non pas pour les idées poltiques défendues par l’homme (c’est un nationaliste modéré très social-démocrate), mais bien pour tout le courage politique nécessaire dans la réalisation d’un grand rêve : la création du Ministère de l’Éducation.

Je ne m’étais jamais douté que la création de ce ministère avait été aussi difficile. Il faut comprendre qu’avant 1960, le clergé exerce un contrôle absolu sur le système d’éducation. Ce système, pour un jeune des années 80 comme moi, me semble extrêmement dépassé. Pourtant, c’est ce dernier qui était en vigueur il y a tout juste 50 ans, ce qui est très court dans l’histoire d’un peuple. L’opposition à cette importante étape de l’émancipation des québécois ne provenait pas seulement de L’Union Nationale, très proche du milieu ecclésiatique. Elle venait également d’une grande partie de la population et même du Conseil des Ministres lui-même. En effet, plusieurs ministres n’étaient pas très chaud à l’idée de voir de si gros budget accordé au futur Ministre de l’Éducation. Il faut dire que les déficits n’étaient pas une option dans ce temps-là (c’était le bon vieux temps quoi). Donc cette création entraînerait de nouvelles taxes (peu rentables électoralement) ou un transfert de budget des autres ministères (d’où l’opposition de plusieurs ministres). Même Jean Lesage fût extrêmement difficile à convaincre. Ce genre de récit est toujours très intéressant pour un jeune qui n’a pu vivre ces moments intenses de la politque québécoise qui faut dire, était franchement plus dynamique et suivie par la population qu’aujourd’hui.

Où voulais-je en venir? Ce récit m’a démontré qu’il est possible pour un politicien de ramer contre le courant et d’arriver à ces fins. En 1960, Paul-Gérin Lajoie était un visionnaire et quand je regarde l’éducation que j’ai reçu, je peux dire que je lui dois une fière chandelle. Cet homme avait tout le monde contre lui, mais il croyait suffisamment à son projet pour ne pas plier l’échine devant l’opposition. C’est cette attitude que l’ADQ doit retrouver aujourd’hui. C’est ce genre d’homme et de femme qui doivent porter ce parti dans le futur. Des gens qui foncent même si des murs se dressent devant eux.

Car il faut le dire, au Québec, les murs sont épais dans tous les sens du terme. Les défenseurs de l’immobilisme sont de plus en plus présents. Au contraire de 1960, l’heure n’est malheureusement plus à la création de nouveaux ministères. L’heure est au grand ménage dans la société québécoise. Même des bonnes idées comme le Ministère de l’Éducation sont devenues des bêtes bureaucratiques qui nuisent à l’avancement de notre société. Les structures ne doivent pas seulement être revues et changées de nom comme le PLQ s’amuse à faire depuis trop longtemps déjà. Elles doivent être complètement repensées, simplifiées voire même abolies pour redonner de l’oxygène à notre société qui tranquilement et tout bonnement, se dirige vers un gouffre sans que personne ne s’en rende vraiment compte.

Bref, je vous suggère cette excellente lecture. Elle décrit très bien quel genre de personnes l’ADQ a besoin. Des gens de convictions qui n’ont pas peur d’avoir le vent dans la face.

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