Rétro : Le CH et les politiciens!

Voici un texte que j’avais publié au mois d’avril dernier, du temps où j’étais dans la Commission des Jeunes de l’ADQ. Cet article était sur le blogue de la CDJ. Évidemment, ce n’est plus d’actualité puisque les Molson ont acheté le club, mais je souhaite simplement regrouper ce que j’ai déjà publié sur mon blogue. Je placerai ce type d’article dans la catégorie « Écrit – Archives ».

C’est évident, il faut à tout prix que le prochain propriétaire du Canadien soit un Québécois. Pas le choix, c’est Réjean Tremblay qui le dit :

“C’est inquiétant parce que ce serait une insulte que le Canadien, l’année de son centenaire tant célébré, se retrouve dans les poches d’un autre Américain. George Gillett a souvent tenu des propos flatteurs et mignons envers les Québécois. Normal, les indigènes lui ont permis de faire des dizaines de millions de profits. Et en remplissant son édifice et en achetant ses produits, le bon peuple permettra à Oncle George d’aller chercher 400 millions pour tenter de se renflouer.”

Plusieurs politiciens ont même sauté sur la patinoire en souhaitant que la CDPQ facilite l’achat du CH par un Québécois. Sérieusement, en quoi est-ce nécessaire que le propriétaire des Canadiens soit québécois. Vont-ils être meilleurs? Probablement, ce ne sera pas dur à battre cette année.

Trève de plaisanteries, 10 minutes de mauvaise conduite pour tous les politiciens qui ont voulu envoyer l’argent de mes impôts et cotisations dans les poches de M. Gillett. Car il ne faut pas se faire prendre, l’argent qui pourrait être avancé par la CDPQ ne servirait qu’à augmenter le nombre d’acheteurs potentiels. Plus d’acheteurs égal plus de demande égal plus gros profit pour qui? Et oui, pour un Américain. Drame, on se fait encore avoir!

De plus, un montage financier par endettement (ex : 75% prêt et 25% cash) signifierait qu’un investisseur québécois qui n’en a pas tout à fait les moyens pourrait jouer au cowboy avec le club en déboursant très cher quand la valeur du club semble être à son plus haut. Ça sent le montage financier risqué. Qu’est-ce qui arrive si le dollar canadien chute à 0.62$, que le club joue comme dans les belles années d’Andrei Kovalenko et de Martin Rucinsky qui avait un swing de golf impeccable à force de pratiquer ou que la ligue tombe une fois de plus en grève ou en lock-out? Cet investisseur pourrait ne plus rencontrer ses obligations et déclarer faillite. La CDPQ deviendrait ainsi propriétaire du club ou pire, le gouvernement fournirait une aide d’urgence à l’investisseur. Wow, la belle affaire.

Il ne faut pas oublier que le timing de notre ami Gillett est excellent. Il souhaite vendre le club alors que sa valeur a peut-être atteint son optimum. Je me suis toujours fait dire que pour faire de l’argent, il faut acheter bas et vendre haut. Est-ce vraiment le meilleur temps d’acheter les Canadiens de Montréal pour un investisseur québécois qui se ferait faciliter la vie par le gouvernement? J’en doute.

Si la CDPQ veut sauter sur la glace, qu’elle le fasse, mais ce n’est pas aux politiciens de décider si elle doit le faire. Elle doit prendre cette décision strictement parce qu’un prêt à un éventuel acheteur est le meilleur placement qu’elle peut faire pour obtenir un bon rendement sur ses actifs. Permettez-moi seulement de douter que ce type de placement serait aussi merveilleux. Il y a probablement des actifs plus intéressants sur le marché à un risque moindre.

Il y a un dicton qui dit de ne pas mélanger amour et travail. Moi je vous dis, ne mélangez pas amour et finance (et encore moins finance et politique). Les symboles n’ont pas leur place en gestion financière (tout comme la politique d’ailleurs), aussi forts soient-ils. Si aucun Québécois ne veut acheter le club parce qu’il n’y a pas assez d’investisseurs potentiels (faut quand même être presque milliardaire pour se payer ces jolis joujoux), ne soyez pas tristes. Il y aura toujours une certitude au hockey, les Canadiens demeureront à Montréal, que les propriétaires viennent de Mars ou de Denver.

Ah j’oubliais, il y a une autre certitude. Les sacs de golf des joueurs sont déjà préparés pour la longue saison estivale (paroles d’un fan inconditionnel du CH qui trouve son équipe vraiment poche depuis les fêtes).

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