Tous et chacun veulent conserver le niveau de services sociaux?

Hier, j’écoutais l’émission de Richard Martineau à LCN. Le sujet était les finances publiques. Tout pour m’intéresser quoi! En première partie, il recevait deux invités. M. Marcelin Joanis du CIRANO et M. Carlos Leitao, de la banque Laurentienne. Ce sont deux personnes crédibles et qui connaissent bien l’économie de part leurs fonctions. Jamais je ne me serais attendu à ce que ces deux hommes tiennent des propos aussi semblables. La ligne directrice : « Il faut revenir aux budgets équilibrés, mais il n’y a pas grand chose à faire dans la colonne des dépenses. Il faut se préparer à accepter une hausse des revenus du gouvernement, par une hausse des taxes à la consommation, des tarifs et voir même la création de nouvelles taxes vertes ». J’étais vraiment furieux de voir que Martineau avait invité deux experts qui semblaient en mission de marketing pour le gouvernement Charest! Heureusement, Joanne Marcotte était présente dans la seconde moitié de l’émission pour tenir des propos qui allaient carrément à contre-sens. Cette très bonne performance de madame Marcotte m’avait calmé et je ne ressentais pas le besoin de vous en parler ce matin.

Toutefois, M. Joanis à sévit une seconde fois hier. Voici le lien d’un article traitant du sujet. Lisez bien la prochaine phrase tirée de cet article et tentez de rester calme :

« Je pense qu’il n’y a pas une grande marge de manœuvre du côté de la réduction des dépenses de l’État, car tous et chacun veulent conserver le niveau de services sociaux. Alors, je conclus malheureusement qu’il faudra aussi aller chercher du côté des revenus et toutes les options sont sur la table »

Sérieusement, ce genre d’affirmations est totalement absurde et ne vise qu’à endormir le monde. Comme si le gouvernement serait une instance très productive, où les services publics sont rendus de manière optimale et où il n’y a aucun gaspillage. Et voir également que tous les citoyens veulent maintenir le panier de services actuels. Tout le monde est d’accord pour que l’État mette son nez partout, voyons donc. Vive la pensée unique.

M. Joanis hier m’avait plus l’air de quelqu’un qui veut s’assurer de conserver ses subventions de recherche octroyées par le gouvernement que quelqu’un de très objectif. On demande une fois de plus au citoyen de se serrer la ceinture alors que le gouvernement patauge dans le gras tout en mettant continuellement sa main dans notre portefeuille.

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6 réflexions sur “Tous et chacun veulent conserver le niveau de services sociaux?

    • Je t’avais écouté Live ce midi et c’était une fois de plus très bon. En effet, je commence à avoir le mauvais feeling d’avoir tiré 50$ par la fenêtre avec le colloque du CIRANO. J’espère que les autres représentants et conférenciers vont être plus critique sur le rôle que l’état joue dans notre société que M. Joanis.

  1. Le gras:

    TVQ

    La SAQ

    Le conseil du statut de la femme

    La commission des droits de la personne

    Hydro-Québec

    Loto-Québec

    Les avortements

    Les traitements IVF

    Le Conseil de la langue française

    On peut en ajouter.

  2. Bien d’accord, j’étais sidérée en écoutant l’émission. J’ai bien aimé lorsque Mme. Marcotte insistait en disant: « Qu’on nous montre les livres, qu’on juge par nous-mêmes ».
    Et je crois que du gras il y en a: voici un extrait d’un texte de Pierre Duhamel qui souligne les aberrations étatiques: « …J’ai recensé 189 commissions, sociétés, régies et autres organismes relevant du gouvernement du Québec. On trouve un Bureau de la Capitale nationale et une Commission de la capitale nationale. On pourrait philosopher longtemps sur la pertinence d’une Société des bingos du Québec. D’autres organismes ont des noms évocateurs. Que pensez-vous de la Commission des appellations réservées et des termes valorisants ? Pourquoi un Office Québec-Wallonie-Bruxelles pour la jeunesse, un Office Québec-Amérique pour la jeunesse, un Office franco-québécois pour la jeunesse, quand il existe une Office Québec-Monde pour la jeunesse et un Secrétariat à la jeunesse ?
    Le ministère de la Santé et des services sociaux est en soi un bel exemple de complexité administrative avec ses 10 organismes, ses 18 agences régionales et ses 88 directions administratives. Ce sont ces gens-là qui devraient simplifier le fonctionnement des hôpitaux ? Mais mon organisme préféré est l’extraordinaire Secrétariat du comité ministériel de la prospérité économique et du développement durable en matière d’allégement réglementaire et administratif. 18 mots… pour alléger ! »
    Vraiment, les tenants de l’augmentation des revenus n’ont jamais d’arguments mais ceux qui défendent la thèse de la réduction des dépenses en ont toujours!

  3. Pingback: Colloque du Cirano : Une profonde déception « Calcul, sport et politique

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