Souffre-t-on réellement de déficits chroniques au Québec?

Alors, pourquoi toutes ces publicités financées à même vos impôts, taxes et tarifs? Ha oui, c’est parce qu’au Québec, le citoyen normal est trop débile pour :

  1. Aimer la vie!
  2. Éteindre son moteur
  3. Règler ses problèmes familliaux
  4. Ne pas commencer à fumer
  5. Se souvenir qu’il parle français
  6. Mettre un condom
  7. Se souvenir qu’il envoit ses enfants à l’école pour qu’ils deviennent quelqu’uns
  8. Supporter ses enfants dans leurs études
  9. Ne pas prendre de drogue avant de prendre le volant

Ne soyons pas dupe, ces publicités ne fonctionnent pas ou du moins, ne valent pas leur investissement. Regardez la numéro 7, elle a été tournée en 1984. Le gouvernement a tellement obtenu l’effet qu’il désirait qu’il a complètement éliminé le décrochage scolaire en 2009. C’est du sarcasme, évidemment.

Parfois, on se demande même quel est le but de la publicité. Regardez la numéro 1. C’est complètement inutile.

Cette année, le gouvernement va enregistrer un déficit reccord, il se prépare à hausser les taxes et tarifs, on oserait croire qu’il va couper dans certaines dépenses superflues. Et bien non. Les budgets publicitaires du gouvernement n’ont certainement pas été réduits. Cette année, j’ai appris qu’il fallait que je laisse passer les piétons, que je demeure actif à ma retraite dans 40 ou 50 ans et que je devais baisser mon chauffage pour sauver la planète. Tout plein de bonnes choses.

C’est quoi le budget publicitaire du gouvernement? Supposons que c’est 8 millions de dollars (c’est évidemment bien plus que ça, je n’ai juste pas pris le temps de chercher). Et bien, c’est un dollar par québécois. J’aurais grandement préféré m’acheter un bon café chaud au dépanneur du coin que d’endurer ces horreurs dans ma télé. Et le gars du dépanneur aurait augmenté ses profits, car il aurait eu un dollar de plus dans ses revenus, il se serait fait imposer moins sur son profit et aurait lui aussi droit à son dollar. C’est une roue qui tourne. J’ai bien de la misère aujourd’hui à regarder ces pubs sans que ça me mette de mauvaise humeur. Même ma femme est tannée (pas des pubs, mais de la mauvaise humeur qu’elles engendrent chez moi!!!)

P.S Merci à une lectrice Facebook pour l’idée d’écrire cet article. Elle se reconnaîtra.

P.S.2 : J’aurais pu intégrer les pubs du gouvernement fédéral, mais elles sont généralement franchement mauvaises.

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10 réflexions sur “Souffre-t-on réellement de déficits chroniques au Québec?

  1. Désolé mon cher Ian de contribuer à ta mauvaise humeur, mais permets moi de prêcher pour ma paroisse. :-)

    La principale erreur que les annonceurs (gouvernementaux et autres) font avec la pub c’est de la croire provocatrice de changements sociaux. En fait elle n’est qu’accélératrice de changements. Par exemple, ce n’est pas la pub qui fait que les gens recyclent plus, c’est le gros bac bleu qu’ils ont reçu + la pub.

    Dire aux parents que l’éducation c’est important est une chose. Il aurait fallu que le gouvernement le croie aussi, et le livre.

    Dans mon métier, on est habitués d’entendre les gens dire que la publicité ne marche pas… pour les voir ensuite se lever et se rendre, mus par une force étrange, au Wal-Mart le plus près.

    Mais je concède qu’il y a bien des campagnes qui manquent leur coup…

    Si seulement ils avaient écouté Clothaire!

    Amitiés
    Le publicitaire masqué!

    • Content de t’entendre sur le dossier, je savais que ça te touchais quand même pas mal. Effectivement certaines campagnes publicitaires peuvent avoir leur utilié. Un moment donné par contre, j’en viens qu’à me demander si on ne donne pas des contrats publicitaires simplement pour donner des contrats, sans trop savoir pourquoi et surtout combien ça coûte. Et quand tout le monde et toutes les entreprises revoient leur dépenses, il serait normal de s’attendre à ce que les budgets publicitaires du gouvernement diminuent. Et comme tu le dis, j’ai souvent l’impression que le gouvernement lance une campagne de pubs en espérant montrer qu’il a à coeur un dossier, alors qu’en réalité, rien n’ai fait pour améliorer le sort des gens.

  2. Le but du gouvernement n’est pas de provoquer des changements sociaux mais de pouvoir sauver la face devant l’opposition et divers intervenants sociaux. Quand l’opposition demande au Ministre concerné ce qu’il a fait en matière de « x » sujet, il peut répondre: « Nous avons fait une campagne de sensibilisation qui a permis de rejoindre « x » personnes ». Ça ne donne rien, tout le monde le sait, et personne ne semble avoir le courage d’arrêter ça. Je ne veux faire en aucun cas le procès de la publicité que j’apprécie souvent d’ailleurs dans d’autres contextes, mais ce n’est pas le mandat du gouvernement de dépenser notre argent à nous faire la morale, et pour les morons, ces types de pub n’auront pas d’effet sur eux! C’est juste du gros bon sens et ça doit pouvoir s’arrêter bien simplement. Mais tant que nos deux vieux partis étatistes formeront le parlement, il y fort à parier que ça ne changera guère.
    Bravo Ian! Continuez.

  3. Je pense qu’il y a des publicités « sociétales » qui ont du mérite, mais quand l’État veut « m’élever » « élever mes enfants », requestionner mes valeurs, là, je trouve que c’est pas son rôle.

  4. Moi je trouve que les pubs sur les sujets sociaux sont une excellente idée.

    Sauf que ça ne devrait pas être le contribuable qui les finance.

    En fait, des groupes sociaux devraient avoir recours à des pubs plus souvent. Je trouve ça tout à fait pertinent. Mais comme l’État fait la job des groupes sociaux, pas besoin de le faire soi-même. Juste à titre d’exemple, le Conseil du Statut de la femme publie une revue féministe qui s’appelle La Gazette des femmes. De l’argent des contribuables servent à renforcer la notion que les femmes sont des victimes et leur seul salut c’est le féminisme.

    Il devrait avoir un blogue juste pour révéler les dépenses niaiseuses de l’État à tous les niveaux. Je pense que ça ferait réveiller le monde. Même peut-être je vais tâcher de le faire moi-même. Voilà l’esprit libertaire.

  5. Pingback: Ce que la droite ne nous dit pas par rapport aux publicités gouvernementales. « Le blog du TViste

  6. Ce que la droite ne nous dit pas par rapport aux publicités gouvernementales.

    Les gens de droite sont convaincus que le Québec est sous le joug de socialistes qui veulent contrôler chacun des aspects de leur vie. Un de leurs arguments pour démontrer que l’état du Québec veut contrôler nos vies: les publicités télévisées que le gouvernement commande. Jeff Plante se plaignait récemment dans un vidéo des publicités qui nous encourageaient à aider les vieilles personnes à traverser la rue. Ian Sénéchal, dans un billet récent, fait une liste des publicités commandées par le gouvernement ces dernières années (même une de 1984). Le ciel est bleu félicite l’article qui dénonce le méchant état québécois qui investit notre argent dans des publicités qui ne fonctionnent pas et dont le but n’est pas toujours clair. Ian Sénéchal, suite à une approximation grossière, en vient à la conclusion que chaque québécois se prive d’un café par année pour pouvoir payer ses publicités et nous exprime à quel point il aurait préféré boire un bon café chaud. Hmmmmm…

    Détruisons quelques mythes tirés directement de l’article.

    « Ne soyons pas dupe, ces publicités ne fonctionnent pas ou du moins, ne valent pas leur investissement. »

    Il y a quand même quelque chose de contradictoire dans cet argument, d’abord les droitistes nous disent qu’ils ne veulent pas être contrôlés par des publicités, d’un autre côté ils nous disent que la publicité ne contrôle personne. Or c’est faux. Un des meilleurs exemples est la lutte contre le tabagisme. Celle-ci consiste en des campagnes publicitaires et d’information à long terme combinée aux différentes lois sur le tabac, incluant celles qui obligent les compagnies à l’impression de messages sur les paquets de cigarette. En 1995, on évaluait à 38% le nombre de fumeurs. Ce nombre a chuté à 25% en 2005 puis entre 20 et 22 % en 2006. La réduction du nombre de fumeur d’environs 17% seulement depuis 1995 est essentiellement attribuable aux campagnes d’information; il n’y a pas de nouvelles données scientifiques depuis 1995 qui indiquent des choses surprenantes sur le tabac. En 1995, les effets cancérigènes du tabac étaient déjà connus. Qu’est-ce que ça peut représenter 17% de fumeurs convertis en non-fumeurs pour le Québec ? Ne serait-ce qu’en se limitant à la question monétaire, c’est des milliards de dollars de sauver. C’est d’abord des travailleurs plus en forme, plus efficaces, qui coûtent moins cher en frais de santé, et qui plutôt que de mourir à 40-50 ans d’un cancer du poumon peuvent travailler encore pendant 10 à 20 ans. Ne vous inquiétez donc pas, monsieur Sénéchal, votre café n’aura jamais été aussi bien investi. Et je n’ai qu’abordé la question de l’argent; on pourrait parler de bonheur, de famille, de l’entourage.

    « Parfois, on se demande même quel est le but de la publicité. Regardez la numéro 1. C’est complètement inutile. »

    Ian Sénéchal faisait référence à une publicité qui encourage les gens à aimer la vie. Je ne vois pas le problème qu’il a avec l’idée d’encourager les gens à aimer la vie, à s’assurer que leur vie est plaisante. Les dépressions, les suicides, les burn-outs, tous ces problèmes viennent d’un manque de joie, de passion, ou d’organisation dans la vie émotionnelle des gens. Je ne dis pas que certains cas ne sont pas des maladies physiques affectant le cerveau contre lesquelles on ne peut faire rien d’autre que de prescrire un médicament, mais je crois qu’une partie importante de ces problèmes peuvent être améliorés par des facteurs environnementaux et par l’encouragement à prendre son bonheur en main.

    Les publicités, c’est aussi un moyen de financer la culture

    Finalement, soyons francs, personne au Québec ne veut d’un univers télévisuel limité à quelques chaînes contrôlées par un géant. Pour maintenir la diversité actuelle des canaux télévisés, un investissement de l’état est nécessaire. Non, malgré tout ce que la droite nous dira, le marché n’injectera jamais assez d’argent ni en télévision, ni en musique, ni en cinéma pour maintenir la qualité et la diversité actuelle de la culture québécoise. Si vous remettez entre les mains de Honda et des soupes Aylmer la culture québécoise, attendez-vous à une réduction autant de la quantité que de la qualité. Donc le gouvernement doit envoyer de l’argent aux producteurs et distributeurs télévisés. Une des manières avec laquelle il le fait, et c’est loin d’être la plus grosse somme, c’est simplement d’acheter des publicités à un peu tout le monde. Ainsi on fait d’une pierre deux coups: sensibiliser la population à des faits de santé et de société extrêmement importants et en profiter pour financer les chaînes télévisées, généralement au prorata de leur popularité puisque les publicités coûtent un prix qui est généralement proportionnel à l’importance de l’auditoire. Ça me semble un bon investissement, hautement efficace, et ça marche. Puis, après tout, vous êtes toujours dans un pays libre; si vous ne voulez pas suivre les recommandations de l’annonce, rien ne vous y force.

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