Inquiet pour le Québec : Partie 6

La confiance que j’ai en notre avenir

Certains diront que cette série de billets était sombre, défaitiste et peu encourageante. Ils ont probablement raison. J’ai toujours cru que le Québec devait être réformé en profondeur et que tout ça passait par la politique active. Vous comprendrez donc que la saga que vit l’ADQ n’a rien de réjouissant à mes yeux. Par contre, je continue de croire qu’il est encore possible que les choses changent.

Il faut quand même reconnaître que les gens sont prêts à entendre le discours de droite ou de centre-droit. Comme le dirait Joanne Marcotte dans ses entrevues, il y a un marché pour la droite au Québec. L’élection du conservateur Bernard Généreux dans le bas du fleuve tend un peu à démontrer cela. Le Québec sort tranquillement du débat stérile souverainiste-fédéraliste. Certains organismes gagnent en crédibilité depuis bien des années. On a qu’à penser à l’IEDM par exemple. Certains sondages tendent aussi à démontrer que les québécois sont prêts à plus de privé en santé par exemple. De plus, la déconfiture de l’ADQ vient de libérer beaucoup de temps chez d’excellents militants de la droite au Québec. Et ce, sans compter tous les militants qui avaient déjà quitté le bateau il y a quelques temps. Quelles sont les options qui s’offrent aux Québécois désirant du changement?

Le « rebranding » de l’ADQ

Certains voudront travailler à remettre l’ADQ sur les rails avec Gérard Deltell. C’est une option. Il y a certains points qui font que ça pourrait marcher : le charisme de Gérard, son accès facile avec les médias, sa « virginité » politique, un groupe de militants qui a déjà oeuvré dans un parti politique. Évidemment, il y a plusieurs points irritants : l’absence d’une équipe solide autour de Gérard Deltell, la difficulté à ramener les deux députés indépendants (Caire et Picard), l’incapacité chronique de l’ADQ à monter une organisation solide et institutionnalisée, la régionalisation du parti, une image de marque ternie comme on n’oserait même pas l’imaginer, un amateurisme déconcertant de la part de plusieurs de ces organisateurs dits « séniors et expérimentés », un membership qui s’éffrite et tout ça sans parler de la situation financière très précaire du parti. Disons que le banquier de l’ADQ est comme on dit, très patient!!! Je dis tant mieux si les gens qui y croient encore réussissent ce tour de main incroyable. Mais désolé, je n’y crois pas.

La création d’un nouveau parti

Plusieurs personnes en parlent et le souhaite. C’est une option alléchante pour plusieurs idéalistes. Mais ne nous en cachons pas, un parti créé par des militants déçus ou des personnalités en manque chronique d’attention n’a pas ce qu’il faut pour être assez solide. Au mieux, ces gens réussiront à mettre sur pied une ADQ 2.0. Un parti avec de bonnes idées incapable de rivaliser avec ces adversaires dans les médias, le terrain et le recrutement de candidats. J’ai longtemps cru que l’ADQ était un grand parti. En fait, ce n’était qu’un « front » comme on dit en anglais. Mario réussissait à cacher plusieurs défauts organisationnels. Remarquez que son mépris de l’organisation est à la base de tous les déficits organisationnels de l’ADQ. Toutefois, cette initiative à quand même une chance de réussite. Il y a un apétit certain pour ce type de parti. Reste à voir jusqu’où cette initiative pourra aller.

La création de groupes de réflexions

Ce sont d’excellentes initiatives. Les gens vont continuer de discuter des idées de droite et c’est extrêmement intéressant. La documentation sur le sujet est de plus en plus fouillée et disponible. De plus, il est important que les gens restent en contact. La pire chose qui pourrait arriver c’est que tout le monde baisse les bras. Ça ne risque pas d’arriver par contre. Je suis persuadé que plusieurs de mes amis voudront participer à ce genre d’initiatives.

La création d’un think tank

Une autre bonne idée. Les organismes comme le CIRANO, l’IEDM et l’Institut Fraser servent très bien la cause de la droite au Québec. Y a-t-il de la place pour un autre groupe. Fort probablement. Si certaines personnes se lancent dans cette initiative, j’espère qu’ils pourront se faire entendre le plus possible dans le paysage québécois. Je participerai justement à un colloque organisé par le CIRANO ce 24 novembre. J’ai lu la documentation et j’ai bien hâte d’écouter tous ces conférenciers.

L’organisation de la droite au Québec

Un des graves problèmes de la droite au Québec, c’est qu’elle est principalement défendue par des polémistes ou des animateurs de radio qui se disent de droite, mais qui ne comprennent pas vraiment ce que c’est réellement. On n’empêchera jamais ces gens de parler. Ils font partie du mouvement et sont souvent utiles. Malheureusement, ils sont parfois nuisibles. C’est pour ça que ce sont les acteurs crédibles de la droite québécoise qui doivent prendre plus de place sur le plancher. Ils sont souvent trop discrets et ont difficilement accès aux médias. De plus, le discours manque parfois de vulgarisation. Ils doivent donc avoir la chance de s’exprimer le plus souvent possible tout en s’assurant que la population générale comprend bien leur message, sans tomber dans la facilité. Le réseautage de la droite peut sembler également faire défaut. Les acteurs de droite n’étaient pas du tout arrimés avec le seul parti politique provincial de leur côté. De plus, on sent une certaine méfiance parfois entre tous ces acteurs. Le réseautage de la gauche et autrement plus développé. Il ne faut pas se demander pourquoi ils sont si efficaces. Les liens politiques, médiatiques, syndicaux et étudiants sont solidement tissés. En est-il de même de notre côté, je ne crois pas. Évidemment, les acteurs de droite devront y voir dans un futur proche. Il faut briser la pensée unique au Québec une fois pour toute.

Conclusion

J’ai la ferme conviction que les choses vont changer au Québec. Il faut seulement y croire et investir son temps aux bons endroits. Pour l’instant, mon analyse me conduit à mettre mon temps en dehors de la politique. Mais un jour, il faudra y retourner, car tout passe par là. Il faut toutefois préparer la population à tous ces changements et surtout, améliorer l’organisation de la droite. La coordination devra être plus efficace pour espérer qu’un jour le mouvement soit assez fort et qu’un parti crédible et organisé prenne le flambeau peu importe quel parti ce sera.

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11 réflexions sur “Inquiet pour le Québec : Partie 6

  1. J’aime ton expression « les animateurs de radio qui ne comprennent pas ce que c’est réellement »
    Tu sais mon ami Ian je vais te dire une chose ou deux.

    Je suis un animateur de radio. J’ai aussi été élu deux mandants dans la plus grosse ville du Québec a l’époque ou y’avait pas 12000 conseillers municipaux dans cette ville.

    J’ai administré soigneusement des dizaines de millions de dollars. Chose que le candidat auquel tu t’es collé n’a jamais fait, ni personne de son équipe d’ailleurs.

    J’ai fait ce que personne encore à l’ADQ n’a fait: Être au pouvoir.

    J’ai été président de mon arrondissement, j’ai pris des décisions avec lesquelles j’ai dû vivre. J’ai dû trancher des litiges, j’ai dû prendre parti. J’ai dû décider si des centaines de millions de dollars de projets immobiliers et de développement se faisaient ou non.

    Tu l’ignores peut être Ian à cause de ton jeune âge, mais c’est sur sur la place Jacques Cartier sur la table que je fréquentais assidument et ou je tenais mes réunions hebdomadaires qu’est née le projet d’Une Ile une ville (je devrais dire né de nouveau, car c’était l’idée de Jean Drapeau qui l’avait abandonné faute d’appuis a l’époque)

    Pourquoi une ile une ville? Pour réduire la gouvernance (un thème cher à la droite) que j’ai lancé en boutade a Pierre Bourque et tu sais quoi? Il m’a dit non la 1ere fois… et je suis revenu.. et revenu

    Évidemment le PQ est venu polluer tout ça en divisant la ville en arrondissements pour enlever du pouvoir aux méchants Anglais, mais demande aux gens un peu plus vieux autour de toi c’était quoi une Ile Une Ville a l’origine et tu vas voir que c’était pas mal emballant. (une ville 3 arrondissements)

    Ce qui me tue dans un discours simpliste comme le tien Ian c’est les généralités. Je sais très bien que toi et ta gang vous essayez de vous positionner et de dévaloriser toutes les autres options et c’est la un argument de faiblesse. Quand nos idées sont bonnes, on n’a pas peur du débat et on n’a pas peur de moduler notre pensée si une idée qui arrive d’ailleurs est bonne.

    Les animateurs de radios que tu regardes de haut (sans jamais n’avoir toi-même rien administré dans la chose publique) sont quelquefois un tout petit peu nécessaires dans le débat public, car au lieu de se téter une job d’attaché politique ou de chef de cabinet, se tiennet occupés à parler de politique et d’intérêt public plutôt qu’a tenter de chercher des stratagèmes pour nuire à un autre clan.

    Je t’invite à regarder d’où émerge la nouvelle droite américaine et comme par hasard elle n’est pas étrangère à Sean Hannity, Mark Steyn et Rush Limbaugh. Cela dit c’est vrai ces gens la n’ont pas peur d’avoir peur et ne cachent pas leur option pour tenter de plaire. Ils savent qu’en radio (comme en politique) tu ne peux pas faire plaisir à tout le monde.

    Ian je te crois un gars intelligent, mais avec un texte comme celui-ci, tu donnes absolument raison a tous mes militants qui ont refusé d’appuyer l’arrogance du candidat que tu supportais.

    J’ai juste eu a leur faire entendre l’intervention de ton ami Fred Têtu (un fonctionnaire qui lui non plus n’a jamais administré autre chose que son fond de retraite) qui les traitait de simplets et la job était faite.

    C’est ça Ian vivre dans une bulle.

    • Mise au point :

      Les animateurs de radio que j’avais en tête sont les Denis Gravel et Sylvain Bouchard de Québec. Gravel ne comprend rien à ce qu’il fait et Bouchard applaudi la venu d’un nouveau colisé financer 100% par les contribuables. C’est ça un animateur de radio qui se dit de droite sans comprendre ce que ça veut dire.

      Franchement Jeff, si il y a une chose que je ne te reprocherai pas c’est de comprendre la droite. Quand même. Arrête de penser que je vais faire un texte de 1000 mots pour te planter subtilement juste pcq j’ai milité pour Éric Caire. Pour ma part, si tu n’as pas remarqué, je mets le 18 octobre derrière moi. J’ai passé par dessus. Il commence à être temps de tous se calmer un peu. Ça devient complètement absurde tout ce cirque.

      • J’avoue que ma critique de ta réponse était un peu influencée par la critique des élites républicaines envers les Rush Limbaugh et les autres animateurs. Je pensais que tu allais dans le même sens. Désoleé pour la confusion de ma part.

  2. Dans mon esprit, on n’abaisse jamais un allié. Si on doit le critiquer, on le fait avec le plus grand respect.

    Les animateurs de radio sont des amis :)

    Je ne trippe pas sur Rush Limbaugh (à titre d’exemple) mais il a raison sur un grand nombre de choses et même si son approche m’énerve un peu, il aide plus qu’il nuit (si on peu dire qu’il nuit…) donc, pourquoi aborder le sujet?

    Les gars de la radio font plus pour la droite que à peu près n’importe qui.

    Tu commets l’erreur de marginaliser tes alliés. Méchante erreur. Tu dévoile une honte de tes alliés idéologiques, et la gauche va profiter de ta gêne pour diviser la droite. Ils vont dire « ga, même Ian Sénéchal a honte des animateurs de radio! Vote pas pour ça! »

    La meilleure façon de bâtir un réseau, à mon avis, ça serait de faire croître le nombre de tes lecteurs et faire en sorte que ton blogue devient une sorte de lieu de rassemblement pour des droitistes, de sorte à créer un genre de communauté qui pourrait servir à des fins activistes à l’avenir. Déjà tu commences bien, des gens connus comme Joanne Marcotte te font connaître. Là il faut consolider le lectorat que tu as déjà acquis et créer de la loyauté en bloguant chaque jour. Peut-être aussi réduire la longueur de tes textes– pour aller directe au but et être concis.

    Je dis tout ça parce que les suggestions que tu as fait dans le billet sont des choses qui nécessitent de nombreuses personnes spécialisées et beaucoup de dépenses. Tandis que ce que je te suggère est très réalisable par TOI SEUL et qui ne serait pas non-négligeable. Quand je regarde le développement de la droite au Canada anglais, les blogues et la communauté online (surtout Free Dominion) a vraiment contribué à son essor. On a besoin d’un Small Dead Animals Québécois. Tu n’es pas être pas de la même étoffe que cette blogueuse (dans le sens que tu es plus intello en style), mais tu fais réagir. Les gens semblent de te prendre au sérieux.

    Un bon blogue qui suscite de la réaction et cultive l’esprit de communauté de son lectorat peut vraiment avoir un impact. Ne pense pas que ça prend toute suite un think tank ou un parti. T’es capable de faire les choses. Lâche pas. Mais néglige surtout pas ce blogue :)

    • Je prends tes conseils Suzanne. Comme je le disais dans le texte, je ne veux pas empêcher les gars de radio de pseudo-droite ou les polémistes de parler. Je veux simplement que les acteurs plus crédibles de la droite prennent plus de place dans l’espace démocratique au Québec.

      Pour la longueur de mes textes, je vais définitivement les raccourcir. Tu as raison, un texte de 1000 mots, c’est probablement trop lourd pour un blogue.

      Bonne journée.

  3. Je ne dis pas que tu fais un texte de 1000 mots pour me planter je dis que tu fais une généralité.

    Lis comme il faut Ian

    Dans un autre ordre d,idées, tu sais, je connais beaucoup de monde a l’ADQ dont des ex députés qui sont pour le nouveau Colisée financé publiquement et tu l’sais comme moi.

    Est ce que le député de La Peltrie s’est prononcé sur le sujet?

  4. Tu sais Ian, même si le discours des gars de radio n’est pas toujours cohérent à cause du phénomène de la saveure du jour, il demeure qu’ils ont été la seule courroie de transmission médiatique des idées de l’ADQ. Les députés de la région de Québec leur doivent beaucoup!

    Même si Gesca véhicule des idées de droite, leurs médias sont beaucoup plus posés car le pouvoir patronal a aussi un intérêt à maintenir le statu quo. Les tirs <> ne sont pas souhaitables et tu l’as subi aux côtés d’Éric au cours de la campagne. Il y a là, il me semble, matière à réflexion…

  5. Ian,

    Quand même ne perd pas ton temps ! Il faut excuser Jean_Francois Plante a force de cumuler les défaites il est très susceptible.Il n’a jamais rien construit en politique et ce ne va pas commencer demain. L’idéal est de le laisser japper seul dans son coin.

    • À part le nom, il ne me semble pas y avoir grand chose d’attirants (pour l’instant) dans ce parti. Un parti politique, c’est bien plus qu’un nom. Ils savent comment me rejoindre, mais sérieusement, va falloir plus qu’un article paru au mois d’avril pour me convaincre! De toute façon, comme je l’ai dit, je vois mon implication future à l’extérieur du monde politique. Mais bon, il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idées :P

  6. Je ne vois pas pourquoi on panique, car le temps nous rattrapera. Avec un endettement excessif alors que les autres économies nous entourant ont commencé à stabiliser leur dette, nous ce sera les institution de cotation de crédit qui nous obligerons à mettre la scie mécanique dans les dépenses folles de nos élus. Rappelez-vous, il est arrivé la même chose sous Lucien Bouchard. C’est une question de mois avant que le système n’éclate de lui même.

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