Inquiet pour le Québec : Partie 5

La déception que représente maintenant l’ADQ

De tous les billets que j’ai écrit jusqu’ici, c’est probablement celui qui me tente le moins. C’est quand même le billet qui exprime ce que je ressens suite à ma décision de tourner la page avec l’ADQ. J’ai toujours donné beaucoup à ce parti en ayant l’espoir qu’il soit le catalyseur pour changer le Québec en profondeur. Aujourd’hui, je ne peux que constater que l’ADQ aura de la difficulté à se relever. Et si elle se relève, elle ne ressemblera en rien à la description du parti politique dont j’ai fait l’éloge dans le 4ième billet de ma série d’articles. Et aux mauvaises langues qui diront que je ne suis frustré d’avoir perdu la dernière course à la chefferie (j’étais dans l’équipe d’Éric Caire), je vous invite à vous tourner la langue 7 fois avant de parler.

L’antichambre du pouvoir

En effet, ceux qui croient que mon sentiment d’insatisfaction résulte de la dernière course à la chefferie sont complètement dans le champs. Tout a commencé après l’élection de nos 41 députés. Le virage qu’à alors pris l’ADQ durant ces 18 mois à l’opposition officielle était des plus frustrants pour une personne en faveur du libre-marché comme moi. Alors que je considérais l’interventionisme étatique comme un vice, on y allait de propositions visant à forcer la Caisse de dépôts et placements du Québec (CDPQ) à investir plus dans l’économie québécoise. On s’est opposé à un budget comportant d’importantes baisses d’impôts simplement parce qu’on était maintenant l’opposition officielle de la Reine et que c’était notre devoir de nous opposer. Excusez pardon!!! On était pas sensé faire de la politique différemment nous, une fois au pouvoir?

Durant toute la durée de notre court mandat, on n’a bien peu parlé de tout l’aspect famillial de nos politiques. Après seulement quelques mois, on avait déjà oublié qui nous avaient élu. On voulait tellement obtenir notre premier député sur l’île de Montréal, qu’on s’est mis à parler comme des péquistes. La réflexion économique du parti était laissé entre les mains de deux sociaux-démocrates notoires : Diane Bellemare et Stéphane Le Bouyonnec. Ce n’était pas le genre de trucs qui amélioraient la symbiose entre moi et mon parti. Nous avions arrêté de réfléchir sur qu’est-ce que le Québec a besoin. Nous nous demandions plutôt quels types d’électeurs, péquistes ou libéraux, a-t-on le plus de chance de séduire. La réponse était pourtant bien simple, ni un ni l’autre. Laissons les gens venir à nous et surtout, notre vrai électorat cible est maintenant la plus grande force politique du Québec, les abstinents. Le magot d’un parti de droite se retrouve dans le foyer de tous les gens qui ne vont plus voter depuis bien longtemps, car leur niveau très de cynisme est très élevé. De plus, il faut accepter le fait que les partis de droite ont généralement beaucoup plus de difficulté à se faire élire dans les centres urbains. Si Montréal vient qu’à aimer nos propositions, ils viendront à nous. Mais il ne faut jamais négliger ta base électorale pour faire toute sortes de contorsions électorales à une région qui te montre souvent qu’elle ne veut riens savoir de toi.

À un moment donné, lors d’une élection partielle, l’ADQ a frappé le fond du baril. Elle y allait de publicités complètement xénophobes sur l’île de Montréal. Wow, où elle était rendu ma fierté d’être adéquiste? J’avais le goût de me cacher dans le garde-robe. Je comprends que les accomodements déraisonnables nous ont bien servi, mais là quand même, faut pas charrier.

Un moment de réflexion

Au printemps 2008, j’ai voulu déchirer ma carte de membre. Le parti était maintenant en faveur de politiques d’achat local. Wow, du vrai libéralisme de marché. L’ADQ était maintenant un parti protectionniste. Je m’y reconnaissais de plus en plus. Je suis alors allé au congrès du parti de Trois-Rivières. C’était complètement frustrant de voir la « péquisation » de l’ADQ. Avoir croisé Le Bouyonnec dans les couloirs, je lui aurais dit ma façon de penser. J’étais maintenant devenu membre de l’opposition à l’intérieur même de mon parti. J’ai alors tout mis à off. Je voulais partir. J’ai refusé de le faire cependant, après 3 semaines de réflexions. Je me disais que dans la vie, tu as deux façon d’affronter tes problèmes, les fuire ou les affronter. J’ai décidé de les affronter. J’ai embarqué dans la CDJ pour la ramener, avec d’autres collègues, à droite. Ce fût une opération réussie. J’ai également décidé de me présenter aux élections générales. J’avais alors 2 buts. Me bâtir un nom et une crédibilité pour donner plus de poids à mes paroles dans le parti et également, profiter d’une expérience de vie extra-ordinaire. J’ai alors défendu un programme électoral avec lequel je n’étais pas en parfaite communion. Franchement, une déduction d’impôt pour les intérêts hypotécaires et des investissements massifs du gouvernement dans une industrie sur le bord de l’agonie comme la foresterie. Pourquoi pas une promesse de subventions à la Davie, tant qu’à y être.

La course à la chefferie

J’avais déjà confié à un ami, au mois de septembre 2008, donc deux mois avant l’élection, que la meilleure chose qui pourrait arriver à l’ADQ était de manger une volée, sans se mettre en faillite et tout en conservant une douzaine de députés. Je ne m’imaginais pas que la volée serait si violente. La démission de Mario fût un dur coup pour le parti, mais je ne considérais pas vraiment cela comme un mal. Je voyais maintenant l’opportunité pour le parti de revenir à sa base et de faire le ménage. Dès le début de la course, j’étais prêt à appuyer un candidat. Il s’agissait de M. Paul-Daniel Muller. Je lisais beaucoup cet homme et j’avais adoré son passage à la Commission politique de l’ADQ. Il avait mon appui. Malheureusement, il a décidé de ne pas se présenter, une décision que je respectais. J’avais également pris contact avec Éric Caire et des membres de son organisation : Joanne Marcotte, Denis Julien et Roger Picard. On m’offrait de participer aux discussions du comité du contenu. Wow, quel plaisir j’ai eut là. De plus, tous les documents qui ont été proposés par le comité durant la course à la chefferie représentait très bien mon idéologie politique. Éric était à droite par conviction et non par opportunisme. Ça faisait de lui le candidat idéal pour moi.

Après avoir vu les candidats qui étaient disponibles, j’étais déçu. Je ne voyais pas aucun autre des deux autres candidats éligibles qui aurait réussi à changer le parti pour le ramener sur le droit chemin idéologique. C’était un peu moins pire dans le cas de Chrsitian Lévesque, puisqu’il me donnait l’impression réelle de vouloir diriger en collégialité. Il était plus ouvert que M. Taillon, le candidat centro-centriste de l’ADQ par excellence. « Du changement sans boulerversement » qu’il disait. Et bien, du militantisme sans passion que je lui réponds!

La fin de mon implication à l’ADQ

C’est impossible pour moi de continuer à militer à fond dans le parti. J’ai besoin d’être passionné. J’ai besoin de savoir que mon parti va changer l’histoire du Québec une fois au pouvoir. Malheureusement, l’année 2008 a fait bien des dommages au parti. Sans compter que notre sauveur élu par une seule voie n’a aucune intention de corriger la situation. Et ceux qui diront qu’il faut donner la chance au courreur, vous regarderez qui va être nommé à la fonction de président de la commission politiqiue et vous me direz que le parti va toujours me ressembler en 2010. Mon temps est devenu trop précieux pour un parti centriste, interventionniste et portectionniste qui conçoit la démocratie syndicale comme une demande radicale de la part d’un gouvernement adéquiste.


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Une réflexion sur “Inquiet pour le Québec : Partie 5

  1. Moi qui voulait savoir où tu en étais avec l’ADQ, j’ai ma réponse. Tes 5 textes sont excellents, ca décrit très bien les problèmes et les dernières années de l’ADQ. Je sais plus trop quoi penser de ce parti là…

    Bonne idée le blog, a+!

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