Inquiet pour le Québec : Partie 2

La situation démographique

Voici la suite de la série d’article promise. Celui-ci discute de la situation démographique du Québec. Je vous mets également un lien vers un autre article que j’avais publié sur le blogue de la CDJ-ADQ il y a quelques mois qui traite d’un sujet semblable.

État de la situation

Actuellement, les personnes âgées de 65 ans et plus ne représente que 15% de la population. En 2023, ce sera plus de 20% et 28 % en 2056. C’est une progression très rapide. Pendant ce temps, la population des 20-64 ans passera de 63.4% à 52.5%. Cet inversement de la pyramides des âges est très bien documenté. La combinaison du vieillissement de la génération des baby-boomers, qui commenceront à atteindre 65 ans en 2011, la baisse du taux de fécondité et la migration inter-provinciale sont les principaux facteurs justifiant ces données. Heureusement, notre solde migratoire international positif vient diminuer les effets négatifs de ces facteurs.

Également, lorsque l’on regarde les données du RRQ, on constate que le nombre de bénéficiaires croît très rapidement. De 394 934 bénéficiaires en 1985, on est passé à 1 247 612 en 2007. Bien évidemment, pour être bénéficiaire, il faut avoir contribué au régime au cours de sa vie. Ce qui est phénoménal au Québec, c’est qu’alors que les gens sont de plus en plus en forme à l’âge de 65 ans et que leur espérance de vie ne cesse d’augmenter, ils prennent leur retraite de plus en plus tôt.  En effet, l’âge moyen des nouveaux bénéficiaires est passé de 64.1 années en 1985 à 61.5 années en 2007. Une diminution de près de trois ans. Pourquoi les gens prennent-ils leur retraite si tôt? Peuvent-ils réellement se le permettre en réalité considérant que la probabilité qu’ils dépassent les 80 ans est énorme. Survivront-ils à leurs économies?

J’avais prévu également parler ici de dénatalité. Par contre, j’ai déjà écrit un article à ce sujet sur le blog de la CDJ-ADQ. Je vous y réfère donc. Le lien est au début du texte.

Finalement, en regardant toutes les statistiques publiées dans diverses études, on se rend compte que la population est vieillissante, mais que l’immigration internationale et l’augmentation de l’espérance de vie permettront au Québec de voir sa population augmenté d’ici 2056 :

  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_du_Qu%C3%A9bec
  2. http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Juillet2009/15/c6335.html
  3. http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/demograp/pdf2009/perspectives2006_2056.pdf
  4. http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/actualites/point_vue_economique/pv090528.pdf
  5. http://www.rrq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/www.rrq.gouv.qc/Francais/publications/regime_rentes/statistiques/statistiques_rrq_2007.pdf

Impact sur notre vie

Évidemment, le constat le plus facile à faire de tous ces faits est simple. Il est plus qu’évident que notre système de santé public va subir une pression énorme pour assumer tous les frais de santé des personnes âgées et il y aura moins de gens de la population active pour assumer ces frais.

Également, il faut être conscient que depuis bien des années, le poids démocratique des gens faisant partie de la génération du baby-boom est très fort. C’est quelque chose qui ne risque pas de changer pour bien des années encore. Est-ce que les jeunes font bien de s’abstenir de voter alors que chacune de leur génération, X et Y, ne fait pas le poids? Par exemple, qui va devoir rétablir l’équilibre dans la caisse du RRQ? Eh bien, ce sont les jeunes cotisants qui verront leurs cotisations augmentées. Aucune mesure ne sera mise en place pour modifier le régime afin d’inciter les gens à prendre leur retraite plus tard. Pourquoi? On sait que les jeunes ne diront pas un mot, alors que tous les gens qui approchent de leur retraite pourraient manifester fort. On peut accuser les gouvernements de lâcheté ou de manque de courage politique, mais en bout de ligne, ce sont les gens de 45 ans et moins qui ne s’expriment pas suffisamment dans cette société qui ne fait que leur refiler la facture.

Troisièmement, un impact pour mes amis nationalistes. Personnellement, je suis fier de parler français en Amérique du Nord, mais j’ai toujours trouvé notre nationalisme défensif (menace de référendum et loi 101) un peu dépassé et non-ambitieux. Notre incapacité à renouveler naturellement notre population avec un taux de fécondité inférieur à 2.1 nous conduit bien tranquillement vers la perte d’influence de la nation francophone au Canada. Et tout ça, sans compter notre perte d’influence politique dû au manque de vigueur de notre économie. C’est toujours celui qui signe le chèque qui a le gros bout du bâton. Et entre-vous et  moi, qui reçoit les chèques via la péréquation?

Finalement, le pire problème démographique et humain que le Québec va connaître selon moi est le suivant : le rôle du gouvernement se verra augmenté afin de se substituer au travail qui était généralement fait par les familles par le passé. En effet, quand vous aviez mis au monde 5 ou 6 enfants et que, à un certain âge, vos capacités diminuaient, les familles étaient là pour aider et s’occuper de vous. Le rôle du gouvernement était alors bien minime. Mais dans un contexte où plusieurs personnes vieillissent tous en même temps et qu’elles n’ont pas mis suffisamment d’enfants au monde pour prendre soin d’eux au moment opportun, qu’arrive-t-il? Soit un enfant va se mettre à temps plein à vous aider, ce qui met énormément de pression sur les épaules d’une seule personne qui doit elle-même faire vivre sa famille. Soit le gouvernement entre en jeu. Mais est-ce que nos futures personnes âgées peuvent réellement se sentir en confiance de voir le gouvernement assurer leurs vieux jours dans un contexte économique difficile. J’en doute. Évidemment, il y a des solutions comme l’assurance soins longue durée, mais ces solutions sont généralement inconnues du public qui préfère généralement vivre le moment présent et mettre son argent ailleurs. On verra dans le temps comme dans le temps comme on dit dans le Bas-du-Fleuve.

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Une réflexion sur “Inquiet pour le Québec : Partie 2

  1. C’est bien que tu as mentionné la dénatalité. Les gens pensent que l’immigration va régler le problème, mais il ne réalise pas que l’immigrant qui vient ici à 20 ans a tout un apprentissage à faire, et que son insertion dans le marché du travail n’est pas aussi efficace qu’un celle d’un natif. Je ne prône pas nécessairement une diminution du niveau de l’immigration. Je crois que l’immigration ne doit pas remplacer la reproduction naturelle.

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