Inquiet pour le Québec : Partie 1

Situation économique du Québec

Comme promis, voici premier article d’une série traitant de mon inquiétude vis-à-vis ma province natale. Cet article traitera de la situation économique du Québec.

État des lieux

Tout d’abord, il importe de dresser un portrait le plus clair possible de la situation actuelle du Québec par rapport à ses concurrents. En effet, les déboires économiques du Québec ne conduiront pas la province tout droit dans la catégorie des nations sous-développées. Par contre, c’est en regardant comment nous faisons systématiquement moins bien que tous nos voisins que la situation me désole. Lorsque je suis arrivé à l’université, à l’âge des illusions, je m’imaginais que le Québec était une société merveilleuse, une des meilleures du monde. Comme bien d’autres québécois, je méprisais les États-Unis. Vous voyez le genre. Je n’avais pas du tout pris goût encore à la politique. Toutefois, lorsque j’ai appris à m’informer par moi-même, j’ai été catastrophé de l’état de la situation. Il n’y avait plus, pour moi, aucun moyen de me complaire dans ce modèle québécois complètement dépassé.

Premier constat frappant, le niveau d’endettement du Québec. Le lien suivant aura de quoi en décourager plusieurs. Au moment d’écrire ces lignes, la dette du Québec s’élevait déjà à plus de 213.6 milliards de dollars. Il est normal pour une province d’avoir une dette. On ne peut pas payer une route à même le budget du gouvernement en seulement un an. Vaut mieux amortir le coût sur plusieurs années à l’aide des outils d’endettement. Le réel problème de l’endettement du Québec vient du fait que l’on a placé plusieurs dépenses « d’épiceries » sur la dette du Québec. De plus, quant tu dois refaire une route complètement et qu’elle n’est toujours pas fini de payée, il y a un problème.

Deuxièmement, notre situation économique évaluée à l’aide du PIB par habitant est tout simplement désolante en comparaison aux 59 autres provinces et états entourant le Québec. Nous sommes présentement au 55ième rang des 50 états américains et des 10 provinces canadiennes. Nous avons déjà été beaucoup mieux classé. Qui est fier de se retrouver en bas d’un classement, aux côtés de provinces maritimes caractérisées par la saisonnalité de leurs emplois?

On entend souvent dire que le Québec est un des états les plus taxé en Amérique de Nord est c’est le cas. De plus, notre système fiscal est mauvais puisqu’il décourage l’effort (en taxant le travail via l’impôt) et l’emploi (avec les taxes sur la masse salariale des entreprises). Tout ça, sans compter l’argent que les contribuables doivent investir pour remplir leurs documents d’impôts. Faut bien se l’avouer, la complexité du régime fiscal est tout à fait désolante.

Si au moins le niveau d’endettement du Québec nous aurait permis de mettre sur pied de belles infrastructures, un actif pour les générations futures. Mais non, nos écoles tombent en ruines, de même que nos routes et nos hôpitaux. La valeur de nos infrastructures est bien plus faible que chez nos voisins. Vous croyez réellement que le festival du nid-de-poule est courant chez nos voisins. Sortez un peu de chez-vous et constatez la différence!!!

Finalement, comme vous le voyez présentement à la télévision, le gouvernement va tenter au cours de prochains mois de tout faire pour aller vous chercher plus d’argent dans vos poches sans même, de son côté, faire un petit peu de ménage. Faut surtout pas couper dans les budgets publicitaires hein!!!

Impact sur notre vie

Cette situation économique qui se trouve, à mes yeux, désastreuse, handicape le Québec à long terme et à un impact sur la vie de tous les citoyens dans le futur. En effet, afin de maintenir le modèle en place, les gouvernements futurs devront hausser les taxes, impôts et tarifs afin d’augmenter les revenus de l’état sans même augmenter les services au citoyen. Au net, les gens auront moins d’argent dans leur poche et leur employeur se verra moins disposer à leur consentir des augmentations de salaires puisque lui aussi sera de plus en plus pris à la gorge. Bien évidemment, ceci est une généralisation, ce n’est pas tout le monde qui va subir ces contre-coups.

Les conséquences sur les jeunes familles seront multiples : moins d’argent dans leur poche, augmentation des heures travaillées, diminution des heures de loisir, difficulté dans la conciliation travail-famille et voir même, un déménagement afin de réduire les dépenses. Vous croyez que je divague, je suis persuadé que le temps me donnera raison.

De plus, les sans-emplois auront de la difficulté à s’en trouver un et plusieurs gens occupant des emplois précaires pourraient éventuellement le perdre. D’ailleurs, la situation de l’emploi au Québec n’est pas des plus impressionnante depuis longtemps déjà.

Du côté des gens qui ont plus d’aisance financièrement, rien ne nous dit qu’ils voudront demeurer encore longtemps parmi nous. La situation fiscale du Québec n’est plus suffisamment concurrentielle pour espérer retenir encore longtemps nos riches québécois. Car si les gens restaient autrefois faute de savoir parler anglais ou bien par attachement à la nation, il est évident aujourd’hui que ces éléments entrent de moins en moins en considération dans la prise de décision. Je n’ai qu’à voir le nombre impressionnant de mes collègues diplômés de l’École d’actuariat de l’Université Laval qui travaillent désormais à l’étranger. Des gens aux beaux salaires qu’on ne peut taxer aujourd’hui et qui pourtant, ont bénéficié de subventions plus qu’intéressantes pour leurs études. Loin de moi l’idée d’ailleurs de leur jeter la pierre, je trouve leur décision très rentable d’un point de vue strictement financier.

Pour les gens plus âgés, ils auront principalement à vivre leur vieux jours avec certaines incertitudes, ce qui est regrettable. Ils auront payé toute leur vie pour les soins médicaux des autres, mais le système pourra-t-il les soigner quand eux-mêmes seront les bénéficiaires? Pourront-ils espérer recevoir des soins dans un délai raisonnable? Avec le système en place, je vous garantis que dans quelques années, les baby-boomers auront pas mal moins confiance dans le système. Si le Québec se vide des travailleurs plus fortunés, qui assumera les hausses de coût? La classe moyenne, encore. Seront-ils capable? J’en doute.

Pour tous les cotisants au Régime de retraite du Québec (RRQ), quelle est leur garantie que le régime pourra toujours payer leurs prestations. Après tout, la caisse du régime est maintenant sensé s’épuiser en 2037 si rien n’est corrigé. Et si jamais, ils reçoivent leurs prestations, en auront-ils pour leur argent. Est-il possible qu’ils aient cotisé plus d’argent qu’ils ne l’auraient fait s’ils auraient placé leur argent dans le secteur privé pour obtenir les mêmes prestations?

Comme vous le voyez, on ne peut pas continuer notre vie de tous les jours en s’imaginant que tout va pour le mieux au Québec. Car si vous êtes à l’aise avec votre situation présentement, n’allez jamais penser que cette situation vous est garantie dans le futur.

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2 réflexions sur “Inquiet pour le Québec : Partie 1

  1. Le problème est représenté par des chiffres. Mais en fait, le problème est philosophique. Le problème est l’étatisme. Les gens croient que la solution à leur problème est plus d’intervention gouvernementale. Par exemple, on pense qu’en créant plus de programmes sociaux, on va éliminer la pauvreté. Si c’était le cas, on aurait éliminer la pauvreté depuis longtemps.

    L’interventionnisme est une fausse espérance et donne l’impression que les gens sont pas capable de résoudre leur propre problèmes et que seul l’état est capable de rallier assez de resources pour faire face à la situation.

    Ça représente une ignorance totale de la nature humaine.

    Mais voilà, bon, je ne monopoliserai pas ton blogue. Je voulais juste dire qu’il ne faut pas tout réduire à des chiffres. Ça représente l’esprit technocratique québécois qui rien que les données; mais c’est pas là le problème. C’est plus large.

  2. Bravo Ian. Excellent texte. En réponse à Suzanne plus haut, un regard lucide sur l’état de la situation requiert nécessairement des comparatifs chiffrés et je crois que le recensement qui est fait ici doit se faire(dette, richesse collective (PIB), fiscalité, régie des rentes, etc.).

    Les paragraphes portant sur les impacts sur nos vies est particulièrement intéressant et annonce ce qui s’en vient, qu’on le veuille ou pas.

    Pour ce qui est de l’aspect philosophique (dépendance, étatisme) que soulève Suzanne, je suis bien d’accord. Culturellement, depuis 40 ans, les gouvernements ont cultivé cette dépendance… et cela très bien réussi.

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