Manque d’arguments

19 novembre 2012

Par Ian Sénéchal,

M. Marceau,

J’ai 28 ans, je suis travailleur autonome. Je suis branché sur le monde, je fais la plupart de mes achats en ligne, je suis bilingue. Des amis qui me ressemblent, j’en connais beaucoup, un peu partout en province. On est éduqué et on est très mobile. On en remercie d’ailleurs le système d’éducation.

Juste comme ça, quand je regarde ce que m’a coûté ma formation, je trouve que ça ressemble à une blague. En fait, je trouve ça injuste. Des gens beaucoup moins fortunés ont financé mes études. Je les remercie, mais en fait, je ne pense pas que c’était nécessaire. J’aurais mis l’argent moi-même pour avoir ces études si importantes à mon avenir. J’aurais utilisé l’endettement encore plus (et j’aurais peut-être été un peu plus tranquille sur la levée du coude!)

Je vous écris pour vous demander conseil. J’ai besoin d’arguments pour rendre service à la patrie. Parfois, le nationaliste en moi ne sait plus comment rendre la province fiscalement sexy auprès de son entourage.

Pouvez-vous m’expliquer comment convaincre Jacques, un gars de l’Outaouais, de ne pas acheter l’iPad qu’il veut offrir à sa femme à Ottawa plutôt qu’à Gatineau. On lui charge 1.65$ d’écofrais au Québec en plus d’une taxe de vente 2% plus élevée. Ça lui coûte 461.78$ au Québec et 452.78$ en Ontario. C’est quand même 9 dollars de différence et nous, on en perd 41.71$ chaque fois. Pensez-vous que je suis le seul qui connaît un Jacques qui se retrouve dans la même situation?

J’ai aussi un autre ami. Celui-là travaille à Montréal. Il demeurait à Ste-Julie. Il a déménagé à Hawkesbury. Il me dit que ça ne lui prend pas beaucoup plus de temps qu’avant pour aller travailler. Comment est-ce que je fais pour le convaincre de revenir? Le gars est ingénieur. On est chanceux, il travaille encore pour nous, mais il ne paie plus ses impôts ici.

D’ailleurs, j’ai demandé à Jacques pourquoi il ne restait pas en Ontario considérant qu’il était si proche. Il m’a dit que c’était prévu. Il attend d’avoir fini avec les services de garde quasi gratuits du Québec et après, il va déménager de l’autre côté de la rivière pour inscrire sa descendance à l’école anglaise en Ontario.

J’ai aussi un client. J’aimerais que vous m’aidiez. Le gars a deux compagnies : une au Québec et une autre en Colombie-Britannique. J’aurais aimé qu’il fasse ses placements corporatifs au Québec. Seul problème, impossible de trouver un avantage fiscal pour justifier le tout. Imaginez si je le convainquais, tous ces dividendes et gains de capitaux pourraient être imposés au Québec. Par contre, M. Marceau, j’ai beau être nationaliste, mais je ne peux pas offrir une solution qui n’est pas optimale à mon monde. Vous ne m’aidez pas vraiment à rendre service à ma nation je trouve.

Bref, M. Marceau, vous voyez bien que je veux aider, mais il faudrait faire votre bout aussi. Vous ne pouvez pas continuer à nous taxer autant, nous réglementer autant et espérer que notre économie va se redresser. Je me demande parfois si vous vous rendez compte comment notre manque de compétitivité fiscale diminue les recettes du gouvernement.


Prière de réformer le RQAP

31 octobre 2012

Par Ian Sénéchal,

Le RQAP devait rebâtir notre nation. Une politique nataliste dont le Québec avait bien besoin supposément. On s’est battu fort pour arracher l’administration du régime à Ottawa. Constat après 6 ans? Échec. Je laisserai les deux graphiques suivants tirés du blogue Antagoniste.net vous le démontrer. On pourrait ajouter une quantité incroyable de littérature statistique pour démontrer que toute personne qui utilise encore l’expression "mini-baby-boom" est profondément dans le champs gauche.

Comme vous le savez, au Québec, quand on instaure un programme qui ne livre pas la marchandise en plus d’être coûteux, on l’enlève. Non? Ce n’est pas ce qu’on fait? Pourtant, ce serait logique non?

Le programme coûte maintenant 1.8 milliards. Rappelons simplement pour le plaisir de le rappeler que la savante mathématicienne, Pauline Marois, estimait les coûts du programme de l’époque à 350 millions. Si on était encore dans le régime fédéral, on paierait un taux de cotisation employeur-employé de 0.864$ par 100$ de salaire (rabais offert par le fédéral pour compenser le Québec d’avoir son propre régime). Pourtant, on paie 1.341$ par 100$ présentement. C’est 55% de plus que partout ailleurs au Canada! Oui, oui, 55%! Ça rend nos entreprises compétitives ça mes amis!

Bref, c’est cher, ça ne marche pas, on réforme. Que fait-on?

  1. Ramener le plafond du salaire assurable à des niveaux plus bas. Un programme gouvernemental, c’est une base pour aider les gens qui en ont le plus besoin. Les gens qui font de meilleurs salaires ont une capacité d’épargne plus grande et plus de marge de manœuvre pour ajuster leur rythme de vie à l’arrivée d’un enfant. N’oublions pas non-plus que plusieurs professionnels voient leur entreprise compenser pour le salaire au-delà du plafond d’assurance de 66 000$ au Québec et 45 900$ au fédéral.
  2. Supprimer totalement le régime particulier. On doit considérer le seuil de remplacement de 55% du salaire comme étant l’effort maximal que doit faire le gouvernement pour accompagner le parent dans son projet d’avoir un enfant. Le reste relève de la responsabilité individuelle et de l’épargne personnelle. Par contre, je ne verrais pas de problèmes à ce qu’il y ait une certaine bonification pour les plus faibles salariés. Désolé, mais 75% de remplacement de revenu, c’est ridicule et ça déresponsabilise la population. Un bébé, on le voit arriver au minimum 9 mois à l’avance et tout le monde devrait avoir un fonds d’urgence dans son bilan financier (rappelons qu’un fonds d’urgence n’est pas une marge de crédit).
  3. Abolir la prestation de paternité. Méchante belle patente de lologue qui soutiennent que le père doit être plus présent à la maison. Le père pouvait déjà prendre une partie du congé parental avant l’avènement de cette nouvelle prestation d’assurance-golf ou assurance-rénovation, appelez ça comme vous voulez. On dit en coulisse que 80 à 90% des pères qui reçoivent une prestation la reçoivent en même temps que leur conjointe pour s’occuper du nouveau-né. Je pense qu’on est loin de l’essence du programme ici. Il y a même des mauvaises langues qui disent que certains parents envoient leur enfant plus vieux en CPE en même temps pour ne pas perdre leur place! Qu’ils sont de mauvaises foi ces gens!
  4. Réviser certaines choses douteuses. On paie présentement un congé pouvant atteindre 18 semaines à des femmes qui subissent une interruption de grossesse après la 19ième semaine de gestation et ce, peu importe la raison. Désolé, mais c’est quoi ça bordel?

Finalement, pourquoi juste ne pas revenir à l’ancienne formule. On baissera éventuellement les taux de cotisations, ça donnera de l’oxygène à tous les particuliers et aux entreprises.

P.S. Juste comme ça, on appelle ça de l’assurance parentale, mais une femme ménopausée de 55 ans doit également payer les primes. Je me demande bien contre quoi elle s’assure? L’intervention du Saint-Esprit?

P.P.S. Le régime a toujours été déficitaire. Vous avez payé plus qu’ailleurs, mais pas assez!!! On traîne une déficit accumulé de 577 millions de dollars. C’est t’y pas beau?

P.P.P.S Avis à tous ceux qui ont profité du régime ou qui profiteront du régime. Cet article ne vise vraiment pas à vous inciter à ne pas vous prévaloir de vos prestations. Vous y avez droit, prenez-les. Si vous faites économiser de l’argent au gouvernement, il y aura toujours un Zambito pour savoir comment la dépenser.


FÉQ : Quand des subventionnés poussent le citoyen vers l’illégalité

26 avril 2012

Par Ian Sénéchal,

Les gens de Québec sont chanceux cette semaine. Ils participent à une expérience de laboratoire visant à enseigner les bases de l’économie à une partie importante de la population de la ville. Voici un résumé des points d’apprentissage à l’ordre du jour.

OBJECTIF #1 : COMPRENDRE L’OFFRE ET LA DEMANDE

Quand l’offre est limitée, disons par un nombre maximum de billets au Festival d’été de Québec, et que la demande est sensible au prix, il existe un prix (supposons 150$) qui permettra à tous les gens qui sont prêts à payer ce prix d’obtenir un de ces billets et de tous les écouler. Évidemment, tous ceux qui ne sont pas prêts à payer ce prix n’en obtiendront pas. Tout se fait dans l’ordre, le calme et sans file d’attente et tous les billets sont vendus. Les seuls à payer pour l’évènement sont ceux intéressés par l’évènement lui-même.

OBJECTIF #2 : QU’ARRIVE-T-IL SI LE PRIX EST FIXÉ TROP BAS (DISONS 55$)?

On risque d’abord de devoir financer une bonne partie du festival à l’aide de subventions pour combler les déficits générés. Des gens se trouvent donc à financer quelque chose qui ne les intéresse pas. Des files d’attente seront créées pour l’achat des billets, car l’offre limitée est insuffisante pour remplir la demande, à ce prix. Des gens qui étaient prêts à payer 150$ n’obtiendront pas de billets. Il y aura de la frustration. Il y aura du gaspillage de temps (les gens ne pouvant débourser plus d’argent compensent en coupant sur leur travail ou leur loisir pour faire la file).

OBJECTIF #3 : COMPRENDRE L’APPARITION DES MARCHÉS ILLÉGAUX (MARCHÉS NOIRS)

Si on continue de supposer que l’on fixe le prix trop bas, il y aura un marché de revente qui va se créer afin que les gens qui souhaitaient payer plus puissent se procurer des billets. Dans une province comme le Québec, il pourrait même y avoir quelques imbéciles prêts à demander l’interdiction de la revente de billets. Il pourrait même y avoir un gouvernement encore plus imbécile qui va mettre en place une telle législation. Il y aura donc un marché de revente qui va tout de même se créer, mais il sera sous-terrain. Les gens qui feront la revente le feront dans l’illégalité. Ce sera, ce qu’on appelle, un marché noir.


Les fameux retraits préventifs

9 novembre 2011
Ian Sénéchal

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Texte en lien avec ma chronique cette semaine.

Ah, le Québec, territoire unique en Amérique du Nord. Là où règne la paix sociale et la générosité. Là où l’on s’agenouille devant notre incroyable capacité à prioriser la justice sociale dans le débat public. Ici, on fait bien les choses. Rien a voir avec ces salopards d’américains qui laissent mourir le monde dans les rues. Rien non-plus à voir avec ces monarchistes conservateurs qui nous servent de cousins débiles à l’intérieur de notre "pays-en-attendant"!

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C’est bien connu, les riches ne font pas leur part… not

9 novembre 2011
Ian Sénéchal

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J’ai de belles statistiques pour vous. C’est tiré d’un document publié par le ministère du Bonheur pour l’année 2008.

Pour les gens qui gagnent 100 000$ et plus au Québec :

Ils sont 3.9% des contribuables, donc 237 000.

Ils représentent 19.4% de tous les revenus gagnés, soit 42.1 milliards.

Ils paient 32.1% de l’impôt totale.

Les indignés n’ajouteront jamais la dernière phrase à leur discour, mais pourtant, cela frappe l’imaginaire. Seulement 3.9% des contribuables en 2008 ont payé 32.1% de l’impôt des particuliers. Wow, gang de sans coeur, ça devrait être 50%, MINIMUM!!!

J’ajouterais également que 3.9%, ce n’est pas énorme. Le Québec est définitivement riche en pauvres et pauvre en riches!


Chronique : Dette américaine

17 août 2011

Ian Sénéchal

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C’était la rentrée cette semaine pour Dominic Maurais à CHOI Radio X. J’ai donc fait ma première chronique aujourd’hui. J’en ai profité pour créer un podcast afin de faciliter la vie aux gens qui possèdent des téléphones intelligents et des tablettes ou encore tout simplement ceux qui veulent ajouter un lien à leurs favoris pour suivre plus facilement mes chroniques.

Donc, vous pouvez mettre ce lien dans vos favoris ou encore configurez votre lecteur de podcast (personnellement, j’utilise Downcast pour Ipad) avec ce "feed RSS".

Pour entendre ma chronique d’aujourd’hui, vous pouvez suivre ce lien.


Baby-boomers, il est encore temps d’agir.

14 août 2011
Ian Sénéchal

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Notez, je m’attends à me faire tirer des tomates avec la conclusion de mon texte sous le tableau, mais vous savez quoi? I’m used to it! Si vous prenez le temps de lire sans prendre les nerfs, vous verrez que je m’inquiète pour la génération du baby-boom, c’est pour ça j’essaie de voir s’il n’est pas possible d’en réveiller quelques-uns avant qu’il soit trop tard.

J’ai souvent soutenu par le passé qu’il fallait, pour rééquilibrer le régime des rentes du Québec, utiliser le carotte et le bâton et surtout, en dernier recours, utiliser une hausse des cotisations.

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Un ex-ministre péquiste au RLQ

13 septembre 2010

Ian Sénéchal

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Vous aurez la chance, car je considère ça vraiment comme une belle opportunité, de voir et entendre M. Jacques Brassard lors de la toute première conférence du Réseau Liberté-Québec. Il sera accompagné par notre bon ami Reynald Du Berger qui saura probablement vous faire rire le 23 octobre prochaine. Ces deux conférenciers vous offriront un atelier portant sur le climato-scepticisme.

Il vous sera également possible de discuter d’un sujet économique avec l’excellent Pierre Simard de l’ÉNAP que vous avez eu la chance de connaître cet été sur notre blogue puisque nous avons diffusé quelques-uns de ses textes (#1, #2, #3). Il sera accompagné d’Éric Duhaime, qui n’a plus besoin de présentations ici.

J’espère que vous commencez à bien visualiser la journée du 23 octobre prochain. Plus de 125 personnes sont déjà inscrites et de nouvelles personnes s’ajoutent chaque jour. D’ailleurs, vous devrez faire vite, car le 23 septembre prochain, le coût d’inscription passera à 35$. J’espère que nous aurons la chance de rencontrer plusieurs lecteurs des analystes lors de cette activité.

Finalement, j’aimerais que vous donniez votre opinion sur notre choix de conférenciers. Êtes-vous satisfaits jusqu’ici?


Un petit peu de Friedman

14 août 2010

Admin

(Contact via Twitter, Facebook, Courriel),

Merci à Joanne Marcotte qui a publié ce vidéo sur Facebook ce matin. Dire que la gauche considère la droite comme populiste!


S’attaquer aux abus

23 février 2010

Par Ian Sénéchal,

Voici l’intégral d’une lettre paru dans La Presse ce matin. Je l’ai trouvé sur le blogue de Paul-Daniel Muller, économiste et consultant qui a participé à l’écriture de celle-ci.

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