Le besoin de croire

Par Ian Sénéchal,

Les américains ont choisi. Ce sera Barrack… sans grand enthousiasme. L’homme qui avait énergisé les foules a déçu lors de son premier mandat. On lui accorde le droit de demeurer en poste, mais on lui bloque l’accès la majorité de la chambre des représentants. On sent l’amertume dans les deux camps. Faisons abstraction de l’idéologie et pensons aux militants, ces gens qui donnent de leur temps pour faire élire leur homme, qui se dévouent à la tâche. J’en ai connu un tas d’en ma vie, j’en ai été un et je me considère encore comme un activiste politique.

Avant l’élection d’Obama en 2008, ces partisans devaient être fiers, joviaux, optimistes. Aujourd’hui, malgré la victoire, ils doivent se questionner. Je les soupçonne d’être un brin déprimés. Leur homme ne fera que passer. Adieu la révolution tant souhaitée. Il n’aura été qu’un politicien parmi d’autres, un homme qui a remplacé les grands slogans par les attaques télévisuelles d’une grande mesquinerie. Un autre qui contribuera au cynisme de la population, à l’épuisement démocratique.

Je vois dans plusieurs militants, partisans ou simplement activistes, la même génétique que chez plusieurs entrepreneurs. Ils ont tous le même besoin. Le besoin de croire. Croire que l’avenir sera meilleur et qu’ils auront joué un rôle. Croire que leur société avance et que grâce à eux, c’est dans la bonne direction. Ce besoin de croire, tous le possèdent, à gauche comme à droite.

Ce qui me dérange parfois chez certains militants de gauche, c’est qu’ils ne reconnaissent pas que les acteurs de l’économie réelle fonctionnent de la même façon. Eux aussi ont besoin de croire. Les entrepreneurs sont de grands rêveurs et non pas de sales calculateurs. Ils admirent le succès, car ils souhaitent y parvenir eux aussi. Ils travaillent fort pour faire croître l’entreprise, non pas pour simplement s’en mettre plein les poches, mais bien pour obtenir la satisfaction de passer au prochain niveau. Ils engageront du personnel non pas pour l’exploiter, mais bien pour combler un réel besoin et continuer le développement. Ils savent que l’entreprise dans son ensemble, y compris les autres employés,  profitent de la croissance.

Ces entrepreneurs ont de plus en plus de difficultés à croire. On les pointe du doigts comme étant des privilégiés qui ne méritent pas ce qu’ils ont. Au mieux, les politiciens de gauche les voient comme des vaches à traire. On sous-entend trop souvent qu’il est impossible de s’enrichir de façon honnête, sans exploiter personne. On les jalouse. On les méprise. Par contre, jamais on a eu le courage de prendre les risques qu’ils ont pris.

Il y a quelque chose dans l’air qui pue. Comment fait-on pour inciter les jeunes à se lancer en entreprise avec un tel climat? Les seules entreprises valorisées sont subventionnées, vertes ou font partie de l’économie sociale. La minute que vous émettez une action d’entreprise, vous êtes classés, fichés, surveillés, jugés et parfois lapidés.

Et pourtant, nos gauchistes tentent par tous les moyens de stimuler l’économie. Ils ne comprendront jamais. La culture entrepreneuriale c’est complexe et ça prend du temps à développer. On peut toutefois l’anéantir rapidement dans une société. Il faut agir, mais pas de la façon dont le font les gauchistes.

Pour stimuler l’économie et valoriser l’entrepreunariat, les politiciens devraient seulement :

  • Valoriser le succès
  • Offrir un cadre réglementaire prévisible, léger et efficace
  • Toujours viser à augmenter la concurrence
  • Laisser nos gens compétitionner avec les meilleurs des autres nations en évitant le protectionnisme
  • Se tasser du chemin
  • Cesser de jouer aux trayeurs de lait
  • Arrêter de subventionner les concurrents d’un entrepreneur
  • Arrêter de réglementer tout et rien
  • Se rendre compte qu’un permis pourrait plus souvent qu’autrement servir de papier de toilette
  • Comprendre que si le privé ne développe pas un projet vert, c’est qu’il a une méchante bonne raison de ne pas le faire
  • Arrêter de se prendre eux-mêmes pour des entrepreneurs
  • Savoir qu’ils sont vraiment mauvais pour déterminer les gagnants et les perdants
  • Comprendre qu’une sécurité d’emploi s’obtient par la compétence d’abord
  • Prendre pour acquis que la croissance est un objectif louable et sain
  • Savoir qu’un manifestant d’Occupy ne génère pas d’emplois et ne votera pas pour un parti qui peut prendre le pouvoir
  • Arrêter de faire augmenter les coûts de la création d’un emploi via les taxes sur la masse salariale
  • Se rendre compte qu’on ne vit pas sur une île et que nos concurrents sont partout
  • Arrêter de s’approprier le succès des entrepreneurs
  • Comprendre qu’après un long traitement de « respirateur artificiel », il faut finir par débrancher le cadavre.

Finalement, des entrepreneurs, il y en aura toujours. Il y a assez de fêlés de la caboche pour se lancer en entreprise sans se rendre compte réellement de ce qui les attendra une fois dans l’aventure. Ce qui serait bien par contre, c’est que 5 ans après le grand saut, ils ne passent pas leur temps à dire aux plus jeunes que si c’était à refaire, ils ne le referaient pas.

3 réflexions sur “Le besoin de croire

  1. Un beau ramassi de préjugés et de vérités pré-conçues

    « Savoir qu’un manifestant d’Occupy ne génère pas d’emplois et ne votera pas pour un parti qui peut prendre le pouvoir »

    J’en connais quelqu’uns qui ont voté pour le parti au pouvoir en ce moment pourtant…

    Ça me fait toujours bien rire de voir des technocrates du capitalisme financier se prendre pour des champions de l’économie réelle… `

    • J’ose croire que M. Sénéchal à raison de dire que les gens qui ont participé au mouvement Occupy n’auront pas beaucoup créé d’emplois ces derniers temps… quoique cela fait travailler les force de l’ordre!;)

      En plus, vous avez complètement passé à côté du message de fond qui est la valorisation du travail, de la création de richesse et de la réussite…Au lieu de continuer à niveler par le bas!

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