Inflation, analyse plus détaillée

Suite à mon article précédent, certaines personnes ont souligné le fait que si on ajustait le salaire de la personne étudiée, on devait également ajuster l’impôt payé. Vrai. J’aurais dû en tenir compte.

Cet ajustement démontrerait que les riches ont reçu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010. Vrai également.

Ce qu’il faut voir par contre, c’est que ces baisses d’impôt étaient généralisées à toute la population et non pas ciblées que sur eux (contrairement à réforme Marois-Marceau). Donc, pour être parfaitement honnête dans l’analyse, il fallait vérifier si les riches avaient vu leur taux effectif d’imposition baisser ou augmenter de la même façon que le reste de la population tout en tenant compte de l’inflation. J’ai donc poussé l’analyse beaucoup plus loin. (Vraiment beaucoup, alors désolé si je perds des gens ici).

J’en suis arrivé à cette conclusion. Les riches ont effectivement reçu des baisses d’impôt, comme tout le reste de la population. Par contre, plus le revenu est élevé, moins la baisse du taux effectif d’imposition fut importante.

Rentrons maintenant dans le "crunchy".

Le système fiscal de 2000 avait des paliers d’imposition de 19%, 22.5% et 25%.

Celui de 2010 avait des paliers de 16%, 20% et 24%.

Voici le méthode que j’ai utilisé :

1) Calculer l’impôt provincial payé par différentes personnes aux revenus différents (de 1000$ à 250 000$)

2) Ajuster le système d’impôt de 2010 afin de l’amener en 2000 en "désindexant" les seuils d’imposition, mais en conservant les taux d’imposition intacts. (Inflation supposée de 2% pendant 10 ans)

3) Ajuster les salaires de 2010 pour les "désindexer" afin de les amener en 2000.

4) Appliquer le système 2010 ajusté aux salaires de 2000

5) Comparer avec les impôts payés réellement en 2000.

6) Analyser comment les baisses d’impôt ont affecté le taux effectif d’imposition en fonction du salaire.

Résultats

Résumé et conclusion :

Si on résume, une personne qui gagnait 150 000$ en 2010 en gagnait 123 000$ en 2000. Elle a payé 29 263$ en impôt en 2010 et 27 255$ en 2000. Il y a eu des changements au régime fiscal entre les deux dates. Si le régime fiscal ajusté pour l’inflation de 2010 avait été appliqué en 2000, elle aurait payé 24 350$ d’impôt. Cela représente une baisse de 2.36% de son taux d’imposition effectif.

Un salarié de 50 000$ (41 000$ en 2000) à quant à lui reçu une baisse d’impôt de 3.58%, soit 1.22% de plus que le salarié de 150 000$.

Y a-t-il eu des baisses d’impôt entre 2000 et 2010? Oui, autant pour les riches que les pauvres que la classe moyenne.

Est-ce que les riches ont reçu des baisses d’impôt plus importantes que le reste de la population? Non, c’est même le contraire. Plus on avance dans l’échelle salariale, moins le taux effectif d’imposition a diminué.

Documentation utilisée :

Tableau 1 et Tableau 2

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2 réflexions sur “Inflation, analyse plus détaillée

  1. Bonjour,
    J’apprécie beaucoup votre analyse et votre tentative d’offrir un regard plus robuste sur l’évolution des taux d’impôts.

    Sans entrée dans un débat méthodologique, je crois qu’une méthode plus simple, mais plus efficace amène des résultats différents.

    Afin de prendre en compte l’évolution des tables d’impôt, je n’ai pas indexé c’est dernières, mais plutôt travaillé avec les salaires. Si l’on évalue ce que paye en impôt quelqu’un qui gagne 5 fois le salaire moyen actuel (environs 40 000*5= 200 000$) comparativement à ce que payait une personne qui gagnait le salaire équivalent en 1997 (31 000*5=155 000$) on constate, au contraire, que les riches ont bénéficier d’une diminution plus forte du taux effectif d’imposition.

    Entre 1997 et 2011, le taux effectif des riches est passé de 26 à 20 %, alors que le salarié moyen a bénéficié d’une diminution de 4% (14 a 10%)

    L’économiste de l’UBC Kevin Milligan fournit un logiciel de simulation fiscal qui permet de calculer simplement ces données.

    • Citation: Entre 1997 et 2011, le taux effectif des riches est passé de 26 à 20 %, alors que le salarié moyen a bénéficié d’une diminution de 4% (14 a 10%)

      Vous avez oublié un étape importante de vos calcul. Vous devez relativer les baisses. La baisse de la classe moyenne représente une baisse de 28,5% (4% sur 14%) tandis que la baisse des "riches" représente une baisse de 23% (6% sur 26%).

      Si je vulgarise davantage, selon votre méthode faire un rabais de 2$ sur un article de 100$ représente un rabais plus important qu’un rabais de 1$ sur un article à 2$.

      SVP faire attention la prochaine fois!!!

      Merci

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